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Fini les fautes de français au cégep ?

Québec suggère de ne plus compter le nombre de fautes à l'épreuve de français

Clairandrée Cauchy   6 juin 2007  Éducation
Le ministère de l'Éducation envisage de ne plus comptabiliser systématiquement les fautes d'orthographe, de syntaxe et de ponctuation dans la correction de l'épreuve uniforme de français au collégial, dont la réussite est obligatoire pour l'obtention du DEC. Un rapport recommande de troquer le décompte des fautes pour une évaluation «qualitative», dite «holistique», afin de mesurer la maîtrise du français.

Le rapport, qui circule depuis quelques jours dans le milieu collégial, qualifie de «punitive» la méthode de correction actuelle, qui consiste notamment à effectuer une recension des erreurs commises dans la copie de quelque 900 mots d'un étudiant. «Ce ne sont pas les faiblesses de l'élève qui devraient intéresser l'évaluateur, mais plutôt ses forces: on devrait valoriser ce qui est réussi et non mesurer ce qui est raté», peut-on lire dans le rapport produit par l'enseignant de français Richard Berger pour le compte du ministère de l'Éducation, des Loisirs et du Sport (MELS).

Pour l'heure, on comptabilise le nombre de fautes de syntaxe, de ponctuation, de grammaire et d'orthographe, ainsi que la précision et la variété du vocabulaire pour attribuer une note sur la qualité de la langue. L'étudiant qui commet moins de neuf fautes aura un A, celui qui en a entre 10 et 19 s'en tirera avec un B et on attribuera un C à celui qui fait entre 20 et 30 fautes. L'échec survient lorsqu'on recense plus de 30 fautes dans la copie d'un étudiant. Outre la maîtrise de la langue, les correcteurs évaluent également la compréhension des textes littéraires à propos desquels l'étudiant doit disserter et la qualité de son argumentation ainsi que la structure de son texte.

Le document produit par la direction de l'enseignement collégial du MELS préconise de renoncer à l'évaluation «quantitative» de la maîtrise du français pour adopter une approche «holistique». Le correcteur devrait ainsi juger si l'étudiant maîtrise de façon satisfaisante ou pas la syntaxe et la ponctuation, les accords grammaticaux ainsi que l'orthographe. Il évaluerait également la justesse et la variété du vocabulaire employé.

«Cela se fait ainsi partout sauf chez nous; c'est déjà comme cela pour l'épreuve uniforme d'anglais langue maternelle», fait valoir le directeur de l'enseignement collégial au ministère, Christian Ragusich. Il souligne que la méthode actuelle peut par exemple pénaliser exagérément un étudiant qui ne maîtrise pas une notion précise de syntaxe, qui lui vaut plusieurs «fautes», mais dont le texte est par ailleurs bien écrit. «Quand viendra le temps de décider si un étudiant passe ou pas, cela ne sera plus seulement une addition du nombre de fautes de un à trente. On regarderait la lisibilité du texte», poursuit M. Ragusich en entrevue au Devoir.

Le taux de réussite à l'épreuve uniforme de français, administrée depuis 1996, oscille généralement autour de 85 % (il était cependant de 81 % l'an dernier). La majeure partie des échecs sont attribuables à une maîtrise insuffisante de la langue. Le rapport note que 12,9 % des collégiens échouent à cet aspect de l'épreuve uniforme, comparativement à seulement 5,8 % pour l'épreuve uniforme d'anglais, où la maîtrise de cette langue fait déjà l'objet d'une évaluation «holistique». Notons qu'il faut nécessairement obtenir la note de passage au chapitre de la maîtrise de la langue pour réussir l'épreuve dans son ensemble.

Le directeur de l'enseignement collégial nie toute tentative de niveler vers le bas pour améliorer le taux de réussite, soulignant que les critères de maîtrise de la langue feront toujours l'objet d'une évaluation.

Ce n'est pas l'avis du président de l'Association des professionnels de l'enseignement du français au collégial, Gérald Gaudet. «On essaie de baisser le niveau pour atteindre de meilleurs taux de réussite, alors que le niveau est déjà bas. C'est déplorable», critique M. Gaudet.

Il juge irréaliste l'emploi d'une approche d'évaluation qualitative ou holistique. «Cela laisse place à beaucoup de subjectivité. [...] On ne peut pas faire la correction de la langue si on ne se base pas sur quelque chose de normatif. Je ne vois pas comment cela peut être appliqué», fait observer M. Gaudet.

Le document sera soumis à un comité du ministère, formé d'enseignants, de représentants des collèges et des universités, chargé de revoir l'ensemble de la formation générale au collégial. Le directeur de l'enseignement collégial souligne qu'une telle approche, si elle était retenue au terme des travaux du comité, devrait faire l'objet d'un projet-pilote avant que des recommandations soient formulées à la ministre de l'Éducation pour la révision de l'épreuve.

Peu d'intervenants contactés par Le Devoir avaient eu le temps de prendre connaissance de l'ensemble du rapport, publié en mai. C'est notamment le cas de la Fédération des cégeps, qui espère que le gouvernement la consultera en bonne et due forme avant d'aller de l'avant.

À la Fédération des enseignants du collégial (FEC-CSQ), on indique que l'approche «holistique» n'est pas très bien reçue. «On veut bien souligner les forces de l'étudiant, mais il faut aussi mesurer ses faiblesses, pour lui en faire part et qu'il s'améliore. Cela n'a pas beaucoup d'allure», déclare le président de la FEC, Mario Beauchemin.

