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Les parents-rois s'installent à l'école

Marie-Andrée Chouinard   17 février 2007  Éducation
Photo : Jacques Nadeau
Un nouvel empereur essaie de diriger le quotidien des enseignants. Après l'enfant-roi qui fait la pluie et le beau temps dans la classe, c'est désormais le tour du parent-roi de semer ses exigences et de dicter la conduite du prof, bafouant au passage le cadre scolaire et la gestion de classe. Dérangés par ces parents interventionnistes, des enseignants s'inquiètent du règne du «Moi, mon enfant»...

Dans une petite école primaire de la région montréalaise, une enseignante ébahie a un jour reçu un coup de fil d'une maman d'élève qui s'indignait du choix littéraire pour la composition hebdomadaire. Le roman policier imposé comme lecture à l'ensemble de la classe heurtait, semble-t-il, certaines valeurs familiales. «Mon enfant, tonna la mère indignée, ne lira pas ce volume. Choisissez plutôt un roman historique.» Plusieurs minutes de discussion ne convainquirent pas la récalcitrante, qui dispensa fiston de rédiger sa composition.

Un parent a déjà supplié une enseignante de cinquième année de modifier le C de comportement tristement affiché sur le bulletin de sa fille. «Son dossier scolaire doit parvenir aux collèges privés les plus réputés en prévision de l'admission au secondaire. Avec un C, elle ne pourra jamais entrer. Changez sa note!», exigea-t-elle.

Pour les écoles, les retards du matin sont devenus une véritable plaie: dans une classe de deuxième année, 20 minutes après la cloche du matin, ce n'est toujours que la moitié des enfants qui est au poste, l'oeil à peine entrouvert. Les autres sont tout simplement... en retard, étirant leur entrée sur une demi-heure, parfois une heure, et bouleversant du coup la routine matinale. Au secrétariat de l'école, les parents font la file le matin pour justifier le petit retardataire. «Excusez mon fils, nous avons fait des crêpes ce matin. Il en voulait et ç'a été plus long que prévu.»

Le vendredi, les parents sont au contraire beaucoup trop tôt pour cueillir les marmots, arrivant parfois une heure avant la fin des classes. «Pas question d'être pris dans le trafic sur l'autoroute 15, nous voulons arriver au chalet avant la noirceur... », avancent certains devant l'air déconcerté du personnel de l'école. «De toute façon, le vendredi à l'école, qu'est-ce que vous faites de vraiment sérieux?»

Voilà quelques-uns des décrets imposés par ces souverains, dont les enseignants interrogés par Le Devoir parlent sans retenue. «Tous les parents ne sont pas comme ça, bien sûr, et il faut le dire sans hésitation», raconte L., une enseignante du primaire qui travaille à Montréal. «Mais cette minorité nous gruge temps et énergie, et elle nous mine, littéralement.»

Des enseignants «engagés, passionnés, mobilisés, venus dans une classe simplement par passion, sont en train de remettre en question leur choix de carrière», ajoute D., elle aussi enseignante à Montréal. «Pas à cause de la matière, des enfants ou des réformes, non, à cause des parents et de la vision de l'enseignant, qui est de plus en plus dénigré.»

Dans l'ombre de la classe, les agendas des enfants reviennent le matin barbouillés de commentaires des parents: en désaccord avec tel devoir, pas certains de telle méthode, outrés de telle activité, indignés de telle punition administrée à leur enfant. À l'école, il n'est pas rare que la quiétude du salon des professeurs soit abruptement troublée par l'arrivée d'un parent choqué qui veut régler «sans rendez-vous, tout de suite, maintenant», la situation problématique de son bout de chou. «Ma fille est assise en classe à côté d'une autre élève qui la dérange, j'aimerais qu'on la change de place.» Certains parents auraient-ils perdu le nord?

L'école à la carte?

Rencontrées pour déterrer le tabou des tensions école-famille, des enseignantes refusent de dévoiler leur véritable identité, de peur de froisser les parents et de nuire davantage à un lien qu'elles trouvent déjà délicat. Conscientes que la catégorie des parents n'est pas homogène, comme ne l'est pas non plus celle des enseignants, elles en ont contre l'irruption maladroite, irrespectueuse et déraisonnée de certains parents dans le train-train de la classe.

Ces enseignantes se disent convaincues de la nécessité d'un partenariat école-famille, mais elles ont toutefois noté depuis quelques années l'entrée dérangeante sur scène du parent interventionniste, empereur et gérant d'estrade, défenseur de son enfant envers et contre tous et dictateur pédagogique. «C'est l'école à la carte!», bouillonne D. «On a beau leur expliquer qu'on en a 28 à gérer, on dirait qu'ils n'arrivent pas à comprendre qu'on n'enseigne pas à leur enfant tout seul dans la classe!»

