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Les universités boudent les médecins étrangers

Les universités québécoises peuvent-elles encore se passer des médecins diplômés à l'étranger (MDE)? L'an dernier, les quatre facultés concernées avaient préféré laisser vacants un peu plus de 80 postes de résidence en médecine plutôt que de les offrir à la centaine de MDE qualifiés en attente d'un stage. Cette année, 102 postes non pourvus sont en jeu, une occasion que ne veut pas rater la coalition des associations de médecins diplômés à l'étranger, qui réclame l'intervention rapide et musclée de Québec.

Le temps presse: le second tour aura lieu le 15 avril et rien n'indique que les facultés seront plus enclines cette année à faire une meilleure place aux MDE, a déploré hier le porte-parole de la coalition, le Dr Comlam Amouzou. «Dans le contexte de pénurie que nous connaissons, il y a quelque chose de choquant et d'inadmissible à voir autant de postes laissés vacants au premier tour alors que [près de 300] MDE ont réussi tous les examens requis et ne demandent qu'à travailler.»

Cette situation irrite d'autant plus le Dr Amouzou que le Québec affiche au premier tour un taux plus élevé de postes vacants que partout ailleurs au Canada, soit près de 15 %, contre moins de 5 %. Pour le Dr Behzad Mansouri, président de Canada International Medical Graduates' Rights, ces chiffres illustrent trop bien «la frilosité des universités québécoises à l'endroit des MDE». Selon lui en effet, bien des candidats qui ont réussi tous les examens du Collège des médecins et répondu aux exigences de l'Office de la langue française n'ont même pas été conviés à une entrevue au premier tour.

C'est ce qui est arrivé à la Dre Nedia Azzoug. À son arrivée, son diplôme obtenu en Algérie n'avait pas été reconnu par Québec. Il lui aura donc fallu décrocher toutes les équivalences requises pour pouvoir entrer en résidence en médecine familiale et ainsi refaire ses classes. Or, le temps venu, aucune université n'a voulu d'elle. L'an dernier, aucune université n'avait même daigné la recevoir en entrevue. Cette année encore, aucune n'a voulu l'entendre pour tester ses compétences en médecine familiale.

Pourtant, Mme Azzoug a été conviée à sept entrevues en médecine spécialisée en santé communautaire par ces mêmes facultés. Sans succès. «Tous les postes disponibles ont été comblés en santé communautaire cette année et il ne reste plus de place pour moi.» Mme Azzoug est d'autant plus choquée qu'elle comprend mal qu'on puisse la juger compétente pour un poste mais pas pour un autre. «Il n'y a aucun changement. La même mentalité perdure dans toutes les universités. Je suis vraiment très déçue.»

La Dre Mandana Modirrousta, elle, a préféré baisser les bras. Après deux ans de travail acharné pour décrocher ses équivalences, elle a vu son parcours s'arrêter aux portes des universités, où son dossier n'a intéressé aucune faculté. Flairant l'aubaine, le Manitoba lui a offert une place en psychiatrie, offre qu'elle a acceptée. «Là-bas, on a fait le pari de miser sur les MDE pour contrer la pénurie. On leur offre même un stage d'un mois pour se familiariser avec le système canadien avant que la résidence ne commence.»

Ce stage d'immersion fait l'envie de la coalition. Ses membres conviennent d'ailleurs que les MDE arrivent souvent avec une longueur de retard par rapport aux étudiants québécois. Selon la Conférence des doyens des facultés de médecine du Québec, les facultés doivent fournir jusqu'à 40 % de ressources pédagogiques supplémentaires pour que les MDE réussissent leur résidence. Malgré cela, ils présentent plus de reprises de stage et ont un taux d'échec supérieur à celui des autres étudiants, font valoir les facultés, qui affirment n'avoir ni les ressources ni l'énergie pour les accompagner efficacement.

