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«Le temps manque»

Réginald Harvey   6 octobre 2007  Éducation
Ronald Cameron est le président de la Fédération nationale des enseignantes et des enseignants du Québec (FNEEQ-CSN), qui oeuvre principalement dans le milieu collégial et universitaire. Il se livre à une réflexion sur les difficultés rencontrées par les enseignants de ces deux niveaux dans le monde d'aujourd'hui. Il se penche aussi sur les conditions de travail de ces professionnels.

Le président de la FNEEQ préfère mettre au singulier le mot «difficultés» et privilégie en cette matière une approche globale qui se résume à un manque de reconnaissance des enseignants: «Il existe un problème majeur qui est celui-ci et qui fait que les autres ne sont pas subsidiaires, mais que la situation est toujours mêlée. Je crois que la reconnaissance à la fois de leurs connaissances, de leur expertise et de leur contribution à la vie de la société devrait être améliorée.»

Il en veut pour preuve la vision de la profession que s'en font les gens: «En général, on véhicule l'image de personnes qui ont de longues vacances, qui gagnent beaucoup de sous sans trop travailler. Il y a notamment à ce propos toute la controverse qu'on vit dans les négociations: nous, on prétend que c'est une tâche lourde, et on se fait répondre que c'est tout juste un travail différent. Il faut réhabiliter la place de choix que doivent occuper les enseignants dans nos sociétés, ce qui pourrait être un important élément de soutien à leur endroit.»

Opération reconnaissance au collégial

Le travail des professeurs de cégep fera l'objet d'un questionnement, comme le rapporte le président: «D'ici peu circulera une version préliminaire d'un document de consultation, qui a été convenu entre la partie patronale et nous, sur ce qu'est la profession enseignante dans les établissements collégiaux. À l'intérieur de cette démarche, il y en a une de reconnaissance qui sera liée aux conventions collectives; il est certain que tout ce qu'on fait là doit avoir des conséquences. Ce chantier-là va se développer tout au cours de l'automne.»

Il fournit des détails: «Il y aura une consultation dans les établissements sur un portrait du travail enseignant que nous avons tracé avec la partie patronale, ce qui comprend la Fédération des cégeps et le ministère de l'Éducation. On y présente toute l'étendue des tâches, des fonctions des profs; à titre d'exemple, prenons les technologies qui sont devenues très importantes dans l'enseignement à tous les ordres; il y a donc une réflexion à faire sur ce sujet. On se penche de même sur l'engagement dans le milieu auprès des étudiants, sur la question de l'encadrement, sur les réalités nouvelles dans les collèges, sur la diversification des populations étudiantes, sur les problèmes de réussite, sur l'allongement des études. Tout y passe.»

Les salaires et le temps

Au sujet de l'amélioration des conditions de travail des enseignants, d'entrée de jeu il aborde la question de l'écart salarial: «Nos salaires sont encore 20 % inférieurs à ceux payés en Ontario au collégial; je ne fais pas une comparaison avec Tombouctou, mais avec une province qui est voisine de la nôtre, et je compare entre les Community Colleges et les cégeps, qui sont tous deux du domaine public.»

Il y a de plus la charge de travail qui ne cesse de s'alourdir: «Il existe toute la question de trouver le temps de faire tout ce qui nous est demandé d'accomplir. Je ne parle pas des vacances, des avantages sociaux ou d'avantages dans le sens de la convention. Je parle du temps dans l'établissement; on nous demande d'être présent à l'intérieur de celui-ci, de faire un suivi des étudiants. Les exigences ne cessent d'augmenter pour le travail, et le temps manque; c'est donc aussi une question du nombre d'enseignants dans les réseaux, ce qui est en adéquation avec les conventions.»






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Vos réactions

Triez : afficher les commentaires 
  • André Provost
    Abonné
    samedi 6 octobre 2007 14h52
    Monsieur le président Ronald Cameron,
    « Après avoir lu le témoignage de Karine Duval, je dois vous dire que je n'ai rien trouvé d'original dans vos propos. Vous êtes un intervenant bien payé mais vous n'avez rien à dire. André Provost, 260 Point du jour Nord, Lavaltrie(Qc) J5T 3P8 »

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