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Français au cégep - Québec rejette l'approche holistique

Courchesne entend serrer la vis à ses fonctionnaires

Clairandrée Cauchy   7 juin 2007  Éducation
«Ce n’est pas une question d’être punitif, c’est une question de s’améliorer et d’aller plus loin», a tranché la ministre
«Ce n’est pas une question d’être punitif, c’est une question de s’améliorer et d’aller plus loin», a tranché la ministre
L'approche «holistique», qui préconise une évaluation qualitative de la maîtrise de la langue dans la correction de l'épreuve uniforme de français au collégial, mourra sur les tablettes du ministère de l'Éducation. C'est ce qu'a indiqué hier la ministre de l'Éducation, Michelle Courchesne, qui promet de remettre les fonctionnaires sur la même longueur d'onde que son gouvernement.

La ministre Courchesne réagissait au rapport sur la révision de l'épreuve uniforme de français de la direction de l'enseignement collégial de son propre ministère, dont Le Devoir faisait état hier. Le document, écrit par un enseignant de français au collégial qui a supervisé la correction des épreuves uniformes pendant une dizaine d'années, proposait d'abandonner la méthode du décompte systématique des fautes d'orthographe, de grammaire, de syntaxe et de ponctuation pour la remplacer par un jugement global portant sur les différents critères.

«Cela n'a aucun sens!», s'est exclamée hier la ministre Michelle Courchesne dans les corridors de l'Assemblée nationale, confiant s'être entretenue dès 7h hier matin avec le sous-ministre de l'Éducation, des Loisirs et du Sport (MELS) afin de comprendre de quoi il en retournait et manifester son étonnement.

«Je fais partie d'un gouvernement qui affirme haut et fort qu'il veut mettre à l'avant-plan la valorisation, la promotion et la maîtrise de la langue française», a plaidé Mme Courchesne, qui promet d'ailleurs, à l'automne, un plan d'action conjoint, avec sa collègue de la Culture, en ce qui a trait au soutien de la langue française.

La ministre Courchesne a fait savoir qu'il n'était pas question d'abandonner le calcul des fautes de français dans l'épreuve de français obligatoire à l'obtention du DEC. «Non, nous n'arrêterons pas, et l'évaluation, pour moi, fait partie des mesures concrètes qu'on ne doit pas mettre de côté. Ce n'est pas une question d'être punitif, c'est une question de s'améliorer et d'aller plus loin», a tranché la ministre.

Le rapport produit par Richard Berger qualifiait d'«approche judéo-chrétienne» «punitive» la méthode de correction actuelle, en fonction de laquelle un élève qui commet plus de 30 erreurs échoue automatiquement. «On devrait mesurer ce qui est réussi et non ce qui est raté», affirmait-on dans le rapport.

La ministre a dit «contester» le courant de pensée selon lequel le «contenu est plus important que le contenant».

Rappel à l'ordre des fonctionnaires

La ministre Courchesne, qui amorçait la semaine dernière un virage sur l'application de la réforme au primaire et au secondaire avec l'imposition d'un bulletin unique chiffré, entend tenir les fonctionnaires du MELS en bride. Déjà, hier, elle a convié les fonctionnaires à un lac-à-l'épaule cet été pour s'assurer que les orientations gouvernementales soient bien connues et respectées.

«Il faut que le ministère de l'Éducation ait des orientations stratégiques claires, fermes [...]. Il faudra que tous ceux qui oeuvrent dans le ministère fassent écho à ces volontés et à ces demandes et fassent écho aussi à l'importance de maîtriser le français», a argué la ministre, qui n'a pas hésité à tracer un parallèle entre le projet de révision de l'épreuve collégiale et certains aspects du récent débat sur les bulletins.

La diffusion du contenu de ce rapport, récemment présenté à des délégués des départements de français de chacun des cégeps, a suscité une vague de réactions, pour la plupart négatives, sur les ondes des tribunes téléphoniques et sur les sites Internet.

La présidente de l'Association québécoise des professeurs de français, Arlette Pilote, s'est inscrite en faux contre le changement proposé par le ministère et rejeté par la ministre. «On est en train, sur la foi de principes mijotés dans les officines du ministère, de vouloir édulcorer les épreuves. [...] L'approche comptable a quand même donné de bons résultats puisqu'il y a une amélioration de la qualité du français», a souligné Mme Pilote, dont l'association regroupe des professeurs de français issus de tous les ordres d'enseignement.