Son collègue vice-président de la Fédération nationale des enseignants (FNEEQ-CSN), Jean Trudelle, est moins tranché. Il estime qu'il peut être intéressant de simplifier la grille de correction, pour en retirer des critères «tatillons» qui pourraient jouer contre les étudiants. «Mais il ne faut pas que cela devienne une passoire», avertit M. Trudelle, promettant d'avoir le ministère à l'oeil lorsque viendra le temps de l'application.

Autres aspects

Si l'approche de correction dite «holistique» est reçue plutôt fraîchement, d'autres aspects suscitent cependant de bonnes réactions du côté des enseignants. Le rapport de M. Berger suggère entre autres d'introduire des traductions d'oeuvres étrangères dans les textes soumis. «C'est très intéressant en période de mondialisation», s'exclame le professeur de français Gérald Gaudet.

On ouvre également la porte à l'étude d'oeuvres qui ne seraient pas des textes de fiction. Si le rapport était adopté tel quel, les étudiants pourraient par ailleurs choisir entre quatre questions différentes plutôt que trois. Pour tenir compte du temps de lecture des textes, le nombre minimal de mots requis passerait par conséquent de 900 à 800.
 
 
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  • Mi. Metz - Inscrite
    6 juin 2007 02 h 50
    Injuste
    Est-ce pour accélérer l'employabilité de jeunes adultes fraîchement diplômés au détriment de nombreux diplômés (souvent universitaires) plus âgés sans emploi, souvent parce qu'ils ont ont nom de famille à consonnance "étrangère" : arabe, germanique (assimilé à juive), etc. ?
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  • Robert Henri - Inscrit
    6 juin 2007 06 h 02
    Nivellement par le bas, encore et toujours
    Nous nous préparons à une ou plusieurs générations de techniciens quasi analphabètes dont la compétence est limitée et le sens civique réduit à néant. Le gouvernement effectue un travail de fossoyeur de la nation québécoise.
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  • Michèle Bourgon - Inscrite
    6 juin 2007 06 h 55
    Le système d'éducation est très malade
    J'enseigne au niveau collégial. Depuis quelques années, on a vécu des pressions de toutes parts pour favoriser la diplomation à tout prix. Comme, de toute évidence, les étudiants ne réussissent pas mieux, nous voilà pathétiquement venus à considérer de ne plus compter les fautes d'orthographe à l'épreuve finale en français. On favorisera la "lisibilité" du texte. Laissez-moi rire. On abaissera aussi le nombre de mots de la dissertation à l'examen du MELS. Est-ce le français qu'on évalue ou la capacité de tracer des lettres au hasard? Signe-t-on ici la mort de notre langue? Je ne peux pas croire qu'on va laisser cela se produire. Je ne veux pas le croire. C'est une aberration qui devrait faire sursauter toute la population. Si le français est si malade c'est qu'on n'y a pas vu avant, c'est qu'il y a longtemps qu'on a cessé de s'en préoccuper, c'est que l'on considère la cause comme désespérée.

    Sy j'écrit sa cé queue jeu suit unn vyiel proffe qu'y pansait queue l'a métrize deux la lang été trais impotante pour s'espriméz.

    De riches années à venir...

    Le vrai problème, c'est qu'on ne sait plus quoi faire et
    qu'on doit certainement penser en haut lieu à éliminer l'enseignement de la littérature française des collèges. C'est devenu trop difficile... et ça ralentit la fameuse et nécessaire diplomation et ça coûte cher. Combien coûtera un peuple d'incultes diplomés?

    Les jeunes sont une force vive. Ils sont brillants, allumés; ils ont la capacité d'apprendre si on les motive et on les stimule. Ils sont parfaitement capables de s'élever. Ce ne sont pas des imbéciles.

    Il serait plus qu'intéressant de voir les résultats d'une enquête indépendante sur la maîtrise du français en milieu collégial.

    Chers et chères collègues, il est temps de se lever.
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  • tosca - Abonné
    6 juin 2007 07 h 40
    Bouillie de fonctionnaire!!!
    Un autre fonctionnaire qui avait besoin de justifier son salaire et d'impressionner son patron!!! Au lieu de se fendre le crâne pour éviter l'échec à un trop grand nombre de candidats on ferait mieux de se demander pourquoi ils n'ont pas appris à écrire convenablement avant d'arriver au collégial!!! Il fallait y voir avant et s'assurer dès les premières classes que le français était bien enseigné et bien maîtrisé plutôt que d'attendre les élèves à la sortie et de se voir forcé de baisser les critères. Je voudrais bien savoir si on s'intéresse à la qualité de la langue tout le long du niveau élémentaire dans les autres matières que le français. Il y a certainement lieu de mettre plus d'importance à l'enseignement du français dès les premières classes et de s'assurer que TOUS les écoliers apprennent à écrire correctement au primaire!!! C'est là que se situe le premier échec et c'est là qu'il retourner voir la faiblesse de notre système.
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  • Michael F. Layman - Inscrit
    6 juin 2007 07 h 54
    Nous parlons/écrivons déjà mal au Québec...
    Cette approche-ci exacerbera sans doute la créolisation de la langue. Il est vraiment dommage qu'il n'y ait pas de loi provinciale sur la qualité de la langue française au Québec. N'avons-nous pas honte ? La grammaire doit être enseignée aux écoles, et les élèves devraient être punis si ceux-ci ne la connaît pas! La communication, tant écrite qu'orale, est primordiale aujourd'hui ! Quel héritage laissons-nous pour nos enfants et leurs enfants ?
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  • David Nadeau - Abonné
    6 juin 2007 08 h 12
    Enfin quelqu'un qui dit les vrais affaires !
    Je salut le raport de Monsieur Berger que je trouve très intelligent. Non mais ses vrais, à quoi sa serre d'écrire san faire de fôtes si l'important ses de se faire comprendre. J'espère que le gouvernement apliquera les mesure proposer afin que plus d'étudiant réussisse leur CEGEP et qu'on puisse se venter d'avoir un taux de réussite de 100% à l'examen final parce qu'on est bon !!!
    Non mais !!! Est-ce que c'est vraiment en suivant des recommandations comme celle de M. Berger que nous allons assurer le développement intellectuel de nos jeunes et que nous allons assurer la pérénnité de la langue française au Québec ? Il y a toujours ben des limites au misérabilisme.
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  • Jean-François Couture - Inscrit
    6 juin 2007 08 h 14
    La langue de nos pairs !
    La langue de nos pairs !

