Centres de la petite enfance et garderies privées - Le réseau des CPE est à compléter dans la « couronne » montréalaise
Le réseau privé demande davantage aux parents pour assurer un service de qualité
Photo : Jacques Nadeau
La qualité est un aspect qui revient souvent lorsqu’il est question de CPE et de garderies privées subventionnées.
Il y a maintenant 10 ans que l'instauration des Centres de la petite enfance (CPE) à la grandeur du Québec a été lancée. Encore 10 % du réseau est à compléter. Pour que la création des 20 000 places requises comble véritablement les besoins des Québécois, le développement devra se faire de façon stratégique, là où les problèmes d'accessibilité sont les plus criants. Enfin, la crise de la surfacturation persiste toujours avec, comme acteur principal, les garderies privées subventionnées qui doivent offrir un service d'aussi bonne qualité que les CPE, mais dans un contexte bien différent.
Il n'y a pas si longtemps, une mère qui voulait s'assurer une place dans un CPE après son congé de maternité devait s'inscrire sur la liste d'attente plusieurs années avant de tomber enceinte. Si les problèmes d'accessibilité sont encore loin d'être résolus dans certains secteurs, il y a eu des avancées.
«Nous sommes maintenant à 200 000 places disponibles et il est entendu avec le gouvernement que 20 000 autres sont nécessaires pour répondre à la demande. Le réseau a donc encore 10 % de places à développer et le gouvernement s'est engagé à le faire en cinq ans, tout en dégageant 200 millions pour y arriver», explique Johanne Roy, présidente de l'Association québécoise des CPE (AQCPE).
Évaluation des besoins réels
La création de ces 20 000 places devra maintenant se faire de manière stratégique, car certains secteurs s'en sortent plutôt bien en matière d'accessibilité. «Les pires endroits sont les villes situées dans un rayon de 70 kilomètres autour de Montréal. C'est là que les places doivent être créées. Ailleurs au Québec, il y a quand même de l'attente, mais c'est mieux. Certains secteurs ont pratiquement atteint un point d'équilibre», soutient Mme Roy.
Pour être en mesure d'évaluer précisément les besoins dans chaque secteur, un système centralisé de listes d'attente devra être mis sur pied, croit l'AQCPE. «Actuellement, les listes d'attente ne reflètent pas les véritables besoins, puisque lorsqu'un parent a besoin d'une place, il s'inscrit dans tous les CPE de son secteur. Ainsi, pour arriver à cerner les besoins réels d'une région, on ne peut pas additionner le nombre de personnes sur les différentes listes d'attente. Pour simplifier la vie aux parents tout en préservant leur libre choix de CPE, nous nous engageons formellement pour la création de listes d'attente centralisées par région. Évidemment, nous avons besoin de la collaboration du gouvernement pour y arriver», précise Johanne Roy.
Plus de flexibilité
La flexibilité du service offert aux parents est aussi à améliorer. Il est donc question du développement de places à temps partiel, de temps de garde étendu ou atypique, ou encore de places pour des séquences de l'année.
«Plusieurs CPE ont déjà mis en place du temps partiel, mais ce n'est pas encore étendu à tout le réseau. Évidemment, pour que ce soit possible, le gouvernement doit faire lui aussi preuve de flexibilité au niveau de ses critères de financement des CPE», affirme la présidente de l'AQCPE, tout en précisant qu'une flexibilité accrue libérera des places pour d'autres enfants.
Surfacturation
Si la surfacturation a été vue auprès de certains CPE marginaux il y a de ça quelques années, la situation persiste auprès des garderies privées subventionnées. Dernièrement, la ministre de la Famille, Michelle Courchesne, a affirmé qu'il resterait environ une cinquantaine de propriétaires qui dérogent au règlement, sur un total d'environ 500 garderies privées subventionnées au Québec.
Les propriétaires de ces garderies doivent demander, comme dans les CPE, 7 $ par jour par enfant pour une journée de 10 heures incluant un repas et deux collations. Les garderies peuvent toutefois demander un supplément aux parents qui désirent qu'on serve le petit-déjeuner à leur enfant, qu'on prolonge la journée de garde ou pour une sortie exceptionnelle.
