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Fin de la récréation !

Dans perdre une minute, la ministre de l'Éducation, Michelle Courchesne, a répondu aux multiples pressions qui étouffaient la question du bulletin à l'école. En plus de rassurer les parents inquiets et d'écouter les doléances des enseignants, elle enfile — enfin! — l'habit d'une ministre qui tient fermement les rênes de l'éducation.

Un bulletin unique dans toutes les écoles du Québec: exit la multiplication des dérives! Le retour des pourcentages et des moyennes de groupe: fini, les interprétations confuses! Feu vert au redoublement après une année plutôt qu'un cycle: ça suffit, la promotion automatique! Et puis, surtout, c'est la fin du jargon incompréhensible, des libellés ésotériques qui masquent la réussite et l'échec. Bravo!

Ces bonnes nouvelles traduisent un sens aiguisé de l'écoute. En imposant chiffres et moyennes, la ministre Courchesne fait preuve de sollicitude à l'égard des parents. En acceptant le redoublement au terme d'une année plutôt que deux et en n'imposant pas l'évaluation des compétences transversales, elle prouve aux enseignants qu'elle les a entendus.

Mais ne soyons pas dupes pour autant: ces nouvelles directives, pour lesquelles le premier ministre Jean Charest avait pris la peine de se déplacer hier, donnent la réplique à la force adéquiste, elle-même le reflet du gros bon sens populaire. Par les temps qui courent, mieux vaut manier la baguette politique avec doigté...

Les annonces d'hier mettront fin, espérons-le, à une partie de ce tumulte qui empêche de s'attaquer aux «vrais problèmes», soit la réussite des enfants à l'école, d'une part, et le véritable examen de la réforme, d'autre part.

Il ne faut pas rêver en couleurs: en clarifiant l'outil de communication qui lie le parent à l'école, on ne vient pas d'évincer tous les maux de la réforme. La question que renvoie la ministre au Conseil supérieur de l'éducation (comment évaluer les compétences en traduisant la maîtrise des connaissances?) n'est pas anodine à cet égard. Elle touche finement l'éternel débat opposant les détracteurs et les partisans de la réforme sur la place des «connaissances» à l'école. Espérons que le Conseil supérieur de l'éducation démêlera ce fouillis en harmonie avec la directive ministérielle, c'est-à-dire de manière claire et compréhensible.

La ministre Courchesne mettrait-elle fin à une ère de tergiversations entourant l'école? Elle amène en tout cas une touche autoritaire qui avait failli ces derniers temps. À trop miser sur l'atteinte des consensus, certains avaient mis en veilleuse l'exercice d'un véritable leadership, pourtant capital à ce poste crucial.

Elle envoie aussi des signaux qui devront être décodés: ainsi, l'imposition d'un bulletin unique sur le territoire québécois signe la fin des bizarreries mais ébranle du même coup le concept de décentralisation si cher aux écoles et surtout aux commissions scolaires.

La fin de la récréation a donc sonné. Aux élèves, maintenant, de prendre le rang sans être trop dissipés.

machouinard@ledevoir.com
 
 
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  • Guy Archambault
    Abonné
    vendredi 1 juin 2007 06h04
    %
    Que diriez-vous si, à chaque matin, après avoir lu Le Devoir, je donnais une note en pourcentage à chacun des chroniqueurs pour son article en le comparant à la moyenne du groupe et en basant mon jugement uniquement sur deux critères : la connaissance du français écrit (ortographe et syntaxe) et la connaissance du sujet traité sans jamais parler de tous ces autres éléments qui rendent un article intéressant à lire ? Lorsqu'on décide de publier un article dans Le Devoir est-ce seulement parce qu'il est écrit en " bon français "?

    Que diriez-vous si, à la fin de chaque année, on évaluait chaque médecin avec un pourcentage basé uniquement sur ses connaissances de la biologie humaine, sans jamais aborder sa capacité empathique, sa capacité diagnostique, ses capacités à proposer des remèdes adaptés à chaque personne compte tenu de ses caractéristiques personnelles, économiques et sociales ?

    Que diriez-vous d'évaluer votre nutritionniste en pourcentage uniquement, à partir du seul critère de ses connaissances sur la biochimie des aliments plutôt que sur sa capacité à préparer des repas savoureux, sur sa capacité à identifier vos besoins, votre problématique, sur sa capacité à inventer des menus adaptés à vos goûts et à votre bourse ?

    Que diriez-vous d'évoluer votre garagiste .... ? Etc.

    À évaluer tous les professionnels et techniciens en pourcentage à partir uniquement de leurs connaissances, on aboutirait à une société déconnectée de la vraie vie, société où il suffit de connaître, de compter et de discourir et non d'agir et d'interagir. On aboutirait à une société de grands " placoteux " et de petits " faiseux ". Société de salons littéraires et universitaires.

    Le premier problème à régler en éducation, le seul qui règlerait tous les autres et le seul qui ne sera pourtant jamais réglé, c'est celui de la formation des " profs de profs ", de ces universitaires qui disent à leurs étudiants au bac en éducation, " faîtes ce que je dis, ne faîtes pas ce que je fais ", de ces " profs de profs " qui produisent des gens capables de bien " perler " d'éducation, mais incapable d'en faire, faute d'avoir eu des modéles conséquents avec leurs discours.

