Lettres: Trop, c'est trop!
Lettre à Stéphane Baillargeon
Marc H. Choko - Professeur en design et directeur du Centre de design de l'UQAM, le 22 juin 2007
23 juin 2007
Éducation
Toute une première page de Perspectives et plus (samedi 16 et dimanche 17 juin) pour nous débiter des niaiseries de «malédiction de l'Est», de «mauvais sort» et de «mauvais karma». Vous lisez trop de Harry Potter et de Da Vinci Code, M. Baillargeon, et vous vous moquez de vos lecteurs.
L'attrait de la montagne et la présence de belles grandes propriétés à lotir ont, dès le milieu du XIXe siècle, tiré le développement des beaux quartiers de la ville vers l'ouest. Mgr Bourget ne s'y est pas trompé lorsque, après le grand feu de 1852, il a décidé de reconstruire le palais épiscopal et la cathédrale Saint-Jacques-le-Majeur au square Dominion, abandonnant la rue Saint-Denis, geste prémonitoire du déclin futur du Quartier latin avant même son éclosion. Et le développement du nouveau centre-ville autour de la place Ville-Marie, depuis l'après-guerre, n'a fait qu'accentuer le mouvement. À l'est de la rue de Bleury, point de salut pour les grands investissements privés.
L'est du centre-ville de Montréal n'est pas maudit, M. Baillargeon: il est pauvre. Il a trop longtemps été délaissé. Les ménages, souvent d'immigrants, sans moyens, comme les itinérants, voire les drogués, y élisent domicile. La prostitution s'y maintient. C'est dans ce milieu que s'est réalisée l'UQAM et que nous cohabitons. Et, somme toute, avec quelques réussites, comme la Grande Bibliothèque, qu'avec d'autres j'avais défendue en commission contre les «prophéties expertes» de certains. Un succès populaire au-delà de toutes les prévisions et dont les utilisateurs se moquent visiblement de vos petites querelles d'enveloppe. Et je vais vous faire une confidence, M. Baillargeon: je l'aime, moi, cette enveloppe aux trous désormais aléatoires et évolutifs.
Quant à l'îlot Voyageur — si quelques personnes ont peut-être cru devenir les sauveurs éclairés d'une UQAM sans moyens suffisants en pensant gagner au jeu de l'immobilier et en se piquant au jeu du pouvoir —, je suis certain qu'il deviendra un projet clef du développement de ce secteur de la ville.
Et j'espère que MM. Tremblay, Labonté et Lavallée sauront en reconnaître l'importance et le défendre, dans l'intérêt de tous et du devenir de l'UQAM, du Quartier des spectacles et de tout l'est du centre-ville de Montréal.
L'attrait de la montagne et la présence de belles grandes propriétés à lotir ont, dès le milieu du XIXe siècle, tiré le développement des beaux quartiers de la ville vers l'ouest. Mgr Bourget ne s'y est pas trompé lorsque, après le grand feu de 1852, il a décidé de reconstruire le palais épiscopal et la cathédrale Saint-Jacques-le-Majeur au square Dominion, abandonnant la rue Saint-Denis, geste prémonitoire du déclin futur du Quartier latin avant même son éclosion. Et le développement du nouveau centre-ville autour de la place Ville-Marie, depuis l'après-guerre, n'a fait qu'accentuer le mouvement. À l'est de la rue de Bleury, point de salut pour les grands investissements privés.
L'est du centre-ville de Montréal n'est pas maudit, M. Baillargeon: il est pauvre. Il a trop longtemps été délaissé. Les ménages, souvent d'immigrants, sans moyens, comme les itinérants, voire les drogués, y élisent domicile. La prostitution s'y maintient. C'est dans ce milieu que s'est réalisée l'UQAM et que nous cohabitons. Et, somme toute, avec quelques réussites, comme la Grande Bibliothèque, qu'avec d'autres j'avais défendue en commission contre les «prophéties expertes» de certains. Un succès populaire au-delà de toutes les prévisions et dont les utilisateurs se moquent visiblement de vos petites querelles d'enveloppe. Et je vais vous faire une confidence, M. Baillargeon: je l'aime, moi, cette enveloppe aux trous désormais aléatoires et évolutifs.
Quant à l'îlot Voyageur — si quelques personnes ont peut-être cru devenir les sauveurs éclairés d'une UQAM sans moyens suffisants en pensant gagner au jeu de l'immobilier et en se piquant au jeu du pouvoir —, je suis certain qu'il deviendra un projet clef du développement de ce secteur de la ville.
Et j'espère que MM. Tremblay, Labonté et Lavallée sauront en reconnaître l'importance et le défendre, dans l'intérêt de tous et du devenir de l'UQAM, du Quartier des spectacles et de tout l'est du centre-ville de Montréal.
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