Problème d'image?
Inquiètes de voir le nombre d'élèves du secondaire qui passent au secteur privé, les commissions scolaires ont décidé de se donner une stratégie de mise en marché. Ainsi, le prochain colloque annuel de la Fédération des commissions scolaires fera une large place aux experts en marketing qui éduqueront les responsables scolaires aux techniques de vente. Quant à savoir si ce travail sur l'image de l'école réglera les problèmes de fond, c'est une autre question...
En cette ère d'information, tout ce qui ne fait pas l'objet d'une mise en marché soigneusement orchestrée par un expert en communication reste sur les tablettes. Cela vaut pour les biens de consommation mais également pour les créations artistiques, les campagnes de levée de fonds et même l'école. Les établissements privés se livrent à une concurrence forcenée depuis de nombreuses années et les universités, dont les subventions sont liées au nombre d'étudiants, rivalisent d'ingéniosité pour attirer les jeunes sur leur campus. Que l'école publique monte à son tour à bord du train n'a rien de particulièrement étonnant, surtout lorsqu'on replace ce virage dans un contexte plus général.
Cela dit, à plus ou moins brève échéance, c'est notre conception de l'école et le lien que nous entretenons avec elle qui risquent de s'en trouver modifiés. Pour le meilleur et pour le pire. Car les pièges d'un tel virage commercial sont bien réels.
Cela dit, il ne sert à rien de se leurrer, le changement est déjà en cours. Un nombre significatif de parents "magasinent" l'école de leur enfant comme ils le feraient pour tout autre produit. L'école n'est plus ce lieu qu'on fera nous-mêmes évoluer en participant à ses instances mais un établissement qui s'engage à livrer la marchandise, c'est-à-dire à transmettre certaines connaissances à l'enfant-client. Les parents, du moins ceux de la classe moyenne, se font de plus en plus exigeants. Ce n'est pas pour rien que le ministre de l'Éducation, Sylvain Simard, encourage les écoles à multiplier les "volets particuliers", notamment les programmes de sport-études, d'éducation internationale, d'immersion en sixième année, etc. Ces projets, outre qu'ils contribuent à retenir au secteur public les parents attirés par le secteur privé, constituent d'excellents outils de promotion.
Mais un doute s'installe. Qu'arrivera-t-il aux établissements que fréquentent des enfants qui en arrachent et que les experts en marketing auront bien du mal à présenter sous un jour merveilleux? Ces écoles, qui ne seront pas idéalisées à pleines pages dans les journaux, réussiront-elles à attirer des enfants? Autre question: faudra-t-il, à compter de maintenant, ne jamais mentionner les mots drogue ou violence de peur de ternir l'image de l'école?
La Fédération des commissions scolaires justifie son approche en faisant valoir qu'un système d'éducation à deux vitesses risque de s'installer si tous ceux qui le peuvent fuient vers le secteur privé. Mais la menace de fracture existe bel et bien à l'intérieur même du système public, entre ceux qui seront bien servis par une belle image et les autres...
Personne ne niera que l'école publique souffre d'une mauvaise perception. Mais cette perception n'est pas nécessairement éloignée de la réalité. Et il n'est pas certain que la solution réside dans un battage publicitaire orchestré par des experts en marketing.
Il y a quelques années à peine, un vent de protestation était rapidement venu à bout d'un projet des propriétaires d'autobus scolaires qui voulaient placer de la pub dans leurs véhicules. Les enfants devaient pouvoir apprendre loin du bruit commercial. Il sera plus difficile, désormais, de préserver cet espace.
L'école de quartier ne résistera pas longtemps à ce virage, qui englobera l'école primaire comme le reste. Les parents, qui sont tenus d'inscrire leurs enfants à l'école du quartier, voudront aller voir ailleurs si l'herbe ne serait pas plus verte. L'école que les parents contribuent à changer en s'impliquant ne sera bientôt plus qu'une vision du passé.
