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Le Québec n'a plus la cote au cégep

Antoine Robitaille   11 mars 2008  Éducation
Québec — Le nombre de cours d'histoire du Québec et de cours sur le Québec est en chute libre dans les cégeps du Québec, entre autres raisons parce que les élèves sont «moins intéressés» par ces cours. C'est ce que montre une étude d'un professeur d'histoire au Cégep du Vieux-Montréal, Gilles Laporte. Selon lui, le cours Histoire du Québec, qui représentait 25,4 % des cours d'histoire offerts au cégep en 1990, n'en représentait plus que 13,3 % en 2006 et «n'est plus offert que dans une dizaine d'établissements». Pour arriver à cette conclusion, M. Laporte a comparé les données du Rapport final de la coordination provinciale pour la discipline histoire de 1991 et, pour 2006, les chiffres très précis d'une étude de marché de la maison d'édition Chenelière éducation.

M. Laporte a aussi évalué à seulement 2424 (soit moins de 5 % des élèves inscrits au collégial) les cégépiens qui ont suivi un cours d'histoire du Québec l'an dernier (1146 à la session d'automne et 1278 à celle de l'hiver). Un sondage mené cet automne auprès d'une trentaine de professeurs d'histoire du collégial a aussi révélé que les trois quarts d'entre eux «sont d'avis que ce cours devrait poursuivre sa régression».

Toujours selon M. Laporte, les cours portant spécifiquement sur le Québec — tels Fondements historiques du Québec, Sociologie du Québec, Politique Québec-Canada, Économie Québec et ses régions, histoire régionale —, «autrefois des cours importants» dans les programmes de sciences humaines, «sont menacés d'extinction».

Le professeur, qui publiera le mois prochain un éditorial sur la question dans le Bulletin d'histoire politique, croit que les raisons de ce déclin sont multiples. Il souligne en particulier l'absence d'une «compétence» claire prescrivant la connaissance de la société québécoise en sciences humaines au cégep. Dans les programmes de sciences humaines, soutient-il, «nulle part le professeur n'est invité à aborder le thème du Québec». Et dans ces programmes, aucun cours de l'histoire du Québec n'est obligatoire.

Discipline secondaire

Au ministère de l'Éducation, du Loisir et du Sport (MELS), on confirme ce fait. Le seul cours d'histoire obligatoire du programme de sciences humaines est celui intitulé Histoire de la civilisation occidentale. «Toutefois, en fonction du profil qu'il choisit, l'étudiant peut être amené à suivre d'autres cours d'histoire, dont celui portant sur l'histoire du Québec», nuance la relationniste du MELS Stéphanie Tremblay. Il en va de même dans les programmes autres que les sciences humaines, où «les étudiants peuvent cependant choisir des cours d'histoire, à titre de cours complémentaires ou optionnels, s'ils le désirent». On souligne que «l'histoire, dont celle du Québec», est une matière obligatoire dans le parcours de l'élève au secondaire.

Mais cela ne justifie pas, estime M. Laporte, que les étudiants de sciences humaines au cégep «soient exemptés de cours d'histoire de l'endroit où ils vivent». Sans compter qu'au cégep, actuellement, les programmes enrichis se multiplient, comme le bac international, le programme «Histoire et civilisation» et le DEC universel, «offrant tous de l'histoire mais fort peu d'histoire du Québec», note M. Laporte.

Lui-même enseigne à des étudiants dans certains de ces programmes qui, écrit-il, sont souvent axés sur «des contenus exotiques, dans la mouvance altermondialiste et coïncidant mieux avec un stage touristico-historique à l'étranger». Le voyage de fin d'études — au Guatemala, au Costa Rica, etc. — détermine souvent le contenu des cours enseignés, fait-il remarquer.

La formation des nouveaux professeurs contribue aussi à la «disparition rapide» du thème du Québec dans l'enseignement collégial. Ceux-ci «n'éprouvent plus autant d'intérêt à parler du Québec dans leurs cours», soutient M. Laporte, puisqu'ils ont été formés dans des départements universitaires d'histoire ou de sciences sociales où la question québécoise, là aussi, occupe une place beaucoup moins importante qu'avant. «Les mémoires et les thèses portent de plus en plus sur des thèmes étrangers, voire non occidentaux, et de moins en moins sur des aspects ayant trait au Québec.»

M. Laporte fait remarquer que plusieurs jeunes enseignants, embauchés depuis 2000, n'ont acquis «qu'un modeste bagage scolaire sur le Québec», et qui remonte paradoxalement... au cégep.