Le recours à l'approche «holistique» introduirait, selon Mme Pilote, une plus grande subjectivité dans la correction. «C'est dangereux, cela risque de mettre en péril l'équité entre les étudiants», a-t-elle poursuivi.

La Fédération des cégeps du Québec (FCQ) s'est elle aussi dite opposée à l'évaluation qualitative préconisée dans le rapport, dont on jure ne pas avoir entendu parler. «Nous n'avons pas du tout été partie prenante à l'étude, ni de près, ni de loin. [...] C'est un chemin impraticable», a tranché le président de la FCQ, Gaétan Boucher.

Les cégeps souhaitent plutôt mettre l'accent sur le renforcement des mesures d'accompagnement, notamment les cours d'appoint et les centres d'aide en français.

Intérêt des pédagogues

Si le rapport faisait l'unanimité contre lui sur la place publique hier, il était plutôt bien accueilli par les participants à un atelier donné par l'auteur, Richard Berger, dans le cadre du colloque de l'Association québécoise de pédagogie collégiale.

M. Berger, à qui on a interdit de parler aux médias hier puisque le dossier avait pris une couleur politique, a expliqué sa méthode en détail. Une expérience menée sur quelque 80 copies a révélé que «l'évaluation qualitative est plus généreuse quand les copies sont bonnes mais pardonne moins quand elles sont mauvaises», a indiqué M. Berger, chiffres à l'appui.

Parmi le petit échantillon analysé, le nombre d'échecs s'est élevé à 26 avec la méthode «holistique», contre 24 avec la méthode traditionnelle. Selon M. Berger, la méthode «holistique» présente l'avantage de ne pas pénaliser démesurément un étudiant qui fait l'effort d'écrire des phrases complexes tout en commettant quelques erreurs, comparativement à un autre qui se borne à des phrases très simples — voire simplistes — en contournant les difficultés de la langue.

M. Berger souhaite poursuivre ses tests sur de plus grands échantillons et a d'ailleurs récemment mis de côté une centaine de copies de l'épreuve administrée en mai pour les soumettre à la correction qualitative. «Je ne sais plus si on m'autorisera toujours à le faire», a-t-il confié à son auditoire.

Plusieurs professeurs de français se sont montrés intéressés par la nouvelle approche lors de la période d'intervention du public, disant y voir une façon plus «intelligente» de corriger l'épreuve.
 
 
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  • l poisson
    Inscrite
    jeudi 7 juin 2007 03h12
    La ministre Courchesne n'est pas un "yes man"
    Mme Courchesne connaît bien l'appareil bureauratique gouvernemental pour l'avoir arpenté de long en large. Pour paraphraser le rapport, elle peut mesurer ce qui est réussi ET ce qui est raté. Elle n'est donc pas encore ( je l'espère) l'esclave de ses fonctionnaires du MEQ.
    Dans un contexte de gouvernement minoritaire, peut-ëtre que l'ADQ et le PQ sauront appuyer son savoir-faire pour privilégier à l'occasion la pédagogie sur la "petite politique à la petite semaine".
    Mais est-ce que M. Charest et son actuel cabinet prendront parfois le temps de l'écouter sérieusement ? Comme dans d'autres dossiers, je l'ignore... pour le moment.

    Oublions un peu l'éducation et la culture.
    Savoir lire aide à écrire ( comme dirait Mario "La Palissade" Dumont ).

    Sans trop grever le budget "d'amour" de Mme Jérôme-Forget, les salles d'attente du ministre Couillard pourraient-elles m'offrir en guise de lecture autre chose que de vieilles revues en forme d'éventail ? Question de m'aider d'abord à patienter et peut-ëtre à prévenir mais surtout à me prémunir contre l'approche "holly stick". Suis-je minoritaire ?