    La grande erreur en éducation c'est d'avoir confier la formation des maîtres à l'université en 1968, plutôt que de créer une Grande École Nationale indépendante, centrée sur la recherche et le développement des connaissances et des compétences en enseignement et en pédagogie et sur la formation pratique à la maîtrise de ces compétences. Une École nationale chargée aussi d'évaluer professionnellement tout au long de leur carrière ceux qu'elle aurait formés. À l'aide d'une évaluation d'abord et avant tout " formative ".

    Guy Archambault

  • Gilles Bousquet
    Inscrit
    vendredi 1 juin 2007 07h50
    Qui est responsable?
    Il est écrit : «Et puis, surtout, c'est la fin du jargon incompréhensible, des libellés ésotériques qui masquent la réussite et l'échec. Bravo!»

    Est-ce qu'on peut savoir qui était l'esprit tordu qui avait pondu ce fouillis et quel ministre l'avait accepté "pendant que le français était si mal enseigné" afin que nous puissions en rire un peu ?

  • Jean-Pierre Audet
    Abonné
    vendredi 1 juin 2007 08h24
    Enfin !
    Il était plus que temps !

  • Jean-G. Lengellé
    Inscrit
    vendredi 1 juin 2007 10h21
    Espérons que ce n'est qu'un début!
    Espérons que la Ministre ne s'arrêtera pas là et qu'elle fera enfin le ménage de tous les songe-creux qui peuplent le ministère de l'éduKâtion. Ces gens qui parlent si bien avec leur bouche en chemin d'oeuf, et comme dit Molière dont on cherche ce qu'ils disent après qu'ils ont parlé. Ces gens d'autant plus considérés que leur parlure est obscure, même si la plupart n'ont jamais mis les pieds dans une salle de classe. Mais voilà qu'ils soient apprentis psycho-quelque-chose ou d'anciens écclésiastiques, ce sont bel et bien ces fonctionnaires qui sont les artisans des réformes ratées, avec leurs nombreux confrères des Sciences dites de l'Éducation qui sévissent dans les universités.
    Il importe donc de les remplacer au plus tôt par de vrais pédagogues formés dans les disciplines et NON en Éducation, et de s'assurer que la formation universitaire des futurs enseignants est revue et corrigée, avec plus de contenu et moins de "psycho"quelque-chose! Ne serait-ce que pour restituer la rigueur. Ce n'est un secret pour personne que les étudiants admis en Éducation sont les plus faibles, mais ô paradoxe ce sont ceux qui obtiennet le plus de "A" voire "A" +++ !
    Ajoutons à cela que les ministres en place ont une sacrée frousse du jargon qu'ils régurgitent souvent pour faire savant(e) et voilà la recette du fiasco. Comme par exemple cette phrase fumeuse: "L'apprentissage est un changement de comportement"...
    Or ce sont aussi ces politiciens qu'il faudrait sanctionner! Car après tout depuis les États généraux de l'éduKâtion qui ont donné le signal de la débâcle, ce sont bien les Marois et Legault qui ont porté la prétendue Réforme.
    Si en plus Mme Marois est accueillie en sauveur, ou en sauveuse ou en fait un peu à la sauvette, les électeurs devraient peut-être s'en souvenir le jour d'une élection.
    Espérons donc que la Ministre Courchesne continuera sur cette lancée et qu'elle rendra l'école, et la formation aux enseignants, à des enseignants mieux formés, moins assujettis aux comités de parents, et enfin maîtres de leurs classes.
    En attendant, Bravo et Merci Madame Courchesne.

  • rabah hammachin
    Inscrit
    vendredi 1 juin 2007 10h39
    fin de partie
    Il est temps de ne plus permettre aux docteurs Folamour de l'éducation du Québec, de jouer avec l'avenir de nos enfants à partir de leur laboratoires obscurs.

  • Claude Archambault
    Inscrit
    vendredi 1 juin 2007 11h28
    Encore Bravo
    Un bulletin scolaire sert à mesurer l'aprentissage, à évaluer le progres. À ce que je sache la seul façon qu'il existe de mesurer et que quantifier quelque chose c'est avec des chiffres. Et tout peu se chiffrer.
    Enfin un gouvernement qui met ses cullottes. Après nos baisse d'impôt, un retour au bon sens en éducation.
    À bien y pensée c'est peut être minoritaire que M. Charest va enfin faire le coup de balais dans la fonction publique.
    Encore Bravo

  • Murielle Beaulieu
    Inscrite
    samedi 2 juin 2007 16h49
    Le bulletin chiffré.
    J'ai enseigné durant presque 40 années. Je sais par expérience que les bulletins chiffrés sont mieux compris par les parents même les intellectuels.
    Les professeurs ont préféré le bulletin d'appréciation car ils n'avaient pas à prouver la lettre par des examens notés. Souvent j'ai vu des élèves partis de l'école depuis 6 mois qui avaient encore une lettre aux évaluations...l'appréciation de l'évaluation des enfants donnée rimait à quoi?

  • Mylène St-Cyr
    Inscrite
    dimanche 3 juin 2007 20h49
    compétences transversales
    "... en n'imposant pas l'évaluation des compétences transversales, elle prouve aux enseignants qu'elle les a entendus."

    Premièrement, comment espérer que l'ensemble des enseignants s'engagent à favoriser le développement des compétences transversales s'ils n'ont pas à rendre compte de leurs observations? Aussi bien les faire disparaître définitivement.

    Deuxièmement, quel respect offre-t-on aux enseignants qui se sont engagés au cours des dernières années en tentant de développer des outils pour aider l'évaluation des compétences transversales?

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