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Objectif : médiocrité

Marie-Andrée Chouinard   5 décembre 2007  Éducation
Lorsque François Desrochers, député de Mirabel et critique adéquiste en matière d'éducation, a prononcé à la radio de Radio-Canada, début novembre, cet authentique bout de phrase: «la grammaire, la syntaxe, ces choses qui ont été abolites [sic] avec la réforme», plusieurs ont gentiment souri devant la bourde, faite lors d'un entretien portant précisément sur... la qualité du français.

Voilà que son collègue Robert Deschamps, député adéquiste de Saint-Maurice, malmène lui aussi la langue: le politicien a lancé lundi dans le collimateur médiatique un communiqué de presse invraisemblablement coloré d'une quantité d'erreurs qui renvoient toutes à un français mal maîtrisé. Un «fond» socioéconomique amputé du poids de son «s». Un montant de «40 million» au caractère singulier. Un «plan d'urgence proposée» curieusement affublé de la grâce féminine. Truffé de ces maladresses et d'autres encore, le document laisse pantois.

Les deux hommes n'ont pas que l'ADQ en partage. Tous deux ont oeuvré dans le milieu de l'éducation, le premier comme enseignant de géographie, le second comme professeur d'éducation physique. Bien sûr, l'erreur est humaine. Évidemment, la parade politique est à ce point exigeante que la feuille de route parfaite relève de l'utopie. Assurément, l'ADQ ne porte pas à elle seule le poids des bévues linguistiques. Sans clouer ces deux hommes au pilori, on ne peut quand même éviter de souligner le fait qu'à eux seuls ils incarnent parfaitement le laxisme dérangeant qui frappe des figures pourtant érigées en parfaits modèles.

Pendant qu'on s'inquiète des piètres performances des élèves québécois en français, s'attarde-t-on un seul instant à la qualité du spectacle qui se joue sous leurs yeux?

Dans un rapport publié en 1998, le Conseil de la langue française braquait ses projecteurs sur la grande valeur accordée par les élites à la qualité du français. Sans ambages, il concluait à l'importance pour certaines personnes — politiciens, enseignants, universitaires, journalistes! — de valoriser un français de qualité. Sans détours, il priait la société d'accorder un plus grand soin à sa langue.

Dix ans plus tard, le panorama n'est pas encore avantageux. À côté du scandale de l'analphabétisme, qui frappe près de la moitié des Québécois, se jouent d'autres petits drames linguistiques. Le français écorché par les radios commerciales. Des restaurants négligeant honteusement de faire réviser leur menu, si savoureux soient les plats. Des enseignants apportant à la maison des consignes remplies d'erreurs. Des professeurs d'université négligeant de corriger les faiblesses de la langue sous prétexte de travaux portant sur une discipline éloignée du français.

Ces faux pas contribuent à faire d'un français médiocre une norme sociale acceptée, ce contre quoi nos élites et toutes ces personnes présentées comme modèles à la relève devraient s'insurger, à titre de fiers diffuseurs d'une langue de qualité. À côté de cet affaissement guette sinon un autre danger, plus sournois encore: la banalisation des dérives. Il faut à tout prix l'éviter.






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  • Angéline Joseph
    Abonné
    mercredi 5 décembre 2007 00h47
    Un français en perdition
    « J'endosse totalement votre propos.
    Je suis inquiète quant au laisser-aller de nos élites.
    Une langue à la dérive peut possiblement faire naufrage... »

