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Exode post-doctoral chez les anglophones

Trois diplômés sur quatre quittent le Québec, selon une étude

Trois anglophones détenteurs d'un doctorat sur quatre quittent le Québec. Répétons-le autrement: à peine 26 % des docteurs de la communauté anglo-québécoise restent ici. Les autres vont travailler dans le reste du Canada (ROC) ou ailleurs dans le monde et ne reviendront probablement jamais.

Cet exode des cerveaux anglophones se confirme à divers stades des études post-secondaires. Ceux qui partent se révèlent la plupart du temps jeunes, diplômés et bilingues: 70 % des diplômés anglophones exilés maîtrisent aussi le français.

Ces données se retrouvent dans une étude révélée ce week-end pendant un congrès sur la revitalisation de la communauté appelé par des organisations universitaires et communautaires, dont le Quebec Community Groups Network (QCGN). L'autoexamen devant d'abord et avant tout fournir «un compte rendu factuel» a attiré plus de cent personnes hier, à l'Université de Montréal. Ils étaient encore plus la veille.

L'enquête de William Floch, du ministère du Patrimoine canadien, et de Joanne Pocock, professeure à l'université Carleton, partiellement intitulée Those Who Left and Those Who Stayed, peut être rapprochée du récent débat sur l'immigration, sa nature et son niveau. D'un côté, le Québec perd donc des citoyens modèles, nés ici, intégrés à leur société, des professionnels parlant la langue de la majorité. D'un autre côté, comme on l'a entendu l'automne dernier jusqu'à plus soif durant la commission parlementaire sur l'immigration et la commission sur les accommodements raisonnables, l'État francophone cherche désespérément à attirer des travailleurs étrangers, souvent moins éduqués, ne maîtrisant pas toujours les codes sociaux et linguistiques.

Plus de 50 000 immigrants sont acceptés par année pendant qu'environ 8000 citoyens anglophones (souvent bilingues) quittent le Québec. Entre 1996 et 2001, la province a perdu 25 000 diplômés de ce groupe, soit l'équivalent de la main-d'oeuvre professionnelle d'une ville comme Sherbrooke!

Comment dit-on ubuesque en anglais? La société québécoise est-elle devenue un grand récipient schizophrène, rempli de peine et de misère à mesure qu'il se vide de sa crème? La question fait sourire Joanne Pocock. «Je peux seulement confirmer que les jeunes diplômés bilingues de la communauté anglophone quittent le Québec», a-t-elle répondu laconiquement hier après-midi, en entrevue au Devoir. Elle a refusé de s'aventurer sur le terrain miné des politiques d'immigration.

En utilisant des statistiques sur la migration interprovinciale, elle et son collègue William Floch ont aussi montré que 58 % des anglophones qui ont quitté le Québec entre 1996 et 2001 possédaient un diplôme post-secondaire par rapport à 42 % de ceux qui sont restés ici. Leurs données montrent que 70 % des anglophones nés au Québec continuaient d'y vivre en 1971, par rapport à 50 % seulement en 2001.

Les unilingues, une espèce en voie de disparition, ne représentent que 4,5 % de cette communauté. «Ceux qui quittent la province ont tendance à réussir très bien sur le marché du travail hors Québec, avec des taux de chômage beaucoup plus bas que ceux du reste de la population canadienne et des revenus plus élevés», dit la conclusion de la recherche inédite à paraître dans un recueil... bilingue.

Et la discrimination linguistique?

En 1971, la communauté comptait 788 000 membres. Ils n'étaient plus que 591 365 en 2001. La chute s'explique en partie par l'arrivée au pouvoir du PQ en 1976, mais aussi par le déclin économique de Montréal et l'attrait croissant de zones économiques concurrentes comme Toronto.

Le «linguicisme» fait-il partie des causes de l'exil? Le racisme fonde la discrimination sur la race. L'antisémitisme vise les juifs. Quand la ségrégation se fonde sur la langue, les spécialistes parlent de «linguicisme».

Reprenons donc la question: les anglophones du Québec sont-ils victimes de linguicisme? Sont-ils discriminés parce qu'ils parlent anglais?

«Oui, ça ne fait pas de doute», répond le professeur Richard Y. Bourhis, du département de psychologie de l'UQAM. «La discrimination prend une multitude de formes dans nos sociétés. Les gais, comme les handicapés en sont victimes. Au Canada, la langue est un facteur de discrimination. C'est notre bibitte à nous. Les francophones sont victimes de linguicisme au Canada anglais. Au Québec, les anglophones se disent victimes de discrimination pour des raisons linguistiques, à cause de leur langue maternelle ou de leur accent par exemple.»

Le professeur Bourhis présentait hier une conférence intitulée précisément Les Communautés d'expression anglaise du Québec: identités multiples, menace identitaire et linguicisme. En se basant sur une enquête inédite de Statistique Canada, il établit qu'un quart (25 %) des Québécois anglophones d'origine européenne disent avoir été victimes de discrimination au cours des cinq dernières années. Un peu moins de 20 % des Québécois tout aussi blancs mais francophones se plaignent du même mauvais sort au Québec.