Inquiétude partagée

L'inquiétude de M. Laporte est partagée par plusieurs. (Il a d'ailleurs présenté ses données lors de quelques conférences.) À l'Université du Québec à Montréal, Marc Chevrier, professeur de science politique, abonde dans le sens de M. Laporte. Bien sûr, le Québec demeure étudié par les universitaires, comme «sujet central» ou à «l'intérieur des disciplines» (littérature, sociologie, études urbaines, etc.). Et ces experts ont mis sur pied un réseau international, concède-t-il. «Cependant, quand on observe l'enseignement et ce qui attire les étudiants, force est de constater, du moins en science politique, que les étudiants sont relativement peu attirés par les études québécoises ou canadiennes.» Le volume des mémoires et des thèses qui traitent du Québec «n'est pas impressionnant», note-t-il. Ce sont les relations internationales qui ont la cote.

Normal puisque, depuis quelques décennies, le terme «international» a graduellement pris la place qu'occupait jadis celui de «classique» pour désigner l'excellence, le «nec plus ultra» en éducation. «L'ouverture sur le monde» est devenue une valeur cardinale du système scolaire. Une «attraction immodérée de l'extérieur», juge Marc Chevrier, qui débouche sur un «oubli de soi», une envie de «sortir à tout prix de soi... c'est l'altérité dévoreuse de soi», résume-t-il.

La conséquence de ce mouvement, croit M. Chevrier, c'est par exemple que beaucoup de futurs diplômés deviendront des «spécialistes d'une région du monde ou de questions internationales — ce qui en soi est très bien —, mais connaîtront plutôt mal encore la société qui les a formés, sans pouvoir faire de comparaison approfondie entre celle-là et leur monde étranger». Or, note Réjean Pelletier, politologue de l'Université Laval, «on aborde peu la situation québécoise en elle-même et pour elle-même. On le fait beaucoup plus dans une perspective comparative».

Gilles Laporte raconte que, récemment, des cégépiens montréalais en stage au Guatemala ont été pris de court lorsque leurs hôtes leur ont demandé de leur parler de la nourriture et des danses traditionnelles du Québec. «La responsable du stage était bouleversée et m'a dit: "Il faudrait bien qu'on trouve quelque chose à dire sur nous".»

La place du Québec dans les cours de sciences humaines fera l'objet d'une table ronde au prochain congrès de l'Association des professeurs d'histoire des collèges du Québec, à Québec en mai prochain.






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Vos réactions

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  • Alexandre Gosselin
    Abonné
    mardi 11 mars 2008 00h19
    L'histoire: l'oubli d'hier et le manque à combler de demain
    « L'international à la cote et l'on peut dire que c'est toute à fait normal ; les jeunes veulent contribuer à la société de demain qui se veux de plus en plus mondialisée. Le problème est que pour la jeunesse, (dont je fait partit à 20 ans) le Québec n'est plus vu comme quelque chose à bâtir ; il est vu comme étant vieux, intouchable, auto-suffisant et difficile d'approche. ( comme le parti libéral)
    Cependant, ne me dites pas que les jeunes sont ingrats et ne reconnaissent pas leur passé. Non, les jeunes sont contents de leur héritage culturels québécois, mais le problème est qu'ils voient leurs droits comme acquis et en se sens comme naturels. Par exemple, combien de femmes pensent que le droit de vote est naturel pour eux sans même se poser de questions (alors que des centaines de femme se sont battues pour ce droit en 1944), combiens de jeun(e)s pensent que l'école presque gratuite est un DEVOIR d'État et non un DROIT acquis. En fait, les jeunes aiment le Québec, mais ne le considère plus comme une entité à bâtir et là est le problème. Désoler de vous dire cela, mais les générations précédantes ont oubliées de nous transmettent les connaissances du savoir. En d'autres mots, lors de notre éducation, tout nous a été donné, mais rien ne nous a été transmit. On a eu des bonnes écoles, des bons jeux vidéos et pleins de fric, mais des parents absents. Que faire alors pour ratrapper le temps perdu? Montrez aux jeunes que qu'il faut s'impliquer tout simplement. Montrez à vos jeunes que s'impliquer dans la vie politique est important au lieu de chialer sur votre LA-Z-BOY en écoutant Virginie (ceux à qui le chapeau fait...) . Ceci est l'héritage le plus important pour un peuple qui a été perdu ; celui de se battre pour notre petite culture. Je vous le dis, les jeunes veulent se battre, mais ne voient plus le Québec comme avenir, ils le voient comme présent. Ils ne voient plus le Québec comme solidaire, mais comme division. Alors unissons-nous et impliquons-nous dans le présent pour que l'avenir soit NOTRE avenir »