  • Georges Paquet
    Abonné
    mercredi 5 décembre 2007 05h11
    Parlant de la banalisation des dérives... parlons de la nation Québécoise.
    « Est-ce que ce serait trop demander aux chroniqueurs, éditorialistes et autres personnalités politiques de faire preuve pour eux-mêmes, en politique comme en linguistique, de la même rigueur que celle qu'ils exigent de leurs concitoyens.
    Ainsi, on lit dans bon nombre d'éditoriaux et de chroniques que ce serait le Québec qui aurait été reconnu comme nation en novembre 2006 par la Chambre des commune. Or on peut soutenir, avec assurance, que, si une Cour de justice devait un jour se prononcer sur cette question, elle se demanderait inévitablement ce qu'était l'intention des députés qui ont voté cette motion, et elle conclurait qu'ils ont reconnu que ce sont les canadiens-français, qui s'appelaient eux-mêmes les canadiens, par opposition aux anglais, et plus tard les Québécois, qu'ils habitent au Québec ou ailleurs au Canada, qui ont été reconnus comme nation.
    La meilleure façon d'apporter un peu plus de lumière dans ce débat, serait de voir ce que les parlementaires ont vraiment dit en adoptant cette motion. On rappellera d'abord le texte de la motion elle-même: Que cette Chambre reconnaisse que les Québécois forment une nation au sein d'un Canada uni. Et sa version anglaise: «That this House recognize that the Québécois form a nation within a united Canada».

    Revoyons ensuite, à l'aide du Hansard, ce que les députés et ministres ont vraiment dit, en Chambre, sur le sens de la résolution qu'ils allaient adopter.

    Le premier ministre Stephen Harper a déclaré en déposant sa motion, le 22 novembre 2006: «Les Québécois savent qui ils sont. Ils savent qu'ils ont participé à la fondation du Canada, à son développement et à sa grandeur. Ils savent qu'ils ont préservé leur langue et leur culture unique, et qu'ils ont fait progresser leurs valeurs et leurs intérêts au sein du Canada. La vraie question est simple: les Québécoises et les Québécois forment-ils une nation au sein d'un Canada uni? La réponse est oui. Les Québécois et les Québécoises forment-ils une nation indépendante du Canada? La réponse est non, et elle sera toujours non.»

    Le chef de l'Opposition, Stéphane Dion, a déclaré le 27 novembre: «Au sens ethnique, le Québec et le Canada ne sont pas des nations, mais les Canadiens français le sont, laquelle nation est principalement concentrée au Québec, mais présente partout au Canada.» Et il a ajouté: Au deuxième sens du mot «nation», le sens étatique, le seul qui confère une existence juridique en droit international, c'est le Canada, et lui seul, qui est une nation. Au troisième sens du mot «nation», le sens sociologique, nous, les Québécois, sommes une nation, puisque nous formons, au sein du Canada un groupe assez vaste - près du quart de la population -, que nous avons la conscience de notre unité et la volonté de vivre en commun. En ce sens, c'est exact de dire que les Québécois et Québécoises forment une nation au sein d'un Canada uni. Je voterai donc pour la motion qui nous est soumise.»

    Les principaux lieutenants québécois du parti au pouvoir, les ministres Lawrence Cannon et Maxime Bernier ont abondé dans le même sens.

    M. Cannon a dit le 23 novembre «Depuis 1792, quand le premier Parlement du Canada s'est réuni à Québec, jusqu'à nos jours, nous nous sommes appelés Canadiens puis Canadiens français et maintenant Québécois. Mais ce ne sont pas les autres qui nous ont nommés. Nous n'avons jamais demandé à nos partenaires des autres provinces qui nous étions.»

    Et Maxime Bernier, le 27 novembre « Les Québécois savent qui ils sont. Ils savent qu'ils ont participé à la fondation du Canada, qu'ils ont aidé à façonner le pays dans toute sa grandeur. Notre motion est importante pour l'ensemble des Canadiens parce que c'est un geste de réconciliation. C'est important de reconnaître que les Québécois ont réussi à préserver leur langue et leur culture unique tout en faisant partie de la fédération canadienne.» Et un peu plus loin, il ajoute: «Le présent débat porte seulement sur les Québécois en tant que nation, et non sur le Québec en tant que nation. La différence est énorme.»

    (Notons, en passant, que le Sénat a décidé le 28 novembre 2006, de ne pas se saisir de cette question. C'est pourquoi, il n'est pas juste de dire que ce serait le «Parlement canadien» qui aurait adopté cette motion.)