La situation gonfle de manière alarmante à 44 % de victimes pour les anglophones non européens. En clair, les Noirs ou les asiatiques qui parlent anglais au Québec semblent les plus à plaindre. «Quand on mélange la langue et l'origine, on obtient un résultat explosif.»

Pire: les discriminations sont vécues au travail par les minorités visibles et audibles et pas seulement dans les services comme les restaurants, le principal problème du reste de la population. Dans le cas des groupes visibles (les Noirs par exemple), la discrimination ne faiblit même pas dans le temps. Au contraire: la troisième génération se déclare plus victime de discrimination (42 %) que la première (34 %).
 
 
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  • Denis Beaulé - Abonné
    2 mars 2008 23 h 45
    La crème
    Autrement dit, on perd la crème.
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  • Gilles Bousquet - Inscrit
    3 mars 2008 07 h 06
    One or the other...me semble
    On a juste à obliger ces "docteurs" à rembourser une partie de leurs études si ces déserteurs quittent le Québec vu qu'on en subventionnent une grosse partie comme payeurs de taxes ou on élève les frais universitaires.
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  • jacques noel - Inscrit
    3 mars 2008 07 h 13
    3 universités pour 600,000 anglophones
    Pas à dire c'est l'Apartheid.

    Combien de ces "bilingues" peuvent travailler en français dans un milieu professionnel? Combien peuvent écrire un rapport de recherche en français?
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  • Gilles Théberge - Abonné
    3 mars 2008 07 h 47
    So what
    Il est possible que les anglophones soient d'une certaine manière mal à l'aise avec le fait de faire carrière au Québec. Ce serait une façon de devoir accepter les caractéristiques propres au Québec.

    Et s'intégrer au Québec risque à terme de faire d'eux des québécois, alors que leur tendance naturelle est de se définir comme canadians.

    Se peut-il que ce soit la vraie raison de leur départ ? Un refus non avoué de s'intégrer au Québec.

    Personnellement je ne suis pas ému par le départ des anglos. Et je ne me sens pas appauvri de ce fait.

    Mais je suis prêt, tout à fait à les accueillir au sein de notre peuple. S'ils le veulent bien. Mais ce n'est pas sûr.
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  • Sylvain Gascon - Inscrit
    3 mars 2008 07 h 51
    De la grosse pépeine...
    Non mais, Le Devoir tente de me faire pleurer? Faudra pas lésiner sur les oignons dans ce cas.
    Plutôt que de les obliger à rembourser comme le propose M. Bousquet, il serait encore plus judicieux de ne rien dépenser chez MacGilles, Concordia ou Bichope; pas un seul kopeck pour les institutions racistes de l'Empire tout aussi raciste. Ainsi, ils iront étudier et même vivre ailleurs ce qui est, ma foi, EXCELLENT!
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  • Gilles Delisle - Abonné
    3 mars 2008 08 h 02
    M.Bousquet a parfaitement raison!
    Combien de médecins super-spécialisés ont quitté le Québec moins de cinq ans après la fin de leurs études, pour se voir offrir de lucratifs contrats aux Etat-Unis, par exemple. Pourtant ces étudiants que nous avons formé dans nos universités à coup de dizaines de milliers de dollars chacun quittent ce pays sans remettre leur dû à la société qui les a formé. Combien d'immigrants et de fils d'immigrants viennent ici pour être former à bon prix, tout en ayant comme objectif d'aller s'établir ailleurs, après leurs études. Certains sont ici, en transit, venus parfaire leur formation dans nos universités en sachant très bien qu'ils n'ont pas l'intention de s'intégrer ici!
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  • Yvon Montoya - Abonné
    3 mars 2008 08 h 27
    Intéressant.
    Voilà, c'est ce que l'on désire le plus. N'allons pas nous plaindre s'ils désirent partir. Ils ne sont pas « Nous », ils sont « Eux ». On ne va pousser l'indécence de leur demander de rester. Ils font aussi comme les États-Uniens de McGill, ils font leurs études et pis, ils partent. Parizeau a fait la même chose puisqu'il est diplômé de l'Institut d'études politiques de Paris et de la London School of Economics, non? Je connais beaucoup de non-anglophones très diplômés qui partent et sont très heureux de partir auss. Ils finissent tous par dire ouf. C'est fatiguant de vouloir participer à une vie culturelle et politique puisqu'à peine la moindre critique et hop, on vous dit d'une manière généralement méprisante que vous vous exprimez dans le mépris. Il faut le vivre d'une manière externe pour comprendre que c'est lourd cette injonction si peu à l'écoute de l'altérité. Quand il n'y a plus de coeur, il faut aller le chercher ailleurs. Ceux ou celles qui partent me disent qu'ils sont heureux parce qu'ils n'entendent plus ni ne lisent plus des petites expressions terribles comme celle-ci dans votre article, « les minorités visibles et audibles ». C'est une atroce expression. C'est comme si on disait d'un être humain, pour être poli, qu'il a une étrange odeur peu supportable.
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  • Jean-Philippe Vaillancourt - Abonné
    3 mars 2008 08 h 42
    Il faudrait peut-etre reagir
    Le gouvernement quebecois nous a si souvent habitue a n'intervenir que pour nos chers medecins que les autres professionnels et doctorants quebecois sentent le desirs de s'exhiler pour finalement obtenir la reconnaissance professionnelle et financiere qui va de pair avec le nombre d'annees de scolarite dans les autres provinces canadiennes et aux Etats-Unis.

