vendredi 10 février 2012 Dernière mise à jour 20h56
fermer

Connexion au Devoir.com

Mot de passe oublié?


Chercher

Inscrivez-vous (gratuit)
Mot de passe oublié?
Abonné papier? Connexion
S'abonner au Devoir

Le jeune sikh pourra garder son kirpan

Le couteau devra être placé dans un fourreau de bois, lui-même cousu dans une courroie

Jeanne Corriveau   18 mai 2002  Éducation
Le jeune Gurbaj Singh Multani pourra porter son kirpan à l'école à condition de le glisser dans un fourreau en bois et de le sceller dans un étui de tissu résistant, a tranché la juge Danielle Grenier dans une décision rendue hier en Cour supérieure au terme de deux jours d'audiences.

La juge Grenier n'a pas jugé nécessaire de se livrer à de longues délibérations; un peu avant 16h hier, sa décision était prise.


Le port de ce couteau, qui a valeur de symbole religieux pour les sikhs, n'est pas un caprice, a estimé la juge. Comme aucun incident violent relié au kirpan n'a été rapporté au Québec et que la commission scolaire Marguerite-Bourgeoys s'est montrée ouverte à un compromis, la juge Grenier a accordé au jeune sikh le droit de porter son kirpan à l'école en tout temps.


Sa décision est toutefois assortie de plusieurs conditions. Le kirpan devra être placé dans un fourreau de bois, et non de métal, puis enveloppé dans un étui «d'étoffe solide» et cousu à un guthra, qui consiste en une courroie portée en bandoulière. Le garçon devra le dissimuler sous ses vêtements et, s'il le perd, il devra en aviser immédiatement les autorités. En tout temps, le personnel pourra vérifier si l'élève respecte les conditions.


Si jamais le jeune sikh enfreint l'une de ces conditions, il perdra à jamais le droit de porter son kirpan.


Ravi, le jeune Gurbaj était tout sourire à sa sortie de la salle d'audiences. Pour Santbir Singh, qui agit à titre de porte-parole de la famille, la décision de la juge Grenier marque une victoire pour toute la communauté sikhe. «La cour a démontré que le kirpan faisait partie intégrante de notre religion. Nous sommes aussi contents pour Gurbaj dont l'éducation a été sérieusement compromise cette année. Il fréquentera l'école secondaire l'an prochain et tout devrait aller pour le mieux.»


«Les conditions sont tout à fait acceptables», a pour sa part indiqué Me Julius Grey, l'avocat de la famille. Maintenant, ce qu'il reste à faire, c'est un travail de réconciliation. Il devra y avoir des réunions avec les parents et les enfants pour montrer ce qu'est le kirpan et discuter de la tradition sikhe.»


La commission scolaire, qui, en mars dernier, avait interdit au jeune sikh l'accès à l'école Sainte-Catherine-Labouré tant qu'il porterait son kirpan, a ouvert la porte à un compromis durant les audiences des deux derniers jours. Selon Me François Houde, qui représente la commission scolaire, la solution imposée par la juge constitue un compromis «acceptable»: «La matière dont est fait le fourreau [en bois] rend l'objet, à mes yeux du moins, considérablement moins dangereux, pour ne pas dire inoffensif. C'était l'un des objectifs de la commission scolaire, qui voulait faire en sorte qu'il n'y ait pas de risque pour les élèves dans l'école. Mais un couteau demeure un couteau et il faudra s'assurer que d'aucune façon le kirpan puisse être sorti du fourreau dans lequel il est.»


La commission scolaire pourrait porter la cause en appel, tout comme le procureur général du Québec qui, par l'entremise de son avocat, a présenté jeudi sa position à la juge, soit la tolérance zéro envers le port d'armes blanches à l'école, «ce qui inclut le kirpan». Selon Claude Potvin, l'attaché de presse du ministre de la Justice, Paul Bégin, il est toutefois trop tôt pour dire si le gouvernement interjettera appel.


Les conditions imposées par la juge Grenier, notamment celles concernant l'étui et le fourreau, ont semblé rassurer les parents qui, le matin même, excluaient encore toute forme de compromis. «La loi dit qu'il faut trouver un accommodement. L'accommodement qui a été trouvé, c'est celui-là. On va donc essayer de vivre avec. On a l'intention de consulter les parents afin de connaître leur position et on va tenter de les rassurer sur la décision qui a été rendue», a déclaré Anne-Marie Gauthier, de la Coalition des parents de l'école Sainte-Catherine-Labouré.


La commission scolaire a fait savoir hier qu'elle appliquerait l'ordonnance à tous les élèves sikhs qui fréquentent ses écoles.
 
 
Édition abonné
La version longue de certains articles (environ 1 article sur 5) est réservée aux abonnés du Devoir. Ils sont signalés par le symbole suivant :
 
 












CAPTCHA Image Générer un nouveau code

Envoyer
Fermer

Haut de la page
Cet article vous intéresse?

Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
ou Créer un profil
Cet article vous intéresse?
0 réaction
0 vote Voter
 
  • a Taille du texte -- ++
  • Imprimer
  • Envoyer
  • Commenter
  • Partager
  • Droits de reproduction
  • Voter
Mots-clés de l'article
Recherche complète sur le même sujet


Publicité

Les blogues du devoir

Vos commentaires

m'inscrire
 
Recherche



Exemples de recherche :
Robert Sansfaçon
"directeur général des élections"

S'abonner au Devoir
Abonnez-vous au journal papier Le Devoir ou à la version Internet.
Publicité
Vous souhaitez annoncer dans Le Devoir, contactez le service de publicité.

En savoir plus
Stratégie Web et référencement par Adviso
Design Web par Egzakt
© Le Devoir 2002-2012