    Il me semble donc que l'on peut déduire logiquement de ce qui précède que si, un jour, la Cour devait se prononcer sur la valeur juridique de cette motion elle se demanderait, comme elle le fait habituellement, ce qu'était l'intention du législateur. Or il faudrait ignorer toutes ces déclarations pour arriver la conclusion que c'est le Québec qui aurait été reconnu comme nation. Et en ce faisant on risquerait certaines désillusions.

    On se souviendra comment de nombreux citoyens ont soutenu, dans les années '80, que le Québec devrait utiliser plus fermement la menace de son droit de veto pour amener le Gouvernement fédéral et les autres Provinces à reculer à propos de certaines initiatives. On se souviendra surtout que les Cours ont statué que ce droit pouvait peut-être avoir un certain poids politique, mais qu'il n'avait pas d'existence juridique. Ce fut la dernière fois que l'on songea à utiliser ce supposé droit de veto.

    Je crains qu'il en soit ainsi à propos de la reconnaissance de la nation québécoise par la Chambre des communes si on ne fait pas attention à ce qu'elle veut vraiment dire.

    Souhaitons, comme le craint l'éditorialiste, que nous n'assitions pas, dans ce domaine comme dans d'autres, à une autre "banalisation des dérives".

    Souhaitons, au moins, que tous restent prudents quand à la portée juridique qu'il convient d'accorder à cette reconnaissance.



    Georges Paquet »

  • Michel Lebel
    Inscrit
    mercredi 5 décembre 2007 05h42
    Une évidence!
    « Il y a un affaisement de la qualité de la langue chez les élites et les diplômés universitaires. C'est de l'ordre de l'évidence. Et ceci tant pour l'oral et encore plus pour l'écrit. Quant à cet affaisement, il est aussi évident qu'il est banalisé. Comme bien des personnes ont mal appris leur français, tout en pensant l'avoir bien appris, on n'en est là. Quand on ne sait pas. Quand on ne doute pas... »

  • André Provost
    Abonné
    mercredi 5 décembre 2007 06h12
    La Dérive est bien entretenue au MELS
    « Après de continuels gaspillages des fonds publiques, notre ministère continue à faire la sourde oreille alors que nous avons tous les outils (je me répète) pour solutionner ce malaise. Les nombreux responsables des programmes de français n'ont pas encore compris qu'il ne peut y avoir de RÉFORME VALABLE sans une démarche nettement linguistique à l'école, et à tous les niveaux du système scolaire. Le pédagogue chargé de grammaire se doit d'être aussi linguiste, sous peine d'être, aujourd'hui, inférieur à son rôle. Nous sommes donc à l'heure de la science linguistique à l'école. Si seulement, en 1979, notre ministère avait accepté le système Richer d'analyse syntaxique, tous les élèves de nos écoles auraient fait la preuve d'une maîtrise de la langue, dès les quatre premières années du cours primaire. Ce sont dans les travaux et l'expérimentation du système Richer que se trouvent tous les secrets de la RÉFORME nécessaire.
    Cordialement,
    André Provost mapl7@hotmail.com »

  • Parisien Jaque
    Abonné
    mercredi 5 décembre 2007 07h28
    Ni l'un ni l'autre...
    « Comme le disait Pascal, «L'homme n'est ni ange ni bête, et le malheur veut que qui veut faire l'ange fait la bête.» Cette citation pourrait bien s'appliquer à l'ensemble des comportements de notre société de plus en plus bien-pensante. Certes, il y un problème de qualité de la langue, c'est indéniable. Mais, en même temps, on s'acharne à traquer les coupables, comme si tout un chacun n'avait pas sa part de responsabilité.

    Les élites, aujourd'hui, ne sont plus les élites d'hier, à preuve, comme le souligne l'article, les nombreuses bourdes commises par les journalistes, les politiciens et encore plus les universitaires, je parle des étudiants qui entrent en vrac dans ces haut lieux du savoir, l'éducation étant devenue une «affaire» et les étudiants des «clients».

