Les laïcs aussi en ont contre le cours d'éthique et de culture religieuse
Vivement décrié par des parents chrétiens, le nouveau cours d'éthique et culture religieuse (ECR), qui doit entrer en vigueur en septembre prochain, s'attire aussi les foudres de militants laïques. Ceux-ci estiment que le programme ainsi que la présence obligatoire de services d'animation à la vie spirituelle et à l'engagement communautaire font encore la part trop belle à la religion.
«Quand on regarde la structure du programme, c'est comme un copier-coller de ceux d'enseignement moral et religieux catholique. Les principes de charité ou de partage sont illustrés par des récits religieux. Le bien moral est toujours illustré par des exemples religieux», déplore la vice-présidente du Mouvement laïque québécois, Marie-Michelle Poisson.
Mme Poisson assistait mercredi soir à une rencontre d'information avec les responsables du Comité des affaires religieuses ainsi que des fonctionnaires du ministère de l'Éducation à propos du nouveau cours, qui remplacera ceux d'enseignement moral et d'enseignement religieux (catholique et protestant).
L'argumentaire du MLQ est étrangement similaire à celui des parents catholiques qui demandent que leurs enfants soient exemptés du nouveau cours. «On ne juge pas que les enfants du primaire sont assez mûrs pour recevoir un enseignement sur les différentes religions. [...] Cela plonge l'enfant au coeur de conflits d'adultes, entre le milieu familial et le milieu scolaire», soutient Mme Poisson, rejoignant en cela la Coalition pour la liberté en éducation, qui réunit des parents de foi chrétienne.
Michel Virard, président de l'Association humaniste du Québec, qui regroupe des citoyens athées ou agnostiques, a lui aussi assisté à la rencontre avec les représentants du ministère, y présentant sa vision à titre personnel. Il déplore l'amalgame entre éthique et culture religieuse: «Cela laisse à penser qu'en dehors de la religion, il est impossible de faire de l'éthique. [...] C'est biaisé en faveur du surnaturel, on y présente un panégyrique des religions en escamotant leur côté négatif.»
La quasi-absence des courants de pensée non religieux comme l'athéisme ou l'humanisme déplaît aussi souverainement tant au MLQ qu'à l'Association humaniste. Philosophe et professeur en sciences de l'éducation à l'Université du Québec à Montréal, Normand Baillargeon partage leur avis. «On a inventé une façon inédite de continuer de faire de la religion dans une école qui se voudrait laïque», critique M. Baillargeon, qui doute grandement de l'aptitude des enseignants à enseigner un tel contenu.
Certes, il peut selon lui être pertinent d'aborder le fait religieux dans ses dimensions historiques, sociales et culturelles, mais cela aurait dû se faire par l'intermédiaire des matières déjà au programme.
La présence obligatoire de services d'animation à la vie spirituelle et à l'engagement communautaire (SAVSEC), à l'école primaire et secondaire, irrite aussi au plus haut point les militants laïques. Lorsqu'on a modifié la loi pour créer les commissions scolaires linguistiques plutôt que confessionnelles, en 2000, le gouvernement a également inscrit l'obligation d'offrir de tels services, tant au primaire qu'au secondaire. Les services de pastorale au secondaire ont ainsi été transformés en SAVSEC tandis qu'on a créé de toute pièce un équivalent au primaire en 2002-03, faisant ainsi doubler le nombre d'animateurs et ajoutant pour ce faire 13 millions de dollars au budget des écoles. «Est-ce qu'on laïcise vraiment le système scolaire si on introduit un mandat de cheminement spirituel dans le rôle de l'école?», s'interroge Mme Poisson, soulignant que la Loi sur l'instruction publique prévoit que l'école doit «faciliter le cheminement spirituel de l'élève afin de favoriser son épanouissement».
«Quand on regarde la structure du programme, c'est comme un copier-coller de ceux d'enseignement moral et religieux catholique. Les principes de charité ou de partage sont illustrés par des récits religieux. Le bien moral est toujours illustré par des exemples religieux», déplore la vice-présidente du Mouvement laïque québécois, Marie-Michelle Poisson.
Mme Poisson assistait mercredi soir à une rencontre d'information avec les responsables du Comité des affaires religieuses ainsi que des fonctionnaires du ministère de l'Éducation à propos du nouveau cours, qui remplacera ceux d'enseignement moral et d'enseignement religieux (catholique et protestant).
L'argumentaire du MLQ est étrangement similaire à celui des parents catholiques qui demandent que leurs enfants soient exemptés du nouveau cours. «On ne juge pas que les enfants du primaire sont assez mûrs pour recevoir un enseignement sur les différentes religions. [...] Cela plonge l'enfant au coeur de conflits d'adultes, entre le milieu familial et le milieu scolaire», soutient Mme Poisson, rejoignant en cela la Coalition pour la liberté en éducation, qui réunit des parents de foi chrétienne.
Michel Virard, président de l'Association humaniste du Québec, qui regroupe des citoyens athées ou agnostiques, a lui aussi assisté à la rencontre avec les représentants du ministère, y présentant sa vision à titre personnel. Il déplore l'amalgame entre éthique et culture religieuse: «Cela laisse à penser qu'en dehors de la religion, il est impossible de faire de l'éthique. [...] C'est biaisé en faveur du surnaturel, on y présente un panégyrique des religions en escamotant leur côté négatif.»
La quasi-absence des courants de pensée non religieux comme l'athéisme ou l'humanisme déplaît aussi souverainement tant au MLQ qu'à l'Association humaniste. Philosophe et professeur en sciences de l'éducation à l'Université du Québec à Montréal, Normand Baillargeon partage leur avis. «On a inventé une façon inédite de continuer de faire de la religion dans une école qui se voudrait laïque», critique M. Baillargeon, qui doute grandement de l'aptitude des enseignants à enseigner un tel contenu.
Certes, il peut selon lui être pertinent d'aborder le fait religieux dans ses dimensions historiques, sociales et culturelles, mais cela aurait dû se faire par l'intermédiaire des matières déjà au programme.
La présence obligatoire de services d'animation à la vie spirituelle et à l'engagement communautaire (SAVSEC), à l'école primaire et secondaire, irrite aussi au plus haut point les militants laïques. Lorsqu'on a modifié la loi pour créer les commissions scolaires linguistiques plutôt que confessionnelles, en 2000, le gouvernement a également inscrit l'obligation d'offrir de tels services, tant au primaire qu'au secondaire. Les services de pastorale au secondaire ont ainsi été transformés en SAVSEC tandis qu'on a créé de toute pièce un équivalent au primaire en 2002-03, faisant ainsi doubler le nombre d'animateurs et ajoutant pour ce faire 13 millions de dollars au budget des écoles. «Est-ce qu'on laïcise vraiment le système scolaire si on introduit un mandat de cheminement spirituel dans le rôle de l'école?», s'interroge Mme Poisson, soulignant que la Loi sur l'instruction publique prévoit que l'école doit «faciliter le cheminement spirituel de l'élève afin de favoriser son épanouissement».
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