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L'humanisme à la retraite

Denise Bombardier   13 octobre 2007  Éducation
On me permettra de commencer cette chronique par un exemple personnel. Mon mari, anglais, est un spécialiste du XVIIIe siècle français. C'est un savant, au sens ancien du terme. Rien du siècle des Lumières ne lui échappe. Il parle de Voltaire, de Jean-Jacques Rousseau et de Diderot avec une familiarité qui donne à penser que ces génies sont ses voisins. Les idées actuelles dont on discute abondamment, il n'a de cesse de les remettre dans le contexte de l'histoire de la pensée. Dès lors, il nous empêche de croire que nous inventons le monde. Tout a été pensé, écrit et vécu avant nous. Se le faire rappeler suscite une certaine modestie.

Or, le jour où mon mari prendra sa retraite de son université, créée en 1532, l'enseignement du XVIIIe siècle partira avec lui. Son collègue spécialiste du XVIIe siècle n'a pas été remplacé. En d'autres termes, à notre époque, des pans entiers de la culture du passé disparaîtront du cursus universitaire, et ce, partout en Occident, au fur et à mesure que les spécialistes vieilliront.

Cette mise à l'écart de ce que feu Jean-François Revel avait appelé «la connaissance inutile» dans son essai exceptionnel du même nom n'est pas étrangère à la transformation de l'université. Jadis temple de haut savoir (déjà, le terme en fait sursauter plusieurs de nos jours) réservé à une élite sélectionnée selon des critères stricts et non pas seulement à une certaine élite financière, comme on aime à le croire, l'université actuelle est devenue un supermarché du savoir utile et efficace visant des clientèles diverses (ce barbarisme désignant les étudiants).

Ces clientèles définissent son orientation et son contenu. L'offre s'ajuste donc à la demande. Le spécialiste médiéviste ou dix-septiémiste en histoire ou en littérature a peu de chances d'y avoir un avenir. Nous assistons plutôt à la lente mais inexorable disparition des études dites inutiles, c'est-à-dire celles qui ne débouchent pas sur le marché du travail défini dans son sens le plus large. La redistribution du budget des universités, réduit chez nous, on le sait, à une peau de chagrin, se fait désormais selon ce qu'on qualifie, par euphémisme, des priorités nouvelles qui ne comprennent guère les études classiques ou la philosophie.

Parmi les jeunes générations, rares sont ceux qui souhaitent devenir les kamikazes de la culture ancienne. D'ailleurs, la formation transmise au niveau collégial ne favorise pas — le mot est faible — ce choix d'études ni valorisées ni payantes mais par ailleurs si contraignantes sur le plan intellectuel. Le phénomène est occidental, notons-le bien. Par exemple, aucune société développée n'échappe actuellement aux attraits illusoires des études en communication, en cinéma, en multimédia. Partout, on se bouscule à la porte de ces départements universitaires où, comme dans une auberge espagnole, on n'apprend que ce qu'on y met soi-même.

Or, au nom du progrès, nous sommes en train d'appauvrir ce progrès impossible sans l'apport et l'éclairage de ces connaissances de référence sans lesquelles notre monde est non seulement incompréhensible mais indéchiffrable. Comment, par exemple, expliquer l'aveuglement islamique sans se tourner vers les spécialistes de l'histoire des religions? Comment définir les droits individuels sans recourir aux spécialistes du siècle des Lumières? Comment même s'expliquer l'engouement pour les tatouages et les piercings à gogo sans consulter les anthropologues spécialistes des tribus primitives? Comment expliquer le désarroi de nos contemporains sans que ceux qui ont consacré leur vie à étudier le désarroi humain depuis la nuit des temps nous apportent des éléments d'explication qui mettront un baume sur nos angoisses?

L'appréhension du monde à travers le prisme réducteur du vécu et de l'actualité est en train de miner nos assises culturelles. À ne plus vouloir apprendre que l'utile, l'efficace, le sanitaire et le réel au quotidien dans un mouvement de fuite en avant, on se déleste de la culture pour la frime culturelle. À quoi servent les avancées scientifiques et technologiques si elles ne nous consolent pas de notre mal à l'âme? À quoi sert la longévité si personne n'est plus là pour nous rappeler la sagesse des Anciens, pour nous mettre en garde contre les tentations millénaires de l'homme de se détruire, de dominer, d'écraser l'autre?

