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En grève pour la gratuité

Le dégel des droits de scolarité, soutenu tant par le gouvernement libéral minoritaire que par l'opposition adéquiste, est inacceptable, rappellent les étudiants, qui descendront aujourd'hui dans la rue pour rappeler que «la seule option acceptable, c'est la gratuité».

Près d'une quinzaine d'associations étudiantes majoritairement associées à l'ASSE (Association pour une solidarité syndicale étudiante) ont accepté l'idée d'une levée de cours d'une journée. Selon les chiffres du groupe, environ 46 000 étudiants — 15 000 des universités, 30 000 des cégeps — ne se présenteront donc pas en classe aujourd'hui.

On ne sait pas combien d'entre eux répondront à l'appel de l'ASSE et se rallieront au square Victoria, à Montréal, pour une manifestation «remplie d'actions-surprises et symboliques», comme l'a rappelé hier la porte-parole Évelyne-Élise Paquette. La manifestation, qui démarre en milieu d'après-midi, sera pacifique, «car nous avons invité parents et enfants à se joindre à nous», a-t-elle ajouté.

L'ASSE, qui milite depuis sa création pour la gratuité scolaire, profite de l'arrivée de ce gouvernement minoritaire libéral et d'une opposition fortement adéquiste pour marteler son message. En campagne, les deux partis se sont montrés favorables à un dégel des droits de scolarité, les libéraux en ayant fait une proposition formelle, à raison de 50 $ par session; les adéquistes ont ouvert quant à eux la porte à une indexation des droits, actuellement gelés au même niveau depuis 1994.

Le brasse-camarade politique des derniers jours a aussi fourni l'occasion hier à la Fédération étudiante universitaire du Québec (FEUQ) et à la Fédération étudiante collégiale du Québec (FECQ) de partager leurs «grandes inquiétudes» face au sort réservé à l'éducation dans la formation politique actuelle.

«La composition libérale minoritaire et l'opposition adéquiste créent beaucoup d'incertitude», a indiqué hier Étienne Hudon-Gagnon, président de la FECQ, qui précise que le «printemps sera un test» pour les trois partis installés à l'Assemblée nationale. Outre les droits de scolarité, les prêts et bourses et le réinvestissement attendu en éducation postsecondaire sont des éléments d'inquiétude pour les fédérations.

«Nous nous plaçons en mode représentation, en allant dans les comtés rencontrer les élus, particulièrement de l'ADQ», a affirmé Christian Bélair, président de la FEUQ. «Un budget doit être adopté prochainement, et aucun de ces deux partis ne nous a convaincus de sa vision de l'éducation.»

La situation inédite, pour le Québec, d'un gouvernement minoritaire pourrait «jouer en notre faveur», croit toutefois M. Bélair. Les étudiants de la FECQ et la FEUQ avaient choisi de mobiliser les troupes la semaine dernière, avant le jour du scrutin.

La Fédération des cégeps a rappelé de son côté que les levées de cours ne doivent pas «entraver l'accès au collège ni modifier ses opérations normales», comme l'a indiqué Caroline Tessier, directrice des communications de cette fédération. La loi C-43 (Loi concernant les conditions de travail dans le secteur public) oblige les directions de collège à veiller au grain, mais dans certains groupes étudiants cette vigilance indispose.

«Des directions de collège ont indiqué qu'elles allaient utiliser un imposant dispositif de sécurité», déplore-t-on à l'ASSE. La lecture juridique de la loi, qui indique que «nul ne peut» entraver l'accès à un collège sous peine d'amendes, fait dire en revanche à la Fédération des cégeps que les étudiants sont visés par la loi et peuvent en effet se voir imposer une peine financière si cet article est bafoué.

«Les étudiants ont tout à fait le droit de manifester pacifiquement, mais les gestionnaires, en revanche, sont soumis aux termes de la loi C-43, qu'ils doivent faire respecter», rappelle Mme Tessier.






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  • Pierre François Gagnon
    Inscrit
    jeudi 29 mars 2007 13h34
    La lucidité politique des étudiants
    « «la seule option acceptable, c'est la gratuité».

    Je salue bien bas cette remarquable lucidité progressiste des étudiants. C'est la seule façon de donner la priorité totale à l'éducation. La Scandinavie ont a fait de même, et ils ont le meilleur niveau et qualité de vie d'Europe. Il nous faut relever le niveau de diplômation et de formation de nos gens, face à la montée inexorable de la Chine et de l'Inde. »

  • François Desmarais
    Inscrit
    jeudi 29 mars 2007 15h31
    Il est temps!
    « Il est venu le temps de dégeler ces frais de scolarité. En maintenant le gel, on met en péril la qualité de notre système. Tous savent, mais n'osent pas s'exprimer pour admettre que le gel des frais de scolarité n'a jamais améliorer l'accessibilité. Ils sont plus nombreux les étudiants sans prêts et bourses que ceux qui y ont accès. Pourtant, tous ces jeunes vont à l'université pareil!

    En 5 ans d'études universitaires, j'ai connu 4 grèves!
    1ère: Employés de soutien UdM
    2ième: Profs UdM (très courte)
    3ième: Étudiants UdM (le fameux 103 millions)
    4ième: Chargés de cours UL (en cours..)

    Il est temps de faire le ménage et d'amener de l'argent neuf.

    Nous avons au Québec, les frais les plus bas, le système de prêts et bourses le plus généreux, mais le taux de dîplomation le plus faible! Que va apporter la gratuité ?

    Et, en passant, nombreux sont les pays européens qui vont dégeler, dont l'Allemagne. »

  • Chantal Demers
    Abonnée
    vendredi 30 mars 2007 06h46
    Il aurait fallu y penser le 26 mars
    « J'appuie cette revendication à la gratuité des frais de scolarité. Mais il fallait vous faire entendre le 26 mars dernier. Tant le parti minoritaire au pouvoir que celui de l'opposition sont en faveur du contraire. Il faut apprendre à voter suivant nos convictions!!!

    Et j'appuie tout autant l'idée que jusqu'à ce jour, ça n'a pas augmenté le taux de diplômation, parce qu'il faut du même coup modifier la culture de l'enseignement, reflet de notre société, qui n'est pas parvenue à enseigner le sens de l'effort et de la discipline à ses jeunes. Dégeler les frais de scolarité ne résoudra pas le problème non plus.

    Et si d'autres sociétés parviennent à cette gratuité, pourquoi pas nous? Parce que c'est plus facile de charger que de changer en profondeur? Selon moi, la facilité n'est pas une option. »

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