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Élèves en difficulté: la CSDM monte au front

Clairandrée Cauchy   9 avril 2008  Éducation
Pour rendre viable l'intégration des élèves en difficulté dans les classes régulières, la Commission scolaire de Montréal (CSDM) réclame une réduction de près du tiers du nombre d'élèves par classe au dernier cycle du primaire et au premier cycle du secondaire. Cette demande, ainsi que plusieurs autres issues d'un exercice de réflexion interne, a été acheminée récemment au ministère de l'Éducation, où la préparation d'un plan d'action sur les élèves handicapés ou en difficulté d'adaptation ou d'apprentissage (EHDAA) bat son plein.

L'objectif apparaît ambitieux. Pour réduire de 30 % le ratio maître-élèves, de la cinquième année du primaire jusqu'en deuxième secondaire, il faudrait 21,1 millions. Cela ferait passer le nombre d'élèves par professeur de 27 à 19 au primaire et de 30 à 21 au secondaire.

Consciente que la facture pourrait se révéler salée, la CSDM a aussi préparé deux autres scénarios: il en coûterait ainsi 9,8 millions pour réduire les ratios uniquement dans les écoles défavorisées, 5,6 millions si on se concentre sur les écoles très défavorisées.

Au terme de trois journées de réflexion tenues cette année avec quelque 200 employés, la présidente de la Commission scolaire estime que le «point limite» a été atteint, voire dépassé au chapitre de l'intégration des élèves en difficulté dans les classes régulières. La CSDM compte environ 13 000 élèves en difficulté ou à risque, soit 24 % de sa clientèle. De ce nombre, 48 % sont intégrés dans des classes régulières et 38 % fréquentent des classes spéciales, dans des écoles de quartier, les autres étant inscrits dans des écoles spécialisées.

«Les gens du milieu nous ont dit "oui" à l'intégration. Mais il faut que certaines conditions soient réunies. [...] Une des conditions essentielles, c'est la baisse des ratios», explique la présidente de la CSDM, Diane De Courcy, qui présentera les grandes lignes de son projet de plan d'action pour les EHDAA ce soir au conseil des commissaires. Elle espère que l'autre plan d'action, celui sur lequel travaille ces jours-ci la ministre, y fera écho.

La CSDM a ciblé les premières années du secondaire, vu les difficultés observées dans la transition entre les deux niveaux d'enseignement. «Pour que le passage soit le plus harmonieux possible, on veut que les enseignants puissent encadrer plus étroitement les élèves», explique le directeur adjoint à la pédagogie, Robert Gendron.

Si, au secondaire, on vise à réduire systématiquement le nombre d'élèves par classe, la formule envisagée pour le primaire est plus complexe. L'augmentation du nombre d'enseignants ne signifierait cependant pas une hausse équivalente du nombre de classes. «Nous avons un problème concret de disponibilité des locaux de classe. On ne veut pas investir dans le béton», explique la présidente de la CSDM, Diane De Courcy.

On miserait plutôt sur d'autres formules telles l'ouverture de classes-ressources, l'enseignement en équipe ou encore le regroupement d'élèves en fonction de leurs forces et de leurs faiblesses pour certains apprentissages. Concrètement, si une école a deux classes de cinquième année et deux autres de sixième année, un enseignant supplémentaire pourrait s'ajouter aux quatre titulaires. Ce dernier pourrait par exemple regrouper les élèves en difficulté pour leur enseigner les mathématiques ou le français. «Si une école considère que les difficultés s'observent surtout en deuxième et troisième année, les ressources pourraient être déplacées. Ce ne serait pas rigide», indique Mme De Courcy.

Autres mesures

Outre qu'elle parle de ratios, la CSDM cogne aux portes de Québec pour offrir la prématernelle aux petits de 4 ans de tous les quartiers. Pour l'heure, un peu moins de la moitié des 133 écoles primaires offrent cette possibilité, soit celles en milieu défavorisé. Et encore, cette mesure n'est pas disponible dans les quartiers considérés depuis peu comme défavorisés. On espère ainsi que l'apprentissage plus rapide du français facilitera l'arrivée à l'école des enfants allophones et qu'on pourra dépister plus rapidement les élèves susceptibles d'éprouver des difficultés scolaires.

La CSDM réclame par ailleurs qu'on tienne compte des EHDAA dans le financement des services de garde. Si, dans les écoles spécialisées, les services de garde se font rarissimes vu le faible financement, les éducatrices des services de garde des écoles régulières sont dépourvues devant les besoins des EHDAA.

Le ministère de l'Éducation est aussi sollicité pour le financement alloué aux élèves handicapés. C'est que le MELS tient compte d'un seul diagnostic, alors que ces élèves cumulent souvent plusieurs difficultés. «Cela place les enseignants en situation de détresse», puisqu'il n'arrive pas à répondre à tous les besoins de l'élève, fait valoir Mme De Courcy.

Le projet de plan d'action de la CSDM ne se résume cependant pas à une liste d'épicerie adressée à Québec. Peu importe la disponibilité des fonds, la commission scolaire montréalaise entend revoir sa façon de former les groupes, pour éviter que quelques élèves n'accaparent démesurément un enseignant. «On hésite à aller vers des pourcentages. Cela demande une approche davantage pédagogique que comptable», précise Mme De Courcy, balayant l'approche de certains syndicats qui préconisent un plafond de 10 à 12 % d'élèves en difficulté intégrés dans une classe régulière. Les parents seront aussi davantage impliqués dans l'élaboration des plans d'intervention adaptée, affirme-t-on dans le document.






