lundi 28 mai 2012 Dernière mise à jour 01h13
fermer

Connexion au Devoir.com

Mot de passe oublié?


Chercher

Inscrivez-vous (gratuit)
Mot de passe oublié?
Abonné papier? Connexion
S'abonner au Devoir
Publicité

Libre opinion: M'ont text es-tu lizib? J'ai et cris!

Michèle Bourgon - Professeure de littérature française au collégial  7 juin 2007  Éducation
Nous le savons tous, le français se porte mal: on le parle mal, on l'écrit mal, on fait des fautes. Les Québécois souffrent depuis l'aube de leur temps de cette inculture langagière, mais ils ont fait des progrès et, à force d'efforts, ils sont généralement parvenus à maîtriser leur langue maternelle.

Depuis quelques années, une régression notable a été constatée. Depuis quand, au juste? Depuis qu'on a changé les méthodes d'apprentissage du français au primaire? Depuis que la réforme est appliquée? Depuis cette course effrénée vers la diplomation à tout prix? Depuis que les parents ne savent pas ce que leurs enfants sont allés faire dans cette galère? Depuis qu'on nivelle par le bas?

Quand on exige moins des élèves, ils donnent moins. Quand on leur en apprend moins, ils apprennent moins. Quand ils ont 95 sans effort, ils apprennent que l'effort n'est pas important. Quand tout le monde passe ou a la même note, à quoi bon se forcer pour se distinguer?

Le milieu de l'éducation est aux prises avec une hydre monstrueuse qui est en train d'étouffer lentement, mais sûrement, les progrès d'antan. La correction de la langue doit être simplifiée parce que les jeunes n'arrivent plus à la maîtriser et que le problème est généralisé. Voilà le constat qu'on ne vous dira jamais. Mais fermer les yeux, les oreilles et la bouche, est-ce la bonne solution? Quel peuple voulons-nous devenir? Quels sont nos objectifs?

Les jeunes sont allumés, brillants, pleins de bonne volonté. À nous de les former, de leur inculquer la fierté de bien maîtriser leur langue. C'est notre responsabilité.

En anglais, langue maternelle, on ne corrige plus les fautes? Pourquoi ne pas appliquer la même pratique? Non, parce que notre situation n'est pas la même. Nous mourons à petit feu. Mourrons-nous à gros bouillons? Mourrons-nous brouillons?

On parle de juger de la lisibilité d'un texte! On parle de savoir si on comprend à peu près ce que l'étudiant a voulu exprimer. On plonge dans l'approximation.

Je suis franchement ébranlée, sonnée. Je ne pensais pas qu'on en arriverait là, mais voilà qu'on y est presque. J'ai peur pour ma langue, j'ai peur pour mon peuple, j'ai peur pour l'éducation des jeunes, j'ai peur pour l'avenir. Comment a-t-on pu en arriver là?

A vous cons pris ceux queue g'ai cri?

Z'êtes pas tannés de mourir... ?
 
 
Édition abonné
La version longue de certains articles (environ 1 article sur 5) est réservée aux abonnés du Devoir. Ils sont signalés par le symbole suivant :
 
 












CAPTCHA Image Générer un nouveau code

Envoyer
Fermer

Haut de la page
Cet article vous intéresse?
Cet article vous intéresse?
0 réaction
0 vote Voter
 
  • a Taille du texte -- ++
  • Imprimer
  • Envoyer
  • Partager
  • Droits de reproduction
  • Voter
Mots-clés de l'article
Recherche complète sur le même sujet


Publicité

Les blogues du devoir

Vos commentaires

m'inscrire
 
Recherche



Exemples de recherche :
Robert Sansfaçon
"directeur général des élections"

S'abonner au Devoir
Abonnez-vous au journal papier Le Devoir ou à la version Internet.
Publicité
Vous souhaitez annoncer dans Le Devoir, contactez le service de publicité.

En savoir plus
Stratégie Web et référencement par Adviso
Design Web par Egzakt
© Le Devoir 2002-2012