    Par ailleurs, j'en ai marre que l'on tape sur la tête des enseignants. Les fameux examens dont ils sont victimes comportent des questions ne visant que les exceptions de notre langue et même un professeur aguerri, qui fait autre chose qu'enseigner la grammaire, ne réussirait pas à le passer sans une préparation fastidieuse. En fait, le bon enseignant est celui qui doute, qui cherche la faute, qui sait qu'il existe des exceptions, qui utilise les outils et qui est donc constamment sur ses gardes. Et encore, il en laisse passer une de temps à autre.

    Bref, si l'on veut vraiment améliorer la qualité de la langue, il faut cesser de porter aux nues tout ce qui se dit, s'écrit ou se fait en anglais. Sachez qu'un article écrit en anglais, soit en philosophie ou en sciences, jouit d'un rayonnement dépassant et de loin celui d'un autre écrit en français. Il faut relever nos manches et trimer dur pour remettre le train de la langue sur ses rails.

    Enfin, il s'agit bel et bien d'un effort collectif et si nous partageons tous une part de responsabilité, c'est encore et toujours au sein de la famille que les cartes gagnantes ou perdantes sont distribuées. »

  • Pierre-R. Desrosiers
    Inscrit
    mercredi 5 décembre 2007 07h54
    La dernière identité
    « Deux remarques: 1. Il y a une écologie des langues. Tout comme les espèces animales et végétales, des espèces linguistiques disparaissent sur la planète. Le français a connu sa plus grande extension à l'époque de la colonisation, surtout au XIXe siècle. C'est là un phénomène de nature politique et économique. Depuis, il se rétracte au rythme du déclin de l'importance mondiale de la France.
    2. Il existe, au Québec, une antinomie latente entre la fonction culturelle de la langue, ici marqueur identitaire, et sa fonction communicatrice, ici exercée dans un univers nord-américain. La première privilégie la maîtrise d'une langue comme signalant la fierté d'une identité; la seconde privilégie l'efficacité du message, peu importe sa formulation.
    Je schématise, bien entendu.
    Pierre R. Desrosiers
    Val David »

  • Steve Fortin
    Abonné
    mercredi 5 décembre 2007 08h03
    Une langue sacrifiée sur l'autel d'une émancipation manquée
    « Une collègue enseignante qui est linguiste et bien meilleure grammairienne que moi, étudie depuis longtemps les dérives de la langue, de la syntaxe, de la compréhension et l'organisation des phrases simples et complèxes, tant à l'oral qu'à l'écrit. Le constat de son travail est stupéfiant. L'incapacité des intervenants du milieu éducatif, mais aussi dans les domaines politique et médiatique, de maîtriser ne serait-ce que les codes de base en syntaxe orale et écrite depuis trop longtemps fait en sorte que le français standard se créolise de plus en plus. La conséquence en est que nombre de francophones québécois et canadiens ne maîtrisent plus le code eux non plus; cette spirale de défaillance se traduira (à court terme) par un écart si important entre un français correct et la langue standard que cette dernière n'aura plus d'assises et de liens logiques avec le code. On constate cet état de fait quotidiennement au sein de nos groupes d'étudiants de niveau collégial et universitaire, alors que l'on devrait s'attendre de ceux-ci qu'ils maîtrisent le code et la grammaire.

    Quand on laisse filtrer au sein des facultés d'éducation nombre de futurs enseignants qui ne maîtrisent pas le code, la table est mise pour la culture de l'échec se perpétue sans cesse. On abaisse les notes de passage (et les critères d'évaluation) pour permettre à plus de futurs enseignants de combler les vides criants du système scolaire québécois.