Les demandes particulières pour le devoir idéal, ajusté au rythme de l'enfant, abondent. Désormais, les parents renvoient les copies au prof, bariolées de leur propre analyse. «Irait-on contester des résultats médicaux ou encore l'avis d'un architecte?», se demande B., qui passe désormais une partie de la rencontre de début d'année avec les parents à expliquer que toute l'énergie qu'elle investit en «gestion de parents» n'est malheureusement pas consacrée aux enfants. «Je ne sais pas si c'est parce que tout le monde dans sa vie a eu à mettre le pied à l'école, mais on dirait qu'ils sont tous des experts scolaires et qu'ils peuvent donc remettre en question notre professionnalisme n'importe où, n'importe quand.»

Dans la classe de D., pourtant connue pour la rigueur qu'elle impose non seulement aux enfants mais aussi aux parents, il n'est pas rare que de petits mots lui soient retournés dans l'agenda. Un contrôle mal réussi revient à l'enseignante avec une note: «Mon enfant avait-il vraiment eu toute l'information nécessaire pour réussir ce test?» Ou, sur un ton plus affirmatif: «Vos consignes n'étaient pas claires.» «Ce sont de petits commentaires, pas bien méchants, dans le fond, mais qui me touchent encore plus qu'un parent qui m'engueulerait en pleine école. Parce que ça remet en question mon jugement.»

Tensions école-famille

Tout cela n'est que le reflet bien réel de «tensions» sourdes entre l'école et les parents, explique Rollande Deslandes, professeure au département des sciences de l'éducation de l'Université du Québec à Trois-Rivières (UQTR), une des rares chercheuses au Québec à s'intéresser aux liens entre l'école et la famille. «Ce sont des tensions que j'associe à un manque de communication et de compréhension des rôles de chacun», affirme Mme Deslandes, qui a porté le chapeau d'enseignante pendant 18 ans en plus de celui de mère de cinq enfants.

«Le parent et l'enseignant ne sont tout simplement pas au même diapason», poursuit-elle. «L'enseignant a deux clients: l'élève et son groupe. Le parent, lui, n'a que son enfant, et, de plus en plus, cet enfant est devenu un véritable projet de vie. Il n'y en a qu'un seul, et il est au centre de contextes de plus en plus exigeants, où les deux parents travaillent.»

Avec l'intérêt d'un enfant comme point commun, les deux partenaires souffrent-ils des conséquences d'un sérieux bris de confiance? «J'ai mené des études sur cette question, et on constate que, règle générale, les parents font plus confiance aux enseignants que l'inverse», explique Mme Deslandes.

Les enseignants ne sont pas les seuls à vouloir déballer leur sac. Il suffit de tendre le micro à droite ou à gauche du côté de papa-maman pour recueillir les confidences. Au sommet de la liste des accusations: le fait que l'école semble occulter le tourbillon d'enfer qui frappe tous les foyers au retour de l'école. Plutôt que d'être agrémenté de savoureuses bouchées et d'un bon vin blanc sec, le cinq à sept échevelé des parents rime plutôt avec une course effrénée nommée devoirs-leçons-souper-bain-dodo. Ouf!

Pour ce qui est de l'épineuse question des devoirs et des leçons, les parents «reprochent aux enseignants de ne pas suffisamment prendre en considération le contexte familial actuel», explique Mme Deslandes. «Mais vous aurez aussi toujours des parents qui revendiqueront plus de devoirs pour mieux préparer les enfants à l'univers de performance du secondaire», se défend une enseignante, témoignant de la difficulté à satisfaire les besoins de chacun. «C'est le règne du "Moi, mon enfant"», ajoute L. «Cette entrée en matière, je l'entends des tonnes de fois dans une semaine.»

Si les milieux défavorisés défraient souvent la chronique scolaire à cause du type de difficultés qu'ils représentent en enseignement, on entend moins parler des contraintes liées aux zones favorisées. «Ces milieux-là apportent aussi leur lot de défis, qui sont différents», précise la chercheuse de l'UQTR. «Il y a des parents super scolarisés qui s'imaginent à tort et à travers qu'ils connaissent tout. Des parents qui surprotègent leur enfant et demandent qu'il ne sorte pas à la récré parce qu'il commence un petit rhume. Des parents hyper performants qui mettent de la pression sur leur jeune et sur l'école.»

