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L'automne étudiant se refroidit

Le combatif Cégep du Vieux-Montréal rejette le recours à la grève générale

Clairandrée Cauchy   3 octobre 2007  Éducation
Quelque 200 étudiants ont perturbé hier une conférence du premier ministre Jean Charest à l’École des hautes études commerciales. Ils promettent de tels comités d’accueil aux ministres libéraux sur les différents campus du Québec. Les tenan
Photo : Jacques Nadeau
Quelque 200 étudiants ont perturbé hier une conférence du premier ministre Jean Charest à l’École des hautes études commerciales. Ils promettent de tels comités d’accueil aux ministres libéraux sur les différents campus du Québec. Les tenan
Terreau fertile au militantisme étudiant s'il en est un, le cégep du Vieux-Montréal n'ouvrira pas le bal d'une éventuelle grève générale cet automne. La campagne de mobilisation de l'Association pour une solidarité syndicale étudiante (ASSE) est à peine lancée qu'elle semble déjà avoir du plomb dans l'aile. L'assemblée générale des étudiants du cégep du Vieux-Montréal a rejeté lundi, dans une proportion de 59 %, l'idée de déclencher une grève générale illimitée lorsque sept associations étudiantes réunissant plus de 25 000 étudiants seront prêtes à la faire. Quelque 1300 étudiants participaient à l'assemblée, soit environ 20 % de la population étudiante.

Ce n'est pas un hasard si le cégep du centre-ville, traditionnellement très militant, figure parmi les premiers à se prononcer sur un mandat de grève générale illimitée, pour dénoncer la hausse des droits de scolarité de 30 % en cinq ans et revendiquer la gratuité scolaire. De l'aveu même du responsable général de l'association étudiante, François Forcier, on espérait qu'un vote favorable donnerait une impulsion à d'autres cégeps et universités appelés à voter d'ici la mi-octobre.

«Quand on est les premiers à porter le drapeau, c'est peut-être plus difficile, cela a pu faire peur à certains», est forcé de constater M. Forcier, conscient que le message qui sera probablement décodé sur les autres campus risque de se résumer à «même le Vieux-Montréal ne part pas en grève».

Ce n'est peut-être que partie remise, estime cependant le militant étudiant. Il souligne que ses membres pourraient être invités à reconsidérer leur position si d'autres institutions d'enseignement optent pour la grève au cours des prochaines semaines. Si ce n'est pas cet automne, ce sera peut-être à l'hiver. «Lors de la dernière grève, en 2005, la mobilisation avait commencé à l'automne [contre les compressions dans l'aide financière] pour continuer à l'hiver», poursuit M. Forcier.

Il constate que plusieurs cégépiens se rappellent encore la dernière grève générale de 2005, qui leur a valu une fin de session intense et une déception pour ceux qui espéraient obtenir davantage que la remise des 103 millions coupés dans l'aide financière.

Une deuxième assemblée générale, celle du cégep de Trois-Rivières, a rejeté hier l'idée de faire une grève. Dans une proportion de 61 %, les étudiants ont refusé de déclencher un boycottage des cours si la grève venait à décoller dans sept autres cégeps. «On a senti que les gens n'étaient pas prêts à faire la grève maintenant, mais qu'ils ne l'excluaient pas. Il considèrent qu'il faut une escalade des moyens de pression», explique la responsable des affaires socio-politiques à l'association étudiante, Gabrielle Caron-Bouchard. Précisons que cette association est membre de la Fédération étudiante collégiale du Québec (FECQ) qui, contrairement à l'ASSE, ne prône pas une grève étudiante pour l'automne.

Pour l'heure, seule l'Assemblée facultaire des étudiants en sciences humaines de l'Université du Québec à Montréal a en poche un mandat de grève, adopté jeudi dernier avec une majorité de 62 % sur près de 700 membres présents à la fin de la réunion. Une semaine plus tôt, les étudiants de l'Université du Québec en Outaouais (UQO) avaient quant à eux rejeté une proposition similaire.