    Il serait grand temps que le gouvernement commence a se soucier des non-medecins, pour eviter a tout prix que cet exode chatouille aussi l'esprit des cerveaux francophones.
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  • crompre - Abonné
    3 mars 2008 09 h 23
    Solutions douteuses @ Bousquet
    Bravo M.Bousquet pour vos solutions originales!

    Est-ce qu'on rembourse les pays en voie de développement quand on siphonne leurs cerveaux? Est-ce que vous pouvez imaginez comment il faut de ressource à une nation pauvre pour créer un système d'études secondaires pour ensuite être privé des meilleurs éléments par les plus favorisés.

    Augmenté les frais de scolarité? Bravo. C'est vrai que moins de doctorants vont quitter le pays, il va simplement y en avoir moins! Je doute cependant que les pourcentages ne s'améliorent.
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  • Alaoui Amina - Inscrite
    3 mars 2008 09 h 40
    Remettre les pendules à l'heure
    La société québécoise est-elle devenue un grand récipient schizophrène, rempli de peine et de misère à mesure qu'il se vide de sa crème?

    Je voudrais vous répondre que la crème dont vous parlez n'est pas seulement anglophone, elle peut être africaine, asiatique ou autre et je peux vous assurer qu'elle peut même avoir meilleur goût!! Et la peine et la misère n'est certainement pas l'apanage de l'Afrique ou de l'Asie, souvenez-vous en...
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  • Pierre Des - Inscrit
    3 mars 2008 09 h 54
    Sensationnalisme
    Les études mentionnées à l'article ne sont que pure spéculation et n'expliquent en rien ce qui motive ces personnes à quitter le Québec. Seuls des questionnaires remplis par un échantillon représentatif nous permettraient de le savoir. D'autre part au lieu d'écrire un article éditorial, M. Baillargeon aurait dû s'attarder à rapporter les faits de façon cohérente. L'article laisse entendre que 76 % des anglophones qui détiennent un doctorat ont quitté le Québec alors qu'il s'agit de 76 % des anglophones qui ont obtenu un doctorat entre 1996 et 2001. On ne sait pas combien de personnes ce pourcentage de 76 représente mais on peut avancer que 30 par année ne serait pas loin de la réalité.

    Il n'y a pas de quoi s'alarmer. Les gens bien formés ont de meilleures perspectives d'emploi. Pourquoi un jeune docteur en génie informatique anglophone se limiterait-il au seul marché du travail québécois? Aux États-Unis c'est plus de la moitié des nouveaux docteurs étrangers qui rentrent dans leur pays après cinq ans et les jeunes docteurs américains sont tout aussi mobiles, à l'échelle de l'Amérique du Nord, que leurs homologues anglo-québécois.

    La France connaît le même phénomène avec ses docteurs, nouveaux et anciens, dont un nombre important choisissent les États-Unis ou d'autres pays européens parce que les perspectives y sont plus intéressantes en ce qui a trait à la recherche ou au salaire.

    Mais pour faire dans le sensationnalisme M. Baillargeon écrit que 8 000 anglophones quittent le Québec chaque année pour une autre province ce qui n'a rien à voir avec le sujet de l'article, ce phénomène s'expliquant par les migrations inter provinciales qui existent dans toutes les provinces canadiennes. Le fait que parmi les 40 000 anglophones qui ont quitté le Québec entre 1996 et 2001, 25 000 détenaient un diplôme universitaire tend à confirmer la plus grande mobilité des gens plus instruits. Encore une fois l'article, ou l'étude, omet de préciser que ces 25 000 diplômés ne sont pas forcément de nouveaux diplômés.

    Le fait qu'environ 5000 anglophones de tous âges diplômés universitaires aient quitté le Québec à chaque année entre 1996 et 2001 ne signifie pas comme le dit Mme Pocock de façon « (...) que les jeunes diplômés bilingues de la communauté anglophone quittent le Québec». Ce chiffre de 5000 anglophones diplômés représente sans doute moins de 3 % de tous les anglophones diplômés.

    Le marché du travail de 1970 n'a rien à voir avec le marché du travail de 2008 et cette mobilité des gens hautement qualifiés, je parle des docteurs dans les technologies de pointe, est un phénomène mondial.

