Lettres: À propos de socioconstructivisme
20 juin 2007
Éducation
J'ai enseigné la didactique des sciences humaines à la faculté des sciences de l'éducation de l'Université de Montréal. Il me semblait pertinent de tenter de traduire un contenu en géographie, en histoire ou en économie au primaire en partant des représentations initiales des enfants plutôt qu'à partir d'une nomenclature de concepts énoncés par des spécialistes de ces disciplines qui outrepassait la capacité de compréhension des élèves.
Aborder la connaissance de cette façon sans faire faire la moindre recherche débouche mène à la surcharge sur le plan des capacités de mémorisation des enfants, au détriment d'une compréhension véritable. En effet, comment l'enfant peut-il transférer ses connaissances dans des situations pratiques de la vie sociale s'il se limite à mémoriser des conclusions faites par les «auteurs» de manuels? Dans le contexte de l'évaluation scolaire actuelle, la «note» est la queue qui fait remuer le chien et non l'inverse. Ce qui compte en effet dans ce genre de pratique, c'est que l'élève sache copier sans faire de fautes d'orthographe ou de syntaxe.
Un jour, une étudiante lève la main et me dit ceci: «Mais monsieur, moi, je n'ai pas appris avec cette méthode-là, et regardez, je me suis rendue à l'université.» Et je lui ai répondu: «Il n'est pas certain que vous seriez ici si on vous avait enseigné selon l'approche socioconstructiviste.»
Doit-on se surprendre ensuite que l'école faillisse à la tâche d'égalisation des chances si le critère d'évaluation demeure la mémorisation de recherches faites par d'autres puisque ce qu'on appelle «recherche» consiste, hélas, à copier des extraits de livres au lieu d'apprendre à observer des faits, à faire des inférences par classification et, enfin, à généraliser? Dans le contexte d'une politique de droite caractérisée par l'enrichissement de nos futurs citoyens, on ne doit pas s'attendre à ce que l'école maintienne le cap sur un enrichissement culturel, ce qui impliquerait une réorganisation des pratiques pédagogiques telle que le propose la nouvelle approche pédagogique.
Aborder la connaissance de cette façon sans faire faire la moindre recherche débouche mène à la surcharge sur le plan des capacités de mémorisation des enfants, au détriment d'une compréhension véritable. En effet, comment l'enfant peut-il transférer ses connaissances dans des situations pratiques de la vie sociale s'il se limite à mémoriser des conclusions faites par les «auteurs» de manuels? Dans le contexte de l'évaluation scolaire actuelle, la «note» est la queue qui fait remuer le chien et non l'inverse. Ce qui compte en effet dans ce genre de pratique, c'est que l'élève sache copier sans faire de fautes d'orthographe ou de syntaxe.
Un jour, une étudiante lève la main et me dit ceci: «Mais monsieur, moi, je n'ai pas appris avec cette méthode-là, et regardez, je me suis rendue à l'université.» Et je lui ai répondu: «Il n'est pas certain que vous seriez ici si on vous avait enseigné selon l'approche socioconstructiviste.»
Doit-on se surprendre ensuite que l'école faillisse à la tâche d'égalisation des chances si le critère d'évaluation demeure la mémorisation de recherches faites par d'autres puisque ce qu'on appelle «recherche» consiste, hélas, à copier des extraits de livres au lieu d'apprendre à observer des faits, à faire des inférences par classification et, enfin, à généraliser? Dans le contexte d'une politique de droite caractérisée par l'enrichissement de nos futurs citoyens, on ne doit pas s'attendre à ce que l'école maintienne le cap sur un enrichissement culturel, ce qui impliquerait une réorganisation des pratiques pédagogiques telle que le propose la nouvelle approche pédagogique.
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