L'ASSE garde le cap

Ce résultat a eu l'effet d'une «douche froide» sur les militants de l'ASSE, qui prennent cependant soin de préciser que l'association étudiante du Vieux-Montréal n'est pas membre de l'association nationale, mais plutôt sympathisante. «On prend cela comme un signal», note le porte-parole de l'ASSE, Hubert Gendron-Blais, précisant cependant que la composition de la population étudiante du cégep est en pleine mutation, ce qui contribuerait à faire mentir sa réputation. M. Gendron-Blais ajoute que le résultat au Vieux-Montréal a donné un coup de fouet aux troupes et que des militants, dont plusieurs provenant de l'AFESH-UQAM qui a voté en faveur de la grève, redoubleront d'ardeur au cours des prochains jours pour faire la promotion de ce moyen de pression sur les différents campus.

Un congrès de l'ASSE est prévu en fin de semaine pour faire le point sur la mobilisation. «S'il y devait y avoir un quelconque changement par rapport à la stratégie, cela se déciderait au congrès», fait valoir M. Gendron-Blais.

Plusieurs assemblées générales et consultations référendaires sur la grève devraient se tenir au cours des deux prochaines semaines. Ce sera notamment le cas dans trois associations de l'UQAM, où à la problématique de la hausse des droits de scolarité s'ajoute celle de la situation financière précaire de l'établissement.

De la compagnie pour Jean Charest

Ce peu d'engouement pour la grève ne signifie pas pour autant que c'est le calme plat sur le front étudiant. Environ 200 étudiants membres de la Fédération étudiante universitaire du Québec (FEUQ) ont perturbé hier la tenue d'une conférence de Jean Charest à l'École des Hautes études commerciales (HEC), forçant le premier ministre à retarder de plus d'une heure son allocution sur les relations intergénérationnelles.

Ces derniers, dont plusieurs étaient déguisés en clowns, dénonçaient la hausse des droits de scolarité et réclamaient un réinvestissement dans l'enseignement post-secondaire. «C'est aberrant de voir que ce gouvernement n'a pas de vision pour la jeunesse. On baisse les impôts et on augmente les frais pour l'université, les garderies, etc. Cela n'aide pas les jeunes ni la classe moyenne», soutient le président de la FEUQ, Jean-Patrick Brady.

Il promet que les ministres du gouvernement libéral auront de la compagnie lorsqu'ils s'aventureront sur les différents campus. «On va les suivre quand ils ne s'y attendent pas et on va les interpeller. [...] Tous les membres du gouvernement qui font fi des demandes des jeunes devront comprendre qu'ils sont minoritaires et que, pour revenir au pouvoir, ils n'auront pas d'autre choix que d'en tenir compte», poursuit M. Brady.

Le président de la FEUQ ne s'étonne pas outre mesure du peu de succès récolté jusqu'à présent par l'ASSE dans sa campagne pour une grève automnale. «C'est clair que les étudiants sont contre toute augmentation des droits de scolarité. Ils veulent prendre une session pour exercer une gradation des moyens de pression. Si Jean Charest continue d'être arrogant et refuse de les écouter, à l'hiver, quelques mois avant les élections, il devra revoir son plan d'action», affirme M. Brady.
 
 
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  • Emmy Grand-Maison
    Inscrite
    mercredi 3 octobre 2007 08h37
    La grève, solution ultime?
    Oui, la grève est un moyen de pression efficace dans certains cas. Mais selon moi, dans le cas des Cégeps, c'est surtout les étudiants qu'elle pénalise. Ils en sont conscients, la dernière comme vous l'affirmer nous a donner peu de résultat et beaucoup de fil à tordre. La hausse des frais de scolarité est injuste et pénalise surtout les plus démunis mais, n'existe-t-il pas des moyens qui éviterait de pénaliser ceux qui ne souhaite pas terminer leurs études 6 mois plus tard à cause d'une grève. Maintenant que la session est payée, est-ce vraiment le temps de mettre sur pied une grève illimité? Pour l'avoir vécu,ce n'est pas un moyen de pression qui améliore nos performances scolaire, au contraire. Mais cela ne signifie pas que nous sommes d'accord, il ne faut pas oublier que des élections arrivent à grand pas, espérons que les candidats s'avanceront dans ce débat, ainsi, il risque de gagner, ou de perdre, de précieuse et jeune voie!

