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UQAM: exit le PPP

Kathleen Lévesque   11 mai 2007  Éducation
«Le recteur voulait essayer de camoufler que c’était un contrat fait en catimini», dit Monique Jérôme-Forget
«Le recteur voulait essayer de camoufler que c’était un contrat fait en catimini», dit Monique Jérôme-Forget
Québec avait prévenu le recteur de l'Université du Québec à Montréal (UQAM), Roch Denis, que son projet immobilier de l'îlot Voyageur ne respectait aucune des conditions d'un partenariat public-privé (PPP). Le désastre financier de l'UQAM ne peut donc être confondu avec cette formule que Québec brandit comme une vision d'avenir. C'est ce qu'a soutenu hier Monique Jérôme-Forget, présidente du Conseil du trésor et ministre des Finances, lors d'un entretien avec Le Devoir. Outrée que l'UQAM ait fait courir la rumeur selon laquelle il s'agissait d'un PPP, Mme Jérôme-Forget a rappelé que l'association d'affaires de l'UQAM avec la firme Busac résulte d'abord et avant d'un «travail mal fait».

«Le recteur Roch Denis est venu me voir une fois le contrat signé et m'a dit avoir fait un PPP. Je lui ai dit: "Pauvre monsieur, êtes-vous allé en appel d'offres, en appel de qualification? Quel est le partage de risques?" Il n'était pas capable de répondre. Eh bien, je lui ai dit: "Ne parlez jamais d'un PPP"», a raconté la ministre.

Le contrat entre l'UQAM et Busac n'a fait l'objet d'aucun appel d'offres public ni d'aucun plan d'affaires sérieux, a précisé Mme Jérôme-Forget. Selon elle, Roch Denis cherchait auprès d'elle un appui qu'il n'a pas obtenu.

«Il voulait essayer de camoufler le fait que c'était un contrat fait en catimini, a-t-elle affirmé. C'est un contrat fait entre une personne et Busac directement. Le pire dans tout ça, c'est que tous les risques sont assumés par l'UQAM. C'est le contraire d'un PPP.»

Cette rencontre a eu lieu bien avant que les projets immobiliers de l'UQAM ne dégénèrent en crise. «Il voulait probablement que je l'applaudisse d'avoir fait un PPP. Or ce n'est pas un PPP. Je lui ai dit carrément qu'il était à côté de la plaque», a ajouté Mme Jérôme-Forget, qui se rappelle avoir rapidement donné congé au recteur.

Lorsque Le Devoir a révélé, l'automne dernier, des dépassements de coûts de 40 millions de dollars pour la construction du Complexe des sciences, le processus décisionnel a été remis en cause. Sous la pression, Roch Denis a présenté sa démission.

La semaine dernière, Le Devoir a démontré que l'impasse ne s'arrêtait pas là: l'îlot Voyageur a lui aussi creusé le gouffre financier de l'UQAM de façon telle que le budget de fonctionnement risque de subir les effets des décisions prises dans le domaine de l'immobilier. Le trou se chiffre entre 200 et 300 millions de dollars.

La ministre de l'Éducation, Michelle Courchesne, est rapidement intervenue. Le Vérificateur général enquête sur le dossier et le réseau de l'Université du Québec (UQ) accompagne l'UQAM dans l'élaboration de son plan de redressement, exigé pour le 15 juin.

Une nouvelle équipe est en place depuis décembre dernier mais la brèche n'a pas été colmatée. Jalouse de son autonomie, l'UQAM ne s'est guère montrée transparente. Vendredi dernier, l'UQ n'avait toujours pas en main le contrat liant l'UQAM à Busac. À Québec, on a le contrat depuis deux jours seulement.

Cette attitude est loin de plaire à la ministre Jérôme-Forget. «C'est le drame. Les universités ont le droit de mettre en place des constructions sans obtenir l'approbation du gouvernement. On l'a appris quand c'était fini. [...] C'est aberrant. Et il y en a plusieurs, de ces projets-là. C'est clair que ça va inviter à prendre des positions bien différentes prochainement», a-t-elle souligné.

Le 24 mai, la ministre présentera le budget, de même que les crédits. Mme Jérôme-Forget entend alors lancer un message clair à toutes les universités. Au cours des prochains mois, le gouvernement apportera des amendements législatifs afin de soumettre les universités à l'obligation d'obtenir une autorisation gouvernementale avant d'ouvrir des chantiers.