  • Laurier Girard
    Abonné
    mardi 11 mars 2008 00h47
    Un chausson bilingue avec ça?
    « Et cette envie de "sortir à tout prix de soi" se manifeste également par cette ruée vers la bilinguisation, trop consensuelle, pour ne pas être suspecte. À un point tel qu'on pense qu'il faille enseigner de façon hâtive une deuxième langue à des jeunes de plus en plus aliénés/étrangers à leur propre maternelle. »

  • jacques noel
    Inscrit
    mardi 11 mars 2008 07h45
    On leur a lavé le cerveau avec la religion verte
    « Toute la génération des Y a été intoxiquée à la religion verte. Pour eux, la planète est en danger! Pour eux, faut tout recycler. Pour eux, les boomers ont tout eu et les ont endettés pour le restant de leur vie.

    De notre histoire, de nos héros qui ont parcouru tout le continent, de notre littérature, ils n'en connaissent que quelques mots, que quelques noms. Des noms de ponts, de rues, de tunnels. »

  • Yvon Montoya
    Abonné
    mardi 11 mars 2008 07h49
    Il faut bien que genèse se passe (Jacques Prévert)
    « « En d'autres mots, lors de notre éducation, tout nous a été donné, mais rien ne nous a été transmit. »

    « Ceci est l'héritage le plus important pour un peuple qui a été perdu ; celui de se battre pour notre petite culture. »

    « Je vous le dis, les jeunes veulent se battre, mais ne voient plus le Québec comme avenir, ils le voient comme présent. »

    « Ils ne voient plus le Québec comme solidaire, mais comme division. »

    «Alors unissons-nous et impliquons-nous dans le présent pour que l'avenir soit NOTRE avenir. »

    Je partage depuis fort longtemps ce constat, constat castrateur de toute contestation saine. Cela vaut des galaxies de discours, de démagogies politiques. La jeunesse québécoise est une belle jeunesse, lucide. »

  • Sylvain Racine
    Abonné
    mardi 11 mars 2008 08h10
    Les Québécois: émigrés français de la Première Guerre mondiale
    « Dans le ROC, la plupart des gens croient que le Canada a été fondé en 1867, et qu'avant il n'y avait rien. De plus,ils croient que les Québécois, ce sont en fait des immigrants Français qui sont venus au Canada après la Première guerre mondiale.

    Au Québec, on s'en va vers ça, je n'en doute pas un instant! »

  • Nathalie Rochon
    Abonnée
    mardi 11 mars 2008 09h06
    Une histoire de loosers
    « Faut-il se surprendre que les jeunes soient davantage allumés sur le monde que sur le Québec ? Ma génération était encore allumée sur le Québec. Mais force est de constater que notre histoire est une histoire de perdants. C'est peut-être pour ça que les jeunes regardent ailleurs. Quoi d'intéressant en effet d'étudier l'histoire d'un peuple qui a été conquis, qui a pris les miettes que le conquérant lui laissait et qui s'est dit NON à lui-même deux fois plutôt qu'une ?

    Si j'avais 18 ans, je crois, moi aussi, que je ne serais pas très attiré par l'histoire du Québec.

    Sylvain Daignault
    Bachelier ès Art (Histoire) 1986 »

  • Olivier Desharnais-Roy
    Abonné
    mardi 11 mars 2008 09h10
    L'enseignement de l'histoire du Québec... ou l'art de la répétition
    « Du temps où je fréquentais le CEGEP, je reprochais aux cours d'histoire de ne pas suffisamment se distinguer en contenu de ceux que j'avais suivi au secondaire. Cela peut sans doute expliquer le peu d'intérêt manifesté par les étudiants pour choisir les cours d'histoire du Québec. Afin de les attirer davantage, il faudrait songer à changer leur contenu en l'enrichissant, tout en amorçant une réflexion sur les exigences des travaux à produire dans le cadre de ces cours.

    Mais il ne faut pas être alarmiste: le désintérêt ne doit pas être interprété comme un désintérêt envers l'histoire du Québec, mais plutôt un désintérêt envers le cours lui-même. »

  • Zach Gebello
    Inscrit
    mardi 11 mars 2008 09h26
    Les deux yeux fermés bein dur
    « Les seules notions de "comparer" l'histoire du Québec avec le "reste du monde" ou d'aborder la situation québécoise "en elle-même pour elle même" sont en soi révélatrices de l'acculturation des Québécois à une histoire officielle édulcorée et asceptisée.

    C'est à se demander sérieusement si cette obstination par le MEL et ses académiciens à présenter le Québec et le Monde qu'en parallèle n'est pas intentionel afin de justement éviter d'en exposer les liens et rapports étroits depuis toujours.