    Quand on combine cet état de fait avec le phénomène de marginalisation de la langue correcte dans les médias, le nombre grandissant d'émissions pseudo-réalité où l'apparence physique, le "tour de bras" et les mensurations féminines sont plus importantes que le message; quand on "garroche" n'importe quel analyste sportif sur les ondes de radios populaires de sport 24/7 sans aucuns égards à la qualité de la langue (combien d'entre eux ne peuvent même construire une phrase simple! et que dire des intervenants qui participent aux interminables jérémiades publiques au sujet apparemment inépuisable des insuccès du tricolore...); quand le critique en matière d'éducation de l'opposition officielle au parlement québécois, issu d'un parti qui prône, ne l'oublions pas, l'abolition des commissions scolaires sans solution de rechange sinon que de "pelleter" le problème dans la cour des municipalités, quand ce critique ne peut même produire un document officiel sans prendre le temps de le réviser; on sait que la joute est perdue...

    Mon expérience dans le domaine de l'enseignement post-secondaire me laisse assez pessimiste. Ma femme enfantera de notre premier enfant sous peu. Ses enfants à lui n'auront du français qu'une vague effluve créole, un souvenir caduque d'une langue que l'on a jettée, quelque part aux détours de la révolution tranquille, avec toutes nos traditions, au nom d'une émancipation que mes parents "baby-boomers" n'auront pas eu le courage d'accomplir. Il faudra bien un jour que l'on se la pose cette foutue question : "quel héritage nous aura laissé cette génération après tout???" »

  • Gilles Bousquet
    Inscrite
    mercredi 5 décembre 2007 08h17
    La médiocrité n'est plus un objectif, ici c'est la réalité
    « Nos bons gouvernements provinciaux semblent donner peu d'importance à l'enseignement du français en même temps qu'ils s'inquiètent, sauf l'actuel gouvernement qui pense que tout est rose de ce côté, de la survie de la langue française.

    En attendant, on a de la difficulté avec nos liaisons. Plusieurs Québécois en ajoutent, probablement, pour faire joli comme : Ils ont sept's'enfants ou huit's'enfants, c'est une belle famille ! »

  • Louis-Ambroise Paré
    Abonné
    mercredi 5 décembre 2007 08h40
    Salut!
    « Ton billet me fait penser ce matin à une de mes dernières discussions de brunch avec une certaine amie où j'ai été pris en flagrant délit de fautes de syntaxes et de ponctuations.

    J'essaie,ce matin,de sortir du banc des punitions. Je fait confiance à ma plume et mon cerveau tout en me permettant de te saluer. Je suis totalement d'accord avec toi. Les profs sont roi et maître dans le royaume de la sous-évaluation ou de la non-évaluation de leur français autant que de leur enseignement. On ne vérifie pas nos compétences transversales...ne serais-ce qu'une fois au deux ans. Des fois, je me sens comme un clown dans un défilé funestre où les enfants défilent et marchent en portant leur propre tombe.

    J'aimerais que l'on m'évalue sur mes incompétences "transmultiprofculturelles". Si j'avais un B, je pourrais peut-être devenir ministre de la souffrance humaine.

    Est-ce l'aurore de ma dépression ou mon désespoir heureux qui me transforme en écrivain ce matin?

    Non, j'ai une stagiaire...

    Amitié. LAP »

  • Robert Mayrand
    Abonné
    mercredi 5 décembre 2007 09h00
    Le joual n'est pas mort
    « J'ai connu un professeur de français au niveau collégial qui enseignait ainsi le subjonctif imparfait du verbe courir: Que je courasse..... L'ennui, c'est qu'il y a au Québec, le français de l'école et la langue que l'institutrice utilise chez elle et dans son cercle social. Pour bien des Québécois, la langue de Molière est une langue seconde. »

  • Gisèle Côté
    Abonnée
    mercredi 5 décembre 2007 09h04
    Des solutions simples et efficaces ont existé et existent encore!
    « Le Québec a déjà produit une démarche pédagogique qui a fait ses preuves dans toute la francophonie, lorsqu'elle a été appliquée correctement, notamment en Europe: LE SABLIER.

    Manifestement ignorants ou imprudents, des personnages publics: Lisa Frulla, Réjean Tremblay, François Gagnon, entre autres (Lysianne Gagnon à l'époque), ont mentionné cette "découverte" québécoise comme ayant été la cause de tous les maux dont nous récoltons les fruits aujourd'hui, même longtemps après sa disparition regrettable.