  • Roxanne LeBlanc
    Inscrite
    mercredi 3 octobre 2007 09h07
    Le vieux révolté n'est pas mort.
    Pour être une étudiante du Vieux-Montréal, je peux dire que le "non" voté relêve davantage de la paresse de ceux qui était pour. En effet, fort de la réputation, nombre d'entre-nous qui était contre on omis d'aller à l'assemblée général, croyant que le "oui" l'emporterais inévitablement. Mais, ce ne fut pas le cas.
    Par contre, il serait peut-être important de souligner que depuis hier déjà des mesures sont prises afin d'essayer de voir si l'on ne pourrait pas faire renverser la vapeur.
    Je crois que le "coup de fouet" mentionné plus haut n'a pas atteint que les autres cégep, mais également les étudiants même du vieux qui comptent bien enfin reprendre la situation en main et afficher haut et fort nos couleurs. Le militantisme du vieux est loin d'être mort, il est juste endormie et je peux assurer que nous, les étudiants du cégep du vieux, faisons tout ce qui est en notre pouvoir afin de le réveiller.

  • Roland Berger
    Abonné
    mercredi 3 octobre 2007 09h08
    Maturité croissante
    Il semble que les étudiants et étudiantes du collégial préfèrent faire passer le succès de leurs études à l'étrange congé que leur apporterait une grève illimitée. Perturber les apparitions du premier ministre et des ministres libéraux semble d'ailleurs plus efficaces. Mais il ne leur faudrait pas oublier Mario Dumont et son ADQ, vendus aussi à l'idée que la gratuité scolaire ne constitue pas un investissement mais une dépense.
    Roland Berger
    London, Ontario

  • andré michaud
    Inscrit
    mercredi 3 octobre 2007 09h47
    Grève inutile et nuisible
    Aucun parti politique, sauf les marxistes-léninistes (faisons payer les riches) de "Québec Solitaire", appuie la revendication du gel , voir la gratuité totale. Les travailleurs québecquois donnent 6 mois de leur salaire annuel à l'état pour ,entre autre, donner la chance aux étudiants d'avoir les frais scolaires les plus bas en amérique du nord.Les étudiants doivent aussi faire leur part et cesser de vouloir nous vider les poches, pendant qu'ils jugent essentiels leurs cellulaires, I Pod , espadrilles à 100$ etc...
    Ma fille est à l'université et elle vit avec 10,000$ par année, incluant des prêts et bourses et 25 heures de travail par semaine. Elle hésitait à retourner étudier à cause de la menace de grève qui lui ferait perdre TEMPS et ARGENT!!! Elle a la sagesse de comprendre les payeurs de taxe et ne veut pas tomber dans l'ingratitude ,voir le parasitisme total que prône les associations étudiantes qui comme les syndicats sont totalement déconnecté de leur base..Ce sont les associations étudiante qui l'inquiète, pas le gouvernement..
    Les chialeux proffessionels des associations étudiantes se retrouveront probablement un jour comme boss syndicaux déclarant des grèves dans le transport en commun, les hôpitaux etc...et feront encore plus "chier" les contribuables québecquois

  • Ken Ko
    Inscrit
    mercredi 3 octobre 2007 11h11
    Des enfants gâtés
    Comment c'est possible que nous sommes confrontés avec une génération tellement deconnecté de la realité? Pour avoir des frais de scolarité gélés depuis 1994, ainsi d'éxigeant de la formation de haute qualité, tandis que l'état est surendetté, n'est pas realiste. J'étais un étudiant au cegep il y a 25 ans à Montreal, et je remarque avec surprise ques les frais n'ont pas été changés dans une façon significative. Ils devraient suivre leurs études aux autres provinces canadiennes et voir un vrai fardeau! Peut-être je devrais pas être trop surprise...trop de citoyens veulent tous les services pour rien. Enfin, papa Ottawa est là pour eux à continuer une querelle indéfiniment, non? Le Quénec est distinct certainement!