  • Grégoire Bergeron
    Abonné
    jeudi 7 juin 2007 07h36
    Approche holistique
    Cet incident relatif au français au cegep n'est que la pointe de l'iceberg. Si on regarde d'un peu plus près toute la réforme de l'éducation au primaire et au secondaire qui en est à sa huitième année, il saute aux yeux que la philosophie des fonctionnaires du mels qui sous-tend cette réforme n'est autre que cette approche holistique qui jusqu'à maitenant n'a donné que des résultats catastrophiques. En effet, les élèves du Québec qui l'an dernier ont été soumis à des épreuves internationales ont démontré un net recul par rapport aux autres pays évalués. Tout ce que le ministre de l'éducation de l'époque avait trouvé à dire, c'était que l'échantillonnage était trop petit! Tous les ministres qui se sont succédés à l'éducation depuis Mme Marois ont refusé de remettre en question cette réforme fondée sur cette approche holistique mais il semble que les choses soient sur le point de changer si l'on se fie à l'attitude de l'actuelle ministre. Les prochains mois nous diront si elle aura su mettre ses fonctionnaires au pas ou si au contraire ce sont ces derniers qui l'auront ramenée dans le droit chemin.

  • pell47
    Inscrit
    jeudi 7 juin 2007 08h13
    Rejet de l'approche holistique.
    Si un étudiant utilise des mots qu'il commprend vraiment la signification lors d'examen,je pense qu'il doit être en mesure de savoir comment l'écrire.Des dictionnaires sont à la porté des étudiants il est primordial de chercher pour se rappeller comment l'écrire.Il ne faut pas commencer à permettre aux étudiants d'écrire au son,même si son examen est plein de bon sens.

  • Sébastien Bourbonnais
    Inscrit
    jeudi 7 juin 2007 08h20
    Mélanger les pommes et les poires
    Comment rester indifférent devant de tels propos, et surtout, devant une situation qui va tellement mal? Je suis « choqué » devant une telle digression du problème. Le problème ne réside pas dans l'évaluation des étudiantes et étudiants, mais bien dans leur difficultés à écrire correctement. Pour avoir moi-même dû reprendre l'épreuve uniforme en raison du nombre élévé de fautes que j'ai commises, je considère cette évaluation « qualitative » de scandaleuse. Je crois fortement que, selon une telle méthode, j'aurai réussi l'examen du premier coup. Par contre, je ne suis pas près à admettre que mon échec a résolu mes difficultés criantes pour la langue écrite. Je peux même dire que j'ai réussi lors de ma deuxième tentative en simplifiant le contenu. Des phrases simples, simplistes: il faut tout de même réussir, si l'on souhaite poursuivre!
    Je raconte mon expérience afin de souligner que pour les deux partis, ils mélangent la conséquence avec la cause; l'évaluation avec l'apprentissage.
    D'une façon ou d'une autre, il est relativement facile de réussir cette épreuve sans avoir la capacité de s'exprimer clairement et sans faute. J'ai donc dû apprendre les caprices de cette langue merveilleuse de mon propre chef: cours de grammaire, de synthaxe, de rédaction, avec les étudiants étrangers apprennant notre langue. En plus, tout au long de mon cheminement universitaire, j'ai eu droit à des commentaires sur l'insuffisance de mon expression écrite.
    Alors, je prends ces quelques lignes afin de présenter ma colère face à ce ministère qui s'évertu à éviter le problème de fond. Selon moi, la façon d'évaluer est secondaire, voire absurde, dans l'échec de l'apprentissage de la langue française. Il est temps de se retrousser les manches et de s'attaquer à la cause de ces échecs, car les difficultés soulevés par l'évaluation, ne représentent que les conséquences.

  • jacques noel
    Inscrit
    jeudi 7 juin 2007 08h51
    La censure
    "M. Berger, à qui on a interdit de parler aux médias hier puisque le dossier avait pris une couleur politique"

    Je me demandais hier pourquoi qu'on n'attendait pas le fonctionnaire défendre son rapport lui-même sur les ondes!

    Est-ce qu'on en est rendu là avec Jean Charest? LA CENSURE!

