Encadrer la démesure
Chose promise, chose due! La ministre de l'Éducation, Michelle Courchesne, sert une leçon de taille aux universités en décrétant une série de balises destinées à freiner la hausse démesurée des frais afférents ces dernières années.
Après l'étalage médiatique des problèmes financiers de certains établissements, le redressement annoncé hier par la ministre a les allures d'une réaction prompte à des égarements récents. Il n'en est rien. Les étudiants réclament l'encadrement des frais afférents depuis le début des années 2000. Cet engagement a été inscrit au carnet de promesses de deux ministres de l'Éducation péquistes, puis de deux libéraux, avant que Mme Courchesne ne prenne enfin le taureau par les cornes.
Morale: certaines inconduites ont beau être rapidement montrées du doigt, il faut parfois du temps et, surtout, le contexte idéal pour qu'on se permette de les corriger.
Pour la ministre de l'Éducation, il n'était pas de contexte plus idéal que le malheureux spectacle de la chute financière de l'UQAM, conjugué au dégel des droits de scolarité. Le premier élément a constitué l'onde de choc qui justifie de resserrer la gouvernance des universités. Le second élément, qui permet depuis septembre dernier aux universités d'encaisser 50 $ de plus par semestre et par étudiant, jette l'opprobre sur ces droits afférents dont l'augmentation annuelle moyenne s'élève à 17 % depuis 1994.
Il a fallu du temps, mais les «orientations» de Mme Courchesne sont efficaces. Elles n'interdisent pas les augmentations mais elles les balisent. Elles encouragent la négociation entre les associations étudiantes et les universités (dans certains cas, ce sera houleux, voire impossible). Advenant l'échec des échanges, elles prévoient des hausses maximales liées au niveau actuel des droits fixés par chacune des universités.
Du point de vue étudiant, deux des principaux objectifs sont atteints: mettre fin aux augmentations galopantes et s'assurer que chacun paiera bel et bien pour les services que l'université lui fournira. La ministre, qui a cette fois-ci enfilé sa peau de «consommatrice», souhaite mettre fin aux «frais déguisés» contre lesquels les étudiants pestent avec raison depuis belle lurette.
Du point de vue des universités, certains fronceront les sourcils: on retiendra une portion de la subvention conditionnelle des fautives, un processus qui peut s'avérer très coûteux. Manque toutefois une donnée essentielle, qui contribue à accentuer les tourments des recteurs: à quand un réinvestissement en enseignement supérieur? La supplique n'est pas nouvelle, mais la réponse, elle, se fait encore attendre.
Après l'étalage médiatique des problèmes financiers de certains établissements, le redressement annoncé hier par la ministre a les allures d'une réaction prompte à des égarements récents. Il n'en est rien. Les étudiants réclament l'encadrement des frais afférents depuis le début des années 2000. Cet engagement a été inscrit au carnet de promesses de deux ministres de l'Éducation péquistes, puis de deux libéraux, avant que Mme Courchesne ne prenne enfin le taureau par les cornes.
Morale: certaines inconduites ont beau être rapidement montrées du doigt, il faut parfois du temps et, surtout, le contexte idéal pour qu'on se permette de les corriger.
Pour la ministre de l'Éducation, il n'était pas de contexte plus idéal que le malheureux spectacle de la chute financière de l'UQAM, conjugué au dégel des droits de scolarité. Le premier élément a constitué l'onde de choc qui justifie de resserrer la gouvernance des universités. Le second élément, qui permet depuis septembre dernier aux universités d'encaisser 50 $ de plus par semestre et par étudiant, jette l'opprobre sur ces droits afférents dont l'augmentation annuelle moyenne s'élève à 17 % depuis 1994.
Il a fallu du temps, mais les «orientations» de Mme Courchesne sont efficaces. Elles n'interdisent pas les augmentations mais elles les balisent. Elles encouragent la négociation entre les associations étudiantes et les universités (dans certains cas, ce sera houleux, voire impossible). Advenant l'échec des échanges, elles prévoient des hausses maximales liées au niveau actuel des droits fixés par chacune des universités.
Du point de vue étudiant, deux des principaux objectifs sont atteints: mettre fin aux augmentations galopantes et s'assurer que chacun paiera bel et bien pour les services que l'université lui fournira. La ministre, qui a cette fois-ci enfilé sa peau de «consommatrice», souhaite mettre fin aux «frais déguisés» contre lesquels les étudiants pestent avec raison depuis belle lurette.
Du point de vue des universités, certains fronceront les sourcils: on retiendra une portion de la subvention conditionnelle des fautives, un processus qui peut s'avérer très coûteux. Manque toutefois une donnée essentielle, qui contribue à accentuer les tourments des recteurs: à quand un réinvestissement en enseignement supérieur? La supplique n'est pas nouvelle, mais la réponse, elle, se fait encore attendre.
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