    Il n'y a qu'à regarder la télévision pour s'apercevoir que le peuple et plusieurs journalistes ne savent même plus parler correctement leur langue maternelle.

    Alors pour ce qui est de l'écrire, on repassera !

    L'utilisation d'un sujet, d'un verbe et d'un complément à l'intérieur d'une phrase bien conjuguer semble, désormais, relever de la physique quantique !

    La langue étant l'architecture de la pensée il ne faut donc pas se surprendre du niveau abyssal de notre culture.

    L'anglais est facile à apprendre... Et le français à oublier ! - Albert Brie
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  • Nacia Faure - Abonné
    6 juin 2007 08 h 16
    Le bon francâ :qu'essa-donne ?
    Enfin, un bon fonksionère du ministaire sé aperçu que se cera ben plu facile de pacé lé eksamens et d'awoir son diplome asteure ki calcule pu les fôtes pi la cinqtaxe pi la grannmère. Déja que pu une personne de moins de 50 ans ne peux ferre une frase de 10 mot sans se mélangé dans linfinitif pi le participe passé, pourquoi continué de bien apprendre le francâ: l'important cé de se comprenne entre nous. Bravo monsieur le fonctionère du ministaire, de même ca va fère moins de décrocheure pi en plus on a pas besoin de plus que 500 mots pour se comprenne, genre comme.
    Georges L'Espérance, médessin.
    Montréal
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  • Guy Tremblay - Inscrit
    6 juin 2007 09 h 06
    Je suie trait daccor
    Je suie un encien proffeseur d'université.
    Ses fentastique de voire que le ministaire travail trait fort en proposan des idés aussi original.
    Gros bravo a tout lait fonctionaire qui justifis insi leur salère.
    P.S. Ses plus difissile que je ne le pensè de fer otant de fôte de notre bel langue.
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  • Tommy D'Aigle - Inscrit
    6 juin 2007 09 h 26
    Le pour et surtout, le contre
    Serait-il possible qu'un jour, nous puissions faire de l'enseignement un domaine où l'on recherche l'excellence et non la médiocrité? Cette question prend tout son sens à la lecture de cet article.

    Le niveau de maîtrise du français est déjà très bas au Québec en général. Il suffit de visiter une classe de français dans n'importe quelle école secondaire publique québécoise pour le constater. Déjà que les règles entourant les évaluations ne sont pas claires (et cela n'est pas nécessairement une conséquence du Renouveau pédagogique que je défends) et que le taux d'échec aux examens institutionnels universitaires sur la qualité du français en enseignement (l'examen SEL-B pour le réseau de l'Université du Québec) atteint des sommets déconcertants, nous devons maintenant faire face à un nivellement vers le bas de l'enseignement et de l'évaluation du français au niveau collégial.

    Ne nous le cachons pas: un minimum d'effort suffit à maîtriser de manière convenable son français. En adoptant une approche "holistique", on ouvre la porte toute grande à une écriture encore plus "orale" à une époque où le vocabulaire propre au clavardage pullule dans les textes et compositions des élèves et des étudiants.

    Je vous en prie, cessons de niveller vers le bas le niveau de l'enseignement au Québec et surtout, cessons de comparer notre langue maternelle que nous défendons avec tant de vigueur, le français, à notre langue seconde, l'anglais.

    Sur une note plus positive, je crois qu'il était temps que le réseau collégial ouvre les yeux vers les oeuvres de langues étrangères. La littérature française et québécoise à beau être abondante et d'une grande qualité, elle ne constitue qu'une partie restreinte de la littérature universelle. Pour une institution (le réseau des CÉGEP) qui a vu le jour à la fin de la Révolution tranquille et à une époque où le Québec s'est ouvert au monde entier, cette constatation est plutôt tardive...

    Bien à vous,

    Tommy D'Aigle
    Étudiant au baccalauréat en enseignement secondaire, UQAC
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  • Gaétan Laprise - Abonné
    6 juin 2007 10 h 20
    Tel père tel fils...
    La première fois que mon plus vieux, alors en secondaire 3, m'a envoyé un courriel écrit en "chat" (les enfants doivent quitter pour le "continent" après secondaire 2 à Anticosti), c'est-à-dire plein d'abréviations, je lui ai retourné en demandant un vrai texte, sans fautes si possible. Ce fut la seule fois. Malgré le fait qu'il oublie souvent de se relire (comme moi...) il fait très peu de fautes, maintenant au secondaire 5.

    J'aurais pu ajouter telle mère aussi, ma blonde a d'ailleurs fait remarquer au Devoir il y a quelques années que le féminin d'artisan était artisane, non pas artisante, car existait depuis des années un Carnet des Artisants...

    Si les parents seraient exigeants dans la calité de leurs fransais, les enfants le seraient z'aussi. Et sauraient ce qu'est un pataquès.