    Quant au « linguicisme » c'est là un concept qui illustre bien que Patrimoine Canada est généreux de ses deniers pour financer des recherches un tantinet « linguicistes ».







    Dans les années qui ont suivi la première élection du PQ l'exode des anglophones était en grande partie motivé par le climat politico-socio-linguistique. Aujourd'hui ce n'est plus le cas. Les jeunes anglophones instruits sont mobiles mais leurs parents restent au Québec parce qu'ils y sont bien.
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  • Pierre-Yves Pau - Inscrit
    3 mars 2008 10 h 02
    Logique économique québécoise
    Faire fuir chaque années des milliers de travailleurs bilingues, qualifiés et fiscalement rentables, pour les remplacer par des néo-québécois à qui la discrimination ambiante garantit une place sur le bien-être social, ou au mieux sur le chômage.

    Telle semble être la logique économique québécoise. Parce que bien entendu, ce ne sont pas seulement les diplômés anglophones qui crissent leur camp, tout ce qui n'est pas 'pure-laine garantie' est tôt ou tard invité à lever les pieds, et aller payer ses impôts ailleurs.

    Ok d'abord, on s'obstinera pas, payez-les donc tusseuls vos retraites et votre système de santé (bien malade d'ailleurs).
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  • Gilles Bousquet - Inscrit
    3 mars 2008 10 h 06
    @ Gabriel Rompré
    Vous écrivez : «Est-ce qu'on rembourse les pays en voie de développement quand on siphonne leurs cerveaux? »

    Si ces personnes ont étudié dans ces pays là et qu'ils ont été grassement subventionnés pour ça, ils devraient être obligés aussi de rembourser ou d'y rester. Souvent, ils ont été formés dans des pays développés comme le Canada ou les États-Unis.

    Un intervenant a parlé de M. Parizeau qui a été formé en Angleterre. Est-ce que les études universitaires sont aussi subventionnés là qu'ici ?
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  • Ouhgo - Inscrit
    3 mars 2008 10 h 24
    Côté nature, côté givré
    Pendant que l'envahisseur linguistique montrait hier son côté givré en minaudant au coeur de l'Université de Montréal pour jouer la victime devant notre minorité en voie de disparition,
    Son côté nature réunissait ses gladiateurs francophobes (Galganov, Nutik, Tyler) à l'hôtel Ruby Foo's pour fourbir ses armes médiatiques acérées pour achever de tuer la loi 101. Comme disait l'autre, ces "bilingues" n'ont rien compris au tintamarre que leur ont servi les Jeunes Patriotes(pas tous jeunes) pas du tout intimidés par leur terrorisme. Ils se sont frottés, sous l'oeil goguenard de la police, en attendant une nouvelle loi des mesures de guerre...
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  • Pierre Germain - Inscrit
    3 mars 2008 10 h 48
    On a ce qu'on mérite!
    On parle de l'exode des détenteurs de doctorat anglophones. On pourrait faire de même pour les détenteurs de doctorat francophones. Pourquoi? L'exemple suivant parle de lui-même.

    Il y a quelques mois, le Centre hospitalier universitaire de Sherbrooke (CHUS) mettait une annonce sur son site Internet pour combler un poste de "Conseiller scientifique". Les exigences étaient:
    - détenir un doctorat (Ph.D.) en biotechnologie, physiologie ou en pharmacologie (donc un minimum de 21 ans de scolarité, dont 8 à l'université);
    - posséder une expérience pertinente en recherche fondamentale ET industrielle;
    - posséder une expérience significative en rédaction et révision de documents scientifiques;
    - posséder une expérience de développement en gestion et coordination de projets de recherche.

    Salaire offert: de 38 617 $ à 67 160 $ (après 17 ans d'ancienneté pour le salaire maximum).

    Type de poste: temporaire (1 an).

    Dans la même veine, l'Université de Montréal cherchait, il y a quelques semaines, un attaché de recherche spécialiste de équations différentielles pour faire des modèles pharmacocinétiques... Le salaire offert était autour de 40 000 /an.

    Ai-je besoin d'en dire plus?

    Ou dois-je en plus vous parler d'une connaissance détentrice d'une maîtrise en biochimie, et qui a choisi de devenir pompier plutôt que de poursuivre au doctorat, malgré une prestigieuse mais maigre bourse d'études?
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  • Pierre François Gagnon - Inscrit
    3 mars 2008 10 h 52
    «Linguicisme» anti-francophone!
    «Un peu moins de 20 % des Québécois tout aussi blancs mais francophones se plaignent du même mauvais sort au Québec.»
    Encore faut-il qu'ils s'en plaignent! Dans la région de Montréal, où c'est pratiquement impossible de sauter la barrière du bilinguisme, ça doit être quelque chose comme 100 % des francophones qui sont victimes de discrimination linguistique.
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  • Maco - Abonné
    3 mars 2008 11 h 04
    HO! LA!
    Je termine une maîtrise en génie logiciel et je suis québécois « pure laine ». Mais je n'arrive pas à décrocher un emploi rapidement. Le résultat de ma dernière entrevue fut décevant, on m'a mentionné que je ne connaissais pas suffisamment le langage C++ et JAVA. Je n'ai donc pas décroché l'emploi. Est-ce là de la discrimination « linguicisme » ? Dois-je me trouver un emploi à l'extérieur du Québec.