  • gaetan giguere
    Inscrit
    jeudi 7 juin 2007 09h08
    Mai 68
    Ces fonctionnaires sont surement des jeune adultes ayant vécu ou survécu à mai 68.Ces fonctionnaires devaient être des adeptes du LSD ou des champignons magiques.Ces drogues sont très nocives pour le cerveau.La seul endroit ou ces individus pouvaient espérer se trouver un emploi etaient bien sur la fonction publique.C'est le seul endroit ou les tarés pouvaient espérer ce trouver un emploi.Excusé les fautes de francais.Je crois que je suis contaminé au vérus appélé:LA MALADIE DU FONCTIONNAIRE, qui détruit le cerveau humain en nivelant par le bas l'intelligence humaine.Existe tìl un vaccin pour soigné cette maladie dévastatrice?La pire épidémie qu'a connu le Kébec contemporain

  • Jean-Pierre Aubry
    Abonné
    jeudi 7 juin 2007 09h41
    Des diplômes à rabais ?
    Le stratégie qui consiste à adopter de bas standards en éducation et à donner des diplômes à rabais est voué, tant au niveau des individus que de la société, à l'échec. On constate déjà les résultats d'avoir baissé les standards dans les trois dernières décennies. À ce chapitre des enquêtes de Statistique Canada ont démontré que plusieurs étudiants canadiens terminent le secondaire avec de sérieuses difficultés au niveau de la lecture.

    Nous sommes dans un monde où il y a énormément de concurrence et nos enfants doivent être bien outillés pour faire face à cette réalité, dans tous les domaines, que ce soit les arts, la technologie, l'ingénierie, le commerce, ou les divers métiers...

    Choisir de bas standards est une stratégie vouée à échec. Il faut plutôt choisir une stratégie où les standards sont élevés et où on aide les étudiants en difficulté en leur donnant plus de temps pour apprendre et plus de support provenant d'enseignants, aides-enseignants, spécialistes ou de tuteurs.

    Jean-Pierre Aubry

  • Rodrigue Guimont
    Abonné
    jeudi 7 juin 2007 09h59
    De la méthode du sablier à l'approche holistique...
    C'est d'une évidence évidente que pour faire réfléchi et intelligent, il n'est pas rare d'enrober de termes savants empruntés à d'autres disciplines (ici la biologie : holistique << de l'anglais hoslistic << forgé à partir du grec holos i.e. entier) pour mieux faire passer des idées qui autrement passeraient comme tout à fait ordinaires.

    Je soupçonne ce «Rapport sur la révision de l'épreuve uniforme de français» de vouloir réduire, pour raison économique, le coût des cours obligatoires de rattrapage hors programme donnés dans les universités québécoises.

    Il est heureux, à l'heure des communications électroniques, que la Ministre Courchesne, admette haut et fort qu'une telle étude, loin de pourvoir à la qualité de la langue française ferait en sorte de rabaisser notre langue au niveau d'une «lingua franca», sorte de sabir, franc de règles de grammaire et de syntaxe.

    Bravo, Madame.

  • Normand Thouin
    Inscrit
    jeudi 7 juin 2007 10h08
    Pelleteux de nuages !
    Et nivelage par le bas! Faut-il être adepte de la médiocrité pour vouloir proposer une chose semblable, l'apparoche holistique ! Quand son auteur en est rendu à pondre des arguments type " approche judéo chrétien, c'est à dire punitive", je m'inquiète sérieusement pour les éleves à qui enseigne cet énergumène...

  • Rino St-Amand
    Inscrit
    jeudi 7 juin 2007 10h10
    Pour une bonne partition de l'enseignement
    Vaut-il mieux dire des sottises dans un excellent français ou avoir un discours lumineux dans un français très approximatif? Bien sûr que le système éducatif doit viser l'excellence tant en ce qui a trait à la forme qu'au contenu. Or les travaux des étudiants doivent nécessairement être en relation avec la matière enseignée, de même que la dite évaluation de ces travaux ou examens.

    Si les choses n'ont pas trop changé depuis ma jeunesse, un cours de langue s'adresse (encore) exclusivement à la forme du discours, tandis que la philosophie traite plutôt du contenu. Et quant à la littérature, elle marie à la fois la forme et le contenu. Dans un cheminement scolaire idéal, le cours de langue maternel se donnerait depuis le primaire jusqu'à la fin du cegep, la philo depuis le secondaire deux ou trois, jusqu'à la fin des études universitaires, et la littérature, depuis la première année du cégep. Les deux premières matières seraient obligatoires, alors que la littérature serait optionnelle, et aucun des évaluateurs ne s'immiscerait dans le champ d'études de l'autre.