    Les meilleurs profs des enfants sont et seront toujours leurs parents. Point.
    Alex
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  • Olivia Pelka - Inscrite
    6 juin 2007 10 h 25
    Constat d'échec de notre système
    Tout ceci me confirme dans mon choix d'envoyer mes enfants à l'école secondaire privée. Ce projet du ministère de l'Éducation est, pour moi, un aveu d'échec: "Nous ne réussissons pas à instruire convenablement nos élèves, mais nous avons besoin d'eux sur nos bancs d'école, et le marché du travail compte sur nous pour leur envoyer une main-d'oeuvre diplômée, alors réduisons nos exigences et faisons passer cela pour de la grandeur d'âme..."

    «Ce ne sont pas les faiblesses de l'élève qui devraient intéresser l'évaluateur, mais plutôt ses forces: on devrait valoriser ce qui est réussi et non mesurer ce qui est raté»

    Mon Dieu que c'est infantilisant! et pourtant, on parle de jeunes adultes. Imaginons un instant que la faculté de médecine fasse pareil avec ses futurs médecins... C'est ridicule.
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  • Sarah Bilodeau - Inscrite
    6 juin 2007 10 h 28
    C'était une langue belle...
    Pauvre petit peuple québécois qui, fatigué et meurtri de son dernier combat pour préserver la langue française, ne cesse de s'excuser d'exister en feignant l'innocence et l'analphabétisme. Pardonnez-nous, Sainte-Francophonie, nous ne sommes pas dignes de vous recevoir! Nous nous tournons vers notre référence la plus proche et pourtant la moins appropriée pour fonder notre éducation linguistique. « Eux » font ainsi, dans un contexte culturel et sociolinguistique complètement opposé au nôtre, mais ça fonctionne pour « eux », alors faisons comme « eux »!

    Que vaut une population qui n'arrive plus à maîtriser sa langue? Nos mots, criblés d'erreurs, nos écrits agonisants de sottise linguistique deviendront le reflet d'individus sans crédibilité, d'une société à la dérive.
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  • Pascale Choquette - Abonné
    6 juin 2007 11 h 13
    Améliorer au lieu de réduire
    Pourquoi fait-on autant de fautes? Je crois que la langue pourrait être simplifiée et que cela éliminerait beaucoup de fautes.

    Une réforme intelligente de la langue (il y a déjà quelques réformes logiques qui ont été proposées) pourrait améliorer grandement les difficultés du français.

    Prenons pour exemple l'espagnol qui a simplifié sa langue. Résultat : très jeunes, les enfants savent écrire Chrysanthème car en espagnol, on a éliminé tout ce qui n'avait pas de sens logique pour celui qui écrit donc :
    Crisantemo (en espagnol, pas de y, plus de h).

    Sans détruire la langue, il y a des changements majeures qui pourraient aider les jeunes apprenants. «Ne baissez pas la barre, rendez plutôt le saut plus facile».

    R.G.
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  • Louis Cousineau - Abonné
    6 juin 2007 11 h 19
    Le déclin
    Voilà où nous en somme. Les fonctionnaires contribuent à leur propre image qui se détériore avec de telles propositions. Je lisais LE MIRACLE IRLANDE de C. Rioux...on est plutôt dans LE DÉCLIN DU QUÉBEC juste à penser faire une telle propositon.
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  • Wabush - Abonnée
    6 juin 2007 11 h 19
    Diplôme holistique pour illétré
    Bravo aux génies du ministère de l'Éducation qui ont pensé à cette approche holistique. On va maintenant pouvoir décerner des diplômes holistiques à une bande d'illétrés. Voilà qui n'a certainement rien à voir avec le génie de la langue française.

    Sylvie Brousseau, traductrice
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  • Pierre Samuel - Abonné
    6 juin 2007 11 h 20
    On ne peut enseigner ce qu'on ne connaît pas!
    Est-ce parce que nous n'avons réellement plus le choix, étant donné que plusieurs enseignants, eux-mêmes, ne savent plus écrire? Allons simplement vérifier le degré de connaissance chez plusieurs enseignants à tous les niveaux y compris universitaire!
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  • Sylvain Racine - Abonné
    6 juin 2007 11 h 25
    L'éducation au Québec: former des imbéciles heureux... c'est là que j'ai coulé
    Au secondaire, mon but était d'obtenir des notes de 60%, dans le seul et unique but d'avoir mon diplôme. Si la note de passage avait été de 40%, j'aurais visé le 40%.

    Mais au Cégep, je me suis rendu compte que le niveau de difficulté était plus difficile que le secondaire. J'avais de la difficulté à m'exprimer, autant à l'oral qu'à l'écrit. Je n'avais jamais lu un roman. Et puis, après avoir tenté le sciences humaines, j'ai décidé d'étudier en arts et lettres, littérature et théâtre. Je suis parti de loin, d'analphabète et inculte à allumé... et la flamme brûle toujours.

    Et puis, je me suis rendu compte que la vie c'est faire des efforts, c'est se surpasser, être fier de ce que l'on est et de ce l'on deviendra. J'ai eu la chance de tomber sur un programme fantastique qui est Arts et lettres au Cégep de Victoriaville. Heureusement!

    Aujourd'hui, j'ai réussi des études universitaires en traduction, rédaction et autres. Et ce n'est pas fini!

    Malheureusement, ce matin, je me rend bien compte que le secondaire et le cégep, à l'exception du programme en arts et lettres, à pour seul et unique but de former des gens incultes et des imbéciles heureux.
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  • arabe - Inscrit
    6 juin 2007 11 h 39
    Une explication partielle
    Très très peu de premiers de classe choisissent la Faculté des Sciences de l'Education quand vient le temps de choisir un domaine d'étude universitaire. Cela affecte le comportement du diplômé typique, ou moyen, de cette Faculté, ainsi que celui du fonctionnaire typique du Ministère de l'Education (j'imagine que ce fonctionnaire est, plus souvent qu'autrement, formé dans une Faculté des Sciences de l'Education).

