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Édifice Saint-Sulpice: vente de feu?

Frédérique Doyon   15 décembre 2007  Éducation
La transaction en cours pour soulager l'UQAM du poids immobilier de l'édifice Saint-Sulpice prend des airs de «vente de feu».

Le Devoir a appris que ni le conseil d'administration de l'UQAM, ni les gouverneurs de l'Université du Québec réunis en assemblée mercredi n'ont cherché à connaître l'identité des investisseurs représentés par la compagnie à numéros qui a déposé une offre d'achat pour acquérir l'édifice Saint-Sulpice.

Les quelque quatre millions de dollars offerts pour la bâtisse style beaux-arts, soit près du double de ce qu'avait déboursé l'UQAM pour acheter le bâtiment de la Société immobilière du Québec en 2005, semblent avoir suffi aux gouverneurs et administrateurs pour entériner la transaction. Au ministère de la Culture, donc, qui peut utiliser son droit de premier acheteur, de juger si la vente est acceptable, compte tenu de l'histoire de l'édifice, conçu par l'architecte Eugène Payette en 1914 pour y installer la collection des sulpiciens, berceau de l'actuelle Bibliothèque nationale du Québec (BnQ).

Les apparences restent sauves puisque l'UQAM, qui promettait de préserver le caractère patrimonial et la fonction culturelle de l'ancienne bibliothèque des sulpiciens, assure que le groupe d'acheteurs en cause planifie d'y ouvrir une librairie.

Promoteurs immobiliers

Selon les informations obtenues par Le Devoir, il s'agirait plutôt de promoteurs immobiliers qui comptent revendre l'édifice patrimonial à une librairie pour n'exploiter que le terrain vacant situé à l'arrière.

La ministre de la Culture, Christine St-Pierre, a indiqué qu'elle annoncerait la semaine prochaine si elle aura recours ou non à son droit de préemption.

La vente de Saint-Sulpice à des intérêts privés inquiète le milieu du livre, qui a longtemps tenu ses lancements, colloques et conférences dans la majestueuse enceinte.

C'est la deuxième fois en quelques années que l'ancienne bibliothèque se retrouve sur le marché immobilier. Lorsque la BnQ (devenue depuis BAnQ, Bibliothèque et Archives nationales du Québec) a libéré l'édifice pour emménager dans ses nouveaux quartiers, rue Berri, la Société immobilière du Québec l'a mis en vente. Des projets de Maison du patrimoine et d'Institut du livre ont été soumis. Mais c'est finalement l'UQAM, alors en pleine expansion, qui en a fait l'acquisition en 2005, en promettant, au grand bonheur du milieu, d'y accueillir des artistes en résidence, des colloques et des conférences.

Sa remise en vente l'été dernier s'inscrit dans le plan de redressement financier de l'université en déroute.






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  • Nicole Duchemin
    Inscrite
    samedi 15 décembre 2007 12h10
    Audition privée à la CBCQ le 17 décembre 2007 à 13:30hres
    « Dans une lettre datée du 30 octobre 2007 dernier, Nicole Duchemin interlocutrice de la ''Coalition sauvons l'édifice Saint-Sulpice'' pour conserver sa vocation publique et culturelle, avait soumis des demandes à la ministre, dont un MORATOIRE pour la cessation du processus de vente aux promoteurs privés. Le Cabinet ministériel a accusé réception, le 14 novembre 2007, sans donner de réponse précise sur nos demandes à la ministre.

    Madame la ministre Christine Saint-Pierre a reçu de nombreux signaux clairs lui demandant de se prévaloir de son droit de préemption. Ce qui signifie que la ministre a un droit de refus de la vente de l'immeuble pour l'usage du ministère MCC.

    Mme Lise Bissonnette de la BANQ et M l'Abbé Jean-Pierre Lussier de l'UNIVERS Culturel de Saint-Sulpice ( du Grand Séminaire de Mtl.), a écrit à la ministre pour demander de respecter la vocation publique et culturelle de l'édifice Saint-Sulpice, créé en 1910 par les prêtres Sulpiciens de Montréal qui fêtent leur 350 e anniversaire cette année.

    La ministre avait aussi auparavant la possibilité de décréter un Moratoire pour un temps déterminé, qui aurait mis fin, à la vente de l'édifice Saint-Sulpice aux promoteurs privés. Mais rien ne fut fait en ce sens. On a préféré laisser aller le cours des choses jusqu'à l'évidence d'un fait accompli, à plus grande consternation du public.

    C'est pourquoi la ''Coalition sauvons Saint-Sulpice a demandé une AUDITION d'urgence devant la CBCQ-Commission des biens culturels du Québec, qui aura lieu lundi le 17 décembre 2007 à 13:30 heures, dans les bureaux du ministère de la Culture, des Communications et de la Condition féminine, au 480 bld St-Laurent, à Montréal. La rencontre se tiendra dans la salle d'intégration des arts à l'architecture,bureau 400,4e étage.