Une meilleure intégration

Partisane du dialogue plutôt que de l'affrontement, la coalition demande donc à Québec de soulever les barrières qui se dressent entre les MDE qualifiés et les universités au moyen de mesures ciblées visant à faciliter leur intégration au réseau québécois. Elle réclame notamment un stage d'immersion destiné aux MDE afin de leur permettre de rattraper leur retard par rapport aux diplômés québécois. Elle demande aussi des places réservées aux MDE, comme cela se fait couramment dans d'autres provinces.

Au bureau du ministre de la Santé, Philippe Couillard, on se dit sensible au discours de la coalition. Il reviendra toutefois au comité-conseil formé en janvier dernier d'établir quelles seront les mesures retenues pour favoriser une meilleure intégration des MDE. Son premier rapport est attendu en juin.

D'ici là, Québec entend laisser sa chance au coureur. «Les choses bougent. Pas moins de 64 médecins étrangers ont été retenus au premier tour, c'est un record. [...] Nous pensons qu'il faudra donc attendre le second tour avant de dire s'il y a lieu ou non de s'inquiéter», a expliqué l'attachée de presse du ministre Couillard, Marie-Ève Bédard, tout en précisant qu'une rencontre en ce sens a été planifiée avec la ministre de l'Éducation et avec les responsables des quatre facultés concernées.

Notons enfin qu'une enquête est actuellement en cours à la Commission des droits de la personne et de la jeunesse. Celle-ci a été lancée l'an dernier à la demande du Centre de recherche-action sur les relations raciales (CRARR), qui a dénoncé des irrégularités dans les processus de sélection des médecins résidents. Son directeur général, Fo Niemi, fait état de normes «arbitraires» ayant pu avoir un «impact disproportionnellement négatif sur les MDE». Son organisme réclame la nomination d'un commissaire indépendant qui aurait pour tâche de circonscrire et d'éliminer les «barrières de discrimination systémique» qui entravent le parcours des MDE.






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  • Gilles Bousquet
    Inscrite
    vendredi 11 avril 2008 07h40
    À nos professionnels : Lachez la patate un peu s.v.p.
    « Les beaux principes arrêtent où commence l'argent et le pouvoir chez le commun et le professionnel aussi, on le voit bien ici.

    On s'en doutait bien mais là, on est encore plus certains. »

  • Anne Elisabeth Selles
    Inscrite
    vendredi 11 avril 2008 08h02
    tannée du systeme de sante quebecois
    « pourquoi refuser des medecins étrangers alors que le besoin est enorme. qiand on voit la qulite des medecins quebecois c est a faire peur. pour une labyrintite suivie de nausees et de vertiges on m a prescrit du gravol. ma fille s etait blessee au dos en faisant du sport, elle a du attendre 4 h aux urgences pour que le medecin lui dise de prendre 2 tylenol et que si elle voulait manquer l ecole il ne fallait pas compter sur lui. elle etait une excellente eleve et etait a 2 jours de la finale provinciale de badminton, finale qu elle a quand meme gagne malgre ses douleurs persistantes. Mon chum s est fait prescrire du coumadin a dose de cheval par sa cardiologue sans aucun suivi et elle a oublie de prescrire a nouveau des diuretiques. conclusion 5 jours apres il etait de nouveau aux urgences avec un hemorragie interne et il etait tout enflé.dans les 3 cas les medecins sont des quebecois. Est ce que le corps du quebecois est tellement different des gens des autres nationalites ou ne serait ce pas plutot le fait que les medecins d ici sont tellement nuls qu ils ont peur de se faire piquer leur place par des medecins etrangers ? on veut se faire soigner et bien soigner que le medecin soit turque, francais ou chinois, on en a marre d attendre des heures dans les salles d attente a esperer qu un medecin veuille bien s occuper de nous. reorganisez donc vos hopitaux, trop de personnel en balade dans les couloirs et dans les ascenceurs, trop d infirmieres qui placotent dans tous les coins alors que les malades ont besoin d eux. je pourrais vous citer des dizaines de cas semblables alors faites quelque chose de concret. on a moins d attente et un meilleur service chez un veterinaire pour un animal malade que dans un hopital pour un humain. ras le bol du service de sante quebecois. en passant pourquoi reconnaitre les diplomes des medecins etrangers, les faire venir ici en leur faisant payer une taxe de bienvenue et ne pas les faire travailler ? je pense qu au bout d un an ils sont en etat de prouver leur capacite a le faire alors mettez vos culottes et faites les travailler on a BESOIN d eux. »