    En une sorte de revanche des Nerds inversée, tout est donc fait pour minimiser l'avance du premier de classe classique et faire paraitre aussi bon que ce premier de classe classique le futur diplômé moyen de la Faculté des Sciences de l'Education.

    Il y a chez l'être humain une tendance innée à défendre ses propres intérêts. Je souhaite de tout coeur que la Faculté des Sciences de l'Education devienne le premier choix d'un grand nombre de premiers de classe à l'avenir. Sinon, la fâcheuse tendance que nous avons observée depuis 40 ans, cette sorte de culte de l'ignorance, se poursuivra.

    Mais soyons clair: je suis à la fois pour la correction des fautes d'orthographes, de grammaire et de syntaxe, et pour la simplification de l'orthographe française. Que l'apprentissage d'un français correct soit plus long que l'apprentissage d'un suédois ou d'un espagnol correct devrait être considéré comme une insulte et non une fierté.
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  • Pierre Philippe - Inscrit
    6 juin 2007 12 h 06
    Haro sur la bêtise !
    Quand stoppera-t-on le nivellement vers le bas? Comparer le mode de correction des épreuves d'anglais avec celles du français est carrément abusif s'agissant de la langue maternelle d'une part et d'une langue seconde d'autre part; il y a là une erreur d'appréciation : on n'a pas le droit de confondre les mécanismes d'insertion dans sa propre culture avec les besoins du fonctionnement professionnel aussi important soit-il.

    La connaissance de la langue est étroitement liée à sa mesure rigoureuse à l'école, via la correction des textes entre autres. En l'absence d'une langue de qualité, le comprendra-t-on, il est illusoire de se faire comprendre ! Pour tout dire, il devient décourageant de donner des cours à l'université à des étudiants dont la maîtrise de la langue est insuffisante, à telle enseigne qu'ils se montrent incapables de saisir le raisonnement du professeur en classe, faute de vocabulaire, par inaptitude à décoder la structure des phrases ou par incapacité à saisir les enjeux d'un discours; ou encore lors des examens, lorsque ces mêmes étudiants s'avèrent incapables de faire leur propre démonstration, concluante, de la solution d'une problématique. L'enseignement et la correction des examens sont alors synonymes du parcours du combattant : pour l'étudiant, sa performance se solde par des notes plus faibles dans la discipline dans laquelle il se forme, non par manque de compétence professionnelle mais parce que la performance est corrélée nécessairement à la connaissance de la langue, et, pour le professeur, qui attribue des notes souvent dans le doute... parce que les réponses aux questions manquent de cohérence et d'à-propos. Suit tout naturellement une dévaluation des diplômes et une incompétence généralisée qui se traduit par une difficulté à trouver et à retenir un emploi.
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  • andré michaud - Inscrit
    6 juin 2007 13 h 17
    Une 4ième année en 1920 était mieux
    J'ai les lettres expédiées à ma mère par mon père lors de la seconde guerre mondiale. Mon père avait une 4ième année primaire et la qualité de son français était supérieur à celle des étudiants de secondaire 5 voir CEGEP d'aujourd'hui.

    Notre seule chance d'améliorer la qualité du français écrit serait un programme informatique qui corrigerait automatiquement. Toute autre solution tiend de l'utopie.
    Quand les profs ont de la misère à écrire correctement comment peuvent-ils l'enseigner aux jeunes?
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  • Michel Simard - Abonné
    6 juin 2007 13 h 34
    C'est tout l'Occident qui devient formé de techniciens analphabètes
    Le problème de la qualité de la langue écrite n'est pas propre au Québec. C'est tout l'Occident qui connaît ce problème, tant aux États-Unis qu'en Europe. Pour travailler avec des francophones de plusieurs pays, je peux assurer que les jeunes Français, Suisses, Belges, etc. écrivent des textes tout aussi incompréhensibles et bourrés de fautes que leurs collègues québécois. Et quand j'étudiais à l'Université McGill il y a plus de 20 ans déjà, les professeurs se plaignaient des textes qu'ils recevaient, peu importe qu'ils leur étaitent donnés par des anglos de Montréal ou de Toronto ou autres.

    Tout l'Occident est en train de former des techniciens analphabètes. Excellents pour travailler avec leurs logiciels mais incapables de tâches (compétences, connaissances ??? mdr) élémentaires comme :
    - écrire un texte compréhensible;
    - traduire un problème concret et opération mathématique simple;
    - interpréter des résultats;
    - synthétiser des informations.
    Alors ce n'est pas seulement le français, mais aussi les mathématiques appliquées et les sciences humaines.
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  • Olivia Pelka - Inscrite
    6 juin 2007 14 h 09
    En 1920, l'ordinateur n'existait pas
    Monsieur Michaud: votre grand-père savait écrire sans avoir jamais eu recours au moindre correcteur informatique.

    Il n'y a aucune utopie à espérer voir l'enseignement du français pris plus au sérieux à l'école.
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  • Marie-Josée Rhéaume - Inscrite
    6 juin 2007 15 h 01
    Le MEQ régi par la loi du moindre effort
    J'enseigne la philo au cégep et viens de terminer mes corrections de fin de session. Quelle épreuve ! Les fautes de langue les plus fréquentes ne sont pas seulement liées aux difficultés de la langue française. Voyez deux exemples des plus courants : « on identifie l'être humain pas ses actions qu'on ne peut avoir contrôle... on va s'intéresser sur quoi la conscience nous définient ... » et « c'est deux penseur croient en la différence et un distinction entre l'homme et l'animal ... c'est la libertée qui nous poussent à prendre de désision. » Mes recherches personnelles confirment que plus l'élève écrit mal, plus il a de la difficulté à comprendre un texte moindrement complexe. En effet, la performance des élèves dans les cours de philosophie est corrélée à leur performance dans les cours de français.