  • Pierre-Yves Pau
    Inscrit
    mercredi 3 octobre 2007 12h24
    Une perte de temps
    Ces étudiants perdent leur temps et le font perdre à ceux de leur condisciples qui aimeraient travailler en paix. Il feraient mieux de se concentrer sur leur études, mais il faut croire que ces dernières ne leur paraissent pas si importantes après tout. Ben ils peuvent toujours aller se chercher un Mac-Job.

  • Groulx Benjamin
    Inscrit
    mercredi 3 octobre 2007 13h15
    Au-delà de la gratuité scolaire
    Au cours des derniers mois, l'ASSÉ a travaillé d'arrache-pied pour tenter de développer et diffuser un contre-discours essentiellement centre sur l'opportunité d'abolir tous les droits de scolarité et tous les frais afférents pour garantir la gratuité scolaire à tous les niveaux. Dans un contexte où économistes, éditorialistes, politiciens, patrons et recteurs unissent leur voix pour chanter les vertus d'un dégel des frais sur toutes les tribunes, le martèlement de cette revendication s'avère tout à fait légitime : cependant, dans la mesure où cette stratégie éclipse d'autres revendications autrement plus prioritaires, le mouvement de grève risque d'obtenir peu d'appuis et de demeurer plutôt embryonnaire.
    Pour éviter ce scénario et rallier à notre cause l'ensemble des étudiant-e-s et de la population, nous ne devons pas nous leurrer : la lutte contre l'endettement étudiant et pour l'accessibilité à un savoir de qualité ne passe pas seulement par l'instauration de la gratuité scolaire : elle passe d'abord et avant tout par un régime de bourses adéquatement financé. En effet, les frais de scolarité, et autres frais afférents, malgré leur croissance exponentielle, ne représentent pas, à l'heure actuelle, le principal obstacle à l'accessibilité aux études. Bien que non négligeables, ceux-ci ne constituent pas encore, en eux-mêmes, la principale source d'endettement des étudiants les plus pauvres, soit les bénéficiaires du système d'aide financière qui ne sont pas soutenus financièrement par leurs parents, qui doivent assumer un loyer ou qui ont des enfants à charge. Pour ces étudiants désavantagés économiquement, qui peinent à rejoindre les deux bouts, ce sont plutôt les coûts cumulés du loyer, de l'épicerie, des titres de transport, de la garderie et des soins de santé non couverts par l'assurance-maladie qui posent problème : en fait, dans la plupart des cas, la part du budget consacré à la consommation de ces biens et services dépasse largement celle qui est dédiée à payer les frais de scolarité.
    Ainsi, au-delà de la gratuite scolaire (dont l'instauration, il est vrai, pourrait quand même permettre aux étudiants vulnérables de souffler un peu), c'est surtout le régime déficient d'aide financière aux études qu'il convient de revoir et de bonifier massivement, et de toute urgence. En effet, comme le Comité Consultatif sur l'Accessibilité Financière aux Études (CCAFE) le faisait récemment fait remarquer à la ministre Courchesne, entre 1994 et 1999, et depuis 2003, l'aide financière aux études n'a pas été indexée au coût de la vie. Pis encore, on ignore toujours ce qui attend les bourses des bénéficiaires de l'aide financière lorsqu'en 2008-2009, la Fondation des Bourses du Millénaire mettra fin aux versements, qui, en vertu de l'entente conclue entre les fédérations étudiantes et le gouvernement en 2005, pallient provisoirement au sous-financement provincial en matière d'éducation. Dans ce contexte, il ne fait donc aucun doute que pour demeurer crédible, notre mouvement devrait d'abord et avant tout s'employer à réclamer des bourses plus accessibles et plus importantes pour soutenir solidairement et à long terme les plus vulnérables d'entre nous.
    Par ailleurs, pour régler à la source les problèmes d'accessibilité aux études postsecondaires, nos associations devraient aussi évaluer l'opportunité de réclamer à leur tour davantage d'investissements dans le réseau primaire et secondaire d'écoles publiques afin d'augmenter le soutien aux élèves en difficulté, d'améliorer l'aide aux devoirs et de contrer le décrochage scolaire dans les milieux moins favorisés. En outre, pour alléger la pression sur le budget des étudiant-e-s au statut économique précaire et réduire leur dépendance et leur vulnérabilité face aux décisions arbitraires des marchés et de l'État, nous devrions sérieusement envisager l'établissement de coopératives autogérées d'habitation ou d'alimentation à prix modiques près des campus et soutenir systématiquement les initiatives populaires en faveur de la construction de nouveaux logements sociaux.
    Évidemment, le fait de concentrer les ressources et le potentiel mobilisateur de nos associations étudiantes pour obtenir une amélioration des programmes de bourses et une réduction a la source de l'endettement ne doit pas nous empêcher de réclamer parallèlement la gratuité scolaire à tous les niveaux, ou d'inscrire nos revendications dans une lutte globale en faveur de rapports sociaux plus respectueux de la dignité humaine et des écosystèmes. Il est même hautement souhaitable que nous le fassions. Car quel intérêt présentent des études postsecondaires, même pleinement accessibles, si, au bout du compte, celles-ci ne permettent que la reproduction et la cristallisation des hiérarchies, des rapports d'exploitation, des situations de violence, des pratiques, des valeurs et des discours dominants ?
    Toutefois, face à la confrontation qui se dessine, il faut aussi établir nos priorités, rester autocritiques et vigilant-e-s. Les enjeux sont trop importants pour qu'un idéal aussi noble que celui de la gratuité scolaire nous fasse perdre de vue les conditions de vie réelles et les besoins les plus pressants des plus démuni-e-s d'entre nous, ceux et celles qui ont tout a gagner d'une grève étudiante large, prolongée, combative et audacieuse a l'automne ou à l'hiver 2007.