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  • Claude Archambault
    Inscrit
    mardi 8 avril 2008 23h17
    Pourquoi????
    « Pourquoi intégrer les élèves en difficulté dans les classes régulière, il n'y a que des inconvénients.

    Plus grand cout, On vie déjà au dessus de nos moyen
    Cela nuis aux autres élèves qui ne reçoivent pas l'instruction qu'ils méritent. Ils sont retardés parce que le professeur perd trop de temps avec les élèves en difficulté.
    Il faut savoir accepter qu'il y a des personne qui n'ont pas les même capacités que les autres, il faut accepter qu'il y aura des perdant dans la vie sinon on sera tous des perdants car les plus fort perdront leur motivation et c'est eu les prochains médecin, chef d'entreprise, dirigeant politique.

    Ce qu'il faut c'est des classe spécial qui sont adapté au besoin de ces enfants en leur donnant une éducation de qualité, mais pas en pensant qu'ils feront des docteurs, mais plutôt en les préparant à être des travailleurs de métier doués.

    En voulant éliminer l'échec à tout pris, et à tout intégrer au même niveau on prépare une génération complète de jeune mal instruit. Les doué n'auront pas acquis suffisamment de connaissance et les moins doué auront perdu leur temps ainsi qu'ils auront fait perdre le temps des autres.

    Mais nos fonctionnaires au ministère seront heureux, il n'y aura plus d'échec et tous seront égaux ainsi va le nivellement par le bas. La gogauche sera heureuse dans 25 ans il n'y aura plus de riche dans la Belle Province de Québec, juste des pauvres gens mal éduqués. »

  • jacques noel
    Inscrit
    mercredi 9 avril 2008 08h05
    La mafia syndicale veut sauver ses jobs
    « La baisse de natalité dans les années 90 a entrainé une baisse inévitable des élèves. Mais au lieu de fermer les écoles et d'épargner ainsi des millions qu'on pourrait déplacer vers la santé, vieillissement de la population oblige, la mafia de l'Éducation change les règles du jeu et diminue les classes afin de sauver son cul!
    Vive le modèle québécois! »

  • Jean-Pierre Aubry
    Inscrit
    mercredi 9 avril 2008 08h48
    Un investissement non une dépense
    « Avoir trop d'enfants difficiles dans une classe tout en ne donnant pas un support adéquat au professeur, ceci a pour effet de ne pas bien aider ces enfants et de réduire sensiblement les chances de succès des élèves moyens et faibles qui ont besoin d'un plus grand support de leur professeur. Les élèves les plus doués devraient être relativement peu affectés. L'enquête de Statistique Canada sur capacité des Canadiens à lire est également très révélatrice ; on y apprend que des étudiants qui terminent le secondaire ne sont pas capables de lire correctement.

    Comme économiste intéressé dans l'efficacité et l'efficience des politiques publiques, je suis extrêmement préoccupé par les conséquences d'un manque de support aux enfants en difficulté. Il y a un coût énorme pour la société québécoise d'avoir de très nombreux élèves quitter le niveau primaire avec des retards importants d'apprentissage. Il en résultera non seulement une réduction importante de leurs études subséquentes (incluant du décrochage) mais aussi une forte réduction de leur contribution sur le marché du travail pendant des décennies (de 30 à 40 ans) et, dans certains cas, une plus grande dépendance aux services sociaux offerts par nos gouvernements et payés par l'ensemble des citoyens. En somme, choisir de ne pas supporter mieux les enfants en difficulté est, selon moi, une décision gouvernementale qui est très mauvaise en termes de rentabilité sociale à moyen et long terme. En fait aider les enfants en difficulté devrait être considéré non pas comme une dépense mais comme un investissement à long terme fort rentable. Ce constat est exacerbé par l'accroissement de la concurrence à laquelle fait face l'économie du Québec et par le vieillissement rapide de sa population qui aura pour effet de créer une rareté de travailleurs.


    J'ai été très impressionné par la qualité du support que le système finlandais apporte aux élèves en difficulté au primaire et je pense que nous avons plusieurs leçons à prendre de ce système. L'excellent reportage de Frank Desoer de Radio-Canada est très éloquent : http://www.radio-canada.ca/nouvelles/International/2008/02/14/013-finlande-desoer.shtml. En Finlande, on semble avoir de plus petite classe et mettre des ressources à la disposition des professeurs pour faire en sorte que la très grande majorité des élèves ne prennent pas des retards importants dans les matières de base.



    Jean-Pierre Aubry
    Président du Comité des politiques publiques
    ASDEQ »

  • Marie Lauzier
    Inscrite
    mercredi 9 avril 2008 09h08
    Beaucoup trop d'élèves par classes
    « Je suis tout à fait d'accord avec cette demande de la CSDM. Il y a longtemps que le nombre d'élèves par classe aurait dû être réduit substantiellement.

    Il y a plusieurs classes en régions qui ont beaucoup moins d'élèves que le ratio demande, faute d'enfants dans les villages. On leur accorde de les garder ouvertes alors que celles des villes sont bondées d'enfants. J'ai hâte de voir si un enfant montréalais est aussi important aux yeux du ministère qu'un enfant de Jonquière ou de Mont-Laurier, par exemple. »

  • jacques noel
    Inscrit
    mercredi 9 avril 2008 19h28
    17,656$ par enfant handicapé!
    « un année scolaire pour enfant normal coute 6230$. Un enfant handicapé coute le triple.

    http://www.mels.gouv.qc.ca/dgfe/Residents/PDF/Droits_scol_CS2007_2008_f.pdf

    A la CSDM on nage tellement dans le fric (la madame a déja prix un souper en "famille" pour 343$) qu'on va bientot avoir la maternelle à 4 ans! Faut remplir la shop! »

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