Entre sphère familiale et quartier scolaire, la zone grise de fin de journée a confondu les rôles, croit un directeur d'école secondaire de la banlieue de Montréal. «Ça crée tout un flou artistique! On vit encore avec un modèle d'école qui tient pour acquis qu'un des deux parents est à la maison et que le souper est prêt à 17h30! Une portion de la job des parents a été prise en charge par l'école: qu'on pense à l'aide aux devoirs ou au service de garde, par exemple. Les rôles sont confondus.»

La présidente de la Fédération des comités de parents du Québec (FCPQ), Diane Miron, reçoit justement les doléances de ces parents qui se disent incompris par l'école, mais elle reconnaît avoir aussi entendu parler des «parents-rois». «Je serais malhonnête si je disais qu'on n'entend pas parler de ça dans les écoles», explique-t-elle, précisant que ce ne serait pas «la première fois qu'on entendrait les enseignants reprocher aux parents de se mêler de leurs affaires».

«Je ne nie pas le phénomène: on en entend parler. Tout le monde sait qu'il y a beaucoup à faire pour améliorer la collaboration entre l'école et la famille. Mais une fois qu'on a dit ça, quand est-ce que le discours va être dépassé par la pratique? Je n'ai jamais vu de modèle de partenariat efficace atterrir sur mon bureau.»

Le «bris de confiance» entre les deux camps est un véritable sujet de préoccupation pour la fédération des parents, qui espère pouvoir amorcer de vraies discussions avec les enseignants à ce sujet. «Si on ne fait rien, ces situations qui ne nous font pas bonne presse vont dégénérer. Il n'y en a pas beaucoup qui retroussent, mais ce sont celles-là dont on entend parler et qui donnent l'impression que les parents font valoir leurs droits sans respecter ceux des autres.»

Perte de confiance mutuelle

Ce n'est pas d'aujourd'hui que le couple parents-école bat de l'aile, et le Québec n'a pas le monopole de ce chatouilleux face-à-face. En Grande-Bretagne, un nouveau phénomène associé au cyber-bullying — l'intimidation cybernautique — défraie la chronique. Dans un sondage tout juste publié, l'Association of Teachers and Lecturers a révélé que 17 % des enseignants disent avoir été victimes d'intimidation par cellulaire ou par courriel, voire par le truchement de sites Internet ou de forums de discussion. Outre les élèves eux-mêmes, les parents font partie de la liste des «assaillants» ciblés par les profs.

«Il y a une perte de confiance globale des parents dans l'institution scolaire, qui fait en sorte que les parents agissent d'une manière très individualiste, parce qu'on n'a pas réussi à mettre en place des structures où ils peuvent s'exprimer au nom du collectif», croit le réputé pédagogue français Philippe Meirieu, interrogé par Le Devoir. «Ils ont le sentiment que leur point de vue n'est pas entendu et ils font des choix individuels qui vont jusqu'aux caricatures, comme ces parents qui vont taper sur les institutrices dans les cours d'école.»

Dans cette société où chacun, même du haut de ses trois pommes, mène une lutte acharnée pour le respect de ses droits propres, l'école subit le contrecoup d'un monde où l'individu règne. «Moi qui ai bientôt 60 ans, quand mes parents m'ont mis à l'école, ils m'y ont mis comme moi je prends place dans un avion», raconte Philippe Meirieu. «À aucun moment mes parents n'ont pensé aller donner des conseils au pilote! [...] C'était la confiance absolue. Mais cette époque est terminée.»

L'autorité de l'école, remise en question sous le nez de l'enseignant et de la direction, chancelle. Après les enfants Ritalin, dont l'école a souvent parlé, les établissements voient essaimer une nouvelle catégorie. «La nouvelle mode, c'est le trouble de l'opposition, un enfant qui refuse de se conformer à l'autorité de la classe et de l'école», relate une directrice. «Mais ce qu'on décèle de plus en plus, c'est qu'il y a un parent caché derrière ce trouble-là et que lui aussi vit un trouble de l'opposition!»

Les directions d'école, souvent prises entre l'arbre et l'écorce, relatent sourire en coin qu'elles ont d'ailleurs quelques générations de rois sous les yeux. «Nos parents d'élèves sont la première génération d'enfants-rois, mais les enseignants aussi! Ça fait un joyeux mélange!»

En attendant que chacun trouve sa place au royaume, le mécontentement donne parfois lieu à de véritables ballets juridiques, comme aux États-Unis, qui remporte encore la palme des crises scolaires menant à des procès. Au Québec, la judiciarisation des tensions parents-école est en hausse, confirme la Fédération des comités de parents du Québec. «Et ça va dans les deux sens», observe Diane Miron. «Les parents poursuivent des commissions scolaires ou des enseignants, mais les enseignants aussi s'y sont mis. C'est sûrement le signe d'un grand malaise.»

