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Des étudiants-grévistes-lecteurs forcent la fermeture de la GBQ

Clairandrée Cauchy   17 novembre 2007  Éducation
Un policier tient la porte aux manifestants qui quittent la Tour de la Bourse, qu’ils avaient investie un peu plus tôt hier matin.
Photo : Jacques Nadeau
Un policier tient la porte aux manifestants qui quittent la Tour de la Bourse, qu’ils avaient investie un peu plus tôt hier matin.
La Grande Bibliothèque du Québec est restée fermée hier, la direction craignant d'être la cible d'une occupation étudiante. Des grévistes avaient en effet élu domicile devant l'entrée de l'édifice de verre, vers 10h hier matin, pour une séance de lecture de groupe... Ils étaient tout au plus une trentaine, bien emmitouflés dans leurs couvertures.

Plus tôt le matin, vers 7h45, quelque 125 étudiants avaient entrepris une action de «perturbation économique» en prenant d'assaut les ascenseurs de la Tour de la Bourse pour empêcher les travailleurs de les emprunter. Ils visaient ainsi à lancer le message qu'il faut «des sous pour l'école et non pour les monopoles».

À la lumière de cette action matinale à la Tour de la Bourse ainsi que des événements survenus au cégep du Vieux-Montréal et à l'UQAM plus tôt cette semaine, la direction de la Grande bibliothèque a préféré ne pas ouvrir ses portes hier matin. «Le Service de police de la Ville de Montréal nous a informé que la manifestation étudiante qui se déroule risque de mener à l'occupation de la Grande Bibliothèque, pour des raisons de sécurité, elle n'a pas ouvert ses portes. En temps normal, nous accueillons 10 000 usagers par jour. On calculait que c'était prendre un risque indu que d'ouvrir dans les conditions actuelles», explique la directrice des communications de la BAnQ, Hélène Panaïoti.

Pourtant, la mobilisation semblait loin d'être hostile devant les portes de l'édifice de verre. Les organisateurs tentaient même de justifier le faible nombre de «lecteurs» par une confusion au sujet de l'heure du rendez-vous. Ces derniers étaient installés à quelques mètres de l'entrée, laissant les usagers se masser aux portes fermées de l'édifice.

Action musclée sans grabuge

Si l'ambiance était calme devant la Grande Bibliothèque, l'action matinale était quant à elle un peu plus musclée. Vers 7h45, environ 125 étudiants se sont précipités à la course à l'extérieur de leurs autobus jaunes pour s'engouffrer dans la Tour de la Bourse, qui constitue selon eux un «symbole» de l'économie marchande.

Or l'édifice de la Place Victoria n'abrite plus la Bourse mais principalement des bureaux gouvernementaux. Qu'à cela ne tienne, les étudiants y ont tenu une «activité de perturbation économique» pendant près d'une heure, qui a surtout retardé l'entrée au travail de plusieurs fonctionnaires.

«Moi, je les paie, mes impôts», a crié un travailleur aux étudiants qui lui bloquaient l'accès à l'ascenseur en réclamant que les grandes entreprises paient une plus large part d'impôts. L'homme dans la trentaine soulignait au Devoir que les grévistes n'employaient pas la bonne méthode pour s'attirer la sympathie du public. «Je suis de la première génération qui a subi le dégel [en 1990-91]. Je suis même allé manifester à Québec. Je suis de ceux qui se battent pour défendre le droit à l'éducation, mais là, ils viennent me chercher en s'attaquant à moi et à mes employés», expliquait le travailleur, visiblement hors de lui.

Le ton a monté à quelques reprises lorsque des employés ont tenté de forcer le barrage d'étudiants. La majeure partie des travailleurs regardaient cependant les étudiants avec un air ennuyé ou amusé, certains soulignant qu'ils avaient fait de même «à leur époque».

Le coup d'éclat des grévistes s'est terminé sans heurt, ces derniers filant calmement vers la sortie lorsque les policiers ont commencé à serrer les rangs.






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  • Chause Lavoie
    Inscrit
    vendredi 16 novembre 2007 23h38
    Un peu d'appui.
    « Je comprends que plusieurs employé-e-s aient pu se sentir brusqué-e-s par l'arrivée impromptue des étudiant-e-s dans leur établissement, mais il faut comprendre que la cause de l'accessibilité aux études est importante et que si ces jeunes ont pris le risque de poser ce geste, c'est certainement parce qu'ils ressentent une grande colère devant l'abandon dont ils font l'objet présentement. Le minimum de compréhension aurait été de donner une bonne tape sur l'épaule de ces étudiant-e-s et d'aller prendre un café à côté en attendant que l'action se termine. Je sais que selon plusieurs, la tolérance n'est plus une vertu, mais il me semble que la solidarité, elle, n'a été remise en question par aucune personne intelligente. »

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