Les comités de parents veulent un Protecteur de l'élève
Photo : Jacques Nadeau
Le Québec aura-t-il un jour un Protecteur de l’élève, une formule ressemblant à celle du Médiateur de l’Éducation nationale dont s’est dotée la France?
Nous publions aujourd'hui le deuxième et dernier volet de notre dossier consacré aux «parents-rois», amorcé samedi, qui aborde les relations parfois difficiles entre parents et enseignants.
La Fédération des comités de parents du Québec (FCPQ) demandera au ministère de l'Éducation d'accepter le principe d'un Protecteur de l'élève pour régler les conflits qui subsistent entre l'école, les parents et les élèves.
Le conseil d'administration de la FCPQ en a adopté le principe lors de son dernier conseil d'administration, au début du mois de février, a indiqué la présidente de la fédération, Diane Miron. Le principe du Protecteur, qui doit faire l'objet d'une réflexion approfondie au cours des prochaines semaines, permettrait de garantir le regard extérieur et neutre tant sur l'offre de services aux élèves que sur l'insatisfaction des parents à l'égard de certains enseignants.
Le conseil général de la FCPQ en sera saisi au cours du mois de mars, et une démarche officielle auprès du ministère pourrait ensuite suivre.
«Nous réalisons que le processus de gestion de plaintes dans l'école et la commission scolaire n'est pas suffisant», explique Diane Miron. «La commission scolaire, qui reçoit ultimement les plaintes des parents, est à la fois juge et partie. Elle doit décider si elle a eu tort ou raison face à un parent qui se plaint. Ça n'a pas de sens.»
Le principe d'un Protecteur de l'élève, demandé déjà par les parents lors de la Commission des états généraux sur l'éducation, au milieu des années 90, est vivement soutenu par le professeur Égide Royer, de l'Université Laval. «Le Québec est à l'heure de se doter d'un médiateur en adaptation scolaire, comme l'ont fait avant lui la France et les États-Unis», explique le professeur du département d'études sur l'enseignement et l'apprentissage. «Une sorte d'ombudsman de l'élève qui permettrait aux parents de faire la démonstration que leur enfant n'a pas droit aux services dont il a besoin.»
M. Royer, qui a écrit plusieurs ouvrages sur le bouillant sujet des élèves en difficulté d'adaptation et d'apprentissage, pense surtout à cette clientèle particulière lorsqu'il évoque la question de l'ombudsman. «La santé et les services sociaux ont leur ombudsman, je ne verrais pas pourquoi l'éducation n'y aurait pas accès», plaide le chercheur, qui croit que les parents sont souvent démunis pour défendre les besoins particuliers de leur petit en classe.
Dans le processus actuellement mis en place, une plainte circule d'abord au sein de l'école, pour être ensuite traitée par la commission scolaire.
«Nous voulons quelqu'un de neutre, tant pour freiner les décisions absurdes des commissions scolaires, mais aussi pour arrêter les parents qui font des demandes qui n'ont pas d'allure», explique Mme Miron. «Ça prend quelqu'un de neutre qui se place en mode médiation et qui fait des recommandations que l'on applique après sans les discuter.»
La France a son Médiateur de l'Éducation nationale depuis le début des années 2000. Dans son tout dernier rapport, produit en 2006, le médiateur Jean-Marie Jutant note une hausse notable des recours aux médiateurs — personnes neutres disséminées dans l'ensemble des établissements scolaires français, quel que soit leur niveau. «La vie sociale actuelle favorise chez les usagers, au regard des prestations des services publics, le développement d'un comportement de "consommateur", et, chez la nouvelle génération d'élèves, un état d'esprit qui les conduit à accepter beaucoup plus difficilement qu'auparavant l'expression de l'autorité.»
Le pédagogue français Philippe Meirieu doute toutefois de l'efficacité de cette institution. «Elle existe symboliquement, mais elle a très peu de moyens. Les médiateurs n'ont pas en eux-mêmes des pouvoirs de décision, mais ils peuvent plutôt attirer l'attention des décideurs sur telle injustice ou tel phénomène. De plus en plus de parents n'y croient tout simplement pas.»
Instauré précisément pour aplanir les conflits entre l'école et la communauté, le Protecteur ne risque-t-il pas d'envenimer les choses? «Nous savons que des enseignants vont mal le recevoir, mais d'autres vont applaudir lorsqu'on visera l'organisation des services, explique Diane Miron. On ne veut pas passer par la porte d'en arrière pour coincer les enseignants. Notre souhait, c'est que si les parents ne sont pas contents des services, que quelqu'un oblige la commission scolaire à faire la démonstration qu'elle a raison.»
