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Encadrer la démesure

Marie-Andrée Chouinard   16 février 2008  Éducation
Chose promise, chose due! La ministre de l'Éducation, Michelle Courchesne, sert une leçon de taille aux universités en décrétant une série de balises destinées à freiner la hausse démesurée des frais afférents ces dernières années.

Après l'étalage médiatique des problèmes financiers de certains établissements, le redressement annoncé hier par la ministre a les allures d'une réaction prompte à des égarements récents. Il n'en est rien. Les étudiants réclament l'encadrement des frais afférents depuis le début des années 2000. Cet engagement a été inscrit au carnet de promesses de deux ministres de l'Éducation péquistes, puis de deux libéraux, avant que Mme Courchesne ne prenne enfin le taureau par les cornes.

Morale: certaines inconduites ont beau être rapidement montrées du doigt, il faut parfois du temps et, surtout, le contexte idéal pour qu'on se permette de les corriger.

Pour la ministre de l'Éducation, il n'était pas de contexte plus idéal que le malheureux spectacle de la chute financière de l'UQAM, conjugué au dégel des droits de scolarité. Le premier élément a constitué l'onde de choc qui justifie de resserrer la gouvernance des universités. Le second élément, qui permet depuis septembre dernier aux universités d'encaisser 50 $ de plus par semestre et par étudiant, jette l'opprobre sur ces droits afférents dont l'augmentation annuelle moyenne s'élève à 17 % depuis 1994.

Il a fallu du temps, mais les «orientations» de Mme Courchesne sont efficaces. Elles n'interdisent pas les augmentations mais elles les balisent. Elles encouragent la négociation entre les associations étudiantes et les universités (dans certains cas, ce sera houleux, voire impossible). Advenant l'échec des échanges, elles prévoient des hausses maximales liées au niveau actuel des droits fixés par chacune des universités.

Du point de vue étudiant, deux des principaux objectifs sont atteints: mettre fin aux augmentations galopantes et s'assurer que chacun paiera bel et bien pour les services que l'université lui fournira. La ministre, qui a cette fois-ci enfilé sa peau de «consommatrice», souhaite mettre fin aux «frais déguisés» contre lesquels les étudiants pestent avec raison depuis belle lurette.

Du point de vue des universités, certains fronceront les sourcils: on retiendra une portion de la subvention conditionnelle des fautives, un processus qui peut s'avérer très coûteux. Manque toutefois une donnée essentielle, qui contribue à accentuer les tourments des recteurs: à quand un réinvestissement en enseignement supérieur? La supplique n'est pas nouvelle, mais la réponse, elle, se fait encore attendre.






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  • Richard Larouche
    Inscrit
    samedi 16 février 2008 19h09
    Faire sembalnt de se préoccuper des problèmes...
    « Je n'ai pas l'impression qu'il s'agit d'une bonne nouvelle pour les étudiants pour deux raison :

    1) En agissant ainsi, le ministère cautionne ces hausses de frais afférent. Je crains que suite à l'adoption de cette politique, les universités ne consultent pas les étudiants et imposent unilattéralement les hausses permises par le ministère qui s'ajoutent, admettons le, à l'augmentation de 50% en 5 ans des frais de scolarité qui est nettement supérieure à la hausse du coût de la vie. Pis encore, en économisant un peu maintenant, le gouvernement paiera plus tard étant donné les 6000 à 13000 étudiants qui renonceront aux études postsecondaires et qui paieront donc moins d'impôts pour le restant de leur carrière... décidément, la pensée à long terme n'existe pas au sein de nos gouvernements actuels.

    2) En présentant une telle mesure, le gouvernement semble souhaiter se laver les mains et se permettre de repousser aux calendes grecques un réinvestissement massif en éducation qui est nécessaire depuis plusieurs années. C'est la qualité de l'éducation de la jeunesse d'aujourd'hui qui en prend pour son rhume.

