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Lendemain de veille

Marie-Andrée Chouinard   6 novembre 2007  Éducation
Qu'on le dise: l'insouciance des citoyens à l'égard des élections scolaires qui ont eu lieu dimanche n'est pas plus désastreuse en 2007 qu'elle ne l'était il y a quatre ans. Dénoncée par l'Action démocratique du Québec (ADQ), qui s'en sert pour proposer gauchement l'éradication des commissions scolaires, cette indifférence traduit toutefois le même contagieux malaise: bien ancré dans la population, le manque de considération pour ce que vaut l'éducation.

Dans l'appareil politique et chez certains observateurs de la scène éducative, on brandit encore un sondage publié au début des années 2000 par Le Devoir. Un coup de sonde démontrait alors de façon consternante que seul un Québécois sur deux croyait aux vertus de l'éducation pour trouver un emploi. Tout récemment, à peine 10 % des Québécois cochaient l'éducation comme enjeu social d'importance, loin derrière la santé...

L'éducation comme bien collectif ne chatouille pas la fibre des Québécois. Sur un plan privé, elle sert au contraire bien plus souvent la cause des indignés ou des enthousiastes. Que l'on augmente la facture de vos droits de scolarité, et vous saurez protester. Que l'on vous passe en douce des bulletins incompréhensibles, et vous vociférerez. Que l'on songe à fermer l'école de vos marmots, et vous grognerez. Que l'on vous demande de choisir entre le public et le privé, et vous réfléchirez.

Perdue dans la mer d'indifférence propre à l'éducation comme bien collectif, l'élection scolaire n'a pas la cote. Ce constat peut hérisser, certes, mais il ne devrait renverser personne. Il est certain que les commissaires d'école gagneraient à mieux faire valoir leur rôle. Il est vrai aussi que la lourdeur de la structure ne souffrirait pas d'un sérieux délestage. Mais sachons reconnaître qu'entre 2003 et 2007, rien n'a véritablement changé, sinon un air politique entonné par l'ADQ sur le thème de l'abolition des commissions scolaires.

Un portrait comparé des deux dernières élections montre que les taux d'élection par acclamation sont similaires. Les partis politiques scolaires ont même été plus nombreux cet automne qu'il y a quatre ans. Sans grand étonnement, là où la commission scolaire joue un rôle-phare dans le déploiement de la communauté — en région mais aussi du côté des anglophones —, la participation a été nettement plus élevée qu'en centre urbain, où l'indifférence est la plus vive. À Montréal comme à Québec: pas d'enjeux, pas de bruit, pas de vote.

Ce statu quo relatif, que l'ADQ s'emploie à transformer en fin du monde, ne justifie pas le sur-place; il est donc heureux que tant la Fédération des commissions scolaires du Québec que la ministre de l'Éducation, Michelle Courchesne, aient promis de tout mettre en oeuvre pour que s'effectue un «virage majeur». Que vaut la démocratie quand 8 % de la population s'exprime?

Mais avant de brasser les cartes des structures et de vivifier ce vent de décentralisation qui a pourtant déjà soufflé très fort sur nos écoles, il faudrait peut-être qu'en haut lieu, on s'évertue d'abord à convaincre les citoyens de l'importance de l'éducation.

machouinard@ledevoir.com
 
 
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  • Claude Archambault
    Inscrit
    mardi 6 novembre 2007 00h57
    Je n'ai pas voté
    Je n'ai pas voté, pas parce que je pense que l'éducation n'est pas important, mais parce que je ne crois pas en l'utilité des commissions scolaire. Je crois qu'elle représente une dépense et un niveau de gouvernement complètement inutile. Surtout si l'on considère que les élus n'ont aucun pouvoir sur les programmes scolaires, les budgets et les contrats avec les syndicats. Chaque école devrait être régis comme le sont les écoles privées, chaque école est en compétition pour avoir une meilleure qualité, et les professeurs travail pour l'école et non la commission scolaire ou le gouvernement.

  • Georges Allaire
    Inscrit
    mardi 6 novembre 2007 15h53
    La vacuité scolaire
    Quand l'éducation est sabotée par la «pédagogie» et quand les commissions scolaires sont des courroies de transmission des irresponsabilités du Ministère de l'Éducation, leur insuccès électoral est un succès démocratique.

  • Serge Charbonneau
    Abonné
    mardi 6 novembre 2007 16h30
    Qui donc, se présentaient? Quelles étaient donc, leurs idées????
    Indifférence!!!!!