La Fédération des comités de parents du Québec (FCPQ) demandera au ministère de l'Éducation d'accepter le principe d'un Protecteur de l'élève pour régler les conflits qui subsistent entre l'école, les parents et les élèves.
Le conseil d'administration de la FCPQ en a adopté le principe lors de son dernier conseil d'administration, au début du mois de février, a indiqué la présidente de la fédération, Diane Miron. Le principe du Protecteur, qui doit faire l'objet d'une réflexion approfondie au cours des prochaines semaines, permettrait de garantir le regard extérieur et neutre tant sur l'offre de services aux élèves que sur l'insatisfaction des parents à l'égard de certains enseignants.
Le conseil général de la FCPQ en sera saisi au cours du mois de mars, et une démarche officielle auprès du ministère pourrait ensuite suivre.
«Nous réalisons que le processus de gestion de plaintes dans l'école et la commission scolaire n'est pas suffisant», explique Diane Miron. «La commission scolaire, qui reçoit ultimement les plaintes des parents, est à la fois juge et partie. Elle doit décider si elle a eu tort ou raison face à un parent qui se plaint. Ça n'a pas de sens.»
Le principe d'un Protecteur de l'élève, demandé déjà par les parents lors de la Commission des états généraux sur l'éducation, au milieu des années 90, est vivement soutenu par le professeur Égide Royer, de l'Université Laval. «Le Québec est à l'heure de se doter d'un médiateur en adaptation scolaire, comme l'ont fait avant lui la France et les États-Unis», explique le professeur du département d'études sur l'enseignement et l'apprentissage. «Une sorte d'ombudsman de l'élève qui permettrait aux parents de faire la démonstration que leur enfant n'a pas droit aux services dont il a besoin.»
M. Royer, qui a écrit plusieurs ouvrages sur le bouillant sujet des élèves en difficulté d'adaptation et d'apprentissage, pense surtout à cette clientèle particulière lorsqu'il évoque la question de l'ombudsman. «La santé et les services sociaux ont leur ombudsman, je ne verrais pas pourquoi l'éducation n'y aurait pas accès», plaide le chercheur, qui croit que les parents sont souvent démunis pour défendre les besoins particuliers de leur petit en classe.
Dans le processus actuellement mis en place, une plainte circule d'abord au sein de l'école, pour être ensuite traitée par la commission scolaire.
«Nous voulons quelqu'un de neutre, tant pour freiner les décisions absurdes des commissions scolaires, mais aussi pour arrêter les parents qui font des demandes qui n'ont pas d'allure», explique Mme Miron. «Ça prend quelqu'un de neutre qui se place en mode médiation et qui fait des recommandations que l'on applique après sans les discuter.»
La France a son Médiateur de l'Éducation nationale depuis le début des années 2000. Dans son tout dernier rapport, produit en 2006, le médiateur Jean-Marie Jutant note une hausse notable des recours aux médiateurs — personnes neutres disséminées dans l'ensemble des établissements scolaires français, quel que soit leur niveau. «La vie sociale actuelle favorise chez les usagers, au regard des prestations des services publics, le développement d'un comportement de "consommateur", et, chez la nouvelle génération d'élèves, un état d'esprit qui les conduit à accepter beaucoup plus difficilement qu'auparavant l'expression de l'autorité.»
Le pédagogue français Philippe Meirieu doute toutefois de l'efficacité de cette institution. «Elle existe symboliquement, mais elle a très peu de moyens. Les médiateurs n'ont pas en eux-mêmes des pouvoirs de décision, mais ils peuvent plutôt attirer l'attention des décideurs sur telle injustice ou tel phénomène. De plus en plus de parents n'y croient tout simplement pas.»
Instauré précisément pour aplanir les conflits entre l'école et la communauté, le Protecteur ne risque-t-il pas d'envenimer les choses? «Nous savons que des enseignants vont mal le recevoir, mais d'autres vont applaudir lorsqu'on visera l'organisation des services, explique Diane Miron. On ne veut pas passer par la porte d'en arrière pour coincer les enseignants. Notre souhait, c'est que si les parents ne sont pas contents des services, que quelqu'un oblige la commission scolaire à faire la démonstration qu'elle a raison.»
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