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    Collège de Montréal - Un héritage sulpicien

    De Longue-Pointe à la rue Sherbrooke

    22 septembre 2007 |Pierre Vallée | Éducation
    Le Collège de Montréal
    Photo: Jacques Grenier Le Collège de Montréal
    Le Collège de Montréal est le tout premier collège de Montréal. Malgré son âge plus que vénérable — il célèbre son 240e anniversaire cette année — il n'en demeure pas moins actuel. Situé sur la rue Sherbrooke Ouest, près du Grand Séminaire, il accueille aujourd'hui garçons et filles du niveau secondaire.

    «Nous avons présentement 1100 élèves, ce qui est la capacité maximale de notre établissement, explique Jacques Giguère, directeur du Collège de Montréal. Nous n'admettons que six groupes d'élèves chaque année en secondaire 1, mais nous nous engageons à les accompagner jusqu'à la fin du secondaire 5. C'est la tradition sulpicienne d'accueil et d'accompagnement.» En effet, la devise du Collège de Montréal est «Posuerunt me custodem» («Ils m'ont confié la garde»), en hommage à la Vierge Marie, sainte protectrice des prêtres de Saint-Sulpice.

    Le Collège de Montréal voit le jour en 1767 dans une annexe du presbytère de la paroisse de Longue-Pointe, grâce à l'initiative du curé Jean-Baptiste Curatteau de la Blaiserie, prêtre de Saint-Sulpice. Six ans plus tard, l'établissement déménage dans une résidence de la rue Saint-Paul, ce qui lui permet d'accueillir davantage d'élèves. Mais la résidence est détruite lors d'un incendie en 1803.

    En 1806, le Petit Séminaire est construit, aussi rue Saint-Paul, et c'est lui qui prendra la relève jusqu'en 1861. Louis-Hippolyte Lafontaine, George-Étienne Cartier et Louis Riel y reçurent leur éducation. En 1870, le Collège de Montréal est construit à son emplacement actuel. Dans les années soixante du dernier siècle, après la réforme de l'éducation, le Collège de Montréal devient un collège privé subventionné par le gouvernement, comme le sont les autres collèges privés au Québec. Les sulpiciens en assureront la direction jusqu'en 1990. Depuis cette date, c'est une corporation laïque qui gère le Collège de Montréal. «Mais l'oeuvre d'éducation des sulpiciens demeure puisqu'elle est inscrite dans les lettres patentes de la corporation.»

    Un collège catholique

    C'est ce qui explique que le Collège de Montréal est encore aujourd'hui un collège catholique. L'éducation religieuse que les élèves reçoivent est l'éducation religieuse catholique. Un prêtre agit comme animateur de pastorale et accompagne les élèves. Les activités catholiques sont présentes. «Il ne faut pas croire, par contre, que tous nos élèves sont des francophones catholiques de souche. Nous comptons parmi nos élèves des jeunes qui sont issus de l'immigration récente et qui représentent plusieurs confessions religieuses différentes. Notre caractère catholique ne dérange pas ces élèves ni leurs parents. D'une part, ces élèves ne sont pas obligés de participer aux activités catholiques et, d'autre part, les parents les ont inscrits en toute connaissance de cause.»

    Par contre, l'on devine aisément que le nouveau cours d'éducation aux religions, qui doit remplacer l'an prochain l'actuel enseignement religieux ou moral, pose ici problème. «Cette déconfessionnalisation du cours d'éducation religieuse s'est faite sans débat fondamental. L'an prochain, il faudra trouver une façon de respecter l'obligation qui nous est faite par le ministère, tout en cherchant une manière de conserver notre âme.»

    Cheminements variés et ciblés

    En plus du cours secondaire régulier, le Collège de Montréal offre à ses élèves un choix de cheminement particulier qu'il a mis en place au fil des ans. Un de ses programmes est le programme MITIC, qui permet de mieux initier le jeune aux technologies de l'information et des communications. «Ces jeunes font tous leurs cours avec un ordinateur portable.»

    Artis Magia est un programme qui s'adresse aux élèves qui veulent développer leur créativité et leurs talents artistiques. On compte trois profils: la danse, les arts visuels et la musique. «On a d'abord développé ce programme en 1999 afin de mieux intégrer les filles à un collège qui avait toujours été un collège de garçons.» Mais, depuis ce temps, le programme s'est tellement développé que le Collège de Montréal a procédé à la rénovation de l'Ermitage, un bâtiment adjacent qui ne servait plus. On y loge aujourd'hui, entre autres, un théâtre et des salles de musique. «On a redonné à l'Ermitage sa vocation d'origine.»

    Le Collège de Montréal offre aussi un programme arts-sports-études. La danse occupe le volet des arts, le tennis et la natation, celui des sports. «Les étudiants reçoivent leur formation académique au collège, mais leur formation artistique et sportive est confiée, si l'on peut dire, à des sous-traitants, avec lesquels nous avons établi des partenariats.» Pour la danse, il s'agit du Ballet Divertimento, pour la natation, le club CAMO, et pour le tennis, l'École de tennis de l'Île-des-Soeurs. «Avec ces partenariats, les étudiants ont le meilleur des deux mondes. On aimerait aussi établir des partenariats avec les établissements post-secondaires, par exemple avec Dawson et l'UQAM en danse, ce qui permettrait de mieux orienter nos élèves une fois rendus à cette étape.»

    Évidemment, les élèves qui s'inscrivent à ces différents programmes doivent y consacrer davantage de temps que leurs confrères et consoeurs du secondaire régulier. Et les parents doivent évidemment aussi débourser davantage. «Il y a des droits de scolarité de base, mais à ceux-là s'ajoutent, pour les programmes spécifiques, des frais supplémentaires. La tarification tient compte de la nature des activités. Les parents acceptent de payer plus, mais ils sont assurés que ces sommes vont au programme spécifique.»

    Accessibles à tous

    On aurait tort de croire que seuls les enfants de famille nantie fréquentent le Collège de Montréal. «Bien sûr, nous avons des enfants qui proviennent de familles à l'aise, mais, comme nous recrutons sur l'ensemble du territoire montréalais, nous avons des enfants qui proviennent de toutes les classes sociales. Le revenu familial moyen de notre clientèle s'établit à environ 60 000 dollars.»

    De plus, la fondation du collège distribue chaque année des bourses d'études aux élèves qui réussissent l'examen d'admission mais dont les parents n'ont pas les moyens de payer les droits de scolarité. «Notre fondation est l'une des plus généreuses. Cette année, des 1100 étudiants qui fréquentent le Collège de Montréal, 100 d'entre eux profitent de ces bourses. Nous faisons même de la publicité dans les quartiers défavorisés. Cela aussi fait partie de la mission sulpicienne.»

    Selon Jacques Giguère, la raison qui explique le succès du Collège de Montréal, c'est que, «pour réussir, nous sommes condamnés à être les meilleurs. Mais c'est une très belle condamnation.» Avis aux intéressés, le Collège de Montréal tiendra ses portes ouvertes annuelles les 28 et 30 septembre.

    Collaborateur du Devoir
     
     
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