    Au Québec, dans les milieux qui lui ont fait confiance, et quand l'utilisation en a été suffisamment prolongée,les résultats positifs ont suivi et demeurent. Plusieurs jeunes adultes pourraient en témoigner dont, récemment, Céline Dion, lors de l'émission "Tous pour un".

    Quel journaliste aura le courage de rectifier cette accusation injuste? Les principes du Sablier sont encore de grande actualité pour l'alphabétisation (à tout âge), l'apprentissage du Français langue seconde, l'orthographe, etc, tout en étant peu coûteux. Ils mériteraient d'être revisités.

    Je propose à toute personne intéressée de pouvoir redécouvrir ce miracle appelé: "éclosion". définitive et personnalisée, en lecture et en orthographe.
    Gisèle Côté, co-auteur du Sablier.
    Longueuil, 5 décembre 2007 »

  • marie-claude leclerc
    Inscrite
    mercredi 5 décembre 2007 09h05
    accommodement linguistique
    « Navrant et désolant.
    Malheureusement ceux qui ignorent leur propre langue
    n'en sont sans doute même pas conscient.
    Il y a une fierté et un amour de la langue qui est en perte de vitesse.
    Est-ce du snobisme intellectuel que de vénérer ou simplement d'aimer respectueusement sa langue ?
    Non, de l'ignorance et une paresse certaine.
    L'effort est une valeur en voie de disparition.

    Si la langue était aussi populaire que les débats de religion actuels, les " je-nous" eux auraient des x !
    Marie-Claude Leclerc »

  • Raphaella Robitaille
    Inscrite
    mercredi 5 décembre 2007 09h06
    il y a trop longtemps...
    « Madame,
    Il y a trop longtemps que la qualité du français est négligée.Nous avons perdu hélas la fierté de notre langue. Les méthodes concernant l'enseignement du français ont changé tellement souvent...Pour maîtriser la langue écrite et parlée, il faut je crois connaître les règles de la grammaire et de la syntaxe et pouvoir les appliquer dans des textes. Ces deux éléments ont été je pense, enseignés différemment et les résultats ne sont pas concluants.Doit-on revenir aux bonnes vieilles méthodes d'antan, reviser nos programmes, accorder plus d'heures à l'enseignement du français au primaire?
    Je crois qu'une réflexion et une analyse sérieuse doivent se faire dans le milieu scolaire.Pour changer et améliorer la qualité du français à l'école, il faudrait un effort collectif bien senti et concret de la part de tous les enseignants.Il y a longtemps que l'on ne corrige plus les fautes dans les matières autres que le français. Les textes publicitaires et les annonces publiques sont cousus de fautes et ce n'est pas grave...souvent on ne les voit plus..
    Je crois que l'école doit être la première à remettre sur pied un plan d'action pour l'amélioration de notre langue.Je suis d'accord avec vous, on a trop longtemps banalisé les erreurs et les fautes dans les textes écrits. On a perdu la fierté de notre langue et on laisse aller les choses..comme tout le reste ...Il faut une volonté ferme et collective pour changer les choses. Nous nous sommes battus pour conserver notre langue et nos institutions et nous sommes sur le point de tout laisser aller...il faut se réveiller! Relisons notre histoire! Raphaella Robitaille »

  • Yvon Montoya
    Abonné
    mercredi 5 décembre 2007 09h41
    Oups, les marsupilami...
    « "Tous deux ont oeuvré dans le milieu de l'éducation, le premier comme enseignant de géographie, le second comme professeur d'éducation physique. » Lisez mes commentaires sur les autres articles de ce jour à ce sujet. Il y a un réel problème POLITIQUE et non seulement culturel. Ils ne savent ni écrire ni parler le français, on ne peut comprendre la complexité du monde avec un langage de 8 ans d'âge. Comment les écouter et les croire lorsqu'ils disent que les immigrants doivent apprendre le « français »? CQFD. »

  • Zach Gebello
    Inscrit
    mercredi 5 décembre 2007 09h56
    Oui, mais...
    « Je préfère entendre ou lire des signifiances dans un français médiocre que des insignifiances dans un français impeccable.

