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Plan de redressement - Deux firmes de comptables se penchent sur le cas de l'UQAM

Clairandrée Cauchy   28 septembre 2007  Éducation
Le ton a baissé d'un cran hier entre la ministre de l'Éducation, Michelle Courchesne, et la rectrice intérimaire, Danielle Laberge, qui ont annoncé conjointement une procédure pour aboutir à un plan de redressement à la fin de février. Les firmes comptables externes joueront un rôle de premier plan dans la nouvelle démarche, ainsi qu'un nouveau comité de sages nommés par la ministre.

Le processus de redressement financier de l'Université du Québec à Montréal (UQAM) est désormais pris en charge par des firmes externes et un comité de sages nommés par la ministre de l'Éducation, Michelle Courchesne. D'ici à ce qu'on aboutisse à un plan de redressement assurant un retour à l'équilibre financier, le gouvernement consent à verser à l'université une avance de 20 millions sur la subvention conditionnelle qu'il retient.

C'est ce qu'ont annoncé hier conjointement la ministre Michelle Courchesne et la rectrice de l'UQAM par intérim, Danielle Laberge. Concrètement, la firme comptable Price Waterhouse Coopers procédera à l'évaluation de la situation financière de l'université et «parachèvera» le plan de redressement de l'université déposé en juin dernier afin que l'établissement atteigne l'équilibre financier. Cet exercice devra être complété le 30 novembre prochain.

La proposition élaborée par Price Waterhouse Coopers sera ensuite étudiée par une deuxième firme comptable, Ernst & Young, qui l'analysera pour le compte du réseau de l'Université du Québec (UQ) et fournira ses recommandations d'ici au 15 décembre. Ce dernier rapport d'Ernst & Young échouera ensuite entre les mains d'un comité de trois sages, que la ministre devrait nommer au cours des prochaines semaines. Ces derniers formuleront à leur tour leurs recommandations pour le 31 janvier. La ministre de l'Éducation, le réseau UQ et la direction de l'UQAM disposeront ensuite d'un mois pour s'entendre sur un plan d'action.

«C'est important, dans une situation comme celle-ci, d'avoir des professionnels neutres dans le dossier», a indiqué la ministre de l'Éducation, Michelle Courchesne, estimant avoir retrouvé le «climat de confiance» nécessaire à la bonne marche des discussions, après des échanges corsés par médias interposés.

La direction de l'UQAM a refusé de voir cette procédure comme un désaveu, soulignant que la firme Price Waterhouse Coopers ne fera «pas le travail à la place de l'UQAM». «Ils nous accompagnent dans ce travail. [...] Cela va nous permettre de trouver des formats de présentation, de validation, pour que la lecture des chiffres qu'on présente soit comprise et partagée par tous», a fait valoir la rectrice intérimaire, Danielle Laberge.

Un peu d'oxygène

En attendant que ce processus complexe livre ses fruits, la ministre de l'Éducation a accepté de donner une marge de manoeuvre temporaire à l'université afin qu'elle puisse s'acquitter de ses obligations financières à court terme. Québec avancera donc une somme de 20 millions sur la subvention conditionnelle de 28 millions retenue pour l'année 2005-06. Le restant, soit les huit millions de 2005-06 et les 28,7 millions attendus pour l'année 2006-07, ne sera cependant versé qu'une fois que le plan de redressement aura été approuvé par Québec. L'entente conclue entre la ministre et l'UQAM prévoit cependant que, si un tel plan ne peut être produit, l'université devra rembourser cette somme à même le réinvestissement attendu du gouvernement fédéral.

Mme Courchesne a tenu à préciser qu'il ne fallait pas y voir un traitement de faveur pour l'UQAM et qu'elle ferait de même pour toute autre université dans la même situation. «En aucun cas nous ne voulons risquer que les liquidités de l'UQAM soient en déficit, on ne veut pas insécuriser le personnel de l'UQAM», a affirmé Mme Courchesne, en mentionnant les difficultés de l'UQAM au chapitre de la trésorerie.

La rectrice intérimaire a reçu cette annonce avec soulagement, soulignant que cela apportait un peu d'«oxygène» à l'université.

Cette avance vient s'ajouter à la décision de Québec de prendre sous son aile les impacts financiers de l'îlot Voyageur, à la source d'une bonne partie des déboires financiers de l'université. La ministre Michelle Courchesne a confirmé hier que cela représentait une somme d'environ 200 millions, échelonnée sur plusieurs années.

Le plan de redressement présenté en juin dernier permettait de faire passer le déficit accumulé de l'université après cinq ans de 303 millions à quelque 147 millions. Or, selon l'analyse comptable fine qui en sera faite, la prise en charge complète de l'îlot Voyageur par Québec pourrait dégager l'université d'environ 55 millions supplémentaires.

En signe de bonne volonté, la ministre a par ailleurs suggéré à l'assemblée des gouverneurs du réseau de l'Université du Québec, qui se réunit aujourd'hui, d'accorder un budget provisoire de six mois afin d'assurer le fonctionnement normal de l'université, en attendant que le plan de redressement soit adopté. L'assemblée des gouverneurs de l'UQ avait voté en juin dernier un budget limité de trois mois pour l'UQAM et le président du réseau, Pierre Moreau, avait laissé entendre que la prochaine étape serait de lui accorder une autonomie budgétaire d'un mois seulement.

Resserrement des règles

La saga de l'UQAM aura des conséquences directes sur les autres universités, a soutenu la ministre de l'Éducation. Elle travaille avec la présidente du Conseil du trésor, Monique Jérôme-Forget, à l'établissement de règles pour que toutes les universités soient désormais tenues de demander une autorisation formelle à Québec avant de se lancer dans des projets immobiliers, «quels qu'ils soient». Auparavant, les universités ne formulaient de telles demandes que pour les projets subventionnés par Québec. «On peut s'attendre à des mesures avant la fin octobre», a précisé la ministre.






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  • l poisson
    Inscrite
    vendredi 28 septembre 2007 03h04
    "Professionnels neutres, neutralisés ou au "neutre" ?
    « Votre article mentionne:
    «C'est important, dans une situation comme celle-ci, d'avoir des professionnels neutres dans le dossier», a indiqué la ministre de l'Éducation, Michelle Courchesne,

    Le principe de Peter décrit les professionnels neutralisés.
    D'autres professionnels sont au "neutre" parce que blasés ou trop esoufflés.
    Sans parler des roseaux penchants, ces professionnels de la neutralité bien pensante... et bien payante.

    Le scandale d'Enron a entraîné la disparition des professionnels de la plus grosse firme de comptables au monde, Arthur Anderson.

    À l'UQAM, au lieu d'engager des poursuites judiciaires, on engage deux firmes de comptables; pourquoi pas trois ou quatre ? Un bon gouvernement minoritaire doit être en mesure d'étirer les délais pour prolonger sa survie. Quitte à créer une commission d'enquête après pour mieux "tabletter" les trouvailles peu reluisantes.

    "Pour assurer la concorde par un petit accomodement raisonnable" diraient en coeur MM. Johnson, Bouchard et Taylor. . »

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