    Cette Audition à la CBCQ fut annulée et reportée à trois reprises.D'abord fixée le 20 déc 07 à 13:00, ensuite devancée le 11 déc 07, à 5:00, puis annulée et reportée en Janvier 2008, finalement la date définitive est fixée le 17 déc 07 à 13:30, suite à la demande réhitéré insistante de la coalition. Ce qui a causé beaucoup d'émoi aux membres de la coalition.

    Une douzaine de participants seront présents pour soumettre un ''Mémoire Commun''afin de faire des recommandations à la (CBCQ) Commission des biens culturels du Québec, à la suite de quoi la Commission donnera un AVIS à la ministre MCCCF. Celle-ci dispose de soixante (60) jours pour rendre sa décision...

    à partir du moment ou la vente a été approuvé par le CA administratif de l'UQAM, le 12 déc 07 dernier, et a informé la ministre de l'intention d'aliéner le biens culturels et la vente de l'édifice Saint-Sulpice à des acheteurs privés. La ministre aurait jusqu'au 13 février 208 pour analyser les recommandations de la Coalition et l'Avis de la Commission CBCQ, avant de rendre sa décision.

    Tout porte à croire que la ministre souhaite accélérer le processus en voulant rendre sa décision la semaine prochaine, en décembre 2007. Mais rien ne presse selon l'avis de plusieurs, sauf pour des intérêts privés semble-t-il. La situation est très inquiétante pour l'édifice Saint-Sulpice, un monument historique de biens cuturels classés.

    L'Édifice Saint-Sulpice avec son terrain de stationnement adjacent à l'arrière de l'immeuble est un lot indissociable de l'immeuble. Les promoteurs privés veulent revendre l'immeuble en ne gardant que la partie arrière pour un projet de construction neuve. Ce qui dépouillera l'édifice de son potentiel de développement culturel des communautés artistiques et des services publics. C'est un détournement de fonds publics au profit d'intérêts privés d'activités économiques commerciales.

    Réagissez! appuyez la ''Coalition sauvons l'édifice Saint-Sulpice''. Communiquez avec la Société Historique de Montréal (SHM) un courriel d'APPUI à la Coalition, en donnant votre nom et coordonnées (tel, courriel, adresse postale). »

  • l poisson
    Inscrit
    dimanche 16 décembre 2007 02h36
    Test politique pour la ministre Saint-Pierre
    « La ministre Christine Saint-Pierre aura une belle occasion de jauger son poids politique réel dans ce dossier de la Biblio St-Sulpice. Tout d'abord à cause du prix dérisoire de l'actuelle "vente de feu" et ensuite, parce que l'espoir de rendre encore plus vivant notre patrimoine architectural a de solides assises à cet endroit.

    Le moins rapace requin de la spéculation immobilière doit déjà flairer l'effet-domino de cette transaction effectuée en-dessous de la juste valeur marchande. Une simple rétrocession au propriétaire antérieur aurait peut-être été plus avantageuse, mais il est semble-t-il trop tard.

    Bref, si la démarche auprès de la ministre Saint-Pierre s'avère vaine; peut-être le Vérificateur-général du Québec serait-il un meilleur chien de garde des intérêts du payeur de taxes ? A-t-on transigé ou bradé ?

    Le projet d'une librairie dans un tel édifice est-il simplement viable sur une base commerciale ? Une quelconque étude de rentabilité mercantile ferait surtout ressortir l'attrait d'une librairie... licenciée. Ou de n'importe quel commerce licencié... ou incendié.

    Les auditions publiques sur le choix de l'emplacement de la BANQ ont justement eu lieu à biblio St-Sulpice. Le projet de relier ce site à la BANQ via la ruelle Borduas y était alors déjà esquissé.

    Lise Bissonnette a réussi le tour de force de construire la BANQ en respectant le budget. Son équipe pourrait se remobiliser avec la même efficacité.

    Mais pour l'instant présent, il urge que la ministre Saint-Pierre utilise à bon escient les pouvoirs conférés à son ministère depuis des décennies. Pour empêcher l'irréparable. La rue St-Denis est un phare pour toutes nos régions et au-delà de nos frontières.

    Au pis-aller si la bisbille s'installe, la ministre aura au moins la satisfaction du devoir accompli. Et c'est pour ça qu'elle est allée en politique. Voilà pourquoi je suis confiant.

    Les panneaux de verre volants de la Grande Bibliothèque font souvent la manchette. Mais on oublie surtout la principale "erreur" de la BANQ: la sous-estimation de l'achalandage populaire.

    Voilà donc, Mme Saint-Pierre, un beau problème pour terminer l'année en beauté. »

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