    Alors, bravo pour ceux qui trouvent un emploi à l'extérieur du Québec. Les « chialeux », ceux qui n'arrivent pas à trouver un emploi et ceux qui tentent de récupérer ça pour discréditer le fait français au Québec. Trouvez-vous un emploi... n'importe où.
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  • Louis Lapointe - Abonné
    3 mars 2008 11 h 10
    L'accent et la mobilité de la main-d'oeuvre au Québec: une anecdote
    Bonjour M.Baillargeon,

    Tout le monde sait que le marché québécois de l'emploi fait exception en raison de la faible mobilité des francophones et de leur fort attachement à leur pays d'origine, le Québec. Le fait que les anglophones se déplacent vers d'autres provinces canadiennes et les États-Unis, n'est donc pas de la nature d'une si grande anomalie dans le marché américain, alors que l'attitude des francophones l'est manifestement.

    Par contre, le fait que l'accent puisse être une barrière entre les cultures francophones et anglophones au Québec pose certainement problème pour de nombreux anglophones qui veulent faire carrière au Québec avec leur accent, particulièrement en contexte professionnel. Ce phénomène n'est d'ailleurs pas récent.

    Il y a une dizaine d'années de cela, un confrère d'origine anglophone s'exprimant très bien en français, mais avec un accent, m'avait confié que son accent avait eu des répercussions sur le développement de sa clientèle francophone. D'origine juive, il m'expliquait en vouloir à ses parents qui l'avaient inscrit à l'école anglaise alors que la majorité des Québécois s'exprimait en français.

    Ainsi, comme l'exode n'était pas une solution pour lui et sa famille, il avait décidé d'envoyer ses propres enfants à l'école française, l'apprentissage de l'anglais étant un moins grand obstacle dans le milieu d'où il provenait que l'accent pouvait l'être dans le domaine de la pratique du droit criminel où il excellait.

    Il y a parfois des solutions simples à des problèmes en apparence complexes. Alors que la faible mobilité de la main d'oeuvre est présentée comme un avantage pour les employeurs québécois sur un continent qui valorise la mobilité, rien n'empêcherait certains anglophones d'inscrire leurs enfants à l'école française pour augmenter leur attachement au Québec, étant entendu, que cela risque de diminuer leur mobilité à l'exemple des autres francophones avec qui ils partageront désormais le même accent. Mobilité ou attachement, telle est la question!

    Louis Lapointe
    Brossard
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  • Louis Lapointe - Abonné
    3 mars 2008 11 h 15
    L'accent et la mobilité de la main-d'oeuvre au Québec: une anecdote.
    Bonjour M.Baillargeon,

    Tout le monde sait que le marché québécois de l'emploi fait exception en raison de la faible mobilité des francophones et de leur fort attachement à leur pays d'origine, le Québec. Le fait que les anglophones se déplacent vers d'autres provinces canadiennes et les États-Unis, n'est donc pas de la nature d'une si grande anomalie dans le marché américain, alors que l'attitude des francophones l'est manifestement.

    Par contre, le fait que l'accent puisse être une barrière entre les cultures francophones et anglophones au Québec pose certainement problème pour de nombreux anglophones qui veulent faire carrière au Québec avec leur accent, particulièrement en contexte professionnel. Ce phénomène n'est d'ailleurs pas récent.

    Il y a une dizaine d'années de cela, un confrère d'origine anglophone s'exprimant très bien en français, mais avec un accent, m'avait confié que son accent avait eu des répercussions sur le développement de sa clientèle francophone. D'origine juive, il m'expliquait en vouloir à ses parents qui l'avaient inscrit à l'école anglaise alors que la majorité des Québécois s'exprimait en français.

    Ainsi, comme l'exode n'était pas une solution pour lui et sa famille, il avait décidé d'envoyer ses propres enfants à l'école française, l'apprentissage de l'anglais étant un moins grand obstacle dans le milieu d'où il provenait que l'accent pouvait l'être dans le domaine de la pratique du droit criminel où il excellait.

    Il y a parfois des solutions simples à des problèmes en apparence complexes. Alors que la faible mobilité de la main d'oeuvre est présentée comme un avantage pour les employeurs québécois sur un continent qui valorise la mobilité, rien n'empêcherait certains anglophones d'inscrire leurs enfants à l'école française pour augmenter leur attachement au Québec, étant entendu, que cela risque de diminuer leur mobilité à l'exemple des autres francophones avec qui ils partageront désormais le même accent.

    Mobilité ou attachement, telle est la question!