    Il serait intéressant qu'un(e) journaliste publie un sondage sur le nombre de personnes publiques qui composent et écrivent elles-mêmes leurs communiqués. »

  • ALAIN BLACKBURN
    Inscrit
    mercredi 5 décembre 2007 10h22
    Vêtissant
    « Ce matin à RDI, la miss Météo du Nouveau-Brunswick a fait le commentaire suivant: " Il ne fait pas chaud aujourd'hui...,il faudra y penser en vous vêtissant... »

  • Lorraine Doucet
    Inscrite
    mercredi 5 décembre 2007 10h41
    Un dérapage qui peut s'expliquer autrement que par l'implantation de la Réforme!
    « La mise en place de la Réforme de l'éducation date des années 2000. Quels âges ont vos adéquistes, les parents et les enseignants qui transmettent la culture de la langue française? Ils proviennent tous des méthodes d'apprentissage: «la lecture syllabique» et «la lecture globale» qui avaient le vent dans les voiles bien avant la Réforme.
    Je crois sincèrement que le programme compte pour très peu dans l'apprentissage du français mais compte pour beaucoup sur la volonté que nous voulons lui accorder comme place privilégiée.
    Commençons par le début: un étudiant doit passer un examen de français pour suivre une formation en enseignement et mes informateurs me disent qu'ils ont la possibilité de 3 reprises pour obtenir la note de passage de 60%. Ils arrivent dans une Cs et ils doivent passer un examen de français avec une note de passage de 60% avec la possibilité de 3 reprises.
    Pourquoi les dirigeants ont-ils décidé de descendre la barre à 60%? La raison est simple: Si l'exigence est plus élevée, trop d'enseignants échouaient l'examen et la pénurie d'enseignants étant une priorité majeure...
    En conclusion, les problèmes relevés ne proviennent surtout pas de la Réforme de l'éducation mais du passage de tous les adultes dans le système scolaire avant cette mise en vigueur du programme donc donnons-lui une chance mais surtout misons sur la volonté de chacun de faire du français, une priorité incontournable!
    LDoucet,
    Montréal »

  • Yvon Montoya
    Abonné
    mercredi 5 décembre 2007 11h22
    @Steve Fortin
    « J'aime votre texte qui touche l'essnce mêm du problème. Une essence ajoutée à d'autres essences du problème nous permettront d'aller à l'essentiel ..... »

  • Georges Paquet
    Abonné
    mercredi 5 décembre 2007 11h28
    Nous sommes-nous réellement battus?
    « Je ne sais pas combien de fois j'ai lu et entendu cette référence au fait que "nous nous serions battus pour conserver notre langue et nos institutions". Est-ce vraiment le cas. Je crois qu'il y a une bonne part de légende urbaine dans cette afirmation. Il y a bien eu dans les années '60 des manifestations contre les dirigeants du CN qui ne connaissaient pas de francophones compétents. Mais bien avant, il y eu des conflits en Europe qui menacaient et les institution et la patrie de la langue française et un grand nombre de Québécois ont soutenu que "ce n'était pas notre guerre". La défense et la promotion de notre langue et de nos institutions ne se fait pas toujours avec de belles paroles. »

  • Claude Guay
    Abonné
    mercredi 5 décembre 2007 14h42
    Pas de photes...
    « Plusieurs des commentaires émis ne manquent pas d'intérêt. Certes, il y a des fautes, mais je constate que la qualité de la langue intéresse, passionne même, et je reprend un peu espoir. J'aimerais ajoute: Qui aime bien châtie bien: il suffit, mais il faut bien aimer sa langue pour pouvoir la châtier un peu...

