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Équité salariale - Des candidats CSQ contre le PQ?

Des enseignants songent à tranporter leur lutte dans l'arène électorale

Le ras-le-bol des enseignants dans le dossier de l'équité salariale s'est transporté hier jusque dans les bureaux du président du Conseil du trésor, Joseph Facal, où le ministre a eu droit aux propos exaspérés d'une trentaine de professeurs. Outrés du «mépris» que le gouvernement actuel manifeste à leur endroit, certains envisagent d'ailleurs de donner leur appui à un candidat enseignant lors de prochaines élections.

Dans le cadre d'une vigile de 40 heures — Les 40 heures de l'équité — devant les bureaux du Conseil du trésor à Montréal, une trentaine d'enseignants ont réussi à obtenir un entretien d'une trentaine de minutes hier après-midi avec le ministre Facal, auquel Le Devoir a assisté. Pendant que dehors une centaine de manifestants poursuivaient la vigile, les porte-parole enseignants des syndicats de la région de Montréal, issus du primaire et du secondaire, enseignants en mathématiques, adaptation scolaire, éducation physique et arts plastiques, ont tour à tour fait valoir au ministre Joseph Facal leur colère devant «le mépris» du gouvernement, rappelant que le «temps était venu de régler le dossier de l'équité salariale» et de reconnaître les 40 heures qui composent leur tâche.


«On parle de 32, 35, 36 heures de travail, alors que vous savez fort bien qu'on fait les 40 heures, tout le monde le sait!, a lancé Martin Bibeau, enseignant de français en secondaire 4 à l'école Joseph-François Perreault. C'est malhonnête, et je l'ai dans la gorge, M. Facal! Ça ne nous empêchera pas de faire notre travail, parce qu'on les aime vos enfants, mais je vous demande de revenir sur le plancher des vaches. Ce qu'on a dans la gorge, c'est le 90 % de tâches, c'est le moins de 40 heures de travail. Moi, être 90 % d'un être humain et d'un travailleur, je ne le prends pas!»


Le ras-le-bol des enseignants, qui continue à faire l'objet de grands rassemblements ce midi à Montréal et à Québec, s'est aussi transporté jusque sur la scène politique, où quelques enseignants ont clairement fait valoir que l'attitude du gouvernement dans ce dossier pourrait avoir une incidence sur leur vote lors de prochaines élections. «Je me sens humilié et méprisé par votre gouvernement, et ce, depuis plusieurs années», a lancé Denis Letourneux, enseignant à Laval. «Nous voulons présenter un candidat enseignant dans notre comté. Ça va voler des votes au PQ? Probablement, mais on s'en fout!»


Lors des élections partielles d'octobre dernier, à Blainville, une enseignante candidate du Rassemblement pour l'alternative progressiste, Thérèse Hamel, avait en effet obtenu l'appui du Syndicat de l'enseignement de Laval, membre de la Fédération des syndicats de l'enseignement.


«Elle avait clairement obtenu l'appui du syndicat à l'époque, note la présidente du Syndicat de l'enseignement de Laval, Ghislaine Raymond. La discussion est encore sur la table, mais nous n'avons pas de proposition formelle pour l'instant [concernant un éventuel candidat enseignant]. Mais nous sommes en train d'en débattre.»


Invitant les gens à s'exprimer autant qu'ils le souhaitaient, le ministre Facal a écouté les critiques dirigées à l'endroit de son parti. «Quand les gens manquent d'idées, ils commencent souvent à s'attaquer aux personnes. J'espère que le PQ ne commencera pas ça. On espère sincèrement que si vous n'avez pas d'idées, que vous l'admettrez, mais que vous cesserez les attaques de dénigrement sur les enseignants», a lancé Nicole Frascadore, présidente du Syndicat de l'enseignement de l'Ouest de Montréal.


«Je n'ai jamais eu aucune espèce de difficulté avec un désaccord vigoureux lorsqu'il reste pacifique et respectueux, ce qui est votre cas», a finalement exposé le ministre Facal. «Je suis beaucoup plus sensible à la profession d'enseignant que vous ne pourriez le croire», a-t-il ajouté, faisant allusion à son passé de professeur à l'université. «Je suis sûr cependant que si vous vous mettez à la place du gouvernement, vous comprendrez qu'il doit trouver un règlement équitable mais qui tiendra aussi compte de la capacité de payer de la société.»


Au ministère de l'Éducation, le porte-parole du ministre Sylvain Simard a répété hier que les deux parties négociaient sur la base d'une enquête effectuée en 1996, laquelle reconnaît 32 heures de travail en classe, et un total de 40 heures de travail par semaine. «Rien n'est acquis, comme l'a déjà affirmé le ministre Simard, a expliqué Nicolas Girard. Nous avons comme base de discussion l'enquête de 96, mais le ministre veut voir comment on peut faire pour mieux utiliser le temps passé à l'école.»


Tel que l'a annoncé le gouvernement, qui a la balle dans son camp, une proposition doit être déposée en réponse à celle des enseignants d'ici la mi-mai.
 
 
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