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Viser l'âme de l'UQAM

Le plan de redressement adopté cette semaine par l'UQAM pour sortir de sa crise financière touche en plein coeur la mission académique de l'établissement, les conditions de travail du personnel et la qualité des services aux étudiants.

Lorsque les premières fausses notes de ce drame lyrique ont retenti, des oiseaux de malheur ont semé leurs prédictions. Il ne fallait pas être grand devin pour comprendre que le chemin parcouru cette dernière décennie par l'UQAM pour redorer son blason allait être rapidement réduit à néant.

Force est d'admettre aujourd'hui que ces prédicateurs n'avaient pas tout faux. En présentant à la ministre de l'Éducation, Michelle Courchesne, un troisième plan de redressement — 129 millions de compressions en l'espace de cinq ans — l'UQAM ne fait pas dans la dentelle. Forcée de récupérer ce qu'elle a perdu dans la construction de beaux mirages, elle n'a d'autre choix que de se sabrer elle-même. L'exercice que s'est imposé le conseil d'administration est sérieux, mais très lourd de conséquences.

Les documents adoptés cette semaine au conseil d'administration sont poignants d'éloquence. L'UQAM a beau juxtaposer devoir de responsabilité, souci de transparence et respect de sa mission, les voies qu'elle emprunte ne mènent qu'à un constat: les temps seront durs pour l'université francophone du centre-ville.

Sous prétexte de «redéployer l'académique», l'université annonce qu'elle fera le ménage dans ses programmes. Tout y passera: les faibles taux d'inscription, les cours impopulaires, les secteurs où les taux de diplomation sont les plus faméliques. L'établissement est contraint partout à des «réorganisations du travail», qui camouflent des compressions: réduction de personnel, non-remplacement des départs, pertes de services.

Les locaux seront surutilisés et les plages horaires multipliées. L'UQAM s'avoue «exigeante» envers sa communauté: alors que les professeurs souhaitaient corriger des retards en négociation, on leur demandera en somme de faire plus avec moins. Aux étudiants, l'UQAM refile une note de frais afférents élevée, au moment où Québec dégèle les droits de scolarité.

Pour saisir l'ampleur des dommages, il n'est pas inutile de rappeler les bases sur lesquelles l'UQAM a été créée en 1969. Université «publique, urbaine et québécoise», elle donne un sens particulier au mot «accessibilité» en accueillant une clientèle souvent peu nantie. La popularité des études à temps partiel à l'UQAM traduit la présence de groupes qui concilient études avec famille ou travail. Son ouverture aux communautés culturelles constitue sans conteste une de ses forces.

Or, l'intention de l'UQAM, par exemple, d'avoir à l'oeil les étudiants qui peinent à faire leurs études dans les délais requis et à les réussir, ne risque-t-elle pas d'atteindre cette clientèle plus vulnérable?

Les critiques de l'opposition ont eu raison de demander cette semaine, devant la Commission de l'éducation, comment la ministre Michelle Courchesne allait bien pouvoir approuver ce projet sans renier ses principes. Les devoirs ont été faits, mais appliquer ce plan de redressement se résume à creuser l'âme de l'UQAM.
 