    Non, ce n'est pas en réformant à nouveau notre système d'éducation que nous règlerons le problème. L'apprentissage de la langue est une chose difficile et n'est jamais, au grand jamais, terminé. Ah! Combien il faut d'effort à celui qui écrit pour ne pas faire de fautes de syntaxe ou d'orthographe, pour aller chercher le mot juste, l'expression la plus simple et la plus significative, pour être clair et concis. Non, ce n'est pas facile. Oui, il faut aimer sa langue et être prêt à lui sacrifier ce qui nous manque le plus : de précieux moments. Bien écrire pour moi est un devoir et lorsqu'on me dit que j'écris bien, je ne peux que répondre: Non, je m'efforce constamment d'écrire le mieux possible et il arrive parfois que j'y parvienne, mais je ne sais pas encore écrire et je sais bien que je ne le saurai jamais. J'en suis profondément désolé et heureux car je devrai encore souffrir pour la langue que j'aime.

    Pardonnez-moi mes fotes.

    Claude Guay »

  • Benoît Fortin
    Inscrit
    mercredi 5 décembre 2007 15h25
    Bravo François !
    « Je viens de prendre connaissance de la conférence que tu as prononcée à Radio-Canada. J'aurais bien aimé y assister.
    Tu as raison d'affirmer que notre langue agonise chez nos étudiants de toute institution.
    QUE FAIRE ?

    Il est tsemps d'agir, mais comment ?
    Le MEQ, les universités, les cégeps, le secondaire et autres n'ont rien trouvé à date.
    Seules, les Éditions Myrtille ont découvert la vraie solution : genre de cours privés, gratuits, à domicile et durables. Du jamais vu au Canada français.
    J'aimerais que tu me répondes par courriel, ou me donner ton no de tél. et je compléterai les informations nécessaires.
    Il n'y a que l'ADE pour aider à solutionner ce grave problème.
    Il y a quelques mois, ton président en parlait en Chambre, je lui ai écrit, mais n'ai pas reçu de réponse. Dommage.
    Dernièrement,j'ai commniqué avec Pierre Curzi,un confrère je crois, et j'attends toujours sa réponse.
    Par votre intervention, le gouvernement va bouger, j'espère.
    Donc, merci d'accuser réception et au plaisir de communiquer pour le bien de notre relève.
    Benoit Fortin,
    Dir. fondateur des Éditions Myrtille inc. »

  • Raymond Saint-Arnaud
    Abonné
    mercredi 5 décembre 2007 15h35
    Pourquoi stigmatiser le Québec?
    « Il y aura des gens qui s'attaqueront au « mauvais français » des Québécois pour expliquer le recul du français au Québec. Encore de l'autoflagellation! Cependant, dans tous les pays où il y a une langue officielle reconnue internationalement, les gens parlent localement cette langue avec différents niveaux de langage selon leur degré d'instruction, leur milieu social, le degré de familiarité, etc. Ce phénomène existe aux États-Unis, en Angleterre, en France, ... , partout. Pourquoi alors stigmatiser le Québec? »

  • marc belliveau
    Inscrit
    jeudi 6 décembre 2007 09h53
    Il y a autant de français différents qu'il y a de personnes
    « Ce qu'il y a de bien au français, c'est qu'il évolue avec le temps. Pourquoi ce principe ne s'applique pas entre les gens? Pourtant, les outils linguistiques montrent des différences entre les Québécois et les Français.

    Il y a bien une petite proportion de gens qui assimile la langue telle qu’elle est édictée. Et les autres, ceux qui n'ont pas la bosse du français? Faut-il les punir parce qu’ils écrivent au son ou parlent avec un français de terroir? Le débat pour un français parfait partout et pour tous dénigre tant de gens, des bonnes gens.

    N'oubliez pas qu'au français d'autrefois, les gens incorporent maintenant de nouvelles dimensions fort exigeantes telles que la médiatisation et l'informatisation.

    L'important est de se comprendre, la nature même du langage.

    Oui à l'exigence d'un français supérieur aux études supérieures, mais ailleurs...

    Cordialement,

    Marc Belliveau »

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