    En somme, le gouvernement Charest fait semblant de s'occuper des problèmes et cette attitude déplorable ne se limite malheureusement pas au domaine de l'éducation. Pensons seulement au spectacle de politique sensationnaliste et hypocrite du ministre Couillard lors de l'inauguration de la clinique de santé privée dernièrement. Quelqu'un pourrait-il lui rappeler que le serment qu'il doit avoir signé (parce qu'il est médecin) est le serment d'Hypocrate et non le serment d'hypocrite??? »

  • Michel Chayer
    Inscrit
    dimanche 17 février 2008 11h43
    Crédits universitaires en solde
    « Par souci d'économie, le plus simple serait que l'université se contente d'estampiller le relevé de note de l'étudiant ou de l'étudiante proportionnellement aux frais de scolarité qu'aura déboursés ce dernier ou cette dernière. »

  • Louis Lapointe
    Abonné
    dimanche 17 février 2008 11h54
    La tyrannie des systèmes
    « Bonjour Mme Chouinard,

    Le problème du monde universitaire est le même que celui qui gruge le monde rural, les corporations professionnelles, le système de santé, les mégas entreprises fusionnées et l'hydre médiatique, c'est le corporatisme.

    Le corporatisme est un mécanisme par lequel on s'en remet uniquement aux spécialistes pour questionner le système, alors que ces entités appartiennent au public. Les professeurs d'université, les agriculteurs, les avocats, les comptables, les médecins et les PDG ont toujours raison dans le système qu'ils gèrent et dans le méta système qu'ils contrôlent à travers les lobbys et les conseils d'administrations d'entreprises privées et publiques qu'ils investissent en occupant majoritairement les sièges.

    Confier un problème à un spécialiste est un réflexe normal. Toutefois, dans le système corporatiste, ce ne sont pas toujours les spécialistes les plus compétents qui ont le plus d'influence, ce sont les mieux branchés.

    Comme il faut toujours plus d'argent pour nourrir le système qui est condamné à toujours grossir, justement à cause des coûts de système, il faut nécessairement plus de pouvoir pour aller chercher cet argent. C'est là qu'arrive l'effet pervers d'un système géré uniquement par des spécialistes et pour des spécialistes, puisque la première qualité qu'on recherche chez un spécialiste investi de pouvoir, c'est son réseau, pas sa compétence. Alors que nous sommes persuadés que nous avons confié la gestion du système à des spécialistes, nous nous retrouvons avec une meute de politiciens, de lobbyistes, de resquilleurs et de chevaliers d'industrie.

    Alors, quand les spécialistes nous disent plus d'argent, plus de privé, plus de pouvoirs et plus de fusions, que doit-on comprendre ?

    La réponse va de soi, plus de corporatisme et plus de tyrannie des systèmes. Voilà où est la démesure!

    Louis Lapointe
    Brossard »

  • Joseph Lemieux
    Inscrit
    dimanche 17 février 2008 14h23
    Il faut regarder ailleurs
    « La ministre Courchesne aurait avantage à regarder la situation des universités ailleurs au pays avant de poser des gestes pour affronter la "démesure" des dépenses. Toutes les universités canadiennes ont des droits de scolarité allant jusqu'au double de ceux du Québec.

    Si les gouvernements choisissent de ne pas investir dans l'éducation supérieure à la mesure des besoins déclarés, il ne devraient pas empêcher les universités de chercher la parité avec les autres provinces canadiennes en matière de droits.

    Joseph Lemieux
    Edmonton - Alberta »

  • Lorraine Doucet
    Inscrite
    dimanche 17 février 2008 17h12
    Bravo! Mme la ministre! Une intervention de qualité pour l'intérêt de nos étudiants
    « La situation de l'augmentation des frais afférents qui prenaient des mesures de vol direct par les universités vient de recevoir le coup de grâce de la main de fer de la ministre de l'éducation.

    Nous voulons préparer la relève au niveau du travail...nous voulons que les futurs travailleurs soient prêts à vivre l'exigence de la mondialisation...ce n'est surtout en les étouffant par des frais injustifiés que nous réussirons à maintenir un haut score de diplômés. Offrons donc des conditions gagnantes à tous nos jeunes étudiants pour assurer une relève de qualité par l'incitation à des études supérieures.
    Mes félicitations, Mme Courchesne. Votre geste démontre que les étudiants et la relève est d'un intérêt capital pour la préparation de la société de demain.
    Lorraine Doucet,
    Montréal »

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