    Des liens et rapports étroits avec la mondialisation par la découverte du Nouveau Monde qui nous font comprendre le contexte de cette mondialisation actuelle.

    Ce qu'on fait passer pour un cours d'histoire du Québec au secondaire c'est de l'antropologie à l'eau de rose appliqué sur un peuple-éprouvette.

    Cette "ouverture immodérée sur le monde" est saine, mais débouche sur un "oubli de soi" car on fait voyager les étudiants sans bagages. Ils ne voient pas le Québec chez l'autre. Pourtant, le Québec est en Europe et en Afrique, ainsi qu'en Amérique du Sud, États-Unis, Australie et même aux Indes. Son histoire est liée à tous ces endroits, y a laissé ses traces, et a fait le Québec actuel.

    Cette histoire, l'extraordinaire, la merveilleuse, la palpitante, la vraie, je la raconte et la découvre avec mes enfants grâce aux nouvelles technologies de l'information et croyez-moi qu'ils ne sont pas ennuyés du tout!

    Mais ils échouent leur cours d'histoire, car leurs profs refusent d'évaluer ces connaissances et ne considèrent que le "programme". Ils échouent parce que ce programme ils ont apprit à le mépriser, à s'en moquer, comprenant maintenant trop bien ce qu'on tente de leur cacher et pourquoi on leur cache.

    Malheureusement, cette lobotomie mémorielle semble bien avoir atteint le stade de pandémie au Québec, d'après votre article.

    Quand on est rendu que c'est l'ignorance de la nourriture et danses traditionelles qui bouleverse les enseignants, le folklore, les insignifiances de Patrimoine Canada...

    L'acculturation totale. »

  • Alexandre Cloutier
    Inscrit
    mardi 11 mars 2008 09h44
    À quoi bon?
    « Comment voulez-vous intéresser les jeunes à ce qui est en soi inintéressant? D'autant plus qu'avec la réforme au secondaire il y a encore plus de cours d'histoire du Québec. Voici les faits : le Québec est une province ce qui, à l'échelle de la géopolitique contemporaine (à moins de s'appeler Gaza), ne veut pas dire grand chose. Si vous êtes pas content, moi je vous réponds que c'était à vous autres de pas «choker» en 80' 95'. Personnellement je ne vois aucune raison pour que les jeunes d'aujourd'hui vivent avec le complexe d'infériorité de leurs aînés. Le CEGEP est à peu près l'équivalent de la première année d'université ailleurs dans le monde; évitons d'y enseigner de pseudo-cours. »

  • william morris
    Abonné
    mardi 11 mars 2008 10h16
    Lamentable...
    « Bonjour,

    Bonjour. On s'interroge sur ce qui peut bien se passer dans l'esprit des bonzes qui préparent les programmes d'études au ministère de l'Éducation du Québec.

    L'histoire du Québec, qui est en fait l'histoire du Canada français et du Canada au Québec, est un MUST.
    Est-ce que les petits Français apprennnet l'histoire de la France ? Rappelez-vous la petite chanson <<Sacré Charlemagne>>. La République veut former ses enfants. Elle enseigne donc l'histoire de la France.
    Ici, la ministère ne sait pas s'il devrait enseigner l'histoire du Québec ou bien l'histoire de toutes les Amériques.
    Gageons que le refus de bien enseigner l'histoire du Québec a pour base l'idée de ne pas froisser les anglophones qui pourraient considérer qu'il est anti-canadien d'enseigner l'histoire du Québec. Ce serait un sujet idéologique, nationaliste.
    Comme à l'habitude, le Québec, au lieu de se tenir debout, se roule à terre et s'endort
    Quel avenir pour le Québec ?
    Qu'en pensez-vous ?
    William Morris
    www.lemont.canalblog.com. »

  • Charles-Alexandre Paré
    Inscrit
    mardi 11 mars 2008 12h31
    Les cours d'Histoire du Québec sont menacés
    « Chers Québécois,

    M. Gilles Laporte est un prof d'Histoire du Québec au Cégep du Vieux-Montréal (vous le connaissez peut-être ?) Ce gars là est un sacré phénomène, il est l'auteur de nombreux ouvrages et c'est lui notamment, qui est le fondateur et concepteur du site sur l'histoire des Patriotes : http://www.1837.qc.ca. Il en faudrait plusieurs « passionnés » comme lui dans notre système d'éducation (de plus en plus facilitant et de moins en moins formateur) afin de mieux faire connaître nos origines aux jeunes Québécois malheureusement de plus en plus ignares dans ce domaine.

