Lettres: L'école revue et corrigée par Jacquard
«Mieux vaut une réussite solidaire qu'un exploit solitaire»
Maurice Langlois - Enseignant, École secondaire Nicolas-Gatineau, Gatineau, le 24 octobre 2007
29 octobre 2007
Éducation
Samedi soir dernier, dans une école de l'Outaouais, nous étions quelques étudiants «inscrits» à un cours un peu particulier... Celui d'Albert Jacquard. L'homme de science, le penseur, le prof aussi. Âgé de 81 ans, il revient dans la région. Son cours (sa conférence) est ponctué de commentaires sur des photos aériennes du photographe Yann Arthus-Bertrand.
À un certain moment, M. Jacquard élabore un peu sur le sujet de l'école... Il y vient en dénonçant d'abord les abus de la compétitivité dans notre société, dans le monde en général (la diapositive du moment nous présente, en effet, une scène de détresse au Darfour, avec des réfugiés...).
Il se met alors à reprocher à l'école d'enseigner que «la compétitivité est nécessaire». Il faudrait plutôt qu'elle abandonne tous ces «palmarès», dit-il (les notes, les comparaisons, etc.). «Il faut remplacer la compétition par l'émulation», laisse tomber le généticien. «Les individus sont unidimensionnels», ils ne sont «pas comparables».
Au lieu de promouvoir la réussite des trois premiers, comme dans les compétitions sportives, illustre-t-il, l'école ne doit pas oublier le quatrième, et tous les autres... En fait, l'école, c'est d'abord et avant tout «la rencontre de l'autre», et ce n'est pas en en faisant un adversaire que l'on peut y arriver...
Jacquard répétera ainsi deux ou trois fois (en réponse à à des questions...) la formule suivante: «Mieux vaut une réussite solidaire qu'un exploit solitaire.»
Avec le retour actuel des résultats exprimés en pourcentage et le refoulement de toute réflexion sur le rôle de l'évaluation à l'école, on peut dire de ces propos qu'ils sont à la fois révélateurs d'une certaine face cachée de l'école et en pleine contradiction avec l'orientation donnée par l'actuelle ministre de l'Éducation (qui obéit surtout à la conception de l'école que prône l'opposition officielle)...
À un certain moment, M. Jacquard élabore un peu sur le sujet de l'école... Il y vient en dénonçant d'abord les abus de la compétitivité dans notre société, dans le monde en général (la diapositive du moment nous présente, en effet, une scène de détresse au Darfour, avec des réfugiés...).
Il se met alors à reprocher à l'école d'enseigner que «la compétitivité est nécessaire». Il faudrait plutôt qu'elle abandonne tous ces «palmarès», dit-il (les notes, les comparaisons, etc.). «Il faut remplacer la compétition par l'émulation», laisse tomber le généticien. «Les individus sont unidimensionnels», ils ne sont «pas comparables».
Au lieu de promouvoir la réussite des trois premiers, comme dans les compétitions sportives, illustre-t-il, l'école ne doit pas oublier le quatrième, et tous les autres... En fait, l'école, c'est d'abord et avant tout «la rencontre de l'autre», et ce n'est pas en en faisant un adversaire que l'on peut y arriver...
Jacquard répétera ainsi deux ou trois fois (en réponse à à des questions...) la formule suivante: «Mieux vaut une réussite solidaire qu'un exploit solitaire.»
Avec le retour actuel des résultats exprimés en pourcentage et le refoulement de toute réflexion sur le rôle de l'évaluation à l'école, on peut dire de ces propos qu'ils sont à la fois révélateurs d'une certaine face cachée de l'école et en pleine contradiction avec l'orientation donnée par l'actuelle ministre de l'Éducation (qui obéit surtout à la conception de l'école que prône l'opposition officielle)...
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