On a enterré l'enseignement des langues mortes au profit de nos langues vivantes, mais celles-ci sont de plus en plus massacrées, au point où ceux qui écrivent à peu près sans fautes et ceux qui s'expriment correctement sont considérés comme des perles rares ou des hurluberlus à contre-courant. À ne plus savoir d'où viennent les mots, à ignorer leurs racines, on ne connaît plus leur sens, ce qui constitue un pas vers la babélisation.

En clair, chacun son vécu, chacun sa langue. Oui, il est peut-être inutile d'étudier les siècles passés. À quoi bon lire Voltaire, Rousseau, Racine? À quoi bon ces humanistes coupés du monde, toujours prêts à nous remettre en mémoire que nous n'inventons rien, nous les utilitaires qui défions le temps et vivons notre vie au jour le jour, cette vie qui commence et finit avec nous? Demandez-vous pourquoi, lorsqu'on parle du siècle des Lumières, plusieurs croient qu'on parle de la découverte de l'électricité!

denbombardier@videotron.ca






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  • Georges Allaire
    Inscrit
    samedi 13 octobre 2007 05h15
    L'homme à la retraite
    « Raccourci équivalent: Paul Gérin-Lajoie, ministre de l'Éducation de la Révolution tranquille, avait demandé aux Québécois de remplacer la revanche des berceaux par la revanche des cerveaux. Maintenant, les berceaux sont vides comme les nouveaux cerveaux. »

  • Yvon Chartrand
    Inscrit
    samedi 13 octobre 2007 06h31
    Vous deux
    « Quel couple intéressant vous faites!
    Yvon Chartrand »

  • henri gabrysz
    Inscrit
    samedi 13 octobre 2007 08h53
    connaissance inutile
    « vous n'avez certainement pas lu La Connaissance Inutile de Jean-François Revel.

    Dans son bouquin, Revel s'expliquait mal que des gens très instruits soient encore et toujours de gauche. »

  • carol minville
    Abonné
    samedi 13 octobre 2007 09h14
    Le bateau coule
    « Mme Bombardier la tragédie sous les chapiteaux du temple du savoir semble inexorable. Le bateau coule sous le poids du capital. Mais je dois dire que vous avez réussit a forcer mon sourire tellement l'absurde confirme cette tragédie lorsque vous affirmer: Demandez-vous pourquoi, lorsqu'on parle du siècle des Lumières, plusieurs croient qu'on parle de la découverte de l'électricité! »

  • Michel Lebel
    Inscrit
    samedi 13 octobre 2007 09h26
    Un humanisme à venir...
    « Un beau texte vrai! L'Occident connaît la décadence, il veut vivre sans Dieu, mais avec les dieux qu'il se donne. Les universités réflètent cet état. C'est le consumérisme, le clientélisme, l'utilatéralisme qui dominent. L'inutile, le non-comptabilisable, est sans intérêt. Mais peut-être un jour les choses changeront pour le mieux, pour un ancien et nouvel humanisme. L'histoire est longue... Mais ce n'est pas demain la veille! »

  • Catherine Ellyson
    Inscrite
    samedi 13 octobre 2007 10h36
    Savoir inutile et endettement étudiant
    « Étant moi-même étudiante, assoiffée de ce que D. Bombardier appelle savoir inutile, je n'ai qu'une question à poser: comment peut-on aujourd'hui se faire défenderesse du savoir inutile, et prôner cependant la prise en charge beaucoup plus grande par les étudiants des frais engrangés par leurs études? Ne nous mettons pas la tête dans le sable: un endettement de 30 000 n'est peut-être rien pour l'étudiant en gestion, acheteur d'un savoir hautement utile s'il en est une (sic), mais un tel endettement est beaucoup plus dramatique pour celui qui a choisi un savoir inutile. Le talent et le goût ne se retrouvent pas seulement, de façon bien commode, parmi ceux pour qui un tel endettement ne représente rien. L'augmentation des frais de scolarités, et corollairement de l'endettement étudiant, saccage précisément l'éducation là où le coeur de Bombardier semble être ce matin... »

  • A/s Gilles Beaudet Maison Marie-Victorin
    Abonné
    samedi 13 octobre 2007 10h43
    Analyse et information
    « Madame Bombardier nous propose une réflexion vaste et lucide.
    Elle demande: "À quoi sert la longévité si personne n'est plus là pour nous rappeler la sagesse des Anciens, pour nous mettre en garde contre les tentations millénaires de l'homme de se détruire, de dominer, d'écraser l'autre? "