    Si vous avez quelques minutes pour vous renseigner sur la disparition imminente (et déplorable) des cours d'histoire au Cégep, lisez cet article :

    http://www.ledevoir.com/2008/03/11/179874.html

    Sans connaissance suffisante de l'histoire d'où l'on vient, la qualité de notre culture populaire régresse à mesure que le temps passe.

    Une nouvelle ère de conflits politiques et de divisions sur de nombreuses questions sociales est déjà commencée. Vous l'avez peut-être déjà remarqué ? Voici une part importante de l'explication qui en découle !

    L'éducation d'un peuple mène naturellement à une meilleure gestion de l'environnement ; qui elle mène naturellement à un meilleur état de la santé à l'échelle nationale. N'est-ce pas là l'enjeu des grandes questions budgétaires actuelles ?

    Voulez-vous un Québec fort ou l'aimez-vous faible et essoufflé comme il l'est présentement ? Connaître son histoire, c'est se connaître soi-même, pensez-y ! »

  • Claire Portelance
    Inscrite
    mardi 11 mars 2008 12h31
    Un constat alarmant
    « Hier justement, j'ai donné un cours sur la nation québécoise à un groupe d'étudiants du Cégep. ILs sont passionnés par ce qu'ils ne savent pas et ce qui ne se dit pas. C'est vrai que la cote est à l'international et à l'ouverture sur le monde, mais quand le discours sur le Québec est significatif, les étudiants répondent très bien. J'ai constaté ce fait sur plusieurs années d'enseignement.

    À mon avis, un des problèmes est la compétition entre cégeps qui est inscrite à l'ordre du jour depuis les réformes de programme. À ce moment là, les jeunes profs n'étaient pas des plus présents, mais chacun des cégeps s'est vu en quelque sorte dans l'obligation d'offrir des programmes originaux pour attirer, ce qu'il est maintenant convenu d'appeler dans le milieu, la clientèle. Et tous - ou à peu près tous - sont tombés dans l'international avec une offre de stage à l'étranger. Et ce n'est pas seulement l'histoire du Québec qui perd la côte, mais aussi tous les cours qui avaient comme préoccupation une ouverture à la question amérindienne ce qui fait aussi partie de l'histoire du Québec. Aujourd'hui, la figure des Amérindiens a disparu des cégeps.

    La faute appartient en grande partie à une collectivité qui n'arrive plus à cerner les repères distinctifs de la nation et qui a eu honte de son histoire nationale. Cela débouche en quelque sorte sur la négation de nous-mêmes. »

  • Paul Lafrance
    Inscrit
    mardi 11 mars 2008 15h31
    L'Histoire du Québec
    « Je suis trop âgé pour avoir étudié au CEGEP,dans mon temps, c'était le cours classique, mais quand j'entends les jeunes parler de l'Histoire du Québec, j'ai l'impression qu'ils ont eu le cerveau lessivé par des enseignants qui leur ont caché toutes les réalisations faites depuis que la France a cédé sa colonie à l'Angleterre, Si la France a cédé le Québec aussi facilement, c'était parce que sa colonie, composée de qulques dizaines de milliers d'habitants, n'avait comme économie que des trappeurs, des agriculteurs des coureurs de bois. De plus, la France ne voulait pas de ces prêtres Jansénistes dont ils s'étaient débarsssé en les envoyant outre-mer. Le développement économique du Québec s'est développé avec l'aide financière et technologique de l'Angleterre, mais on ne veut ni l'admettre, ni l'inscrire à notre Histoire.
    Paul Lafrance
    Québec »

  • Cécilien Pelchat
    Abonné
    mardi 11 mars 2008 15h36
    Montreal Métropole Culturelle- pour le jazz la chanson de variété anglophone!
    « Quand on laisse des outres vides dans une écurie,Dieu sait ce dont elles peuvent se remplir. Bilinguisme,irréligion,sexe,bouffe,fric,drogues.C'est ce qui a rempli nos outres cégépiennes au temps ou nos (supposés)prof de philo enseignait cette matière assis dans un coin `entre deux joints sans se grouiller le cul`` Qui potes capéré,capiat. »

  • Dominic Pageau
    Abonné
    mardi 11 mars 2008 16h51
    La culture de l'internationalisme, ou l'absence de culture.
    « Il y a de forts mouvements idéologiques qui veulent nous déraciner pour nous internationaliser, afin de faire de nous des citoyens du monde, c'est un pas de l'avant vers la notion de gouvernement mondial, on internationalise ceux qu'on appelle l'élite. L'apparition des écoles dites internationales au secondaire en est l'illustration parfaite.