Selon le président de l'Association des garderies privées du Québec (AGPQ), Sylvain Lévesque, le gouvernement ne peut pas exiger que les garderies privées subventionnées demandent 7 $ par jour par enfant tout en gardant le même niveau de qualité que les CPE, puisque les fonds accordés par le gouvernement sont insuffisants. «Nous évaluons que l'écart de subvention par enfant entre celui en CPE et celui en garderie privée est de 7 $ par jour. En plus, il faut ajouter les dépenses liées au statut juridique de la garderie privée, comme la TPS et la TVQ, qui font augmenter nos coûts d'exploitation», explique-t-il.
Sylvain Lévesque ne demande pas le même niveau de subvention que les CPE, puisque les coûts de gestion d'une garderie privée sont moins élevés, mais il considère qu'un meilleur financement est nécessaire. «Si le gouvernement nous donnait quatre ou cinq dollars de plus par jour par enfant, nous arriverions à fonctionner tout en maintenant nos standards de qualité sans surfacturer. Toutefois, je dois reconnaître que la décision du gouvernement de moduler la subvention des garderies privées en fonction du salaire moyen offert dans l'établissement et en fonction du pourcentage de main-d'oeuvre qualifiée est un pas vers la bonne direction, puisque cela incite les propriétaires à hausser leur niveau de qualité.»
Qualité et universalité
La qualité est un aspect qui revient souvent lorsqu'il est question de CPE et de garderies privées subventionnées. Les établissements sont très fiers de faire beaucoup plus que de simplement garder des enfants. «Nous avons une véritable mission éducative de préparation à la vie scolaire. D'ailleurs, nous travaillons actuellement à relancer le programme éducatif et à perfectionner le personnel. Le fait de pouvoir compter sur des employés qualifiés ne signifie pas qu'ils n'ont pas besoin de mises à jour», indique Mme Roy.
Enfin, l'AQCPE souligne l'importance de continuer à défendre l'universalité des services offerts aux parents en matière de garde. «Comme société, nous avons décidé, en créant les CPE, d'offrir la même chance dans la vie à tous les enfants, qu'ils proviennent d'un milieu riche ou pauvre, affirme Mme Roy. Si on ouvre une brèche dans l'universalité, comme le propose l'ADQ, on ouvre la porte aux tarifs variables pour une qualité variable, ce qui représenterait un grand recul pour la société québécoise.»
Collaboratrice du Devoir
Il n'y a pas si longtemps, une mère qui voulait s'assurer une place dans un CPE après son congé de maternité devait s'inscrire sur la liste d'attente plusieurs années avant de tomber enceinte. Si les problèmes d'accessibilité sont encore loin d'être résolus dans certains secteurs, il y a eu des avancées.
«Nous sommes maintenant à 200 000 places disponibles et il est entendu avec le gouvernement que 20 000 autres sont nécessaires pour répondre à la demande. Le réseau a donc encore 10 % de places à développer et le gouvernement s'est engagé à le faire en cinq ans, tout en dégageant 200 millions pour y arriver», explique Johanne Roy, présidente de l'Association québécoise des CPE (AQCPE).
Évaluation des besoins réels
La création de ces 20 000 places devra maintenant se faire de manière stratégique, car certains secteurs s'en sortent plutôt bien en matière d'accessibilité. «Les pires endroits sont les villes situées dans un rayon de 70 kilomètres autour de Montréal. C'est là que les places doivent être créées. Ailleurs au Québec, il y a quand même de l'attente, mais c'est mieux. Certains secteurs ont pratiquement atteint un point d'équilibre», soutient Mme Roy.
Pour être en mesure d'évaluer précisément les besoins dans chaque secteur, un système centralisé de listes d'attente devra être mis sur pied, croit l'AQCPE. «Actuellement, les listes d'attente ne reflètent pas les véritables besoins, puisque lorsqu'un parent a besoin d'une place, il s'inscrit dans tous les CPE de son secteur. Ainsi, pour arriver à cerner les besoins réels d'une région, on ne peut pas additionner le nombre de personnes sur les différentes listes d'attente. Pour simplifier la vie aux parents tout en préservant leur libre choix de CPE, nous nous engageons formellement pour la création de listes d'attente centralisées par région. Évidemment, nous avons besoin de la collaboration du gouvernement pour y arriver», précise Johanne Roy.