    Je ne crois pas comme elle qu'il n'existerait personne pour nous rappeler la sagesse des Anciens. J'aime à penser que Jacques Grandmaison produit des ouvrages susceptibles de jouer ce rôle face à l'énervement médiatique déraisonné; il y a un Gillebaud, auteur de lA Refondation du monde, qui va donne une session à l'Institut de pastorale des Dominicains vers le 15 octobre, et qui donnera une conférence publique à l'église des dominicains 2715, che. de la Côte Ste-Catherine, (Montréal) - le 17 octobre à 19h30 (peut-être). De quoi trouver d'excellents penseurs qui gardent le cap sur les vraies valeurs. Tout n'est pas perdu, Madame Bombardier, il s'agit d'aller aux bonnes sources. »

  • A/s Gilles Beaudet Maison Marie-Victorin
    Abonné
    samedi 13 octobre 2007 10h50
    Georges Allaire à Jordi Bonnet
    « Sur la murale de Jordi Bonnet à Québec, on avait écrit une infamie. Je crois que les propos lucides de Georges Allaire:<i> "Maintenant les ( je dirais: "nos") berceaux sont vides...comme les nouveaux cerveaux....</i>[québécois]mériteraient de remplacer (ou compléter) les mots de Péloquin retenus par Bonnet. Bravo et merci M. Allaire. »

  • jacques noel
    Inscrit
    samedi 13 octobre 2007 10h56
    Mari anglais?
    « Je croyais qu'il était irlandais. A moins que vs ayez changé encore... »

  • Gilles Joly
    Inscrit
    samedi 13 octobre 2007 11h30
    Généralisations!
    « Ce qu'écrit Mme Bombardier semble, en théorie, juste. La disparition de sections moins populaires des connaissances, peut être une perte sérieuse. Je ne m'y connais pas suffisamment pour me prononcer.

    Mon expérience cependant, ne s'accorde pas avec plusieurs aspects de son article. J'ai, à 54 ans, entrepris mes premières études universitaires, en communication et multimédia à l'Université de Sherbrooke.

    J'ai été agréablement surpris quant aux exigences de maîtrise du français : la note de tout travail écrit peut être réduite de 10%, selon la qualité de la langue; cette pénalité augmente à 20% au département de communications.

    Quant à l'affirmation qu'en:"[...] communication, en cinéma, en multimédia [...] on n'apprend que ce qu'on y met soi-même.", elle ne correspond pas du tout à ce que j'expérimente.

    À la question d'un ami demandant ce que j'apprenais, j'ai répondu : « J'apprends surtout, en plus des apprentissages et connaissances acquis en chemin, la discipline en général, à réfléchir avec rigueur ainsi qu'à bien rédiger et m'exprimer. »

    Dans le cadre d'un cours obligatoire nous abordons plusieurs périodes, dont le siècle des Lumières. Bien sûr, l'aperçu des penseurs des 18è,19è et 20è siècles, offert dans ce cours, est plus léger que le cours d'un spécialiste seule de ces périodes. J'effectue aussi, pour le même cours, une analyse de "Common Sense" de Thomas Paine, texte qui servit de catalyseur à la déclaration d'indépendance américaine. J'ignorais totalement cet écrit fondamental qui décida un George Washington jusque-là hésitant, et ne connaissait pratiquement rien de la révolution américaine. Au fil des lectures, je croise Rousseau, Voltaire, Montesquieu, Francis Bacon et Kant et certains contemporains deWashington: Jefferson, John Adams, Benjamin Franklin et Washington. À l'université, on n'apprend pas que l'utilitaire.

    Et pourtant, à mon âge, transportant davantage de bagage que mes collègues dans la vingtaine, je serais bien placé pour, si les départements de communication étaient aussi peu rigoureux que prétendu, n'apprendre que ce que j'y aurais apporté moi-même.



    Effectuer la défense des savoirs anciens et des spécialistes qui les véhiculent peut être une excellente chose. Il est dommage que Mme Bombardier, pour défendre un sujet justifié, trace un portrait aussi peu nuancé. Comme si elle évoquait le naufrage du Titanic, alors que dans les faits, un seul des vingt quatre moteurs du paquebot s'était étouffé : bien sûr, il faut le redémarrer, mais qui parle de sombrer ?