  • Julien Lussier
    Inscrit
    jeudi 7 juin 2007 12h18
    Partiellement bénéfique
    Si la méthode proposée par M. Berger est risible, il a raison de dire que les élèves sont moins portés à composer des phrases plus complexes, en employant un vocabulaire plus littéraire. Pour corriger la situation, nul besoin de cesser de comptabiliser les fautes d'orthographe. Plutôt, il faut accorder une plus grande importance au style.

    Le français écrit n'est pas une équation mathématique; il ne suffit pas d'écrire sans fautes pour avoir la note parfaite. Il faut plus, une certaine créativité ou un sens du littéraire plus aiguisé. C'est sur ce dernier volet que les élèves doivent pouvoir se démarquer; il faut y accorder plus de poids. Écrire sans fautes, c'est 60% du travail.

  • Pierrette L. Ste Marie
    Abonné
    jeudi 7 juin 2007 12h29
    La politique en éducation
    Je comprends les préoccupations liées à une meilleure connaissance de la langue écrite et je souscris à une qualité d'enseignement qui fasse aimer le français aux enfants et qui les préparent adéquatement au secondaire.
    Ce sont les objectifs de compétence qu'il faut viser et non uniquement la méthode.
    Ce qui m'inquiète par-dessus tout: L'ingérence du politique dans la démarche pédagogique.
    Je ne reconnais en rien l'expertise d'une ministre passagère dans ce domaine.
    Si les fonctionnaires du ministère sont incompétents c'est à ce niveau qu'il faut questionner.
    Les enfants n'apprennent pas tous de la même façon

  • Sylvain Racine
    Abonné
    jeudi 7 juin 2007 13h33
    L'heure est grave puisqu'elle sonne le glas
    Bonjour,

    Aujourd'hui j'avais une rencontre de départ avec mon employeur. Je travaillais pour un service client en ligne, donc des capacités à écrire correctement et à rédiger des phrases adaptées aux différentes situations et clients sont exigées. Ces capacités ne sont pourtant pas extraordinaires. Un Cégep en science humaines réussi devrait normalement suffire.

    Profitant de l'actualité, je me suis renseigné auprès de mon employeur à savoir ce qu'il pensait du rapport du ministère de l'éducation. La réponse est catégorique : pathétique. Personne pour prendre ma place lundi. Aucune des 15 personnes (tous avec un baccalauréat dans différents domaines) passées en entrevue depuis 2 semaines n'a réussi à faire une petite traduction de l'anglais au français correctement. Pourtant, cette traduction fait une demie page, le candidat est à la maison et peut utiliser internet, dictionnaires, amis, famille, etc. Où est-ce qu'on s'en va? Enfin, moi j'immigre dans 6 jours en Suède, mais pour les autres, j'ai vraiment de la peine. Il suffit de passer en revue les absurdités de la politique Québécoise et Canayenne, l'éducation, la santé et la culture pour se rendre compte que l'heure est grave, très grave.

  • andré michaud
    Inscrit
    jeudi 7 juin 2007 14h32
    Go gauche égalitariste
    La go-gauche égalitariste est infiltrée partout pour niveler vers le bas et conduire à leur morale de moumounes qui adorent les losers et méprisent l'effort et l'entrepreneurship. Et on camoufle le tout sous un vocabulaire digne de la gauche caviar pour justifier le tout! Ils n'ont pas compris qu'un bon coup de pied au cul vaut mieux que de la moumounerie, quand on veut vraiment aider quelqu'un. En réalité ils méprisent du haut de leur paternalisme et maternalisme les gens qu'ils prétendent défendre.

  • Roland Berger
    Abonné
    jeudi 7 juin 2007 15h16
    Pourtant de très belles dents
    Madame la ministre Courchesne a décidé de mettre au pas les fonctionnaires de son ministère. Elle a pourtant de très belles dents. Pourquoi choisit-elle de se les casser dans ce combat perdu d'avance, comme avant elle TOUS les ministres de l'Éducation qui l'ont précédé, qu'ils soient libéraux ou péquistes. Mais la bataille ne manquera pas d'intérêt. 1-0 pour la Ministre.
    Roland Berger
    London, Ontario

  • Philippe Champagne
    Inscrit
    jeudi 7 juin 2007 17h15
    FRANÇAIS
    Une fois de plus, beaucoup de bruit pour rien.

