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UQAM: le nouveau plan de redressement comporte encore un déficit

Clairandrée Cauchy   25 septembre 2009 06h34  Éducation
L’UQAM n’arrive pas à remplir la commande de la ministre de l’Éducation, Michelle Courchesne, de déposer un plan de redressement permettant de renouer avec l’équilibre budgétaire. Le document de la firme PricewaterhouseCoopers présenté hier au conseil d’administration de l’Université du Québec à Montréal fait toujours état d’un déficit annuel de 24,4 millions au terme de l’exercice de redressement en 2011-2012, dans le meilleur des scénarios.

La firme PWC, qui accompagnait l’UQAM dans l’élaboration de son plan de redressement, conclut que le retour à l’équilibre est impossible sans une aide supplémentaire de Québec. «L’atteinte de l’équilibre financier représente une tâche gigantesque pour l’UQAM. L’absence d’aide financière du gouvernement, en sus de celle promise pour l’îlot Voyageur pourrait compromettre non seulement la mission de l’UQAM, mais également sa survie», peut-on lire dans le rapport de PWC qui sera rendu public ce matin et dont Le Devoir a obtenu copie.
La firme comptable estime par ailleurs que des réflexions sur la formule de financement des universités, la mission et la gouvernance de l’UQAM — trois sujets exclus de son mandat d’analyse — seraient nécessaires pour réaliser les objectifs de redressement de l’université.

Si les mesures de redressement proposées par l’UQAM s’avéraient efficaces et que le gouvernement s’engageait à éponger non seulement la facture de l’îlot Voyageur, comme il l’a déjà promis, mais aussi celle du Complexe des sciences - tel que le demande sans succès le nouveau recteur depuis deux mois - l’UQAM serait toujours aux prises avec un manque à gagner de 24,4 millions.
Même ce scénario apparaît hasardeux selon la firme PWC, qui fait plutôt état d’un déficit annuel de 36,5 millions et d’un déficit accumulé de 191,4 millions en 2011-2012, dans ses données validées.

Compressions supplémentaires
Parmi les mesures proposées, l’UQAM avance un objectif de compressions supplémentaires de 11 millions, à terme en 2011-2012. La direction préconise une hausse de 3 millions des revenus provenant des frais afférents, soit une hausse de 15 $ par étudiant. Le restant de cette somme proviendrait de compressions dans les départements (4 millions) et de l’abolition de 77 postes de cadres et d’employés de soutien (4 millions).

Ces nouvelles mesures sont cependant vues avec scepticisme par les comptables de PWC. En raison de «l’absence de plan d’action détaillé et du caractère incertain de certaines mesures additionnelles, ces objectifs n’ont pas été inclus dans les mesures de redressement proposées et les projections financières», peut-on lire dans le «Rapport définitif sur la situation financière et le plan de redressement».

Outre les mesures retenues dans ses calculs, quelque 31 autres ont été analysées par l’UQAM et PWC. Si certaines ont été d’emblée écartées, d’autres feront l’objet d’analyses ultérieures. Il en va ainsi de l’avenir des propositions de «modification ou fermeture de programmes en difficulté», de la renégociation de l’organisation du travail ou encore de la vente de certains immeubles, tels le Centre Pierre-Péladeau.

PWC mentionne par ailleurs qu’un gel des salaires ou encore des hausses réduites par rapport à celles de 3 % provisionnées par l’UQAM permettraient de générer des économies substantielles. «Chaque réduction de 1 % des hausses de salaire prévues représente une économie de près de 2,5 millions par année de façon récurrente», peut-on lire dans le rapport. Soulignons que les conventions collectives de deux des trois principaux syndicats de l’UQAM sont déjà échues et qu’une troisième arrive à échéance en décembre.

Dans ses commentaires écrits, la direction de l’UQAM s’est cependant montrée peu encline à aller dans la voie tracée par PWC, affirmant viser la «protection des salaires et le maintien des effectifs à un niveau tel qu’il permet à l’université, malgré tout, de remplir sa mission». Les syndicats devraient réagir cet après-midi au document présenté hier soir.