    Je crois que, si j'avais présenté l'article de Mme Bombardier comme travail de cours, j'aurais obtenu 5/10 avec les mentions : « MANQUE DE RIGUEUR, GÉNÉRALISATIONS !!! ». »

  • Bernard Charier
    Abonné
    samedi 13 octobre 2007 11h53
    Faillite culturelle en vue
    « Des pans entiers de connaissances et d'héritages culturelles disparaissent à vue d'oeil. Dans quelques génération, l'homo ex-sapiens vivra dans le présent continuel, comme l'animal.
    Bernard Charier »

  • Sylvain Racine
    Abonné
    samedi 13 octobre 2007 12h06
    On peut être plongeur et aussi lire Le devoir
    « J'ai 25 000$ de dettes d'études pour du savoir "inutile"... Arts et lettres littérature, Sciences politiques, études italiennes, traduction, pratiques rédactionnelles... et j'ai réussi à ajouter trois langues à mon arc en voyageant...

    J'aurais dû devenir plombier, fumer du pot et jouer au Nintendo à la place. Bien non, je déconne. Il en demeure pas moins que je lave de la vaisselle présentement comme principale occupation! Ça me ravit! On peut être plongeur et aussi lire Le devoir.

    Madame Bombardier, en lisant votre chronique, j'ai tout de suite pensé à une phrase que l'on trouve dans une lettre que Voltaire fit parvenir à Rousseau après avoir lu "Discours sur les origines et les inégalités parmi les Hommes":

    "On n'a jamais employé tant d'esprit à vouloir nous rendre bêtes, il prend envie de marcher à quatre pattes quand on lit votre ouvrage." »

  • Jean-G. Lengelle
    Inscrit
    samedi 13 octobre 2007 13h04
    Encore de l'ignorance!
    « Malheureusement, autant du reste pour elle que pour ses lecteurs, Mme Bombardier n'a fréquenté, si cela même est vrai, une quelconque université qu'en tant qu'étudiante de premier cycle et encore! Peut-être n'est-elle diplômée que du Collège Jésus-Marie d'Outremont avec une parodie de bacc de collège classique donnée comme équivalent à un Bacc ès Arts...à l'instar de beaucoup de ses collègues chroniqueurs. Elle n'a jamais fait partie des Professeurs ou des administrateurs des universités!
    Autrement dit, d'après ce qu'elle écrit, elle ne comprend rien, mais strictement rien à la façon dont les universités ont évolué au fil des ans, malgré tout ce que son époux puisse lui raconter de ce qui se passe dans les universités des vieux pays.
    Or, hélas, trois fois hélas pour elle, elle ignore que les universités furent de tout temps les temples non pas du seul savoir, mais bien les temples de la formation de formateurs.
    Autrement dit, l'humanisme (whatever that is....) ne faisait florès qu'en autant qu'il fallait former des enseignants du secondaire pour pérorer intelligemment sur les auteurs dont elle parle.
    Dans la mesure où tous leurs écrits sont sur le web, quel besoin aurait-on d'avoir des profs qui n'en seraient que des commentateurs, puisque les divers ministères de la prétendue éducation ont décidé de supprimer du curriculum tout ce qui a trait à la culture de ce qui nous précède, et du reste autant en sciences qu'en lettres.
    Le problème est ailleurs, il est au Ministère de l'Éducation du Québec, et chez les journalistes qui ne savent pas ce qu'est, ni même ce qu'était une Université, ou pire encore ce qu'elle devrait ou pourrait être!
    Les temps qui ont changé veulent effectivement des gros CEGEP (rebaptisés universités) pour faire de la formation professionnelle, ce qui est correct!
    Il faut donc une autre structure pour la recherche et l'avancement de la connaissance.
    C'est une question de courage et de nomenclature, et effectivement ce que l'on concevait comme "université" depuis le Moyen-Âge doit changer de nom pour demeurer le pôle de l'élite intellectuelle, une élite à cent lieues de l'Îlot des Voyageurs.... »