    Loin de moi, l'indifférence.
    Comment puis-je aller voter, lorsque je n'ai aucune idée de qui se présente, ni de ce qui est en jeu. Aucune affiche, aucun dépliant d'information, même la date de l'élection nous arrive sans qu'on s'y attende.

    Je suis bien loin de ne pas m'intéresser à l'éducation. Je ne comprends pas comment il se fait que cette section politique de l'éducation se rende si peu sur la place publique. Aucune entrevue à la radio, peu ou plutôt, pas du tout de visibilité dans les médias.

    Je suis convaincu que la population s'intéresse à l'éducation, mais sans information pour connaître les avenues ou pour préciser sa réflexion, comment voulez-vous participer à ce processus électoral de façon éclairée? Il est normal que peu de gens se sentent en mesure d'apposer leur X au bon endroit le jour du scrutin et décident de s'abstenir d'aller voter.


    Serge Charbonneau
    Québec

  • Gilles Bousquet
    Inscrit
    mardi 6 novembre 2007 17h13
    @Claude Archambault
    M. Archambault a totalement raison.

    Tout le monde voit bien que la façon de fonctionner du privé est bien supérieure au public qui fait office de parent-pauvre de l'éducation, un genre de prix de consolation pour celles et ceux qui ne peuvent se payer le privé.

    Fait que...les commissions scolaires, au panier, dans leur forme actuelle !

  • Gerry Pagé
    Inscrit
    mardi 6 novembre 2007 17h32
    Un survol de méconnaissance ou de méprise.
    Comment ce dernier échelon de l'infrastructure gouvernementale peut-il s'étonner de sa récolte de l'indifférence maximale? Ce palier sociétal de premier plan, où l'on réussit à tant échouer, en ne chiffrant aucunement l'ignorance vertical, l'incompétence transversale et l'insignifiance horizontale. On y a instauré la promotion des gratuités de la complaisance et celle des fatuités de l'aisance. Il s'y trouve un ramassis «d'élus tous azimuts» dont le plus grand nombre sont la synthèse de la parfaite inhabilité et le résumé le plus complet de l'incapacité. Les CS récoltent donc ce qu'elles ont semé, depuis un quart de siècle de tâtonnements et d'itinérance administrative. Très malheureusement, c'est l'ÉDUCATION, c'est à dire les PARENTS, les ÉLÈVES et les PROFESSIONNELS ENSEIGNANTS ET NON-ENSEIGNANTS qui en subissent tous les avatars. Par ailleurs, l'ÉDUCATION n'ayant jamais été une priorité gouvernementale, le MEQ fut un lieu de passage et/ou de «quarantaine», pour nombre de ministres qui avaient échoué ailleurs ou dont on ne savait pas quoi faire... Pierre Reid, entre autres, en fut une des plus gênantes illustrations.

    LES CS SONT DEVENUES UNE TRÈS GROSSE VERRUE AU VISAGE HISTORIQUE DE LA GOUVERNANCE QUÉBÉCOISE. Je m'étonne donc, Madame Chouinard, que vous soyez aussi cavalière avec Mario Dumont dont l'opinion a de solides assises et que vous soyez si superficielle, dans votre façon médiatiquement chroniqueuse de traiter d'un sujet qui mérite l'attention soutenue des sages, des lucides et des compétents du Québec, c'est à dire de tous ceux et de toutes celles dont le pitre Jean Charest et ses marionnettes et girouettes paillasses ne veulent surtout pas prendre ombrage.

    Dans une perspective d'information plutôt que pour le simple loisir de la désinformation, vous auriez mieux fait de relire la Grande Histoire de l'Éducation, plutôt que de vous inspirer des sornettes et petites historiettes des 30 dernières années. Vous auriez peut-être eu le goût de rédiger un mémoire sur les effets pervers de la verbeuse décentralisation de l'époque, le vocable à la mode qui voilait les intentions de déconcentration et l'instauration des onze petits kremlins régionaux de l'instruction publique québécoise, là où l'ÉDUCATION est le moindre souci des commissaires et commissionnaires élus et surtout réélus par acclamation.

    Du coin de pays d'où je viens, la Beauce, on a une expression qui résume ce tableau : «QUAND IL PLEUT SUR LE CURÉ, ÇA DÉGOÛTE SUR LES VICAIRES».

    Gerry Pagé
    Ville de Québec

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