  • Fred Legault
    Inscrit
    vendredi 11 avril 2008 08h17
    Pauvres de nous!
    « Encore une fois, comme dans le cas des infirmières, on fait miroiter un besoin et une place assurée aux immigrants qualifiés, parlant français, mais dès qu'ils arrivent ici, on leur tourne le dos, on les abandonne à leur sort. Et après, on se plaindra que ces nouveaux arrivants, sans emploi, vont grossir les rangs des assistés sociaux ou pire, retournent chez eux et nous font de la mauvaise publicité... Aux ordres professionnels et aux décideurs de s'entendre sur ce qu'ils veulent vraiment, avant de promettre la lune. Veut-on vraiment régler le problème du manque de main-d'oeuvre? De grâce, un peu de cohérence!
    Si certains québécois égoïstes n'ont pas voulu faire d'enfants pour vivre plus "gras" et qu'aujourd'hui nous en payons les frais, il ne faut pas se surprendre qu'il faille combler nos lacunes en travailleurs avec un apport massif d'immigrants. Ces derniers nous apportent une diversité et des idées qui font avancer la société, même si cela peut ébranler le confort relatif des bonzes des organisations de la santé et de ses ordres professionnels.
    Continuons donc à nous "pèter les bretelles" et à penser que nous détenons la vérité, que tout va bien et que nous sommes une référence dans le monde. L'élastique va bien finir par nous "pèter en pleine face" !!! »

  • Mario Tremblay
    Abonné
    vendredi 11 avril 2008 08h54
    Vous ne savez pas compter!
    « Pour augmenter ton salaire, qui provient d'une enveloppe globale que tu partages avec tes confrères, il faut que le diviseur soit le plus petit possible.
    Moins de médecins = des plus hauts salaires. Certains savent compter! »

  • Léonie Pomerleau Léonie
    Inscrite
    vendredi 11 avril 2008 09h03
    les université boudent les médecins étrangers
    « avec raison! d'abord il faut vérifier l'équivalence de ce qu'y s'y fait:très différent même en France....alors, pous les autres pays...formation,études, pratique, entraînement, hygiène,etc.la même langue, ce n'est pas tout ce qu'on doit considérer; c'est une question très difficile à évaluer. Félicitations aux évaluateurs sérieux! »

  • Mathé-Cohen Claude
    Inscrite
    vendredi 11 avril 2008 09h22
    Que disent les mécecins?
    « Je suis stupéfaite de lire qu'il revient à des universités de choisir qu'elle sera la qualité des soins à laquelle nous avons tous droit. Ils vont priver le Québec d'une manne de professionnels qui pourraient soulager un secteur déjà moribond dont l'état ne cesse d'empirer. Comment ne pas s'indigner devant l'accessibilité aux soins de cette province.
    Bonne santé à tous. »

  • Pierre-Yves Pau
    Inscrit
    vendredi 11 avril 2008 09h59
    Bloquage
    « Rien n'illustre mieux le total bloquage du 'modèle québécois' que la situation du système de santé: un gouvernement incapable de faire entendre raison aux intérêts corporatistes du corps médical et des syndicats, en dépit du bon sens. Et qui s'en fout, probablement, pendant que les riches vont engraisser les cliniques privées et que les pauvres crèvent dans les couloirs d'urgences surpeuplées. À se demander pourquoi il y'a une assemblée nationale à Québec: cette province serait mieux administrée par Ottawa, comme toute oligarchie corrompue à l'os. »

  • Michel Chamoun
    Inscrit
    vendredi 11 avril 2008 21h30
    comprendre les universités
    « Bien qu'il faut avouer que la situation pour MDE soit en mauvais état, il ne faut pas tout blamer sur les universités. Certains blament le college des médecins parce qu'ils font couler certains MDE lorsqu'ils passent des examens pour obtenir leurs équivalences, mais je trouve cela parfaitement normal, on veut obtenir des medecins competants, pas des gens qui ont reussit leurs etudes car ils avaient un ami haut placé dans l'université d'une république de bananes.