Pour la ministre des Finances et présidente du Conseil du trésor, les choses doivent changer, quitte à écorcher l'autonomie des universités. «On ne peut pas prendre de risques. [...] On ne peut pas mettre à la porte plus de 40 000 étudiants, des milliers de professeurs. Ce n'est pas une entreprise privée. On ne ferme pas ça, une université, alors on a l'obligation et le devoir de maintenir cette institution qui, à bien des égards, est une grande institution», a affirmé Mme Jérôme-Forget.

Déjà, la semaine dernière, la ministre Courchesne avait fermement rappelé à l'ordre l'ensemble des universités afin qu'elles se concentrent sur les volets fondamentaux de leur mission, soit l'enseignement et la recherche. Elle a même prévu sous peu une rencontre avec la Conférence des recteurs et principaux des universités du Québec afin de prendre le dossier immobilier de front et, surtout, de baliser les ambitions immobilières des universités.

Aux yeux de Mme Jérôme-Forget, la dérive de l'UQAM ternit l'image de l'université et celle de tous les membres du conseil d'administration. Elle se désole au surplus que ce soit l'État qui, au bout du compte, soit tenu responsable. «Ça irrite les citoyens de voir que leurs taxes [destinées au financement des universités] vont servir à payer pour des approches irréfléchies de gens du secteur public qui se comportent de façon cavalière», a-t-elle tranché.

Derrière tout cela, il y a aussi la crainte qu'un tel problème ne soit amalgamé avec la formule de PPP alors que le gouvernement vient d'emprunter cette voie pour des projets d'envergure. C'est notamment le cas de la salle de l'Orchestre symphonique de Montréal. Trois consortiums ont franchi l'étape de l'appel de qualification et déposeront l'automne prochain une proposition concrète. Parmi les entreprises, on compte la firme Busac, la même qui a des liens d'affaires avec l'UQAM. Y a-t-il lieu de s'en préoccuper? La ministre Jérôme-Forget a dit que «Busac a probablement voulu, de bonne foi, séduire l'UQAM». Elle a ensuite rappelé que le PPP doit répondre à des règles strictes et que s'il devait y avoir des dépassements de coûts, ils seraient à la charge de l'entrepreneur.

«Il est clair que quiconque va gagner le concours pour l'OSM va devoir arriver avec une approche rigoureuse», a indiqué la ministre. «Les PPP, ce n'est pas sorcier. C'est la discipline, la rigueur, c'est l'obligation de réfléchir avant d'agir, c'est l'obligation de faire nos calculs avant de démarrer, c'est l'obligation de déterminer où sont les risques et qui va les assumer», a-t-elle ajouté.

La construction du pont de l'autoroute 25 est également un projet qui se réalisera en PPP. Les deux hôpitaux universitaires (CHUM et CUSM) ont également pris cette voie. La question sera tranchée officiellement d'ici l'été, a assuré Monique Jérôme-Forget.






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  • Valdor Lagacé-Gallant
    Inscrit
    vendredi 11 mai 2007 10h33
    Prêtt Pas Prêtt pour PayPayPay?
    « Voilà qu'Elle-Se-Soi FORGET s'est mise à parler, à nous expliquer que c'est trop tard,le petit Denis a tout gâché.

    Nous-Nous NOUSAUTRES,devons prendre cette explication comme réelle. IL-SE-SOI DENIS a tout fait tout seul. Que faisaient les AUTRES sur ce généreux Conseil de l'UQÀM ? Personne ne surveillait le petit qui avait les mains dans les poches à NOUS-NOUS.

    Vous-Vous VOUSAUTRES réalisez tous les jours que NOUS-NOUS sommes dirigés par des marionnettes GÉANTES, tirés par des CÂBLES occultes. Et bla! bla! Bla!

    Ils-Se-Sont EUXAUTRES et Elles-Se-Sont ELLESAUTRES font partie de la même famille et affichent un petit air de consanguinité. Trouvez pas ?

    Ce sont des AUTRES. Jolie famille unie par les liens sacrés de leurs EGO démesurés,transmettant les mémoires de la race.

