Abolir les commissions scolaires, une idée sans bon sens, dit Gérin-Lajoie
Photo : Pascal Ratthé
Paul Gérin-Lajoie, premier titulaire du ministère de l’Éducation
Le premier titulaire du ministère de l'Éducation du Québec, Paul Gérin-Lajoie, croit que l'abolition des commissions scolaires prônée par l'Action démocratique du Québec (ADQ) est une idée «sans bon sens». Il pense plutôt qu'il faut donner une plus grande autonomie à celles qui seules peuvent s'assurer de la qualité de l'éducation dans les écoles du Québec.
«Personnellement, je trouve que l'idée est sans bon sens. Si on abolissait les commissions scolaires, on se retrouverait dans la situation des habitants du Nouveau-Brunswick. La population réclamerait la réinstallation des commissions scolaires parce qu'[elles] jouent un rôle essentiel en ce qui concerne la conjonction entre l'enseignement et les besoins du milieu», a dit hier l'ex-ministre, balayant du revers de la main l'idée prônée non seulement par l'ADQ, mais aussi par l'association regroupant les directeurs d'écoles.
À quelques jours du Forum sur la démocratie et la gouvernance scolaire, une initiative de la ministre de l'éducation, Michelle Courchesne, Paul Gérin-Lajoie apporte donc un appui sans équivoque à la Fédération des commissions scolaires du Québec (FCSQ). Il a cité en exemple l'erreur commise par le Nouveau-Brunswick voisin où la disparition des commissions scolaires en 1996 a provoqué un chaos tel que le gouvernement a dû faire marche arrière au tournant des années 2000.
Celui qui fut un des artisans de la révolution tranquille au sein du gouvernement Lesage est sorti de sa réserve habituelle hier, jugeant l'heure «assez grave» pour dire le fond de sa pensée sur l'avenir des commissions scolaires. À son avis, c'est le «manque d'enjeux», propre aux autres types d'élections à suffrage universel, qui fait le plus défaut aux élections scolaires, boudées par la population.
Précipité par la chute des taux de participation observée aux élections scolaires l'automne dernier (8 %) et l'abolition proposée par l'ADQ, le débat sur la gouvernance scolaire suscite depuis des mois des prises de position polarisées. Or, selon Paul Gérin-Lajoie, il faut se garder de jeter le bébé avec l'eau du bain.
«Il ne faut pas que les problèmes qui font actuellement la manchette sur la scène publique nous ramènent à la conclusion simpliste d'abolir les commissions scolaires», a insisté le fougueux octogénaire.
À son avis, l'abolition des commissions scolaires, ancrées depuis 150 ans dans la réalité québécoise, pourrait avoir des conséquences dramatiques, notamment la perte de contrôle des parents et des communautés sur leurs écoles, au profit d'une gestion centralisée.
«Je vous mets au défi de montrer que des fonctionnaires basés à Québec, recevant leurs instructions du gouvernement du Québec, [...] pourraient répondre aux besoins de la population», a lancé M. Gérin-Lajoie, d'avis que la disparition des commissions scolaires serait une «menace à la qualité de l'enseignement et à son adaptation au milieu».
Les paroles du président-fondateur de la Fondation Paul-Gérin-Lajoie, qui travaille à promouvoir l'éducation dans les pays en développement, ont été douces aux oreilles du président de la FCSQ, André Caron. En réponse à ceux qui arguent que la démocratie est un beau principe qui ne tient plus la route en pratique, André Caron s'est dit prêt à étudier toutes les avenues pouvant améliorer la communication entre les commissions scolaires et les parents, et la vie démocratique scolaire en général.
«Je conviens que des ajustements sont souhaitables quant au rôle de chacun des acteurs du réseau scolaire. Nous sommes ouverts à tous les changements qui auraient pour effet d'améliorer les services aux élèves», a indiqué le président de la FCSQ.
Parmi ces changements, la fédération a notamment déjà proposé de tenir des élections scolaires et municipales simultanées, et de favoriser la création d'équipes électorales, dotées de programmes précis pour mieux informer les parents des enjeux qui se jouent dans leurs écoles.
Hier, la Centrale des syndicats du Québec (CSQ), principal syndicat d'enseignants et de personnel scolaire, a aussi plaidé pour la fin d'une décentralisation excessive qui a mené à la création de «3000 petits ministères de l'Éducation».
«On a décentralisé à outrance, et ça ne marche pas. Chacune des écoles fait ce qu'elle veut, sans aucun contrôle du ministère et des commission scolaires. Aujourd'hui, on n'entend parler que de dérive et de dérapage en éducation. Il faut sortir du fouillis», a souligné hier Réjean Parent, président de la CSQ, lui aussi farouchement opposé aux positions adéquistes.
Selon ce dernier, il presse que Québec reprenne les rênes et que les commissions scolaires véhiculent une vision claire et commune de ce que doit être l'éducation nationale. Au Forum qui débute mercredi, la CSQ plaidera en faveur d'un plus grand encadrement des écoles par les commissions scolaires et d'investissements de 700 millions pour les aider à mieux remplir ce rôle.
D'avis que les conseils de commissaires sont devenus le maillon faible de la démocratie scolaire, la CSQ propose de revaloriser le travail des commissaires pour en faire de véritables «députés de l'éducation» , tout en réservant des postes de commissaires au personnel scolaire.