  • Jean-Pierre Audet
    Abonné
    samedi 13 octobre 2007 13h20
    Une mode généralisée
    « Faire nouveau, voilà une mode généralisée qui emporte tout. Voici un exemple récent de cette mode : l'Iliade. La pièce est très bien jouée, l'action ne dérougit pas. Mais le texte du grand Homère a disparu. Et la pièce se joue presque entièrement autour de la bouderie que fait durer le héros principal, Achile, qui n'intervient dans la guerre de Troie qu'à la toute fin de la pièce qui n'inclut même pas la mort d'Achile ni l'ingénieux cheval imaginé par Ulysse pour entrer dans Troie. Va pour les costumes actuels, mais quand l'auteur même disparaît, l'épaisseur des vingt-sept siècles qui nous séparent du grand Homère disparaît avec son texte. Dommage ! J'ai en mémoire le sort que Guy Fournier a fait subir au roman de mon frère Noël Audet dans la deuxième série de « L'ombre de l'épervier ». Il fallait du sexe ? Mettons-en et foin du texte ! »

  • Maurice Monette
    Abonné
    samedi 13 octobre 2007 14h45
    Pour la dollarisation
    « C'est bien simple pourtant mais, personne ne veut dire la VÉRITÉ de ce qui a causée cette "débandade" de la Société humaine. Eh bien ! Moi je vais le re-re-redire encore une fois et on IGNORERA encore cette "VÉRITÉ de LA PALICE": c'est que depuis juin 1989, Karol Wojtyla alias J.-P. II a fait ABONDONNER par le monde religieux la $aine Ge$tion de l'argent/o$eille dan$ le MONDE ENTIER. C'est ainsi que $e faisait une $aine RE-di$tribution du PÉCULE MONDIAL automatiquement, après quatre (4) année$ de TERGIVER$ATION$ DIVER$E$ de la POPULATION CROYANTE du GLOBE. En ce temps, cette redi$tribution automatique évitait ju$tement que l'argent / o$eille ne devienne le SEUL et UNIQUE BUT des esprits / âmes humains(es). Cet(te) argent / o$eille n'obsédant pas la pensée des gens, leur INTÉRÊT était constamment soutenu pour accumuler un bon BASSIN de CONNAISSANCES qui, une fois MAÎTRISÉES, permettaient de DEVENIR AUTONOME, indépendant(e) et apte à contribuer à la $ociété Humaine $aine.

    Donc, comme aujourd'hui on voudraient continuellement "mettre la carrue en avant des boeufs", pour $'enrichir le plus vite po$$ible alors, le$ Étude$ coûtent de$ prix de fou parce qu'Elle$ néce$$itent de plu$ en PLU$ d'inve$ti$$ement$ pour défrayer les TECHNOLOGIE$ qui donnent accès au $avoir e$péré. Mais, ce savoir est très éphémère car, TOUT va trè$ rapidement et que ce $era à recommencer peu de temps après, progrè$ de la MACHINE TECHNO obligent.

    Mais, en agi$$ant ain$i, une GRANDE partie du SAVOIR des ANCIENS(NES) est mise aux «oubliettes» et la $ociété humaine RÉGRESSE continuellement en DÉTRUISANT TOUT sur son passage pour $ati$faire $on ob$e$$ion de faire de l'argent / o$eille et courir à notre EXTINCTION. C'est le VORTEX dans LEQUEL la pauvre $ociété humaine est engagée et NOTRE FIN ou, la FIN de la CIVILISATION "CIVILISÉE" des homnidés(es) modernes approche...!

    C'est un penseZ-y BIEN mais, qui veut prendre le TEMPS...! »

  • francois Beauchemin
    Inscrit
    samedi 13 octobre 2007 14h58
    Des techniciens drapés d'une toge...
    « Vos réflexions illustrent bien des réalités qu'on retrouve quotidienement. C'est ainsi que la «profession» d'avocat est aujourd'hui réduite à un rôle de simple technicien qui cherche dans les codes de procédure et civile comme dans un livre de recettes le numéro de loi qu'il pourrait appliquer bêtement pour gagner la cause. Pour ces gens incultes, drapés d'une toge, le droit l'emporte sur tout ce qu'ils ignorent: La justice et l'équité. Les principes premiers comme la conscience morale et sociale, ils ne connaissent pas.
    Grand merci Madame Bombardier. François Beauchemin, Lévis »

