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L'école en otage

Marie-Andrée Chouinard   10 novembre 2007  Éducation
Un vacancier de passage chez nous cette semaine aura eu la nette impression qu'ici, l'éducation est affaire d'État. Tous les jours, une seule et unique préoccupation, réfléchie dans les médias: le bien-être de nos enfants à l'école.

Illusion et mensonge! Il faudra rappeler à ce bienheureux touriste que le gênant spectacle auquel le Québec a assisté cette semaine a peut-être mis en scène l'école mais que ses acteurs n'ont servi ni l'intérêt des enfants, ni celui des parents d'élèves, ni même celui des professeurs, mais plutôt bassement celui des formations politiques.

En matière de récupération, la palme revient bien sûr à l'Action démocratique du Québec (ADQ), qui a ouvert le bal en proférant la plus farfelue des menaces: renverser le gouvernement avec un prétexte aussi peu fouillé que l'abolition pure et simple des commissions scolaires, sans solution de rechange.

Bien sûr, à sa manière somme toute efficace, Mario Dumont aura fort bien humé le sentiment populaire et tiré de sa besace un véritable problème: une démocratie scolaire stagnante, qu'il s'acharne toutefois misérablement à transformer en apocalypse. Hier encore, Gilles Taillon, adjoint au chef de l'opposition, s'indignait des surplus de 309 millions de dollars réalisés cette année par les commissions scolaires, ce qui correspond à 3 % de leur budget total. La marge d'excédent acceptable, a-t-il martelé, équivaut en administration publique à 0,5 %.

Faut-il lui rappeler que sous sa gouverne — M. Taillon a dirigé la Fédération des commissions scolaires du Québec pendant deux ans, de 1996 à 1998 —, les commissions scolaires ont engrangé 174 millions, puis 139 millions, soit 2,6 % et 2,1 % du budget total des écoles, un résultat qui, dans certaines classes d'économie, serait facilement associé à une saine gestion?

Tout indique qu'elle fera patate, mais cette motion de l'ADQ brille de tous ses feux dans le répertoire des envolées politiques entièrement coupées de la réalité des élèves, ceux-là mêmes qu'on prétend pourtant vouloir «sauver».

Comme habiles manipulateurs de l'appareil politique, les syndicats n'ont de leçon à recevoir de personne, mais il faut reconnaître au président de la Centrale des syndicats du Québec, Réjean Parent, une lecture tout à fait juste lorsqu'il a dénoncé cette semaine la pénible livraison de l'école au populisme et à l'électoralisme. «Sortons l'école de ce spectacle de variétés!», a-t-il lancé, excédé.

Lorsque le premier ministre et la ministre de l'Éducation annoncent le retour de la dictée dans les classes alors qu'elle n'en est jamais disparue, c'est le porte-voix politique qui répercute son écho sans d'abord être allé sonder les écoles. Lorsque libéraux et péquistes s'accusent les uns les autres d'avoir inventé puis fait dérailler la réforme, seule la partisanerie les agite, sans égards à leur conduite respective de l'appareil gouvernemental.

Le bon peuple n'est pas totalement dupe des manigances qui se jouent sous ses yeux. Mais pendant que l'école sert de gargarisme politique, un million d'élèves attendent, penauds, les changements et les bonnes nouvelles.

machouinard@ledevoir.com
 
 
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  • roger montreal - Abonné
    10 novembre 2007 09 h 59
    Mario girouette et l A.D.Q. des amateurs
    NOUS commencons a découvrir, notre illusionniste national MARIO. IL saute sur la moindre manchette de journaux ,pour crié aux loups. Sans jamais avoir de réponses ou idées de remplacements.
    OUI CHAREST avait raison de l appeler/ GIROUETTE /,pour être opportuniste, et sauter sur la nouvelle ,il change d idée dans quelque heures, même si c est le contraire qu il vient de dire.
    MARIO ressemble a un amateur , ses députés a l exception un ou deux font beaucoup amateurs. Pour être persuadé écoutez la période des questions a l assemblé national, ils font pitiés, pour leurs prestances et les questions qu ils poses.
    ROGER MONTREAL
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  • Jocelyn Roy - Inscrit
    11 novembre 2007 06 h 52
    Et combien d'enfants vont au privé?
    Mme Chouinard, je suis entièrement d'accord avec vos positions. Quelles contradictions en provenance de l'ADQ! Seriez-vous capable de nous confirmer si les enfants de nos députés adéquistes fréquentent les écoles privées? Je suis certain qu'il y en a plusieurs... Surtout qu'ils doivent suivre les recommandations du palmares de l'IEDM à la lettre!
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