    Louis Lapointe
    Brossard
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  • Charles Laflamme - Inscrit
    3 mars 2008 11 h 58
    300 000 000 d'anglophones
    On parle de 3 Docteurs anglophones sur 4 qui quittent le Québec.

    On parle de discrimination sentie envers les anglophones au Québec.

    On ne parle pas de la mer de 300 000 000 anglophones dans laquelle le Québec est noyé.

    Tel que présenté par les auteurs, l'exode des anglophones paraît être relié à un sentiment d'incompréhension.

    Nous propose-t-on de bilinguiser toute la population du Québec quelque soit la capacité d'apprendre de chacun alors que ces Docteurs qu'on qualifie de cerveaux ne sembleraient pas avoir eu la capacité ou la motivation d'acquérir une connaissance suffisante de la langue de la majorité du territoire visé par l'étude, afin de pouvoir travailler au Québec.

    Des Docteurs francophones aussi s'expatrient.

    Si on tient compte de l'environnement anglophone nord-américain (300 000 000), de la pression de l'embauche internationale sur les gradués ainsi que du désir des individus d'aller s'installer ailleurs, que se soit pour des raisons pécunières, un meilleur climat, etc, on comprend que la a formation universitaire en anglais facilite cette exode. Les universitaires francophones qui fréquentent les universités anglophones le font pour justement pour être d'avantage mobiles. La bilinguisation du Québec n'empêcherait pas l'exode anglophone mais encouragerait plutôt celle des francophones.

    Pour se vider de sa crème , il faudrait que cette crème soit constituée uniquement d'universitaires d'origine anglophone. Hors, il y a sur ce même territoire toute une communauté de professionnels francophones et plusieurs anglophones qui considèrent que malgré un climat rigoureux et des revenus souvent moindres, le Québec demeure leur foyer et c'est ce qui prime.

    On peut toujours découper une situation pour lui donner une image autre que celle portée par une vue plus globale.
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  • Svetozar Vesic - Abonné
    3 mars 2008 13 h 47
    des bâtons dans les roues
    Il n'y a pas que les PhD et autres toubibs qui se tournent vers d'autres contrées, il y a aussi, et je fais le lien avec l'intégration des immigrants au Québec, tous ceux qui tentent de démarrer un semblant de carrière au Qc et qui n'y arrivent pas ou très difficilement parce qu'on ne leur facilite pas la tâche. Prenons l'exemple de ma conjointe: n'étant pas d'origine francophone, elle a débuté il y a quelques années des études en soins infirmiers, étant "tannée" de faire des petits travaux par-ci par là dans des emplois peu rémunérés et sans perspective de carrière. Ayant actuellement fini ses études l'année dernière au mois de juin, il lui reste les examens de l'Ordre et le ministériel en français, le premier ne pouvant être obtenu sans le deuxième. Or elle a échoué par deux fois l'examen en français, de peu et principalement à cause de fautes d'orthographe mineures. Cela fait donc presqu'un an qu'elle "galère", parce qu'un ministère / gouvernement estime probablement qu'écrire "doner des médicament" dans des rapports médicaux ne sera pas compris par le corps médical. Pendant qu'elle se prépare pour le passer une troisième fois en mai prochain (un des ses collègues, québécois "de souche" va le passer pour la sixième fois...), ses collègues d'étude qui sont également immigrés sont embauché(e)s là où ils sont estimés pour leurs compétences, en Ontario et ailleurs; ils sont déjà allés dans le sud, ont acheté une voiture, bref consomment et paient des impôts à un gouvernement qui ne leur met pas des bâtons dans les roues comme au Québec.
    Et dire qu'elle entend la même chanson du manque d'infirmières au Québec depuis plusieurs mois... doit-on avoir en plus un PhD en philosophie de la langue française pour exercer la profession d'infirmière au Québec ? ah mais dans ce cas elle ferait probablement partie de ceux et celles qui s'exilent...
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  • Henri-Bernard Boivin - Abonné
    3 mars 2008 14 h 59
    Subventions en conséquence?
    L'université McGill reçoit-elle des subventions du Gouvernement du Québec? Comme ce sont les contribuables québécois qui payent si c'est le cas, ne devrions-nous pas exiger un remboursement de ces étudiants qui ont profité de nos largesses pour aller enrichir d'autres sociétés? Je ferais une exception pour les diplômés en provenance du tiers monde qui retournent dans leur pays d'origine. Il s'agirait dans leur cas d'une forme indirecte d'aide aux pays sous-développés. Ou encore, ne devrions-nous pas tenir compte de cette réalité dans l'attribution de subventions à cette université ?
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  • Kevin Hébert - Inscrit
    3 mars 2008 15 h 08
    Rien à voir
    Je ne crois pas que la langue ait un rôle dans l'exode des universitaires anglophones bilingues. Retenons que 1) les universités francophones au Canada sont peu nombreuses, 2) l'anglais est la linga franca de la recherche universitaire puisque nous somme en Amérique du Nord et 3) les critères de sélection lors d'un embauche tend davantage à privilégier les individus non seulement parfaitement bilingue, mais qui maîtrise une troisième ou une quatrième langue. Le chercheur (francophone ou anglophone) qui réduit ses perspectives d'emploi qu'au seul territoire québécois nuit considérablement à ses chances d'accéder à un poste de professeur. Dans ma vaine recherche d'emploi dans le milieu universitaire l'année passée, tous les CV que j'ai envoyés étaient destinés à des postes dans les universités à l'extérieur du Québec. Donc, l'exode des chercheurs postdoctoraux est un phénomène universel qui se voit dans tous les pays du monde.
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  • Albert Descôteaux - Abonné
    3 mars 2008 16 h 04
    C'est ce qui arrive avec des salaires minables
    Je partage le point de vue de monsieur Germain. Le gros problème, c'est qu'au Québec, on ne reconnait pas la valeur des diplomes de doctorat. Alors, pourquoi un détenteur de doctorat pour qui vivre en anglais ne cause pas problème, se contenterait-elle d'un salaire minable alors que partout en Amérique du nord, on est prêt à payer cette personne à sa juste valeur? On n'a qu'une vie à vivre.