Plus de flexibilité
La flexibilité du service offert aux parents est aussi à améliorer. Il est donc question du développement de places à temps partiel, de temps de garde étendu ou atypique, ou encore de places pour des séquences de l'année.
«Plusieurs CPE ont déjà mis en place du temps partiel, mais ce n'est pas encore étendu à tout le réseau. Évidemment, pour que ce soit possible, le gouvernement doit faire lui aussi preuve de flexibilité au niveau de ses critères de financement des CPE», affirme la présidente de l'AQCPE, tout en précisant qu'une flexibilité accrue libérera des places pour d'autres enfants.
Surfacturation
Si la surfacturation a été vue auprès de certains CPE marginaux il y a de ça quelques années, la situation persiste auprès des garderies privées subventionnées. Dernièrement, la ministre de la Famille, Michelle Courchesne, a affirmé qu'il resterait environ une cinquantaine de propriétaires qui dérogent au règlement, sur un total d'environ 500 garderies privées subventionnées au Québec.
Les propriétaires de ces garderies doivent demander, comme dans les CPE, 7 $ par jour par enfant pour une journée de 10 heures incluant un repas et deux collations. Les garderies peuvent toutefois demander un supplément aux parents qui désirent qu'on serve le petit-déjeuner à leur enfant, qu'on prolonge la journée de garde ou pour une sortie exceptionnelle.
Selon le président de l'Association des garderies privées du Québec (AGPQ), Sylvain Lévesque, le gouvernement ne peut pas exiger que les garderies privées subventionnées demandent 7 $ par jour par enfant tout en gardant le même niveau de qualité que les CPE, puisque les fonds accordés par le gouvernement sont insuffisants. «Nous évaluons que l'écart de subvention par enfant entre celui en CPE et celui en garderie privée est de 7 $ par jour. En plus, il faut ajouter les dépenses liées au statut juridique de la garderie privée, comme la TPS et la TVQ, qui font augmenter nos coûts d'exploitation», explique-t-il.
Sylvain Lévesque ne demande pas le même niveau de subvention que les CPE, puisque les coûts de gestion d'une garderie privée sont moins élevés, mais il considère qu'un meilleur financement est nécessaire. «Si le gouvernement nous donnait quatre ou cinq dollars de plus par jour par enfant, nous arriverions à fonctionner tout en maintenant nos standards de qualité sans surfacturer. Toutefois, je dois reconnaître que la décision du gouvernement de moduler la subvention des garderies privées en fonction du salaire moyen offert dans l'établissement et en fonction du pourcentage de main-d'oeuvre qualifiée est un pas vers la bonne direction, puisque cela incite les propriétaires à hausser leur niveau de qualité.»
Qualité et universalité
La qualité est un aspect qui revient souvent lorsqu'il est question de CPE et de garderies privées subventionnées. Les établissements sont très fiers de faire beaucoup plus que de simplement garder des enfants. «Nous avons une véritable mission éducative de préparation à la vie scolaire. D'ailleurs, nous travaillons actuellement à relancer le programme éducatif et à perfectionner le personnel. Le fait de pouvoir compter sur des employés qualifiés ne signifie pas qu'ils n'ont pas besoin de mises à jour», indique Mme Roy.
Enfin, l'AQCPE souligne l'importance de continuer à défendre l'universalité des services offerts aux parents en matière de garde. «Comme société, nous avons décidé, en créant les CPE, d'offrir la même chance dans la vie à tous les enfants, qu'ils proviennent d'un milieu riche ou pauvre, affirme Mme Roy. Si on ouvre une brèche dans l'universalité, comme le propose l'ADQ, on ouvre la porte aux tarifs variables pour une qualité variable, ce qui représenterait un grand recul pour la société québécoise.»
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