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Pour le maintien de l'UQAM

Enrico Carontini, Faculté de communication. René Côté, Faculté de science politique et de droit. Pierre Filiatrault, École des sciences de la gestion. Yves Mauffette, Faculté des sciences. Louise Poissant, Faculté des arts. Robert Proulx, Faculté des sciences humaines. Marc Turgeon, Faculté des sciences de l'éducation  17 septembre 2007  Éducation
Le plan de redressement soumis par l'UQAM, bien que reçu par l'Assemblée des gouverneurs de l'Université du Québec (UQ), n'a pas été approuvé, comme l'a indiqué le président de l'UQ en invitant publiquement l'UQAM à retrouver l'équilibre budgétaire.

Ce plan de redressement, adopté par le conseil d'administration de l'UQAM, prévoit le comblement de 150 des 300 millions du déficit prévu sur cinq ans par la voie de revenus supplémentaires et de compressions dans le cadre d'un budget annuel d'opération se situant en moyenne à 330 millions. Il s'agit là, pour notre université, d'un effort énorme, d'un défi immense par son exigence et sa complexité. Pour les sceptiques pressés de s'exclamer «qu'ils assument!», nous dirons de ce plan de redressement qu'il n'est pas simplement énorme, immense et complexe — il est carrément punitif.

Il faudra tout le courage et l'ingéniosité de notre communauté pour y arriver tout en introduisant sur cinq ans des politiques, des mesures et des pratiques permettant de refaire l'équilibre interne et le tissu académique de notre université. Pas assez, insuffisant, inepte? Visez donc 300 millions si vous êtes sérieux? On peut le dire, on peut même le dire sans rire, semble-t-il. Notre institution a sa part de responsabilité et ne souhaite pas s'y soustraire, comme son plan de redressement l'indique clairement. Mais un redressement budgétaire de plus de 300 millions, comme on l'exige maintenant, ne peut se faire sans détruire l'UQAM.

L'occasion se prêterait pourtant à une réflexion de fond sur les effets négatifs du modèle de croissance que les règles budgétaires fixées par le MELS ont amené les universités à adopter, alors même que nous avons instamment besoin de penser un développement fondé sur une complémentarité réelle des établissements. Cette idée, toujours d'actualité selon nous, avait été mise en avant par la Commission des États généraux sur l'éducation, qui soulignait l'intérêt pour les universités (et le Québec) de fonctionner en véritable réseau.

Dommage que certains veuillent mettre l'UQAM hors jeu, elle qui a développé l'habitude de la collaboration interuniversitaire et ne cherche pas à se développer sur le dos des autres. On doit pourtant croire que le gouvernement savait ce qu'il disait en soulignant dans sa politique à l'égard des universités que les acquis de notre société en matière d'accès aux études universitaires demeurent fragiles, notamment chez les francophones.

Il faut être bien cynique pour croire que la région montréalaise puisse se passer d'une université francophone d'envergure sans voir son développement affecté. À moins que l'on ne compte sur les autres pour prendre la relève en continuant d'essaimer à Montréal des comptoirs de service où l'on offre l'université sans recherche et sans enracinement dans la communauté?

Les pouvoirs publics le reconnaissent: la société québécoise doit poursuivre ses efforts de développement de la recherche et de scolarisation universitaire, notamment aux cycles supérieurs, à la fois sur le plan de la formation de la relève et sur celui de la formation continue. L'UQAM a joué un rôle important dans cet effort collectif depuis sa création, et on voit mal comment la société pourrait tout d'un coup se passer d'elle: en arts, en gestion, en éducation, en sciences humaines, en sciences, en communication, en science politique et droit, l'UQAM a fait et continue de faire ce que d'autres n'auraient pas fait, d'une manière originale et socialement responsable.

Par ses programmes de formation, ses efforts de diffusion de la recherche dans les collectivités, ses choix en termes d'accessibilité liée à la qualité, l'UQAM est devenue, au fil des ans, un élément important de la société montréalaise. Nous sommes les gestionnaires quotidiens de cette richesse et de cette diversité, les témoins privilégiés du dévouement des personnels de l'UQAM et de la vivacité et de l'ambition de nos étudiants. Il ne faudrait pas que le dérapage immobilier dont nous assumerons les conséquences dans toute la mesure du possible fasse perdre de vue — nous le disons sans complaisance, nous le disons parce que c'est l'évidence même — qu'il ne s'agit pas seulement de savoir comment l'on doit traiter une mauvaise gestion de l'immobilier, mais aussi comment le Québec disposera d'un des joyaux de son patrimoine universitaire.
***
Enrico Carontini, Faculté de communication. René Côté, Faculté de science politique et de droit. Pierre Filiatrault, École des sciences de la gestion. Yves Mauffette, Faculté des sciences. Louise Poissant, Faculté des arts. Robert Proulx, Faculté des sciences humaines. Marc Turgeon, Faculté des sciences de l'éducation
 
 
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