    Un petit rappel: « Le premier instrument du génie d'un peuple, c'est sa langue ». Stendhal

    J'ai proposé sur la tribune de Normand Lester hier à ce sujet que le ministère de l'Éducation (on devrait dire Instruction, soit dit en passant)imite les concours internationaux de Miss Pageant, Miss Teen, Miss Univers, M. Monde...où on donne 30 points sur 100 pour leur personnalité aux candidats et candidates.

    Pourquoi n'appliquerait-on les mêmes critères dans le présent débat?

    Qu'on donne 30 points de base à un étudiant passant un examen dans un bon français écrit, exception faite bien sûr des tests de mathématiques sauf en géométrie, et 70 points pour le reste de la copie.

    Ce serait assurer à tout le moins une relève à notre nation en extinction à cause de l'écrit au son fomenté sur les blogues informatiques, et aux traductions moches que nous présente Windows Explorer Google des pages dont on demande de les voir dans notre langue maternelle. Ça fait dur pas à peu près et monte sur un socle de trop la médiocrité et la paresse intellectuelle qui les inspire, ou certainement l'ignorance pure et simple de la langue de Molière.

    Ainsi l'élève récompensé, non puni, à qui on donne 30 points de base sur un examen pour ses efforts ne perdra rien de sa combativité pour l'excellence une fois parvenu sur le marché du travail.

    Savoir écrire aide à parler.

    "Ce qui se conçoit bien s'énonce clairement,
    Et les mots pour le dire viennent aisément". Boileau

  • Jules Bélanger
    Inscrit
    vendredi 8 juin 2007 09h28
    C'est du sabotage, Madame la ministre
    Madame la ministre,

    La recommandation de vos fonctionnaires à l'effet d'oublier les fautes de français dans
    les copies de nos cégépiens et que vous avez heureusement décidé de mettre à la
    poubelle est ni plus ni moins qu'un acte de sabotage. Je vous félicite donc de votre
    décision claire et rapide. Aussi, je vous souhaite beaucoup de courage pour obtenir que ladite
    recommandation crève vraiment car, c'est bien connu, les fonctionnaires sont très forts.

    Décider qu'on peut diplômer un collégien incapable d'écrire dans sa langue maternelle,
    c'est saboter chez nous l'avenir de la langue française, l'avenir de la culture, l'avenir de
    nos collégiens et partant l'avenir de notre société. Ces fonctionnaires de votre Ministère
    affirment sans gêne qu'il importe peu, pour réussir sa vie ou accéder à l'université, de
    savoir formuler sa pensée et la communiquer en des mots et des phrases selon des
    conventions établies. Aberration éhontée ! Scandaleuse entreprise de démolition !

    Ils ne sont pas les premiers à prêcher une telle décadence, un tel accommodement
    déraisonnable à la démission devant l'effort intellectuel. Il y a plus de 35 ans, certains
    de leurs prédécesseurs, ou maîtres à penser, sont venus dans nos régions dire à nos
    enseignants du secondaire qu'il ne fallait pas s'inquiéter de la faiblesse du français écrit
    de leurs élèves puisque c'était l'expression orale qui importait. Par la suite, j'ai vu des
    copies d'élèves de cégep criblées de quatre à cinq fautes par ligne, à pleine page. À
    peu près une faute par mot, parfois deux. Devais-je alors consacrer une partie du cours à
    leur enseigner l'accord des adjectifs ou la conjugaison des verbes pendant que la
    classe attendrait de moi le cours de littérature annoncé? M'étant un jour indigné auprès de
    mon directeur général qu'on admette au cégep des élèves aussi mal préparés, il me
    répondit, sympathisant : Que veux-tu ? Ces élèves-là sont titulaires d'un certificat
    d'études secondaires signé par le ministre de l'Éducation.

    En plus de vous féliciter et de vous souhaiter beaucoup de courage, Madame la ministre,
    comme il s'agit d'un acte de sabotage, je souhaite ardemment que vous preniez les
    dispositions disciplinaires qui s'imposent dans les circonstances. Les auteurs de tels
    méfaits doivent être neutralisés. Leurs oeuvres aussi.


    Jules Bélanger, O.Q.,
    ex-professeur de français
    au Cégep de la Gaspésie et des Îles

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