Soyons réaliste. L'école publique a une côte à remonter, cela est certain. Une partie de la population ne lui fait plus confiance. Qu'elle soit mal comprise, cela est possible. Mais l'école secondaire publique souffre de maux réels, auxquels ses responsables doivent s'attaquer. Et il faudra plus qu'une campagne de promotion pour regagner la faveur des parents.
En cette ère d'information, tout ce qui ne fait pas l'objet d'une mise en marché soigneusement orchestrée par un expert en communication reste sur les tablettes. Cela vaut pour les biens de consommation mais également pour les créations artistiques, les campagnes de levée de fonds et même l'école. Les établissements privés se livrent à une concurrence forcenée depuis de nombreuses années et les universités, dont les subventions sont liées au nombre d'étudiants, rivalisent d'ingéniosité pour attirer les jeunes sur leur campus. Que l'école publique monte à son tour à bord du train n'a rien de particulièrement étonnant, surtout lorsqu'on replace ce virage dans un contexte plus général.
Cela dit, à plus ou moins brève échéance, c'est notre conception de l'école et le lien que nous entretenons avec elle qui risquent de s'en trouver modifiés. Pour le meilleur et pour le pire. Car les pièges d'un tel virage commercial sont bien réels.
Cela dit, il ne sert à rien de se leurrer, le changement est déjà en cours. Un nombre significatif de parents "magasinent" l'école de leur enfant comme ils le feraient pour tout autre produit. L'école n'est plus ce lieu qu'on fera nous-mêmes évoluer en participant à ses instances mais un établissement qui s'engage à livrer la marchandise, c'est-à-dire à transmettre certaines connaissances à l'enfant-client. Les parents, du moins ceux de la classe moyenne, se font de plus en plus exigeants. Ce n'est pas pour rien que le ministre de l'Éducation, Sylvain Simard, encourage les écoles à multiplier les "volets particuliers", notamment les programmes de sport-études, d'éducation internationale, d'immersion en sixième année, etc. Ces projets, outre qu'ils contribuent à retenir au secteur public les parents attirés par le secteur privé, constituent d'excellents outils de promotion.
Mais un doute s'installe. Qu'arrivera-t-il aux établissements que fréquentent des enfants qui en arrachent et que les experts en marketing auront bien du mal à présenter sous un jour merveilleux? Ces écoles, qui ne seront pas idéalisées à pleines pages dans les journaux, réussiront-elles à attirer des enfants? Autre question: faudra-t-il, à compter de maintenant, ne jamais mentionner les mots drogue ou violence de peur de ternir l'image de l'école?
La Fédération des commissions scolaires justifie son approche en faisant valoir qu'un système d'éducation à deux vitesses risque de s'installer si tous ceux qui le peuvent fuient vers le secteur privé. Mais la menace de fracture existe bel et bien à l'intérieur même du système public, entre ceux qui seront bien servis par une belle image et les autres...
Personne ne niera que l'école publique souffre d'une mauvaise perception. Mais cette perception n'est pas nécessairement éloignée de la réalité. Et il n'est pas certain que la solution réside dans un battage publicitaire orchestré par des experts en marketing.
Il y a quelques années à peine, un vent de protestation était rapidement venu à bout d'un projet des propriétaires d'autobus scolaires qui voulaient placer de la pub dans leurs véhicules. Les enfants devaient pouvoir apprendre loin du bruit commercial. Il sera plus difficile, désormais, de préserver cet espace.
L'école de quartier ne résistera pas longtemps à ce virage, qui englobera l'école primaire comme le reste. Les parents, qui sont tenus d'inscrire leurs enfants à l'école du quartier, voudront aller voir ailleurs si l'herbe ne serait pas plus verte. L'école que les parents contribuent à changer en s'impliquant ne sera bientôt plus qu'une vision du passé.
Soyons réaliste. L'école publique a une côte à remonter, cela est certain. Une partie de la population ne lui fait plus confiance. Qu'elle soit mal comprise, cela est possible. Mais l'école secondaire publique souffre de maux réels, auxquels ses responsables doivent s'attaquer. Et il faudra plus qu'une campagne de promotion pour regagner la faveur des parents.
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