  • Michel Coron
    Abonné
    samedi 13 octobre 2007 16h18
    Primum vivere...
    « Primum vivere...deinde philosophari.
    Heureux sommes-nous de pouvoir profiter de longues années durant d'une réflexion soutenue sur le sens de la vie et de la mort et donc de s'enquérir auprès de nos prédécesseurs des débats qui ont fait de la civilisation occidentale ce qu'elle fut et ce qu'elle reste. Je parlais évidemment de la retraite et du silence qu'il nous est octroyé de vivre plus longuement grâce aux miracles de la science médicale.
    À l'époque médiévale, il existait des monastères où l'on conservait précieusement la pensée antique. De nos jours, il est encore possible (mais pour combien de temps encore ?) de se réfugier à Oka ou St-Benoît pour philosopher enfin dans le silence. Certains lieux existaient jadis comme la Bibliothèque St-Sulpice où le silence était respecté et la pensée valorisée. On aura verrouillé le silence ! Nommez-les, ces oasis, ces palmeraies chantés par Valery qui permettent patiemment à l'esprit de multiplier ses dons. Quelle déception de franchir ce capharnaüm de la consommation qui s'appelle la BNQ !!!
    Si la pensée se meurt, si "la poésie fout le camp Villon", c'est parce que l'âge ne rend pas plus sage à défaut "de ne pouvoir passer un jour seul, dans sa chambre" (Pascal). C'est seulement là et non dans le monologue des salles de cours où l'on n'apprend que des conclusions, que la dure réflexion permet de naître à soi-même.
    Faites confiance, Madame Bombardier, il y a encore des idiots qui découvrent la lumière dans la pénombre d'un "poêle"(Decartes). »

  • henri gabrysz
    Inscrit
    samedi 13 octobre 2007 19h21
    911
    « vite l'ambulance, chez monsieur Monette »

  • Guy Lafond
    Abonné
    samedi 13 octobre 2007 21h41
    Des "immémorants" friands de salmigondis, vous dites?
    « Votre réflexion, Madame Bombardier, se rapproche d'un livre que je viens d'entamer. Dans son premier chapitre, on peut lire:

    "En France, il y a un siècle, ceux qui savaient lire savaient aussi se situer dans l'espace et dans le temps. Un manuel scolaire, rédigé par deux éminents professeurs, le "Malet-Isaac", énonçait les repères historiques et géographiques connus des gens qui avaient dépassé le certificat d'études. Il n'en n'est plus ainsi. Les Français, et d'ailleurs tous les Occidentaux, sont devenus, pour la plupart, des hommes sans passé, des "immémorants"..
    ..Les villes actuelles alignent partout les mêmes tours de verre. Dans ce tohu-bohu, les paysages s'estompent, les cultures se dissolvent, les histoires collectives s'effacent.
    Ce salmigondis fait disparaître ce qui permettait aux individus d'effectuer l'inventaire de leur héritage. Ajouter à cela un mépris boursier du long terme et le culte de l'"immédiateté", et vous comprendrez que notre modernité fabrique davantage de consommateurs-zappeurs interchangeables et de "fils de pub" que de citoyens responsables, désireux de comprendre et de construire."
    Extrait de "Toute l'histoire du monde" par Jean-Claude Barreau et Guillaume Bigot, 2005, le livre de poche.

    Un portrait peu flatteur de nous et nos contemporains. »

  • Georges Paquet
    Abonné
    dimanche 14 octobre 2007 11h03
    Anglais ou Irlandais ? Pour ajouter à la question de Jacques Noël...
    « Il est vrai que Madame Bombardier a utilisé une minuscule pour parler de son mari, anglais. Elle voulait peut-être dire que son mari utilisait l'anglais comme langue principale. Mais il reste quand même qu'elle ne doit pas souvent se décrire elle-même comme, française, parce qu'elle s'exprime le plus souvent en français.
    Alors, Madame Bombardier devrait nous dire si c'est sous l'effet de ce qu'elle appelle la "babelisation" qu'elle parle de son mari, anglais, alors qu'il serait en effet Irlandais.

    J'attendrai impatiemment...Si non, nous pourrons tous écrire bientôt qu'au Canada, nous aurions des amis, anglais, et des amis, français.

    Georges Paquet »

  • Louise Picotte
    Abonnée
    dimanche 14 octobre 2007 13h51
    Admiration
    « Vous exprimez avec tellement de justesse et de clarté ce que nous pensons souvent mais n'avons pas la facilité d'écrire. Vous êtes une grande inspiration et un modèle d'honnêteté dans l'expression de vos pensées et de votre parcours. Je vous lis toujours avec beaucoup d'admiration. Félicitations, Louise Picotte »

  • Aline Binette
    Inscrite
    dimanche 14 octobre 2007 14h01
    le rôle des parents
    « Je suis une boomer. Quand j'étais enfant, je rêvais d'être journaliste. Or, à cette époque, il y avait un emploi pour trois, ou huit, postulants. Alors, naturellement, mes parents m'ont dit «Il n'y a pas de jobs là-dedans.» J'ai fait des études de gestion et de comptabilité, que j'ai longtemps amèrement regrettées et ce n'est qu'à 40 ans que j'ai commencé à les appliquer. Maintenant, je suis traductrice. Ma passion n'est pas tout à fait morte. Je me fais par contre, souvent dire que bien écrire, parler français et traduire sont des choses inutiles.

