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Le point de vue d'une future enseignante

Hélène Paradis - Le 13 novembre 2007  15 novembre 2007  Éducation
Dans une étude comparative des systèmes d'éducation de différents pays de l'OCDE, Michael Barber et Mona Mourshed concluent ceci: «The quality of an education system cannot exceed the quality of its teachers.» Plus encore que d'autres facteurs systémiques comme le nombre d'élèves par classe, la qualité du pédagogue a une influence fondamentale sur la réussite des élèves.

Or, si je me fie à ma propre expérience en tant qu'étudiante de dernière année en enseignement du français au secondaire, je ne prédis rien de bon pour l'avenir du système d'éducation québécois: le niveau de maîtrise du français de mes collègues, pour employer un euphémisme, est très inégal. Alors que la sélection des candidats pour le baccalauréat devrait être aussi serrée qu'en médecine, il n'en est rien.

On entre en enseignement peu importe ses connaissances, ses compétences, pour reprendre le terme à la mode. Le programme en question est contingenté, mais comme on n'atteint même pas le contingent, tous sont acceptés. Il en résulte que plusieurs ont de grave lacunes en français, et ce, même s'il s'agit de la matière qu'ils comptent enseigner. Je connais pourtant des jeunes de mon âge qui maîtrisent leur langue. Où sont-ils? Dans des programmes plus valorisés socialement — la médecine, le génie, l'actuariat — et, il faut le dire, pécuniairement.

Dans l'étude citée précédemment, on affirme que pour attirer de bons candidats, il faut donner des compensations à l'entrée dans la profession. Ce n'est certainement pas le cas en enseignement, où les novices se retrouvent avec les groupes les plus difficiles, avec des tâches comprenant l'enseignement de différentes disciplines à plusieurs niveaux, disciplines qui ne font pas toutes partie de leur champ de spécialisation. J'appréhende d'ailleurs mon entrée dans la profession et ne sais si je passerai cette difficile initiation.

Cessons de jouer à l'autruche: l'enseignement est aujourd'hui considéré comme une carrière difficile, peu rétribuée, ce qui mène les bons candidats à s'en détourner. Et un enseignant ne pourra jamais amener les élèves plus loin que là où lui-même se trouve.
 
 
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