À défaut d'expédier la mise en demeure, c'est aussi la menace des médias qu'emploient certains parents. «Maintenant, on nous dit carrément: "Si vous ne réglez pas mon problème, j'appelle TQS ou Le Journal de Montréal"», relate un dirigeant de commission scolaire, lui aussi peu enclin à se prononcer ouvertement.

C'est exactement ce qu'ont vécu la semaine dernière les dirigeants de la Commission scolaire de l'Énergie. Un couple de parents insatisfaits des méthodes de mise en retrait de leur petit garçon — un paravent placé au fond de la classe cachait le garçonnet, qui y travaillait à son pupitre — a alerté la jungle médiatique. Par un coup de baguette télévisuelle, le treillis de bois s'est ainsi transformé en «cage», les parents s'insurgeant contre cette méthode.

«Nous ne comprenons pas la raison pour laquelle les parents ont choisi de s'adresser aux médias», a relaté le directeur général de la commission scolaire, Claude Leclerc, invité à donner sa version des faits sur les ondes de RDI.

Les experts appellent à un débat sur la relation école-famille, qui ne tournera pas au combat de coqs mais qui se conclura par une poignée de main. «Les parents et les enseignants doivent s'appuyer les uns les autres, pas se dénigrer», croit Rollande Deslandes. «En effet, à partir du moment où le lien est brisé, c'est la relation maître-élèves qui bat de l'aile et la qualité du climat en classe qui est minée.»






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  • Francois Tremblay
    Inscrit
    samedi 17 février 2007 00h47
    Qu'est-ce que l'éducation pour vous?
    « La première chose à faire serait d'énoncer clairement le rôle de l'école, et cela ne peut venir que d'en haut. Si ce n'est pas une prolongation de la fin de semaine, alors la question de l'habillement ne devrait plus se poser, même au Wal-Mart il y a un code vestimentaire...Comme le dit la journaliste, il y a un non-respect de l'enseignant quand un parent arrive sans rendez-vous, ferais t'on cela dans un autre domaine de travail??? La partie devrait-elle se jouer dans les deux sens, si un parent n'est pas content, il peut toujours changer son enfant d'école. Et si l'enseignant pouvait se plaindre aux médias des parents/enfants emmerdants ça donnerais de beaux résultats. On en entends des belle....madame venez chercher votre enfant, il fait 104 de fièvre...cr*** c'est pas ma semaine, appelle son père...J'en salive d'avance, les Bougons n'ont qu'à bien se tenir. »

  • Benoît Gagnon
    Abonné
    samedi 17 février 2007 06h45
    L`autorité sa nécessité. par Benoît Gagnon
    « Le phénomène de la contestation de l`autorité est le refus de reconnaître la compétence pédagogique et académique de l`enseignant par l`ensemble de la société.On doit savoir qu`éduquer signifie "sortir de"(l`animalité) ce qui est très difficile à réaliser. Autorité pédagogique égale compétence. »

  • Sébastien Carbonneau
    Inscrit
    samedi 17 février 2007 09h03
    Les parents qui ne connaissent rien à l'éducation
    « Je réagis fortement aux propos ineptes de Pierre Brousseau. Les parents ont suffisamment de droits et ils ne doivent en aucun cas s'ingérer dans la gestion de classe. Je suis enseignant et j'en ai ras-le-bol de ces parents prétentieux qui se croient tout permis. M. Brousseau ose dire que l'école envahit les domaines de l'éducation parentale, mais ce sont ces mêmes parents qui font en sortent que la situation existent. Ils travaillent toute la journée et déversent leurs responsabilités sur le dos de l'école. Ce ne devrait pas être le cas, je suis d'accord avec lui. On doit revenir à l'autorité et à la discipline. Et M. Brousseau, venez enseigner et je vous garantis que vous ne resterez pas 15 minutes dans une classe. Des gens comme vous qui tiennent les propos que vous tenez, ça me fait vomir. »

  • Dominique Boivin
    Abonné
    samedi 17 février 2007 09h14
    Pourquoi faire simple quand on peut compliquer ?
    « Quand je regarde les taux de suicide chez les jeunes, les taux de décrochage, les proportions d'enfants sur le ritalin, les taux de séparations des couples avec enfants, les taux dépressions chez les enfants de bas âges, la façcon dont ils mangent et ce qu'ils mangent, le manque d'exercice physique, le poid des enfants, le temps passé en famille, et j' en passe... me désole. Non mais réveillons-nous ! Il est plus que temps de commencer a s'occuper de nos enfants, et s'occuper de nos enfants débute par leur donner de l'attention, du temps. De les écouter et non de les laisser parler. Les enfants sont notre plus grand investissement. Éduquer nos enfants n'est pas la responsabilité de l'école, c'est d'enseigner les fondations de la pensée... ce qui s'exprime clairement les mots pour le dire viennent aisément. Le respect, la confiance en soi, la détermination sont des valeurs qui s'apprennent par l'exemple et l'expérience. Laissons aux professeurs la responsabilité qui leur revient soit d'enseigner et aux parents celle d'éduquer. A vouloir tout contrôler tout finit par nous contrôler. »

