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Désolante routine

Denise Bombardier   17 novembre 2007  Éducation
Le mot ne s'applique pas qu'aux aléas de la vie amoureuse. Il n'est pas réservé uniquement aux aspects négatifs du travail. Il est au coeur de la vie politique et sociale. Dans cette optique, les manifestations étudiantes de cette semaine, avec leur lot d'agitation et de bêtises délinquantes, appartiennent à une routine estudiantine.
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  • Jacques Gagnon
    Abonné
    samedi 17 novembre 2007 00h43
    Comme vous êtes andréarturienne cette semaine !
    Vous les aurez sur le dos les étudiants madame Bombardier. C'est ce que vous cherchez de toute évidence. La provocation, c'est votre rayon. On y voit aussi un signe de cette paresse intellectuelle qui vous caractérise.

    Votre petite démonstration fait pitié. Comment avez-vous passé votre doctorat ? Le laxisme dans l'éducation ne date pas d'hier.

    Il n'y a pas plus d'étudiants universitaires au Québec. Cela démontrerait ( notez le conditionnel ) qu'il n'y a pas de cause à effet direct ( notez bien ce mot ) entre le prix de la scolarité et la fréquentation scolaire.

    Analysons maintenant ce paragraphe.

    Cela démontrerait, mais à quelle condition ? Dieu seul le sait.

    Il n'y a pas de cause à effet direct. Vous voulez sans doute dire que l'effet n'a pas pour cause directe le prix de la scolarité. Mais alors, en est-il une cause indirecte ? De plus, n'y aurait-il pas plusieurs causes ?

    Le prix de la scolarité vous trouble. Vous vouliez peut-être dire le prix des frais dits de scolarité. Le prix de la scolarité quant à lui est beaucoup plus important. C'est le temps que l'étudiant met à obtenir son diplôme. Il en paie le prix le pauvre, vivre sans le sous pendant 3 à 6 ans en général.

    A la fin, qui profite de cela ? L'étudiant n'est certainement pas celui qui en récolte le plus.

    Je veux juste démontrer que vos humeurs nous exècrent et que vous devriez vous contenter de vos billets à TV Banquier ou à la Télé QS.

  • Parisien Jaque
    Abonné
    samedi 17 novembre 2007 06h24
    D'un professeur baby-boomer au coeur dégoulinant
    Bien que je nourrisse un profond respect pour les femmes «de tête», dont fait partie Mme Bombardier, le cynimse de cette dernière me laisse pantois. Eh oui! Je suis un prof au coeur dégoulinant, pas vraiment un baby-boomer, du moins si je me fie aux critères qu'a présentés la professeure Diane Pacom, lors d'une conférence.

    Mon retour aux études, à un âge où tout le monde s'achète une maison et fait des enfants, n'a pu se faire que grâce aux prêts de l'État, relativement généreux à l'époque. Mais le remboursement de ma dette jumelé à un taux d'intérêt tout sauf préférentiel a sapé mon énergie et ma capacité de me rendre au bout de mes rêves.

    Or, si aujourd'hui je me gave de lecture, ce sont des auteurs tels Naomi Klein, Riccardo Petrella, Jean Ziegler, Michel Chossudovsky ou Hervé Kempf qui arrivent en tête de lice. Il me suffit d'entendre les propos d'une Nathalie El Grably pour me convaincre de ne pas lire de ses ouvrages.

    Bref, j'ai le coeur dégoulinant, je l'avoue, et il penche, contre vents et marées, à gauche. Je crois encore que la santé et l'éducation sont des vaches sacrées auxquelles on ne doit pas toucher et, qu'au contraire, on devrait y réinvestir massivement. Je l'avoue, j'ai le coeur dégoulinant, mais il est «à la bonne place».

  • Robert Leger
    Abonné
    samedi 17 novembre 2007 08h34
    vote secret
    Je suis présentement chargé de cours à l'UQAM. Mon enseignement étant suspendu pour cause de grève, j'ai pris le temps de discuter avec quelques étudiants.
    Savez-vous dans quelles conditions se déroule le vote de grève dans mon département? Lors d'une assemblée à laquelle assistaient seulement 10% des étudiants, la décision de faire la grève l'a emporté par une très faible majorité. Or, le vote se faisant à main levée, plusieurs avouent trouver intimidant d'afficher ouvertement leur opposition à la grève et s'abstiennent de se prononcer ou renient même leur conviction intime. Ceux qui osent réclamer le vote secret se font débouter, soupçonnés d'être des traîtres à la cause...
    Que tout le système universitaire se retrouve paralysé à la suite d'un tel processus de consultation est pour le moins inquiétant...

    Robert Léger

  • Dmarquis
    Abonné
    samedi 17 novembre 2007 11h09
    Une étude disponible en ligne
    L'étude dont il est question a été complétée par Statistique Canada et elle est disponible en ligne : http://www.statcan.ca/francais/research/11F0019MIF

    Frenette, Marc Autre Auteur : Canada. Statistique Canada
    Titre : L' Incidence des frais de scolarité sur l'accès à l'université / Par Marc Frenette Sous-Titre : : résultats de la vaste déréglementation des frais de scolarité des programmes professionnels
    Lieu/Editeur/Date. : Ottawa : Statistique Canada, 2005
    Pagination / Descr. : 32 p.