    Le MEQ cherche à augmenter le taux de réussite à tous les échelons scolaires. Ses réformes pédagogiques visent la réussite du plus grand nombre. Cette norme sert notamment à l'évaluation institutionnelle des enseignements. Si bien que, d'une part, un département peut être obligé d'appliquer une politique institutionnelle voulant que 10 % de la note d'un travail soit réservée au français, alors que, d'autre part, il est contraint d'adopter une règle compensatoire spécifiant que nul ne peut échouer un cours à cause du français. L'on aura compris que beaucoup d'élèves de philosophie perdent 10 % de leurs points à cause du français. Le MEQ semble donc vouloir officialiser ce qui se pratique déjà.

    Pour sortir de l'impasse, l'on doit réfléchir au sens de l'égalité et de la justice, qui fondent la croyance que tous peuvent réussir, et aux moyens de cette réussite. Quand, depuis le primaire, on met tous les élèves ensemble et que l'échec est proscrit, on se retrouve à l'université avec des professeurs qui attribuent « des notes souvent dans le doute... parce que les réponses aux questions manquent de cohérence et d'à-propos » comme le dit Pierre-Philippe plus haut. Mais aussi, on pénalise les meilleurs élèves qui ont tendance à partir au privé. La solution est peut-être de ne pas mettre tous les élèves dans la même classe et de revoir l'objectif terminal des cours en fonction de la réalité. À l'école publique, tous les élèves devraient avoir le droit de développer pleinement leur potentiel intellectuel, et ce, sans que les professeurs soient coincés par des exigences qui sont difficiles à concilier honnêtement.

    Marie-Josée Rhéaume
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  • Gilles Marcouiller - Inscrit
    6 juin 2007 15 h 06
    On en aura bientôt fini de l'identité québécoise
    En cette fin d'après-midi dejà ombrageuse, l'orage vient d'arriver. Mais où allons-nous ? Le temple de l'identité québécoise qui ne portait plus que sur une seule colonne alors que jadis il portait sur trois (la langue, la culture et la religion), s'apprête à s'effondrer. Ils sont fous ces québécois !

    Je viens de compléter une maîtrise avec laquelle j'ai dû me battre avec les rudiments de la langue puisque je ne l'est avait pas acquis dans ma jeunesse. Je suis content d'avoir été jugé sévèrement par mes correcteurs. Quelqu'un peut-il s.v.p. réveiller les hauts fonctionnaires et leur dire de ne pas nous laisser tomber.

    Le monde est fou !
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  • Roland Berger - Abonné
    6 juin 2007 15 h 37
    Remonter à la source
    Déplorer la minable maîtrise de la langue française dont font montre les étudiants du secondaire, du collégial et de l'université n'avance à rien à rien d'autre qu'à mettre sur pied des services de récupération pour les étudiants les plus faibles, l'université tentant de corriger les lacunes qu'elle attribue au collégial, et le collégial, celles qu'il attribue au secondaire. Dans la même logique, les titulaires du primaire ne peuvent que s'en prendre aux parents.
    Il faut briser ce cercle vicieux. Le gouvernement du Québec doit sélectionner dès le secondaire les premiers de classe (en langue comme en d'autres disciplines) et les encourager à se diriger vers l'enseignement en payant en totalité leurs études, du collégial à l'université. Le coût relativement élevé d'une telle mesure ferait par ailleurs que, dans quelque dix ans, l'école primaire compterait des enseignants qui savent lire et écrire et, surtout, qui aiment lire et écrire. Au besoin, les cours de français pourraient être dispensés par des « spécialistes » de la langue maternelle, comme il est normal de le faire en enseignement de l'anglais.
    À défaut d'une telle mesure, la plupart des enseignants du primaire continueront d'enseigner à lire et à écrire alors qu'ils n'aiment pas lire et écrire et qu'ils ne maîtrisent pas leur langue maternelle, envoyant chaque année au secondaire des élèves pour qui l'apprentissage du français tient du cauchemar.
    Bien sûr qu'il faut tenir compte des forces des élèves. Mais où diable peuvent-ils les développer ?
    Roland Berger
    London, Ontario
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  • David Nadeau - Abonné
    6 juin 2007 16 h 12
    Ce que pense une enseignante en français au collégial, en l'occurrence moi...
    Je suis heureuse de constater que ce sujet provoque diverses réactions auprès des lecteurs. Plusieurs d'entre vous affirmez que les enseignants ne savent plus écrire. Connaissez-vous plusieurs enseignants au collégial?

    Pour ma part, je peux affirmer que mes collègues enseignants maîtrisent très bien la langue française. Quant à mes collègues d'autres départements, si quelques-uns éprouvent des difficultés, ils ont toutefois le mérite de venir chercher de l'aide auprès des enseignants en français et deviennent eux-mêmes très compétents.

    Et les élèves dans tout ça ?
    Lorsque je demande à mes illustres collègues, ceux qui enseignent au collège depuis vingt, voire vingt-cinq ans, comment ils trouvent la qualité du français de leurs élèves, ils semblent dire que le niveau d'aujourd'hui n'est pas si inférieur que celui d'autrefois. Seulement, la démocratisation de l'enseignement a fait en sorte que ce n'est plus uniquement l'élite qui a le privilège d'aller faire des études supérieures.

    Malgré l'explication, le constat demeure : les élèves font beaucoup de fautes. Par contre, pour la plupart, ils connaissent par coeur les règles de grammaire sans savoir les appliquer à leurs propres textes. Il faut donc arrêter de relever le problème et mettre tous les moyens en oeuvre pour les aider. Ce sont des élèves très intelligents qu'il faut arrêter de prendre pour des imbéciles.