    C'est facile et c'est valorisé de s'intéresser aux choses «inutiles» lorsque l'hypothèque est payée, que la réputation est faite et que la maturité donne la confiance en soi nécessaire pour sortir des sentiers battus, confiance que je n'avais pas à 20 ans. Prendriez-vous au sérieux un médiéviste de 21 ans? S'il est brillant, probablement... et s'il était votre fils? N'auriez-vous pas tendance à être catastrophée?

    Parfois, sans le vouloir et avec les meilleures intentions du monde, les parents sont des éteignoirs de vocations. Il faudrait que les parents d'aujourd'hui se rendent compte qu'avec la dénatalité, le marché du travail est désormais en quelque sorte «inversé» (plusieurs emplois pour un postulant). Et, surtout, je crois qu'on n'est jamais bon dans un domaine qu'on n'aime pas et que, inversement, on finit toujours par percer dans un domaine où il y a peu de demande, si on est vraiment talentueux.

    La personne qui a soulevé la question des dettes d'études a tout à fait raison, surtout que, sans emploi, ces dettes seront impossibles à rembourser. J'ai connu un sociologue chauffeur de taxi! (Et imaginez si vous n'êtes pas un «pur laine» : un obstacle à l'emploi de plus. Évidemment, c'est injuste.)

    Les parents se plaignent que les enfants «collent» à la maison de plus en plus longtemps (voir le film «Tanguy»). Quelle sera leur réaction si leur jeune leur annonce qu'il fait un doctorat en histoire du XVIIe siècle?

    Bref, madame Bombardier, en théorie je suis bien d'accord, comme beaucoup de gens. Mais curieusement, lorsqu'ils s'agit de leurs enfants, les gens ont tendance à voir cela autrement! »

  • Frédéric Leduc
    Inscrit
    dimanche 14 octobre 2007 16h30
    C'est beau!
    « Bonjour,

    Que cela est beau de voir tant de gens réagir avec autant d'éloquence au mal chronique dont souffrent les universités! Ce qui l'est moins, c'est de voir comment tout ce beau monde écrit de manière aussi pitoyable. Vive la "K"ulture!

    Bonne journée,

    Frédéric Leduc »

  • Michel Thibault
    Abonné
    lundi 15 octobre 2007 15h10
    Humanisme: tendances ?
    « Si l'on en juge par les propos de messieurs Joly et Audet, ceux de madame Bombardier sont exagérément pessimiste !

    Elle fait peu, pour ne pas dire, de nuances.

    C'est vrai que dans notre société tout semble subordonné au dieu 'argent' mais de là à prétendre que toutes valeurs humaines ont été mises de côté, il y a une marge.

    Au XVIIIe, l'homme a pu tout dire ou presque sur la condition humaine.

    N'empêche que les nouvelles technologies (Internet, informatique) peuvent dorénavant rendre disponible, une partie de ce savoir, transmis jadis par le professeur d'université.

    La différence essentielle avec la période des Lumières vient du fait qu'aujourd'hui l'homme dispose d'outils hyper performants, inexistants à l'époque. Sa mise à la retraite ne veut pas dire la fin de toutes activités utiles (ou inutiles)

    Mais un espoir demeure de la recherche d'un sens ultime à la vie! Cela touche nos valeurs les plus profondes et notre foi en quelque chose de supérieur à nous.

    La recherche de sens peut guider nos vies, ce qui n'exclut pas l'usage de nouvelles technologies très performantes qui viseraient à améliorer le sort de populations défavorisées, par exemple. De ce fait nos angoisses existentielles s'évanouiraient. »

  • henri gabrysz
    Inscrit
    mardi 16 octobre 2007 21h51
    ha hein!!! famil.. prix!!!!
    « vite, monsieur Fréféric Leduc a un urgent besoin d'un puissant anti-vertigo.... Il est monté, semble-t'il trop haut... la hauteur donne toujours le vertige »

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