Chose certaine, le grand remue-ménage prôné par l'ADQ est rejeté en bloc par la CSQ. «On a passé 20 ans à jouer dans les structures en fusionnant de 1700 à 72 le nombre de commissions scolaires. Va-t-on repartir avec un autre brassage de structures?», plaide la président de la CSQ, dont le mémoire proposera notamment le vote postal et le vote simultané scolaire et municipal pour alléger le processus démocratique scolaire.
«Personnellement, je trouve que l'idée est sans bon sens. Si on abolissait les commissions scolaires, on se retrouverait dans la situation des habitants du Nouveau-Brunswick. La population réclamerait la réinstallation des commissions scolaires parce qu'[elles] jouent un rôle essentiel en ce qui concerne la conjonction entre l'enseignement et les besoins du milieu», a dit hier l'ex-ministre, balayant du revers de la main l'idée prônée non seulement par l'ADQ, mais aussi par l'association regroupant les directeurs d'écoles.
À quelques jours du Forum sur la démocratie et la gouvernance scolaire, une initiative de la ministre de l'éducation, Michelle Courchesne, Paul Gérin-Lajoie apporte donc un appui sans équivoque à la Fédération des commissions scolaires du Québec (FCSQ). Il a cité en exemple l'erreur commise par le Nouveau-Brunswick voisin où la disparition des commissions scolaires en 1996 a provoqué un chaos tel que le gouvernement a dû faire marche arrière au tournant des années 2000.
Celui qui fut un des artisans de la révolution tranquille au sein du gouvernement Lesage est sorti de sa réserve habituelle hier, jugeant l'heure «assez grave» pour dire le fond de sa pensée sur l'avenir des commissions scolaires. À son avis, c'est le «manque d'enjeux», propre aux autres types d'élections à suffrage universel, qui fait le plus défaut aux élections scolaires, boudées par la population.
Précipité par la chute des taux de participation observée aux élections scolaires l'automne dernier (8 %) et l'abolition proposée par l'ADQ, le débat sur la gouvernance scolaire suscite depuis des mois des prises de position polarisées. Or, selon Paul Gérin-Lajoie, il faut se garder de jeter le bébé avec l'eau du bain.
«Il ne faut pas que les problèmes qui font actuellement la manchette sur la scène publique nous ramènent à la conclusion simpliste d'abolir les commissions scolaires», a insisté le fougueux octogénaire.
À son avis, l'abolition des commissions scolaires, ancrées depuis 150 ans dans la réalité québécoise, pourrait avoir des conséquences dramatiques, notamment la perte de contrôle des parents et des communautés sur leurs écoles, au profit d'une gestion centralisée.
«Je vous mets au défi de montrer que des fonctionnaires basés à Québec, recevant leurs instructions du gouvernement du Québec, [...] pourraient répondre aux besoins de la population», a lancé M. Gérin-Lajoie, d'avis que la disparition des commissions scolaires serait une «menace à la qualité de l'enseignement et à son adaptation au milieu».
Les paroles du président-fondateur de la Fondation Paul-Gérin-Lajoie, qui travaille à promouvoir l'éducation dans les pays en développement, ont été douces aux oreilles du président de la FCSQ, André Caron. En réponse à ceux qui arguent que la démocratie est un beau principe qui ne tient plus la route en pratique, André Caron s'est dit prêt à étudier toutes les avenues pouvant améliorer la communication entre les commissions scolaires et les parents, et la vie démocratique scolaire en général.
«Je conviens que des ajustements sont souhaitables quant au rôle de chacun des acteurs du réseau scolaire. Nous sommes ouverts à tous les changements qui auraient pour effet d'améliorer les services aux élèves», a indiqué le président de la FCSQ.
Parmi ces changements, la fédération a notamment déjà proposé de tenir des élections scolaires et municipales simultanées, et de favoriser la création d'équipes électorales, dotées de programmes précis pour mieux informer les parents des enjeux qui se jouent dans leurs écoles.
Hier, la Centrale des syndicats du Québec (CSQ), principal syndicat d'enseignants et de personnel scolaire, a aussi plaidé pour la fin d'une décentralisation excessive qui a mené à la création de «3000 petits ministères de l'Éducation».
«On a décentralisé à outrance, et ça ne marche pas. Chacune des écoles fait ce qu'elle veut, sans aucun contrôle du ministère et des commission scolaires. Aujourd'hui, on n'entend parler que de dérive et de dérapage en éducation. Il faut sortir du fouillis», a souligné hier Réjean Parent, président de la CSQ, lui aussi farouchement opposé aux positions adéquistes.
Selon ce dernier, il presse que Québec reprenne les rênes et que les commissions scolaires véhiculent une vision claire et commune de ce que doit être l'éducation nationale. Au Forum qui débute mercredi, la CSQ plaidera en faveur d'un plus grand encadrement des écoles par les commissions scolaires et d'investissements de 700 millions pour les aider à mieux remplir ce rôle.
D'avis que les conseils de commissaires sont devenus le maillon faible de la démocratie scolaire, la CSQ propose de revaloriser le travail des commissaires pour en faire de véritables «députés de l'éducation» , tout en réservant des postes de commissaires au personnel scolaire.
Chose certaine, le grand remue-ménage prôné par l'ADQ est rejeté en bloc par la CSQ. «On a passé 20 ans à jouer dans les structures en fusionnant de 1700 à 72 le nombre de commissions scolaires. Va-t-on repartir avec un autre brassage de structures?», plaide la président de la CSQ, dont le mémoire proposera notamment le vote postal et le vote simultané scolaire et municipal pour alléger le processus démocratique scolaire.
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