    Quant aux statistiques, ce serait bien de connaitre la proportion de détenteurs de doctorat francophones qui quittent le Québec.
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  • Yvon Montoya - Abonné
    3 mars 2008 16 h 07
    @Pierre Germain...
    M. Pierre Germain, vous avez écrit ce qu'il fallait écrire. n plus d'une pression ethnico-centriste, c,est la,scpet le plus fondament al de la question. On gagne plus et mieux ailleurs avec ses diplômes chèrement acquis. Je l,ai vu avec ma femme qui a triplé son alsaire avec uen compangie américaine. Pour l'équivalent, c'est de la rigolade. Et je vais devoir suivre aussi. Il faut bien être payé décemment à la hauteur de ses connaisances, capacités et mérites. Comment voulez-vous vivre bien dans une Porovince sans garantie économique et de sponts qui s'écoulent sur leur population et les nids poles qui font peur comme si on roulait sur des abîmes. Bon ,je sais que je déborde mais tout de même quel contraste entre Toronto et Montréal entre les taxes de là-bas et celles d'ici, entre le travail là-bas et ici, entre la facilité de nous faire confiance là-bas et ici. Culturel aussi, peut-être?
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  • Patrick Mineault - Abonné
    3 mars 2008 18 h 32
    Excellente intervention de Pierre Des
    Je remercie M. Des pour une intervention fort à propos. Dans les mots de Disraeli, "There are lies, there are damned lies, and then there are statistics". On nous cite des statistiques sur la mobilité des docteurs anglophones québécois sans pour autant comparer avec la mobilité chez les docteurs francophones québécois ou les docteurs américains. La statistique (le fameux 74% qui quittent) est intéressante, mais la mobilité chez les post-gradués est fort élevée en général. Quel est le taux de mobilité chez les autres groupes? 50%? 90? Sans cette donnée cruciale, le reste de l'article est purement spéculatif. Par ailleurs, on met tout le monde dans le même bateau: les PhD et les MD, les diplômés en science et en art, les gens qui prennent un emploi dans le milieu universitaire et ceux qui pratiquent au privé, ceux qui ont obtenus leur diplôme au Québec ou ailleurs, etc. Les diplômés post gradués forment un groupe hautement hétérogène, on ne peut parler d'un groupe de cerveaux monolithique, sinon on tombe dans le sensationnalisme.

    Par ailleurs je dois exprimer mon ras-le-bol par rapport aux commentateurs hurlant à tue-tête des vous-êtes-tous-des-hosties-de-colonisés. Come on. Je préférerais qu'on garde le débat au-dessus de la ceinture. Pour les imitations de VLB, je préfères celle de Marc Labrèche: http://www.radio-canada.ca/television/3600_seconde

    Patrick Mineault
    Étudiant à la maîtrise, neuroscience, McGill
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  • Raymond Saint-Arnaud - Abonné
    3 mars 2008 18 h 44
    Une question d'équité
    Le Québec finance lui-même son assimilation à l'anglais : alors que les véritables anglophones représentent moins de 10 % de la population du Québec, le réseau collégial et universitaire anglophone québécois reçoit environ 25 % des subventions. Pour une question de justice envers la majorité, le réseau d'enseignement anglophone au Québec ne devrait être subventionné qu'au prorata de la proportion de véritables anglophones au Québec.
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  • André Julien - Inscrit
    3 mars 2008 19 h 28
    Marché de dupe
    Au Québec, les étudiants paient moins cher qu'ailleurs pour s'instruire. Lla population, par les subventions gouvernementas, les aident . Une fois leurs études finies ils abandonnent la population et ses dettes pour gagner beaucoup d'argent ailleurs
    Le coût de l'accès devrait être ajusté pour rétablir ce déséquilibre flagrant.
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  • edward laszlo - Inscrit
    3 mars 2008 21 h 14
    California Dreaming
    I can but to say, as from where I am from--
    that is, the San Francisco Bay Area, and I came for
    Quebec is unique and beautiful within North America.

