samedi 28 novembre 2009 Dernière mise à jour 08h19


Chercher

Inscrivez-vous (gratuit)
Mot de passe oublié?
Abonné papier? Connexion
S'abonner au Devoir
Publicité

Quand papa a les moyens de bouder Jean-de-Brébeuf

Stéphane Baillargeon   20 octobre 2007  Éducation
Quand on est né avec une cuillère d'argent dans la bouche, on peut se faire payer un pupitre scolaire en or.

«Les gens très fortunés boudent même le collège Jean-de-Brébeuf», dit le professeur Jean-Guy Blais, de la faculté des sciences de l'éducation à l'Université de Montréal. «Ils préfèrent envoyer leurs enfants dans les meilleurs établissements de la Nouvelle-Angleterre ou à Londres, carrément.»

Des noms? Il cite des exemples réels, sans nommer les happy few. Telle famille favorisant le mythique Eton College, qui a formé d'innombrables célébrités dans tous les domaines depuis 1440; une autre optant pour les collèges des enfants de présidents américains. «Passé un certain seuil de revenus, l'examen des options se fait dans une perspective mondiale, et ce bien avant l'université. Un peu comme les très riches ne se font pas soigner dans les hôpitaux québécois mais dans les meilleurs établissements du monde.»

Il s'en trouve ici aussi, évidemment. L'école privée anglophone Miss Edgar's et Miss Cramp de Westmount par exemple, un établissement fondé il y a presque cent ans. Les frais annuels au primaire et au secondaire oscillent autour de 13 000 $, une bagatelle pour les familles dont le revenu annuel moyen dépasse 160 000 $. Les filles du ministre fédéral Maxime Bernier la fréquentent.

La recours au pensionnat s'impose souvent à partir du secondaire. Le collège Stantead, situé au Québec, à la frontière du Vermont, ne compte que 200 élèves. Les Canadiens (la moitié des élèves) payent 37 000 $ chacun par année en formule pensionnat. Le Bishop's College School de Lennoxville, établi en 1836, facture à peu près les mêmes tarifs et 40 % de sa clientèle provient de 25 pays.

«Les élites québécoises intellectuelles, économiques ou politiques ont leurs établissements parce qu'elles souhaitent offrir les meilleures chances à leurs enfants», poursuit le professeur Blais. Il rappelle aussi que le réseau privé de qualité ne date pas d'hier, ni même de la Révolution tranquille. Le Collège Notre-Dame a été fondé en 1869. Le Mont-Saint-Louis (1888) a formé Nelligan et Riopelle.

Franchement, ces nobles établissements rameutent du vulgum pecus. Le revenu familial annuel moyen d'un élève du Collège Jean-Eudes n'est que de 57 800 $, soit à peu près l'équivalent des frais annuels de base du Eton College. «Les pourboires offerts au personnel domestique demeurent à la discrétion de chacune des maisons du collège», précise le site de l'établissement.






Envoyer
Fermer

Haut de la page
Cet article vous intéresse?
Partager
Digg Facebook Twitter Delicious
 

Vos réactions

Triez : afficher les commentaires 
  • loiselet
    Abonné
    dimanche 21 octobre 2007 04h13
    Une honte universelle.
    « Pour paraphraser Richard Desjardins, on pourrait chanter: " Y en a qui ont toutte pis toutte les autres y ont rien."
    Qui ces fils de richards défendront-ils une fois rendu au pouvoir de quoi que ce soit?
    Le mépris sera de taille pour flageller le peuple.
    Bravo, monsieur Baillargeon! »

Déjà inscrit? Ajoutez votre commentaire ci-dessous

    Connexion




Cet article vous intéresse?
1 réactions
0 votes
 
Mots-clés de l'article
Recherche complète sur le même sujet


Abonnez-vous pour recevoir nos Infolettres par courriel
Choisir mes
infolettres
Publicité

Les blogues du devoir

Vos commentaires

 
Recherche



Exemples de recherche :
Robert Sansfaçon
"directeur général des élections"

S'abonner au Devoir
Abonnez-vous au journal papier Le Devoir ou à la version Internet.
Publicité
Vous souhaitez annoncer dans Le Devoir, contactez le service de publicité.

» En savoir plus
© Le Devoir 2002-2009