    Une fois cet examen passé, il est temps de faire la résidence. Pour cela, il est normal que les universités favorisent leurs propres étudiants au premier tour, que ce soit par rapport a ceux des autres universités canadiennes ou étrangères, d'autant plus que de leur propre avant, les MDE ont plus tendance à échouer.

    La ou le bas blesse, c'est lorsqu'on apprend que les places disponibles au deuxième tour restent vides. C'est plutôt aberrant, puisque mieux vaut un résidant qui aura quelques difficultés que pas de résident du tout. »

  • Monzinga Jean Robert
    Inscrit
    vendredi 18 avril 2008 00h02
    la problematique des médecins etrangers
    « Je viens de lire avec beaucoup d'intérêt les réactions sur la problématique des médecins.
    Je me réjouis de savoir la plus part de québécois ne réfléchissent pas comme les dirigeants ou les responsables des ordres professionnels.
    Former un médecin au Québec exige en moyenne 500.000 $ au pouvoir public.
    Et les études de médecine comme tout le monde le sait sont les études les plus longues au monde. Il faut avoir beaucoup de sens des autres et aimer la médecine pour accepter ce travail qui pour beaucoup est une grande passion et un apostolat.
    Le Québec, pays d'immigration a ce grand privilège de recevoir les gens déjà formés dans leur pays d'origine, certains d'entre eux une grande expertise dans leur domaine respectifs.
    Cela devrait être un atout majeur pour résoudre la carence en médecins par exemple.
    La corporation médicale est la première quant on considère le cas de suicide ou dépression chez les personnels soignants, ils sont dépassés par le travail, le Québec préfère les user et le jeter comme on jette des citrons pressés.
    Et la qualité de soins souffre grandement.
    Dans aucuns pays même en Afrique, il y a de liste d'attente de plus six mois pour voir un dentiste ou un médecin.
    Nous sommes de loin sous développés que bon nombre de pays africains ou asiatiques ou de l'amerique du sud.
    Il est aussi triste de voir de grands responsables crier sur la place publique que ces chauffeurs de taxi même avec licence ne peuvent rentrer dans le système , c'est une grande honte de voir les gens aussi intelligents perdre tout sens moral, sens de l'humain.
    Mais de qui se moque-t-on, les africains disent qu'il ne faut creuser très profondément le trou dans la cité habitée, tes propres enfants risquent de tomber.
    Merci de faire faire les examens aux étrangers, de leur prendre tous les petits moyens dont ils disposent, bientôt les américains et australiens vont vous remercier de les avoir donner la licence, et avec cette licence, ils peuvent travailler en Australie ou USA.
    Les peuples québécois vous diront merci de réserver les places de résidence à vos enfants qui finiront un jour.
    Un peu d'humanité, de dignité, sous sommes tous des humains.
    Qui vous donne droit de priver toute la population ce ces différentes compétences.
    Les USA, la grande Bretagne ont résolu ce problème grâce à l'immigration, les sud-africains ont résolu ce problème grâce entre autre aux médecins congolais.
    Alors cesser de faire souffrir la population avec des discours qui frisent l'ignominie, la discrimination et l'absence totale de la confraternité dont Hippocrate a parlé.
    Les médecins étrangers refusent de rentrer dans le système sans stage, sans examens au préalable, ils veulent tout simplement être traités comme des humains, si vous les refuser quand bien ils ont la licence de pratique au Canada, ayez au moins le courage de dire clairement les raisons .la honte la honte quand tu nous suis, plus de raison, plus de logique que vive la mauvaise santé. »

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