    Bienvenu dans l'acculturation des peuples sous prétexte de faire la paix dans le monde, tout ça découle de l'idéologie de Alice A bailey qui veut qu'en enterrant l'histoire des conflits nationaux, on va atteindre un paix mondiale sous un gouvernement mondial. »

  • Gerry Pagé
    Inscrit
    mardi 11 mars 2008 17h30
    La «religion rouge», plutôt?
    « Les ratées de la révolution rouge sécessionniste qu'ont ciblée les intégristes séparatistes pendant les 30 dernières années du siècle dernier sont fort probablement la raison majeure du désintéressement très malheureux à l'égard de l'histoire du Québec et du Canada, ce véhicule de nos savoirs, de savoir-faire et savoir-être. Ce véhicule de tous nos espoirs et de tous nos pouvoirs. Celui de la libération et de l'expression de notre potentiel.

    Pendant ces années de propagande sécessionniste, favorisant le déploiement des tentacules de l'infiltration orchestrée des (Pee Qew) séparatistes, les classes de HT 414 (au secondaire), entre autres, ont été converties, pour un très grand nombre, en tripots et labos du lessivage des cerveaux des jeunes, cette pâte à modeler que des enseignants séparatistes espéraient voir devenir les fusées porteuses des fantasmes de souverains et de fantassins bien campés et barricadés derrière les murs épais de leur citadelle souverainement et royalement républicaine.

    C'est effectivement de ces «classes» (entre autres) que sont nés les leurres, les beurres, les aveuglements et surtout la haine du ROC. On y a investi toutes les énergies que motivait une «révolution rouge» contre l'oppression historiquement patentée des anglo-canadiens. Les séparatistes d'alors rêvaient d'une révolution qui n'avait rien de tranquille. «Quelque chose» qui aurait ressemblé aux tumultes sécessionnistes du Timor oriental, sans les emmerdes ou aux explosives et incendiaires rages séparatistes du Kosovo, désordres publics en moins ou à la fracture ukrainienne, aux roses lendemains d'une somnolente ivresse. «Quelque chose» qui aurait provoqué les perturbations que Pauline Marois anticipait, il y a quelque temps à peine, en parlant de perturbations et de turbulences, c'est-à-dire tout le contraire de paix, d'ordre et de concorde. Des chambardements, détraquements et débordements intempestifs qu'elle n'osait pas expliciter davantage, mais qu'elle semble vouloir élaguer ou qu'on lui a plutôt ordonné d'enterrer, modifiant son discours et invitant les milliers de Québécois qui ont quitté le PQ séparatiste et souverainement sécessionniste, de prendre part à des ateliers de «conversations souveraines», mais conversations souverainement soumises à l'idée maîtresse ou à l'idée de la maîtresse châtelaine et du maître célébrant de sa chapelle, Gérald Larose.

    La propagande et la désinformation que les séparatistes se sont autorisés, via le programme HT 414, n'ont rien été d'autre qu'un tripotage du passé québécois dont les jeunes ont généralement fait une indigestion magistrale. Une indigestion, d'ailleurs, dont ils se rappellent de tous ces malaises marquants qui sont reliés aux arrières goûts et aux traces que laissent les mépris du bourrage de crâne, du brassage de conscience et du lavage de cerveau ainsi qu'aux échecs et aux abandons. Un mélange indigeste qui a provoqué l'échec de cette matière requise à l'obtention du DES et qui a entraîné les abandons scolaires qui ont atteint des sommets catastrophiques, pour nombre de jeunes qu'on a aujourd'hui le culot inqualifiable de traiter d'ignares et de mous. Au terme des années 80, le taux d'échec, au chapitre de l'histoire ou plutôt au chapitre du trucage des «histoires séparatistes» visant essentiellement le Canada bashing, croyant pondre des oeufs de passion et d'amour dans des nids de revanchardes haines plurielles, avait atteint des pourcentages que la pondération ministérielle péquiste a tenté de camoufler, bien inutilement d'ailleurs. Et, aujourd'hui, parce qu'ils n'ont pas emboîté le pas séparatiste très faussement dit nationaliste, on a la cynique effronterie de les cataloguer de mous, d'impurs et d'ignares? Sont-ils par hasard, les impurs que cible le coranique destroyer Ben Laden et ses abrutis kamikazes?

    Et, on se dit maintenant surpris de constater que les classes d'histoire, au Collégial, sont désertées? Ces classes ne sont-elles pas désertées comme les temples de la catholicité qu'ont vidés les puristes auteurs des lessivages religionnaires des cerveaux soumis et qu'ont infestés aussi les agents multiplicateurs de l'intégrisme laïciste?