 
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  • Normand Chaput - Abonné
    16 juin 2007 00 h 46
    un mirabel educatif?
    Je me souviens des cours de droit completements surrealistes des debuts. Des professeurs pas beaucoup plus vieux que leurs etudiants. Avec, a la cle, un programme guauchesisant. C etait sympathique mais pas tres serieux. Puis voila qu on fait dans l immoblier pour etre plus grosse que le boeuf! Pourtant ils ont une faculte de gestion dans cette universite! Le recteur aurait pu prendre des cours du soir. Il y avait deja 5 universites a Montreal, ou sa region, pour une population de moins de trois millions d habitants mais c etait pas assez ,il fallait en creer une autre
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  • Jean-G. Lengellé - Inscrit
    16 juin 2007 12 h 13
    Allusion naïvement cruelle à l'état d'Université publique
    Tant dans cet éditorial que dans une lettre ouverte parue cette semaine dans le Devoir, il est question de l'aspect public de l'UQAM.
    Outre que la distinction entre publique et "autres" soit particulièrement obscure, puisque toutes les universités du Québec sont défrayées par les impôts et taxes en provenance de la poche des citoyens, cette insistance sur le côté public donne amplement raison à tous les critiques d'une bureaucratie publique galopante et coûteuse.
    Si effectivement public est synonyme de gaspillage et de mauvaise gestion, il faut se poser de très sérieuses questions sur la nature des dépenses de l'État.
    Du reste il ne se passe pas de jour sans que l'on ne claironne les dépenses pharamineuses de la Santé, et que quelqu'un quelque part n'en dénonce la part de la gestion publique.
    Évidemment, l'UQ tient comme on dit le pompon de la dépense avec sa comitite aigüe et son réunionisme délirant. Le quotidien Le Droit révélait cette semaine que c'est la clientèle UQO (cadres de l'Université du Québec en Outaouais) qui assure la survie de la compagnie aérienne qui dessert l'aéroport de Gatineau...
    Et puis, il ne faudrait pas oublier non plus que l'ENAP (École Nationale d'Administration Publique), digne succursale de l'UQ au même titre que l'UQAM a été entre autres le refuge choyé des Claude Morin et Alain Juppé, deux fleurons de l'intégrité publique.
    Gageons que l'UQAM, à l'instar de Concordia en 1999 et Bishop en 2001, se préparait à décerner un Doctorat Honorifique ( en Droit) à Madame Thibault, l'autre championne nationale des dépenses publiques récipiendaire de la "médaille des femmes d'Affaires".
    Comme quoi, le public, ya que ça de vrai
    Une Gaspésia, ou une extension du métro à Laval avec ça?
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  • Bernard Charron - Abonné
    16 juin 2007 13 h 18
    Conséquences !
    « Tout ce qui est excessif est insignifiant » ?

    Même l'ÂME peut être excessive quant, irresponsable, elle oublie les limites de ses organes.
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  • Roland Berger - Abonné
    17 juin 2007 17 h 04
    Le syndrome MBA
    On pourrait qualifier la gestion de l'UQAM de syndrome MBA, c'est-à-dire l'art de gérer ce que l'on ne connaît pas, ce qui nous intéresse en rien. C'est la clientèle étudiante qui va payer. La clientèle étudiante ? Kossé ça ?
    Roland Berger
    London, Ontario
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  • Philippe Champagne - Inscrit
    18 juin 2007 23 h 52
    UNIVERSITÉS
    On ne le répétera jamais assez. On se fait littéralement fourrer par le gouvernement sur les universités. Notre gouvernement québécois de pleutres, finance les universités anglophones pour 1,2 G $, soit 27,7 % de tous les fonds alloués à l'université au Québec, alors que leur population ne constitue que 8,3 % de notre territoire... et que nos propres universités francophones ont maille à se gérer convenablement au point d'élever scandaleusement les frais de scolarité et afférents avec la complicité de ce gouvernement pourri de Jean Charest appuyé dans le dégel par l'Action démocratique qui semble avoir arrêté d'étudier, alors que chez les anglophones, des fondations privées ajoutent aux subventions publiques. Horripilant!

    Avant de les subventionner, nos gestionnaires devraient couper aux universités anglophones parasites, leurs surplus retirés des fondations privées qui les administrent.

    à ce stade, il faudrait peut-être rappeler comme style de mauvaise gestion, un article de Clairandrée Cauchy dans notre Devoir du 11 mai dernier, titrant:

    QUATRE FOIS PLUS CHER POUR ÉTUDIER LE FRANÇAIS AU QUÉBEC...

    ...et ce, dès septembre prochain.

    Comme je demeure moi-même près d'un campus, je me dois de signaler que les étudiants chinois qui ont osé s'inscrire à l'UQÀM ces dernières années que je les ai eus comme voisins, étaient aux prises avec des compagnies de collection pour des comptes en souffrances de 4 000 $ +... Il y a des coups de pied au cul qui se perdent.

    Il ne faut plus penser pourquoi faire de l'argent, mais comment en faire?
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