mercredi 25 novembre 2009 Dernière mise à jour 09h58


Chercher

Inscrivez-vous (gratuit)
Mot de passe oublié?
Abonné papier? Connexion
S'abonner au Devoir
Publicité

L'UQAM renonce à cinq projets immobiliers

Kathleen Lévesque   21 avril 2007  Éducation
Le marasme financier dans lequel est plongée l'Université du Québec à Montréal (UQAM) l'oblige à mettre en vente cinq des six propriétés qu'elle a acquises au cours des cinq dernières années. Le conseil d'administration a tranché en début de semaine: les coûts d'exploitation, de restauration ou d'aménagement pour fins d'enseignement de ces immeubles sont devenus prohibitifs.

Selon la résolution adoptée mardi et dont Le Devoir a obtenu copie, la volte-face de l'UQAM dans sa course au béton était incontournable. Un seul édifice, celui de la rue Sanguinet, où loge le CLSC des Faubourgs à l'heure actuelle, est rentable. Acheté pour 5,6 millions de dollars il y a deux ans, cet immeuble rapporte des revenus de location qui couvrent les coûts d'exploitation et le remboursement du capital.

Les cinq autres bâtiments, soit la Bibliothèque nationale Saint-Sulpice, le domaine seigneurial de Mascouche, l'édifice de La Patrie et deux immeubles de la rue Sainte-Catherine, seront bientôt remis sur le marché. L'UQAM attend le rapport de la section immobilière de la firme comptable Raymond Chabot Grant Thornton pour en établir le prix de vente.

Compte tenu de la situation financière pour le moins fragile de l'UQAM, cette décision a des allures de vente de feu, selon les sources du Devoir. Rien n'est laissé au hasard pour tenter de renflouer cette université.

Depuis l'automne dernier, l'UQAM vit une crise grave, provoquée par la découverte d'un problème portant sur une somme de 100 millions de dollars et lié à la construction du Complexe des sciences. S'est ensuivi un grand questionnement sur le processus décisionnel qui a mené à ce problème. Le recteur Roch Denis a été forcé de remettre sa démission et une démarche de vérification a été enclenchée. Le projet de l'îlot Voyageur est analysé sous toutes ses coutures; le partenaire de cette aventure, la firme Busac, soulève bien des questions.

C'est donc dans ce contexte instable que le Service des immeubles et de l'équipement, le Bureau des transactions immobilières et le vice-rectorat aux affaires administratives et financières ont recommandé la vente. Le coût d'achat de ces propriétés totalise 6,7 millions. Cependant, d'autres factures se sont ajoutées depuis.

L'édifice de La Patrie, payé 1,8 million, a nécessité des travaux de deux millions de dollars dès sa prise de possession, en 2004. «Les coûts de réfection et d'aménagement sont devenus prohibitifs relativement aux espaces récupérables», écrit-on dans le document. En clair, cet édifice exige à lui seul des investissements de dix millions afin de permettre l'utilisation de 2250 mètres carrés. À l'origine, on avait pour objectif d'y créer la «Maison des sciences humaines».

La Bibliothèque nationale Saint-Sulpice, qui devait être transformée en «centre de diffusion et de création», «se prête mal à un usage académique», a découvert l'UQAM après avoir déboursé plus de 2,5 millions en 2005. Cet immeuble a été loué de façon occasionnelle, sans plus. En outre, son caractère patrimonial commande des interventions sur mesure. À court terme, le propriétaire devra remplacer les réservoirs de mazout (des travaux dont le coût est évalué entre 50 000 et 80 000 $), et ce, sans compter les coûts d'exploitation de 67 500 $ par année.

Quant au domaine seigneurial de Mascouche, il nécessiterait 850 000 $ en rénovations. C'est la Sûreté du Québec qui occupe les lieux jusqu'en 2009. Les revenus de location s'établissent à 120 000 $ par année. Des réparations ont toutefois été faites au coût évalué entre 15 000 et 25 000 $, affirme-t-on.

