Éducation: l'intégration des enfants en difficulté est déficiente
14 juin 2007
Éducation
Des syndicats d'enseignants du primaire et du secondaire remettent en question le principe de «l'intégration à tout prix» des élèves en difficulté dans les classes régulières. La Fédération des syndicats de l'enseignement, qui représente 60 000 professeurs, et l'Association provinciale des enseignants du Québec, son pendant anglophone qui représente 8000 membres, ont rencontré la presse, hier à Montréal, pour livrer un plaidoyer en faveur de limites, de balises à imposer à l'intégration d'enfants en difficulté dans les classes régulières.
Munies de 300 questionnaires remplis par leurs membres, les organisations syndicales ont brossé un portrait des difficultés rencontrées par les enseignants qui doivent intégrer dans leurs classes plusieurs enfants ayant des troubles de comportement parfois graves. Certains peuvent lancer une chaise, faire des menaces.
Ces syndicats d'enseignants se défendent bien de s'opposer au principe même de l'intégration des enfants en difficulté.
«Ce n'est pas un plaidoyer contre l'intégration. C'est un plaidoyer qui mentionne qu'il devrait y avoir des limites à l'intégration et qu'on devrait se poser les bonnes questions et tenir compte de la difficulté que vivent les professeurs lorsqu'ils vivent cette intégration. Il faut essayer d'encadrer et de définir des balises», a affirmé la présidente de la Fédération des syndicats de l'enseignement (FSE-CSQ), Johanne Fortier.
Les témoignages recueillis auprès des enseignants font état d'une classe de 27 élèves en 4e année du primaire, par exemple, dans laquelle on retrouve neuf élèves forts ou moyens, cinq dits «à risque», six ayant des difficultés d'apprentissage, six ayant des troubles de comportement et un élève ayant des troubles graves de comportement.
Un autre enseignant rapporte dans sa classe «ordinaire» du primaire, en milieu socioéconomique moyen: 30 élèves, dont six forts, 15 moyens, huit «à risque» (trouble d'audition centrale, dyslexie, difficulté langagière atypique, dysphasie modérée et difficultés de comportement) et un élève ayant des troubles graves de comportement.
Aide bienvenue, mais...
Mme Fortier demeure prudente dans son évaluation des fonds qui ont été ajoutés pour l'aide aux enfants en difficulté, soit 30 millions de dollars dans le dernier budget provincial, à la suite des pressions de l'opposition péquiste. Elle préfère attendre de voir où cet argent sera effectivement investi.
Elle souligne également que, si ces sommes ne sont pas récurrentes, elles ne résoudront pas le problème à moyen terme. Si ces sommes ne sont que ponctuelles, les commissions scolaires hésiteront à embaucher du personnel spécialisé, craignant de se retrouver éventuellement avec des spécialistes en disponibilité lorsque l'argent ne sera plus au rendez-vous.
Quant à la somme de 90 millions sur trois ans, déjà prévue lors de la dernière convention collective, elle permettra au mieux de rémunérer 1800 travailleurs spécialisés, qu'il s'agisse d'enseignants spécialisés, de techniciens en éducation spécialisée ou de professionnels (orthopédagogues, orthophonistes ou psychoéducateurs, par exemple), souligne la dirigeante syndicale.
Mme Fortier objecte que cela reste insuffisant. «C'est mieux. C'est bon. C'est correct. Mais 1800 de plus de personnel dans le milieu, dans 3000 établissements scolaires, ça n'assure pas un personnel de plus spécialisé dans chacune de nos écoles.»
Munies de 300 questionnaires remplis par leurs membres, les organisations syndicales ont brossé un portrait des difficultés rencontrées par les enseignants qui doivent intégrer dans leurs classes plusieurs enfants ayant des troubles de comportement parfois graves. Certains peuvent lancer une chaise, faire des menaces.
Ces syndicats d'enseignants se défendent bien de s'opposer au principe même de l'intégration des enfants en difficulté.
«Ce n'est pas un plaidoyer contre l'intégration. C'est un plaidoyer qui mentionne qu'il devrait y avoir des limites à l'intégration et qu'on devrait se poser les bonnes questions et tenir compte de la difficulté que vivent les professeurs lorsqu'ils vivent cette intégration. Il faut essayer d'encadrer et de définir des balises», a affirmé la présidente de la Fédération des syndicats de l'enseignement (FSE-CSQ), Johanne Fortier.
Les témoignages recueillis auprès des enseignants font état d'une classe de 27 élèves en 4e année du primaire, par exemple, dans laquelle on retrouve neuf élèves forts ou moyens, cinq dits «à risque», six ayant des difficultés d'apprentissage, six ayant des troubles de comportement et un élève ayant des troubles graves de comportement.
Un autre enseignant rapporte dans sa classe «ordinaire» du primaire, en milieu socioéconomique moyen: 30 élèves, dont six forts, 15 moyens, huit «à risque» (trouble d'audition centrale, dyslexie, difficulté langagière atypique, dysphasie modérée et difficultés de comportement) et un élève ayant des troubles graves de comportement.
Aide bienvenue, mais...
Mme Fortier demeure prudente dans son évaluation des fonds qui ont été ajoutés pour l'aide aux enfants en difficulté, soit 30 millions de dollars dans le dernier budget provincial, à la suite des pressions de l'opposition péquiste. Elle préfère attendre de voir où cet argent sera effectivement investi.
Elle souligne également que, si ces sommes ne sont pas récurrentes, elles ne résoudront pas le problème à moyen terme. Si ces sommes ne sont que ponctuelles, les commissions scolaires hésiteront à embaucher du personnel spécialisé, craignant de se retrouver éventuellement avec des spécialistes en disponibilité lorsque l'argent ne sera plus au rendez-vous.
Quant à la somme de 90 millions sur trois ans, déjà prévue lors de la dernière convention collective, elle permettra au mieux de rémunérer 1800 travailleurs spécialisés, qu'il s'agisse d'enseignants spécialisés, de techniciens en éducation spécialisée ou de professionnels (orthopédagogues, orthophonistes ou psychoéducateurs, par exemple), souligne la dirigeante syndicale.
Mme Fortier objecte que cela reste insuffisant. «C'est mieux. C'est bon. C'est correct. Mais 1800 de plus de personnel dans le milieu, dans 3000 établissements scolaires, ça n'assure pas un personnel de plus spécialisé dans chacune de nos écoles.»
Haut de la page