    Finalement, dois-je rappeler à ceux qui ne sont pas convaincus que la langue n'est pas un outil uniquement utile à ceux qui oeuvreront dans le domaine de la communication? Et les infirmières, et les concepteurs de logiciels et de sites Internet, peuvent-ils se permettre d'écrire n'importe comment ?
    Lorsque la syntaxe d'une personne est tellement boiteuse que le message en devient indéchiffrable, j'espère seulement que l'individu en cause ne deviendra ni l'éducatrice de mes enfants, ni le médecin qui traitera mon parent malade.

    Julie Blanchette, Cégep de Saint-Jérôme
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  • François Rioux - Abonné
    6 juin 2007 16 h 25
    Une langue pas pire
    Sur le site du Ministère de l'Éducation, on peut trouver le texte où sont contenues l'analyse et les propositions de M. Berger. Je ne le traiterai pas de sale fonctionnaire. Évaluer l'ÉUF est une tâche pertinente et les conclusions de M. Berger ne me semblent pas toutes absurdes.
    Par contre, l'un des arguments de M. Berger sur la question de l'évaluation du critère langue s'énonce ainsi : si l'évaluation de ce critère s'effectue de façon quantitative, le correcteur indique et codifie les erreurs sur la copie de l'élève. Si ce dernier échoue, il peut demander sa copie, constater ses erreurs et demander des explications pour ne pas les répéter. Selon M. Berger, cette situation a pour conséquence de détourner l'EUF de sa fonction « certificative » (prouver la maîtrise d'un certain nombre d'acquis) au profit d'une fonction « formative ». Or si l'élève échoue de façon « holistique » à son examen, il pourra toujours commander sa copie, se faire indiquer ses erreurs par un professeur et tenter de s'améliorer. Est-ce bien grave si, dans certains cas (les cas d'échec, où cela s'avère nécessaire), l'EUF permet à l'élève d'identifier ses faiblesses (qui peuvent se situer au niveau du code linguistique, mais peuvent aussi correspondre à un manque d'organisation ou encore à de la paresse) afin de s'améliorer? N'apprend-on pas toujours ? Si je construis un pont et qu'il s'écroule, je serai bien content de savoir où je me suis trompé. Ce n'est pas avec les flattes qu'on me fera dans le dos qu'il se reconstruira.

    M. Berger parle de la façon de faire actuelle (compter les fautes) comme « punitive » et « judéo-chrétienne ». La recherche de rigueur et de l'excellence ne signifie pas que l'on doive retourner à l'époque des coups de règles sur les doigts.

    Une évaluation qualitative serait plus difficile et longue à effectuer (au lieu de compter les fautes, il faudrait compter les fois où l'élève aurait pu faire une faute et ne l'a pas fait), ses résultats peut-être plus facilement contestables, et la réussite plus facile. Parce que pour réussir le critère langue comme le propose M. Berger, l'on pourrait, si j'ai bien calculé (parce que l'évaluation qualitative fonctionne par calcul aussi), réussir deux aspects du critère et échouer radicalement dans les deux autres, et réussir tout de même le critère langue. Or on encourage ainsi non pas une maîtrise de tous les aspects de la langue, mais une maîtrise globale « pas pire ».

    Ce n'est plus le temps de dire à l'étudiant quelles sont ses forces : ses enseignants auront pu le faire lors de son parcours (et il faut le faire, pour ne pas décourager l'élève, mais avant l'épreuve « certificative »). On doit connaître ses faiblesses pour pouvoir les améliorer. À moins que l'étudiant, le professeur et le ministre ne soient d'accord pour se contenter du plus bas minimum possible. Et à prendre les élèves pour des cancres, on en fera effectivement des cancres.
    Qu'arrivera-t-il quand l'élève, après avoir réussi « holistiquement » l'EUF, s'il se dirige vers l'enseignement, par exemple, devra subir, à la fin de son baccalauréat, un test de français beaucoup plus difficile ? Devra-t-on, dans ce cas aussi, réduire les exigences et accepter des enseignants qui ne maîtriseront pas vraiment ce qu'ils devront enseigner ? Qui écriront dans une langue juste « pas pire » ?
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  • Bernard Charron - Abonné
    6 juin 2007 16 h 26
    Ca va faire !
    L'identité québécoise est fondée sur la langue et la culture française.

    Le système d'éducation est là pour transmettre d'abord cette valeur instrumentale du
    « Contrat social » et doit s'assurer que ceux et celles qui en sortent diplomés (nouvelles générations, nouveaux arrivants) en ont une excellente maîtrise.

    On n'est pas là dans la sphère molle du « comment te sens-tu ? » ni celle du « pauvre petit qui risque d'être triste parce qu'il a un résultat concret et mesurable à obtenir ». Pensée si précieuse à certains « lologues » d'un certain milieu qui ne favorise pas le
    « fait de ton mieux...pour réussir ». Mais qui se contente plutôt d'un « considères que tu fais de ton mieux parce que tu fais du bruit avec ta bouche ou gesticules en alignant des lettres sur le papier » !

    Sur ce sujet prioritaire de l'éducation au Québec, il faut être ouvert aux diverses stratégies qui peuvent soutenir le progrès de l'apprentissage mais rester impénétrable à l'égard de celles qui ne prévoient pas en mesurer concrètement les résultats.
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  • Jean Desjardins - Abonné
    6 juin 2007 16 h 50
    La note de passage du ministère...
    Quant à moi, l'équipe de fonctionnaires qui a préparé ce torchon ne mérite pas la note de passage ! Idem pour les supérieurs hiérarchiques qui, avec complaisance, l'ont laissé publier.