    Valdor Lagacé-Gallant »

  • Louis Lapointe
    Abonné
    vendredi 11 mai 2007 10h39
    Responsables ?
    « Bonjour Mme Lévesque

    Plusieurs présidents, recteurs et directeurs d'établissements universitaires vous répondront que les dépassements de coûts pour la construction de l'Îlot Voyageur sont une anomalie, un incident dans le ciel des universités. D'autres, plus critiques, vous diront qu'il s'agit de la pointe de l'iceberg. Ceux-ci réclameront une étude plus approfondie de la situation et de la gestion des universités.

    Il faudrait tout d'abord questionner le mode de nomination des recteurs et des cadres supérieurs des universités. Ces vastes consultations sont devenues, au fil des années, de mauvais concours de popularité. À l'origine de ces nominations, il y a la constitution des comités de sélection et la détermination des critères de sélections. Ces deux étapes cruciales dans l'embauche des futurs recteurs et vice-recteurs peuvent parfois être le résultat de stratégies qui favorisent les amis du cénacle universitaire et découragent les candidats les plus sérieux et désireux d'apporter des changements dans la vision et la gestion de l'Université. Sinon, comment expliquer que Rock Denis, un professeur qui a connu ses principaux faits d'armes dans le syndicalisme, ait réussi là où Florence Junca-Adenot, une administratrice universitaire chevronnée, et Mireille Mathieu, une chercheuse reconnue, ont échoué. Dans le cas spécifique de l'UQAM, la communauté universitaire a préféré l'habileté politique à la compétence.

    Dès leur installation, les nouveaux recteurs, s'ils sont habiles politiquement, contrôlent rapidement leur conseil d'administration. Ils ont, dès lors, le choix de nommer comme principaux lieutenants ceux en qui ils auront le plus confiance.

    Pour les plus consciencieux, ce sont souvent les plus compétents qui accèdent aux plus hautes fonctions. Tous se souviendront de l'équipe du recteur Corbo, où les esprits les plus acérés étaient réunis autour d'une même table de régie interne tous les lundis matins. La présence des meilleurs à la table du recteur étaient la source de nombreux et précieux débats au sein de la communauté universitaire.

    D'autres préféreront s'entourer de leurs amis. La confiance s'appuyant sur les liens d'amitié est plus fragile et peut parfois dégénérer en consanguinité. Dans ces administrations où la compétence est secondaire et la critique est souvent perçue comme un manque de loyauté, le recteur ne peut certainement pas profiter tant des meilleurs conseils que des conseils des meilleurs. C'est pour prévenir ce genre de situation que les conseils d'administration doivent jouer leur rôle et être vigilants devant tout ce qui peut sembler être une anomalie dans l'administration universitaire.

    À cause de cette culture propice au secret, les conseils d'administration d'université doivent être vigilants lors de l'embauche des dirigeants et nouveaux professeurs. Ils doivent s'assurer les meilleurs ont été sélectionnés. Ils doivent également questionner le processus d'évaluation des professeurs et s'assurer que cet exercice n'est pas futile et que tous les professeurs fournissent l'effort que l'université est en droit d'attendre d'eux dans les domaines de l'enseignement et de la recherche. Puisque la consanguinité des rapports entre les dirigeants alimente la culture du silence et du secret déjà présent dans les universités, les conseils doivent être encore plus attentifs lorsqu'ils sont confrontés à une administration consanguine, sinon ils risquent d'être mis devant le fait accompli de situations qu'ils n'ont pas souhaitées, mais qu'ils ont laissées s'aggraver par leur manque de vigilance. Le cas de l'UQAM est patent. En ce sens, les membres du conseil d'administration sont responsables de leurs inactions tout comme les dirigeants qui les ont sciemment tenus dans le secret le sont.

    Louis Lapointe
    Brossard
    Le 11 mai 2007 »

  • Claude L'Heureux
    Abonné
    vendredi 11 mai 2007 17h00
    Est donc bonne la madame
    « Quelle baveuse, cette ministre! Pauvre monsieur dit-elle: ne parlez jamais de PPP! C'est sur, la grande madame connait ça les PPP. Appel d'offres, appel de qualification, partage de risques, c'est tellement fiable une entreprise qui veut faire des profits sur des décennis. La madame ne sera plus là pour savoir si ce n'est pas devenu une EFP, une entreprise de fraude publique. »

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