    D'autre part, avec autant d'années consacrées à tripoter d'histoire du Québec et du Canada, qui donc, des séparatistes, des sécessionnistes et divisionnistes guerroyeurs intégristes, se dira surpris de voir à quel point le 400ième anniversaire de et du Québec ne soulève aucun enthousiasme, ne fait appel à aucune fierté de jeunes générations dont on a complètement lessivé les gênes de leur nationalisme et de leur patriotisme, ces fondements de l'affirmation des individus québécois et des collectivités du Québec, ce peuple distinctif et particulièrement «fait fort» qui a su résister aux «blanchiments» exercés impunément dans nombre des gazeux labos du séparatisme, animés par des dirigistes qui ont iconisé des patriotards en les faisant passer pour les martyres du patriotisme, suivant les évangiles selon Saint Bernard, Saint Jacques et autres nichés du sanctuaire séparatiste?

    Voilà en bref, un des très rares constats tristes, de mes 25 années de directorat, au secondaire. Si je suis dans l'erreur, je suggérerai alors aux Dunois, Gautier, Pizier, Gélinas et autres émotifs du même type caractériel, de ne pas perdre leur temps à se livrer aux postillons de leurs frustrations rageuses, ce qui n'atteint en rien mon imperméable indifférence à leurs orgiaques insultes. Qu'on me prouve que j'ai fait une mauvaise lecture de la réalité des labos et tripots d'histoire du Québec et du Canada, de 1970 à 1995. Qu'on me prouve que j'ai tort! Devant une preuve «logique», émanant d'une intelligence «non aveuglée» et d'une raison «.non bornée», d'un esprit clair et «non tordu» (partisan), si c'est possible pour eux, pour elles, je m'inclinerai, je modifierai mes convictions et je l'avouerai.

    Gerry Pagé
    Ville de Québec »

  • Dany Leblanc
    Abonné
    mardi 11 mars 2008 18h55
    Mets traditionnel du Québec
    « Une fois quelqu'un m'a dit que le Québec n'avait pas de mets traditionnels, à part la poutine. Ben! Je lui dis qu'il y avait le boeuf bouilli, le ragoût, les crêpes, les galettes de sarrasins, pour ce que je suis capable de nommer. Il me répond que ce n'est pas québécois mais français. Coudon! Avons-nous oublié que nos ancêtres étaient Français?

    Eh puis, les desserts de cabane à sucre sont tellement bons, le grand-père, les pètes de soeurs et les oeufs cuits dans le sirop. »

  • Alexandre Gosselin
    Abonné
    mardi 11 mars 2008 20h27
    Arrêtez d'être pessimistes cr"""
    « Les jeunes savent ce qu'ils font et ce qui vous fait peut-être chier, c'est qu'il vont vous dépasser, car ils ont plus de vision que vous. L'histoire et la politique ne sont pas très importante pour un jeune de 18 an c'est vrai. Cependant, il n'est vraiment pas rare de constater que plus on avance en âge, plus on est politisé, plus l'histoire on s'y intéresse. Oui il y a des lacunes, mais il y a surtout des forces au CEGEP que la génération du Baby-boom et X ne veulent pas voir. Alors, regardez-nous, faites-nous confiance et l'histoire... je suis sûr que 75% des cégépiens en savent plus long sur l'histoire du Québec que 90 % de la population. Nous ne sommes pas des lâches, nous ne sommes pas des ingrats, nous sommes allumés, fiers et visionnaires.
    Pour mieux me comprendre, voir le dernier article. Merci »

  • Claude Poulin
    Inscrit
    mardi 11 mars 2008 20h49
    Sur la cause de ce recul.
    « Cette nouvelle concernant le recul des cours d'histoire du Québec n'est pas surprenante pour ceux(très peu nombreux) qui connaissent l'évolution des programmes pré-universitaires de cégeps en particulier celui des sciences humaines. Au point de départ, il faut savoir que l'histoire a malheureusement a toujours été le parent pauvre des programmes de cégeps. En privilégiant la littérature et la philosophe comme cours visant à assurer les connaissances et la formation de tous les élèves, les cégeps ont fait un choix qui m'est toujours apparu discutable. L'histoire, ç'est connu, est une discipline de formation incontournable que reconnaissent en privé, les professeurs de philosophie de littérature de même que les professeur de sciences. Ils ont à y référer en tout temps. De plus, on sait que l'histoire est une discipline qui a plus d'attrait et qui atteint ses meilleurs objectifs lorsqu'elle s'adresse à des jeunes qui ont atteint un certain niveau de maturité intellectuelle et sociale. Soit celui qui correspond globalement à l'âge de ces élèves. Or, malgré cette réalité, toutes les tentatives pour promouvoir l'enseignement de l'histoire et lui attribuer une place dans les cours communs (obligatoires pour tous) ont échoué.