  • Philippe Leclerc
    Abonné
    samedi 17 novembre 2007 13h17
    Mme Bombardier, les connaissances de vot' chum sont inutiles !
    Mme Bombardier,

    Peut-être avez-vous raison sur l'hypermoralisme bien-pensant qui enveloppe les revendications actuelles, ses origines et son rôle de motivation pour certains.

    Peut-être avez-vous raison de croire que les conséquences d'une hausse des frais sont moindres que ce qu'en disent les étudiants.

    Cependant, vous n'aborder pas les arguments en faveur de la gratuité autrement que pour les qualifier.

    D'une part, il les étudiants défendent un principe d'accessibilité universelle fondée sur la conception de l'éducation comme droit, en vertu de sa double contribution à l'utilité sociale et l'émancipation humaine. Au-delà du manque de nuance de certains, quelle est votre conception du savoir et de la responsabilité sociale à son égard ?

    D'autre part, la question d'équité dans le financement d'un service publique peut, selon les tenant de la gratuité, être assuré par un impôt progressif. C'est le cas d'autres services publics, de la santé au déneigement des trottoirs.

    Au-delà des qualificatifs, quelle est votre récrimination contre la conception de l'éducation comme bien public et quels sont vos arguments en faveur de la formule utilisateur payeurs ? L'air du temps ?

    Pourtant, alors que vous défendiez le renouvellement du poste de votre conjoint, un poste universitaire pour dépositaire de connaissances "inutiles" et non-commercialisables, vous sembliez voir une certaine responsabilité collective à l'entretient d'un certain "patrimoine académique de base" dans des universités publiques.

    Comment conciliez-vous cette position avec celle voulant qu'il soit d'un autre âge de demander au public de financer ce que vous rabaissez au rang d'intérêt nombriliste hérité du baby-boom: des universités insoumises à logique marchande qui entretienne ces « savoirs inutiles » ?

    En fait, j'ai l'impression que vous ne placer en porte-à-faux de ce nombrilisme que le vôtre en propre, axé sur la défense - très louable - de votre conjoint et sur votre conviction inébranlable - à peine moins louable - en votre propre bon goût.

    Je n'ai pas non plus l'impression que vous ayez une solution cohérente pour que les "connaissances inutiles" soient conservées, donc apprise, par les générations subséquentes. Comment voulez-vous éviter que, après vous, le déluge de la commercialisation du savoir ne nous emporte tous et, avec nous, la Culture ?

    Cette relative vacuité, à mon sens, ne vous laisse pour seul refuge que la nostalgie des 20 ans de votre propre nombril. Et rend hermétique la compréhension de votre propos pour ceux qui ne pensent pas déjà comme vous.

    Alors, citoyenne, explique-nous. Si tu dénonces l'éviction des "savoirs inutiles" des universités, pourquoi tournes-tu en dérision ceux qui dénoncent leur rôle dans la "marchandisation" du savoir ?

    Cordialement,

    Siegfried L. Mathelet

  • Chryst
    Abonné
    samedi 17 novembre 2007 17h24
    Boomerang social
    On récolte ce qu'on a semé. La génération des babyboomers n'a-t-elle pas été un peu trop permissive et occupée à s'émanciper face aux multiples tabous et interdits de l'Église ?

    Il est vrai que les attentes des jeunes sont nombreuses et parfois peu réalistes. À 16 ans on veut son auto et un travail rémunéré de surcroît. Cela au détriment des études qui passent en dernier lieu.

    On s'est fait emplir la tête de beaux discours libérateurs et l'on a tout délaissé de la religion. Il y avait quand même du bon dans celle-ci. Elle pouvait nous aider à orienter nos vies.

    Pas étonnant que les jeunes exigent tant ou presque.

  • Manon Moreau
    Abonné
    samedi 17 novembre 2007 20h28
    Je vous remercie Monsieur Gagnon
    Oui, provocatrice. Mais pas seulement provocatrice, de mauvaise foi aussi. Et d'une complaisance qui n'appartient qu'aux "parvenus". Quelle pitié cette femme.

  • Jacques Lalonde
    Abonné
    samedi 17 novembre 2007 23h37
    En lisant votre texte
    Oui, en lisant votre texte je songeais au rôle majeur des véritables intellectuels dans nos sociétés. Pour nommer les choses et les circonscrire dans leurs réalités profondes, contraignantes, perçues dans leurs complexités et exprimées avec courage, sans ambages et en refusant leur simplification et leur réduction à des formules faciles fourbies par des tribuns asservis à la défense de leurs intérêts au détriment de tous les autres. Si j'étais prof de philo, votre texte serait soumis pour discussion à mes étudiants et étudiantes.
    Jacques Lalonde, 44 rue d'Hochelaga, Gatineau, J9J 1H7 tel:819 777-5220

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