Les étudiants sont cependant rapidement montés aux barricades en soirée. Une porte-parole de toutes les associations facultaires de l’UQAM (à l’exception de celle des sciences humaines en grève), Eve-Lyne Couturier, a vivement dénoncé la hausse des frais afférents, qui viendrait s’ajouter à celle de 160 $ déjà décrétée pour cette année et à l’augmentation de 30 % des droits de scolarité imposée par Québec. «C’est inacceptable. L’UQAM parle de négocier avec les syndicats, mais seulement d’échanger avec les étudiants».

Elle critique la vision comptable du rapport. Si on appliquait les mesures, l’UQAM «ne serait plus une institution d’enseignement supérieur ,mais une entreprise privée, où les étudiants sont vus comme des clients et les professeurs comme une masse salariale. Ce n’est pas comme cela qu’on va avoir une éducation de qualité», tonne Mme Couturier.

Le Conseil d’administration a pris acte du document hier et recommandé qu’on le transmette à la ministre et au réseau de l’Université du Québec. Les discussions devraient se poursuivre au sein de l’instance jeudi.






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  • Michel Simard
    Abonné
    mercredi 5 mars 2008 08h26
    Quels sont les objectifs ?
    « Ce qui transparaît dans toute cette histoire, c'est que les objectifs fondamentaux ne sont pas définis explicitement. Veut-on assurer la survie de l'UQAM à long terme ? Veut-on en faire une université de premier plan ? Veut-on sauvegarder des fonctions culturelles comme le centre Pierre-Péladeau ? Veut-on attirer des professeurs et des étudiants de qualité ? Veut-on augmenter la fréquentation universitaire chez les francophones ? Peu de réponses à ces questions.

    Je crois que certains veulent vendre leur droit d'aînesse pour un plat de lentilles. La ministre Courchesne n'inspire pas confiance. »

  • Michel Lebel
    Inscrit
    mercredi 5 mars 2008 11h38
    L'UQAM doit vivre pleinement!
    « Soyons sérieux. Aucun plan de redressement ne pourra vraiment régler le déficit de l'UQAM. À moins d'amputer cette université de moitié. L'État devra donc passer l'éponge. De graves erreurs de gestion ont été commises par des administrateurs de l'UQAM et ils doivent en être véritablement imputables. Mais une fois ceci dit, cette institution doit demeurer novatrice, bien vivante et complète, et ne pas devenir une demi-université. Ce serait là une grave erreur pour la collectivité québécoise. La ministre doit voir plus loin que son nez ou celui des comptables, et comprendre qu'une université ne se gère pas comme un Wal-Mart. Quant à L'UQAM, j'ose espérer que ses administrateurs ont finalement compris qu'on ne joue pas aux dés avec l'argent des contribuables et que la transparence est toujours de mise. »

  • Julien Hudon
    Abonné
    mercredi 5 mars 2008 15h34
    donner des ailes
    « il est clair que le but fondamental de l'intervention doit être précis. Cependant, une partie du déficit est du aux fait que l'université possède des immeubles au centre-ville.
    Une solution pour rentabiliser ces possessions serait d'en faire des tours à bureaux ou des logements pour personnes âgées. Je prone personellement cette dernière solution puisqu'elle permettrait une cohésion entre les génération et qu'elle permettrait même aux ainés un accès plus direct à un enseignement. Il est à noter que plusieurs de nos futurs retraités comptent suivre des cours à l'université à temps perdu.
    Il ne faut pas considérer les élèves comme une marchandise, mais rien n'empêche de laisser des organismes internes de mener des projets lucratifs au nom de l'université.
    En plus, cela permet de donner plus rapidement des responsabilité civiles aux étudiants impliqués.
    baloubalourd@hotmail.com »

  • Richard Larouche
    Inscrit
    mercredi 5 mars 2008 17h30
    Pensée à court terme
    « Le gouvernement libéral m'apparaît incapable de penser à long terme dans le dossier de l'éducation (et plusieurs autres dont il ne sera pas question dans ce commentaire, notamment la santé et l'économie).

    D'abord, il traite les universités comme des entreprises privées qui doivent arriver à l'équilibre budgétaire envers et contre tous, et particulièrement contre les étudiants.

    Il augmente les frais de scolarité de 500$/session pour mieux se désengager de l'éducation, mais oublie que les quelques 6000-13000 étudiants qui seront privés d'université à cause de cette augmentation paieront moins d'impôts pendant le reste de leur vie puisque les étudiants possédant un diplôme universitaire ont typiquement des salaires plus élevés. L'art de se tirer dans le pied!!!