    Voici quelques explications de cet échec. D'abord, la co-gestion et les intérêts corporatifs qui marquent depuis le début l'évolution des programmes ont été ici, comme pour d'autres cas semblables, une cause importante de cet échec. La co-gestion des programmes que l'on continue de pratiquer dans ce milieu entraîne à tout coup les pires effets dont le plus évident réside dans ces luttes où s'affrontent les professeurs de diverses disciplines. La réforme de 1995 a été à cet égard le point culminant de cette situation. En vertu des principes de cette réforme, il a fallu appliquer les nouvelles règles de programmes axés sur la pédagogie des compétences. Pour le seul programme de sciences humaines (baptisé pré-universitaire), il y avait dans mon cégep plus de dix disciplines représentées par une trentaine de professeurs. L'histoire n'était qu'une discipline parmi d'autres et les professeurs d'histoire en patit nombre. Le but du nouveau programme était de préparer les élèves à des études supérieures et de leur offrir les compétences nécessaires pour y réussir. L'élève inscrit dans ce programme devait pouvoir développer ces compétences dans l'un des trois domaines suivants : l'individu, la société et le monde. Les professeurs en assemblée avaient donc le mandat de mettre en place les cours pour chacun de ces trois champs., établir ensuite les compétences requises et rédiger des plans détaillés des cours dans cet esprit. Un laborieux plan de négociation a alors été mis en place.

    Déjà minoritaires dans un large groupe de professeurs de sciences humaines dont toutes sortes d'autres intérêts étaient aussi présents (ancienneté, tâche, etc., il était évident que les professeurs d'histoire allaient être perdants. Et comme semble le suggérer Gilles Laporte, les professeurs d'histoire n'ont pas été assez habiles à définir leur champs de compétence et donc à défendre leurs cours.
    Voilà un aspect majeur du recul de l'enseignement de l'histoire au cégep et donc de celui de l'histoire du Québec. En introduisant l'approche par compétences dans le renouvellement de ce programme, en laissant aux groupes d'intérêt le soin de s'organiser avec les contenus de cours, le MEQ a sans doute respecté le principe de l'autonomie cher à ce milieu mais il s'est fermé les yeux sur les résultats. On voit par cet exemple que jamais dans cette réforme le besoin des élèves a été pris en compte. Ce qui a la cote au cégep depuis cette réforme, ce sont les compétences qu'on applique dans le silence et sans résistance. Voilà un problème certainement plus grave que la baisse de l'intérêt pour le Québec chez les cégépiens.
    Claude Poulin professeur d'histoire retraité de l'enseignement collégial. »

  • Gilles Bousquet
    Inscrite
    mardi 11 mars 2008 21h21
    @ Paul Lafrance
    « Votre nom ne va pas trop bien avec vos convictions, à votre place, je le ferais changer pour Paul Langleterre ou bien pour Aplusbégalix, personnage d'un des Astérix "Le Combat des chefs" qui disait aux Romains : Bienvenue à nos envahisseurs bien-aimés. »

  • Gabriel Rompré
    Inscrit
    mardi 11 mars 2008 22h04
    Vous êtes bien trop alarmiste
    « Il est vrai que l'aspect "internatonal" des cours est bien souvent placé comme un argument de vente. Quand on y regarde de plus proche, on s'aperçoit cependant que cette appellation est souvent une farce.

    J'ai gradué du Bac International au cégep et le seul facteur "international" de ma formation était qu'elle était reconnue à travers le monde, un aspect inutile pour quelqu'un qui, comme moi, étudie toujours au Canada.

    Le programme de Relation Internationale à Laval est aussi un peu bâclé. Ce qu'on y enseigne, c'est une mix de science politique et de langue moderne, rien de bien international là-dedans.

    J'étudie cependant en Études Internationales moi aussi en ce moment et je peux dire que les cours d'histoire nationale ne m'intéresse pas outre mesure. Ce n'est pas parce que je ne suis pas politisé ou intéressé dans les affaires de mon peuple, c'est simplement qu'un étudiant sérieux s'attend à recevoir à l'université le savoir commun développé par la communauté scientifique du monde entier.

    On n'exige pas des gens en biologie qu'ils étudient seulement les découverte faite dans la province, ce serait totalement absurde, ils y perdraient une masse de savoir absolument faramineuse. C'est la même chose en sociologie, si je suis obligé de lire seulement Gérard Bouchard et non Foucault, Aron ou Berger j'y perd très sûrement.

    Je ne crois pas qu'il faut être trop alarmisme ici, le Québec est seulement à la recherche de sa juste place dans le concert des nations. »

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