  • Philippe Champagne
    Inscrit
    mercredi 3 octobre 2007 15h44
    Cégeps
    Grâce au Réseau des Cégeps, il y a 10 % plus de diplômés au Québec que dans le ROC. (R est O f C anada)

    L'avantage social du C ollège d'E nseignement G énéral et P rofessionnel, par sa décentralisation, facilite l'essor des régions. D'où l'importance des spécialités évoquées par la plupart d'entre eux; pour n'en nommer que quelques-uns par exemple, le Cégep de Rosemont a établi sa réputation en formation de thanatologues, alors que celui de Rimouski se spécialise dans l'exploitation marine, et celui de Jonquière dans le cinéma.

    Mais, avant de vouloir comme le voudraient les commissions scolaires, leur abolition, pour contrer la menace adéquiste de les défaire elles-mêmes, elles devraient demander plutôt l'abolition du segment Général pour ne se consacrer qu'à la spécialité régionale professionnelle, tout en demeurant une porte ouverte sur le milieu universitaire.

    Mais je reste nostalgique du bon vieux cours classique qu'on pourrait recycler dans le segment Général justement qu'on voudrait faire disparaître. La spécialité classique était la généralité, les auteurs, les textes, les civilisations antiques, l'influence gréco-romaine sur le monde occidental; les humanités passées restent un phare pour l'avenir.

    Du coup, on mettrait fin au mythe du Cégep public où on n'apprend rien et à celui, passéiste, que les cours classiques étaient pour l'élite. Ce serait le plus court chemin vers notre développement national vers une culture générale essentielle au quotidien. Lire, écrire, compter demeurant des bases fondamentales à notre essor comme peuple.

    On pourrait aussi y ramener les bonnes vieilles écoles normales, l'instruction étant devenue une difficulté sociale chez nous.

    Aussi, j'appuie sans réserve l'idée d'une grève générale illimitée dans les Cégeps pour contrer la hausse des frais de scolarité commandée par le gouvernement Charest. Le tout devrait déboucher éventuellement sur la gratuité totale.

    Je suis partisan de la thèse que les subventions au Cégep sont plus un investissement qu'une dépense.

  • Jean-Simon Voghel Robert
    Abonné
    mercredi 3 octobre 2007 16h12
    Vivre au dessus de ses moyens.
    Ne doutant point que certains étudiants sont vraiment nécessiteux et que le système de prêt et des frais de scolarités du gouvernement doit être revu, je vois dans la crise estudiantine qui perdure depuis 2005 le reflet des valeurs véhiculées par les baby-boomers, nos parents. Moi même étudiant, je vois dans mon entourage des jeunes qui veulent recréer en appartement le mode de vie que leur a inculqué leurs parents. Il ne peut en être autrement. Le concept de vivre au delà de ses moyens n'est pas nouveau. Cependant, les étudiants sont souvent très réticent à vouloir règler le problème de leur côté...