    Living here, though, for six years, has had its challenges.

    We grow much in terms of our cultural appreciation, though,
    the economic returns seem distant, and I, a young man, am
    asking myself about an eventual family, homestead, and career, while, all the while, being considered (by some)
    an outsider, though I (as with others) am the new face of
    Quebec, and, I imagine, Quebec will undergo what California
    underwent...mexican immigration for a number of years until, finally, mexicans became established within all facets of Californian life.

    All the while, I do love French...it is why I came.
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  • Catherine Leclerc - Inscrite
    4 mars 2008 10 h 38
    des professions mobiles
    Par définition, les études doctorales sont hautement spécialisées. Les postes dans les domaines d'étude des doctorants sont rares et distribués partout dans le monde. Le Québec n'offre pas d'emplois dans leur domaine à tous les docteurs québécois, même les excellents. D'une part, les universités ont tendance, avec raison, à embaucher des gens qui vont compléter l'expertise déjà en place, souvent avec une formation extérieure. D'autre part, certains domaines spécialisés ne sont pas abondamment développés ici: les sociétés, surtout les petites, ne peuvent se spécialiser dans tout.
    Dans ce contexte, il est normal que les doctorants partent. D'autres les remplacent, qui viennent parfois de loin pour occuper les postes hautement spécialisés que le Québec a à offrir. Ce n'est même pas une affaire de gros sous; il s'agit simplement de trouver un poste dans son domaine (un domaine très pointu), où que soit ce poste.
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  • Jolière Gauthier - Inscrite
    4 mars 2008 21 h 11
    À M. Pierre-Yves Pau
    Je salue votre opiniâtreté, M. Pierre-Yves Pau, à discréditer le Québec le plus souvent possible, et sur le plus grand nombre de places publiques que vous parvenez à dénicher.

    Quand on a rien de mieux à faire de son existence qu'à passer ses journées entières à dégobiller sur sa propre patrie dans le plus constant des ressentiments, c'est, je crois, monsieur, que l'on a vraiment besoin d'aide.

    Ou, dans le meilleur des cas, de lire quelques solides bouquins d'Histoire.

    À mes yeux, mon bon monsieur, vous incarnez plutôt bien l'idée du French Canadian colonisé classique. Du Lysiane Gagnon fait homme, quoi...

    Quant au fond du problème soulevé par l'article, il me semble que c'est clair comme eau de roche . Et ça n'a rien à voir - bien au contraire ! - avec les élucubrations de ce grand amoureux du Canada et du Anglo Way of Life.

    Il y a peu d'endroits au monde où il est possible de poursuivre des études supérieures à si vils coûts qu'au Québec. Alors, on reste (ou on vient) ici pour les achever. Ensuite, c'est pour une bonne part par francophobie, bien précisément, que ces gens anglophones quittent le Québec. L'économie de manière générale, et moins encore une supposée anglophobie au Québec (à Montréal, unilingue anglophone trouvera plus sûrement un bon emploi qu'un francophone unilingue!!!), n'ont rien à voir dans l'affaire. Ou de manière extrêmement marginale, quant à la dimension économique.

    Bref, on prend le fric des citoyens-contribuables québécois pour faire des études à bon compte, puis ensuite on lève le nez sur cet État qui en toute dignité ne désire pas s'asservir à cet Anglo Way of Life du reste du Canada et du Continent. Je serais bien curieuse, aussi, de savoir dans quelle mesure ces gens-là remboursent leurs prêts et bourses après avoir quitté le territoire...

    Il me semble qu'il y a des limites à nous tirer dans le pied en jetant l'argent ainsi par les fenêtres. À l'image de deux infrastructures hospitalières, par exemple. À coûts égaux pour un « groupe » de 92% de la population, et un autre « groupe » de... 8%. Au Québec, on appelle ça l'équité... Et les Pau et les Gagnon diront même que c'est... de l'anglophobie.

    Nom de dieu ! Faudra-t-il une révolution avant que nous ne soyons totalement saignés par notre propre... minorité ???

    Cela dit, dommage que les Pierre-Yves Pau et les Lysiane Gagnon de ce monde (www.vigile.net/Brain-drain) soient incapables de réfléchir honnêtement sur ces phénomènes, et qu'ils préfèrent plutôt faire dans la propagande permanente du « Canada is the Best » et... le Québec est fermé, anglophobe et plus ou moins xénophobe.

    Plus colonisés que ça... tu meurs. Et c'est d'ailleurs, semble-t-il (www.soreltracy.com/liter/2004/avril/24av.html), exactement la voie choisie par notre propre premier ministre...

    Québécoises, Québécois, il est moins cinq !
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