    Il se fout complètement de la situation des étudiants de l'UQAM où une diminution de la qualité de la formation sera inévitable si les recommandations de la firme comptable sont mises en place. Il se fout également des étudiants de l'UQTR où la grève des professeurs (qui découle justement du sous-financement des universités) nuira à la qualité des connaissances et compétences acquises par les étudiants qui en ont été victimes.

    Je regrète, mais ce gouvernement encensé par une bonne partie des conglo-médias qui ont perdu leur sens critique depuis l'automne 2007, ne pense qu'à compresser à court terme dans le dossier de l'éducation en se foutant complètement des conséquences néfastes de leur inaction. »

  • Louis Lapointe
    Abonné
    jeudi 6 mars 2008 08h55
    L'université réinventée
    « Bonjour Mme Cauchy

    Y a t-il une autre façon de concevoir l'Université? Les professeurs souhaitent une université autonome. Les chercheurs souhaitent une université curieuse. Les étudiants souhaitent une université innovante. Les citoyens souhaitent une université engagée dans le milieu. Se pourrait-il que cette université que tout le monde veut existe déjà et qu'elle s'appelle l'UQAM ? Se pourrait-il que les raisons qui ont mené aux difficultés financières de l'UQAM n'aient rien à voir avec la création de cette université idéale que l'on a édifiée au coeur de Montréal ?

    Ce ne serait donc pas à l'échec de cette université que nous avons assisté, mais bien à une dérive financière de l'Université causée par le courant de privatisation qui pollue nos institutions publiques. L'administration en place a pensé que l'UQAM pouvait espérer réaliser des revenus provenant d'activités immobilières de nature commerciale parce que les administrateurs et les gestionnaires qui la dirigeaient étaient convaincus que le public pouvait performer suivant les mêmes critères et paramètres que le secteur privé, alors que le personnel de cette université n'avait aucune compétence et connaissance dans le domaine des services privés. Puisque là est l'erreur, ce sont donc les conditions qui ont conduit à cette erreur qu'il faut revoir.

    Les universités vont mal depuis que le privé a voulu montrer au milieu universitaire comment se gérer, depuis que les professeurs des Écoles d'administration universitaires inventent des bidules pour transformer ce qui public en privé, depuis que des chercheurs universitaires en administration contaminent les gestionnaires publics au CIRANO, à l'IEM et à l'IGOPP. Les universités récoltent tout simplement ce qu'elles ont semé dans leurs écoles de gestion, à savoir que le public doit être géré comme le privé pour être performant. Selon ces savants chercheurs de la nouvelle économie où tout doit être privé pour être performant, lorsqu'on veut administrer les institutions du domaine public comme le secteur privé on commence par nommer des administrateurs provenant du secteur privé pensant que cela va changer la nature de la bête, l'étape suivante est la rémunération. C'est la recette proposée par l'IGOPP.

    Comment des personnes plus intéressées par la notion de profit et de retour sur l'investissement peuvent-elles administrer les universités, alors que le domaine public devrait être plus préoccupé par les notions de service public et de gestion performante des centres de coûts ? C'est d'ailleurs la façon dont Claude Corbo et son équipe géraient l'UQAM avant l'arrivée de Roch Denis. C'est sur ce terrain que Claude Corbo veut ramener l'UQAM. Qu'on lui en donne les moyens en éliminant les éléments indésirables qui ont conduit à cet échec! L'UQAM a un urgent besoin d'une purge des intrants privés qui l'ont contaminé!

    Une université n'est pas un hôtel, une épicerie ou un entrepreneur immobilier, elle est une université, pas besoin d'un dictionnaire pour comprendre ce mot ! Le choix des administrateurs et des gestionnaires devrait donc être cohérent avec cet état de fait. Cela ne veut pas dire qu'on ne peut pas mieux gérer les universités. Cela veut dire qu'imiter le privé comme l'UQAM l'a fait avec les résultats que cela a donnés n'est pas une solution. Une fois qu'on en a pris conscience, il faut éliminer les intrants qui ont causé la déconfiture de l'UQAM et recommencer là où elle en était rendue avant que l'UQAM se jette dans cette entreprise de nature privée, cette aventure qui l'a conduit au gouffre financier.

    Louis Lapointe
    Brossard »

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