    Dans le secteur privé, ces joyeux naufragés du Système auraient, dès cet après-midi, l'occasion de rechercher un nouvel emploi évalué selon des critères holistiques. Genre: y é urjant de pa tro sforcé si cé qan méme péant. tsai veu dir, sti.


    Jean Desjardins

    Laval

    P.S. Merci à madame Courchesne, si le dire de monsieur Claude Poulin s'avère vrai.
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  • France Marchand - Inscrite
    6 juin 2007 17 h 51
    Prendre le temps de bien faire ...
    Lorsque les jeunes communiquent entre eux via Internet (chat et blogs), s'ils "prenaient le temps" d'appliquer les règles de grammaire qu'ils apprennent dans leurs cours de français tout au long de leur primaire et secondaire, je suis persuadée qu'ils feraient beaucoup moins de fautes. Par la même occasion, ils retireraient un plaisir à fournir un effort pour obtenir un résultat proportionnel, autant du point de vue holistique que de la forme.

    Au fait, comment évaluer de façon juste un contenu si son contenant fait défaut?...
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  • Jules Bélanger - Inscrit
    6 juin 2007 21 h 09
    Félicitations, Madame la ministre, et bon courage !
    C'est du sabotage, Madame la ministre !

    La recommandation de vos fonctionnaires à l'effet d'oublier les fautes de français dans
    les copies de nos cégépiens et que vous avez heureusement décidé de mettre à la
    poubelle est ni plus ni moins qu'un acte de sabotage. Je vous félicite donc de votre
    décision claire et rapide. Aussi, je vous souhaite beaucoup de courage pour obtenir que ladite
    recommandation crève vraiment car, c'est bien connu, les fonctionnaires sont très forts.

    Décider qu'on peut diplômer un collégien incapable d'écrire dans sa langue maternelle,
    c'est saboter chez nous l'avenir de la langue française, l'avenir de la culture, l'avenir de
    nos collégiens et partant l'avenir de notre société. Ces fonctionnaires de votre Ministère
    affirment sans gêne qu'il importe peu, pour réussir sa vie ou accéder à l'université, de
    savoir formuler sa pensée et la communiquer en des mots et des phrases selon des
    conventions établies. Aberration éhontée ! Scandaleuse entreprise de démolition !

    Ils ne sont pas les premiers à prêcher une telle décadence, un tel accommodement
    déraisonnable à la démission devant l'effort intellectuel. Il y a plus de 35 ans, certains
    de leurs prédécesseurs, ou maîtres à penser, sont venus dans nos régions dire à nos
    enseignants du secondaire qu'il ne fallait pas s'inquiéter de la faiblesse du français écrit
    de leurs élèves puisque c'était l'expression orale qui importait. Par la suite, j'ai vu des
    copies d'élèves de cégep criblées de quatre à cinq fautes par ligne, à pleine page. À
    peu près une faute par mot, parfois deux. Devais-je alors consacrer une partie du cours à
    leur enseigner l'accord des adjectifs ou la conjugaison des verbes pendant que la
    classe attendrait de moi le cours de littérature annoncé? M'étant un jour indigné auprès de
    mon directeur général qu'on admette au cégep des élèves aussi mal préparés, il me
    répondit, sympathisant : Que veux-tu ? Ces élèves-là sont titulaires d'un certificat
    d'études secondaires signé par le ministre de l'Éducation.

    En plus de vous féliciter et de vous souhaiter beaucoup de courage, Madame la ministre,
    comme il s'agit d'un acte de sabotage, je souhaite ardemment que vous preniez les
    dispositions disciplinaires qui s'imposent dans les circonstances. Les auteurs de tels
    méfaits doivent être neutralisés. Leurs oeuvres aussi.


    Jules Bélanger, O.Q.,
    ex-professeur de français
    au Cégep de la Gaspésie et des Îles
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  • Bibiane Beauregard - Abonnée
    7 juin 2007 11 h 57
    Le tabou de la connaissance et la loi du moindre effort.
    La dernière nouveauté émanant de nos '' penseurs'' du M.E.Q. me laisse plutôt songeuse et perplexe. Il est vrai que les ''fautes'' peuvent être associées à tort ou à raison au ''péché'' au mal: mots bannis de notre vocabulaire de même que le mot ''culpabilité'' tous associés à la moralité oppressive d' antan.

    Toutefois, nous devons exercer une vigilance accrue pour que cette morale désormais bannie (hum) de nos consciences ne laisse place à une nonchalance intellectuelle menant directement à la médiocrité et obéissant à la loi du moindre effort.

    Mes ex-jeunes collègues de l' enseignement dissimulaient avec difficulté leur manque de maîtrise de la langue française. Cela les humiliait au plus haut point. Ils devaient faire appel à leurs collègues plus expérimentés, de l' époque des Écoles normales parfois. Quelle honte pour eux(elles) pourtant si habiles à manier l'ordinateur et autres outils technologiques dans leurs pratiques pédagogiques.

    Nous sommes tous un peu responsables de ce qui nous arrive. Combien d' entre nous avons pris le parti de nous taire ou de nous retirer devant cette frénésie juvénile s' emparant de nos conseillers (!) pédagogiques et de la jeune relève enseignante? Très peu se sont objectés ouvertement ou plus discrètement à la dérive pressentie de la qualité de notre langue écrite. La perte inévitable de l' habilité à exprimer clairement notre pensée, notre appréciation ou notre esprit critique dans quelque domaine que ce soit n' augure rien de bon pour l' avenir de notre langue, notre culture et notre identité.
    Bibiane B.
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  • Benjamin Leduc - Inscrit
    20 novembre 2007 13 h 47
    Je suis d'accord menn
    Il ne faut pas enlever de point pour les fautes...!!!!
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