  • Richard Larouche
    Inscrit
    mercredi 3 octobre 2007 22h39
    Les vieux préjugés ressortent dans les commentaires!
    Je suis toujours choqué d'entendre l'opinion de certaines personnes qui croient dur comme fer que les étudiants universitaire sont des bébés gâtés qui vivent au-dessus de leurs moyens. Ne me méprenez, pas, je ne dis pas qu'il n'y en a aucun, mais il s'agit d'une minorité qui, malheureusement est trop visible. La plupart doivent tirer le diable par la queue pour joindre les deux bouts sans accumuler de dettes.

    Je suis personnellement étudiant à la maîtrise et je n'ai pas d'auto, je ne suis jamais allé dans le sud et je ne passe pas mes soirées à gaspiller mon argent dans les bars. Pourtant, je suis très loin de rouler sur l'or et je doit faire un budget serré pour éviter d'accumuler les dettes.

    Je suis persuadé que la gratuité scolaire devrait être instaurée parce qu'au 21è siècle, l'avenir d'une société passe par l'éducation de ses citoyens. Les données d'enquête montrent très bien qu'en général, les gens les plus éduqués ont de meilleures habitudes de vie qui les aident à être en meilleure santé (et donc à diminuer les dépenses de l'État dans ce domaine). Une fois leurs études terminées, ils paieront plus d'impôts à chaque annéee que le québécois moyen, de quoi réjouir les économistes. Ce ne sont là que quelques-uns des très nombreux avantages d'un plus haut niveau d'éducation et, à mon avis, il est inadmissible de diminuer l'accessibilité aux études universitaires.

    Les "wanna be" lucides adorent nous comparer aux États-Unis, mais de plus en plus, imiter nos voisins du sud équivaudrait à niveler par le bas. Dans les pays où le niveau de vie est le plus élevé, c'est à dire en Scandinavie, les frais de scolarité sont inexistants. Quant à elles, les autres provinces canadiennes s'alignent de plus en plus vers les américains, et ce, dans tous les domaines de la sphère publique. Ceci nous oblige aucunement à les suivre aveuglément!

    La gratuité scolaire coûterait probablement l'équivalent du montant accordé par les libéraux en baisses d'impôts dans le dernier budget. Or, au lieu de représenter principalement une mesure individualiste qui profite davantage aux riches comme cette dernière, la gratuité scolaire profiterait à l'ensemble de la société québécoise directement ou indirectement.

    Ainsi, j'appuie les étudiants qui protestent contre la hausse des frais de scolarité, surtout avec le désengagement actuel de l'état dans les universités. Le manque à gagner en ce qui a trait au financement des universités québécoises est d'environ 400 millions de dollars par année, donc cette augmentation des frais ne résoudrait pas le problème.

    Cete facture ne doit pas être refilée aux étudiants. D'ailleurs, lorsqu'un étudiant quitte l'université avec une dette dans les cinq chiffres, il risque davantage d'accepter un emploi qui ne lui convient pas, mais dont le salaire est plus élevé afin de se libérer de ses passifs. En réduisant cette tendance, je crois que l'État pourrait économiser plusieurs millions de dollards par années en frais médicaux, antidépresseurs et en journées de travail perdues.

    Les claculs économiques sont souvent faits par des individus avec une vision en tunnel qui réfléchissent trop rarement aux impacts positifs indirects des politiques qu'ils évaluent. Nous avons besoins de gens qui ont une pensée globale et, là aussi, les universités ont un rôle important à jouer.

    Ainsi, le Québec, doit se libérer de cette attitude anti-intellectueliste propulsée par la montée de la droite néolibérale et individualiste. La qualité de l'éducation offerte aujourd'hui aux étudiants québécois sera déterminante pour l'avenir de la Belle Province. Apprenons à penser aux conséquences à long terme de nos décisions!

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