L'UQAM croyait pouvoir y créer un centre international d'excellence notamment à cause de la forêt sur le site. Mais voilà, l'UQAM s'est rendu compte après coup que la forêt ne présente pas le potentiel d'abord estimé pour les chercheurs. Pour ce qui est des deux édifices sis aux nos 221 et 223 de la rue Sainte-Catherine Est (achetés pour 790 000 $ en 2004), ils ne sont plus requis compte tenu du nouveau pavillon à l'îlot Voyageur. L'UQAM avait prévu démolir cet ensemble pour agrandir le pavillon V. Un débours de 40 000 $ en frais de rénovation (toiture, système de gicleurs et entrée électrique) serait nécessaire pour que l'édifice puisse être utilisé par l'UQAM. À l'heure actuelle, le rez-de-chaussée est occupé par des restaurants.






Envoyer
Fermer

Haut de la page
Cet article vous intéresse?
Partager
Digg Facebook Twitter Delicious
 

Vos réactions

Triez : afficher les commentaires 
  • Michel Lebel
    Inscrit
    samedi 21 avril 2007 08h09
    Le fouillis
    « Quel fouillis, quel marasme, quelle négligence. Voilà ce qui arrive lorsque des universitaires veulent jouer aux financiers et aux agents d'immeubles. Chacun son métier! »

  • william morris
    Abonné
    samedi 21 avril 2007 09h03
    Gare à l'appétit trop grand...
    « Bonjour,

    L'UQÀM a vu trop grand ! Elle s'est lancée dans des achats immobiliers sans en avoir la compétence. Maintenant, elle doit revendre.

    Un peu de modestie et de savoir-faire lui aurait évité ce fiasco.

    L'UQÀM va-t-elle donner encore des cours de développement immobilier ?

    Merci.

    William Morris
    w.morris006@videotron,ca »

  • Normand Chaput
    Abonné
    samedi 21 avril 2007 12h42
    pas d accord
    « l uquam etant une institution culturelle et educative appartenant a tous les quebecois, je pense que c est son role de voir a la preservation de l heritage. Quitte a perdre un peu d argent en cours de route. C est vrai que conserver des immeubles patrimoniaux c est plus couteux que faire du neuf mais si l universite Mcgill avait agit avec cette mentalite de comptable, il ne resterait plus rien du magnifique golden square mile qui vaut beaucoup plus aujourd hui que n importe quel cours d histoire de Montreal »

  • Philippe Lemelin
    Inscrit
    lundi 23 avril 2007 18h50
    Pas si pire que ca ...
    « Si l'achat des six propriétés totalisaient 6.7 millions de dollars et que le seul bâtiment rentable en a couté 5,6 millions. C'est quand même un placement positif a 83%. Deuxièmement, les coûts investits dans les rénovations immobilières augmentent la valeur de la propriété en vue de sa revente. Finalement, la valeur marchande (de revente) des batiments à significativement augmenter depuis 2002.

    Ma conclusion: Le bilan n'est pas négatif mais positif, puisque le plus gros investissement est rentable. La propriété de Mascouche est loué à bon prix. Cinq bâtiments seront probalement revendus avec une valeur supérieure au prix d'achat. Le marché immobilier sera probablement bon encore pour l'année 2007. Donc, c'est pas si pire que ca à mes yeux. »

Déjà inscrit? Ajoutez votre commentaire ci-dessous

    Connexion




Cet article vous intéresse?
4 réactions
0 votes
 
Mots-clés de l'article
Recherche complète sur le même sujet


Abonnez-vous pour recevoir nos Infolettres par courriel
Choisir mes
infolettres
Publicité

Les blogues du devoir

Vos commentaires

 
Recherche



Exemples de recherche :
Robert Sansfaçon
"directeur général des élections"

S'abonner au Devoir
Abonnez-vous au journal papier Le Devoir ou à la version Internet.
Publicité
Vous souhaitez annoncer dans Le Devoir, contactez le service de publicité.

» En savoir plus
© Le Devoir 2002-2009