  • Guy Clermont
    Abonné
    samedi 17 février 2007 10h15
    Civilité, respect?
    « Questionner les pratiques en matière d'éducation est une chose et il devrait y avoir des forums pour discuter et débattre, que ce soit au niveau d'une école, d'une commission scolaire ou de la province (il y en a d'ailleurs). Mais faire irruption à l'école pour engueuler un professeur ou pour prendre son enfant pour ne pas arriver trop tard au chalet en est une autre. Il y en a qui ont perdu tout sens de ce que veut dire vivre en faisant des compromis et qui sont incapables d'imaginer autre chose que leur nombril. Désepérant. »

  • Jasette
    Abonné
    samedi 17 février 2007 10h34
    Avec tous les stress à gérer dans sa vie, chacun voudrait qu'on lui prête les commandes de l'avion.
    « «Dans cette société où chacun, même du haut de ses trois pommes, mène une lutte acharnée pour le respect de ses droits propres, l'école subit le contrecoup d'un monde où l'individu règne. «Moi qui ai bientôt 60 ans, quand mes parents m'ont mis à l'école, ils m'y ont mis comme moi je prends place dans un avion», raconte Philippe Meirieu. «À aucun moment mes parents n'ont pensé aller donner des conseils au pilote! [...] C'était la confiance absolue. Mais cette époque est terminée.»

    Quelle belle image monsieur Meirieu fait de l'école de son temps. Aujourd'hui, modernité oblige, on dirait que tout le monde voudrait se mettre aux commandes de l'avion. Le problème dans tout ça, c'est que, une fois aux commandes, personne ne semble savoir quelle direction faire prendre à l'avion.

    On parle beaucoup d'écologie qui est, selon Le Petit Robert «l'étude des milieux où vivent les êtres vivants ainsi que des rapports de ces êtres entre eux et avec le milieu». À partir de cette définition, il y aurait tout lieu d'étudier objectivement les humains entre eux et leurs milieux respectifs. Il y en a qui le font. On devrait peut-être les écouter un peu plus. Dans la mesure où ça pourrait globalement améliorer la qualité de vie des gens.

    C'est bien beau de vouloir prendre les commandes de l'avion, encore faudrait-il avoir un projet collectif de société. Que voulez-vous, j'ai toujours eu un petit côté idéaliste. Il ne faudrait pas que les gens voient dans ce que j'avance une ambition quelconque. C'est plutôt un rêve qui me tiendrait à coeur idéalement d'en faire un beau projet de société, réalisable dans la mesure des possibles.

    Je viens donc tout juste de lire ce texte sur «les parents-roi qui s'installent à l'école» et que je dois qualifier de malheureusement intéressant. Je peux facilement imaginer que certains parmi ces parents se sont peut-être embarqués, parfois bien malgré eux, sur des projets de vie élevés au point que peut-être ça les dépassent. Si c'est le cas, on peut comprendre que ces parents passent leurs quotidiens à gérer leurs stress. Entre autres, dans un cas semblable, ça peut-être une façon de gérer son stress que de vouloir prendre les commandes de l'avion, ou de laisser aller le pilote n'importe où, indépendamment de l'évolution qualitative de l'enfant en cause.

    Il ne faudrait cependant pas penser que la problématique à ce sujet ne se résume rien qu'à ça. Il y a aussi que chacun a à porter un certain fardeau de responsabilité dans ce genre d'affaire. Il n'y a pas que les parents qui sont en cause. Il y a aussi les enfants, les professeurs, les cadres, les projets et les programmes à l'école, etc. Ça en fait beaucoup de monde qui voudrait peut-être prendre les commandes de l'avion. Nous sommes loin de l'harmonie d'un beau projet de société bien en main.

    Je vais terminer là-dessus. Je me suis permis d'écrire sur le sujet et d'en faire un peu comme un conte philosophique. Du phare où je suis, quand il n'y a pas trop de nuage dans les environs, c'est un peu comme ça que j'aimerais voir se dessiner un beau projet de société. C'est sûr quand on fait du dessin, il faut parfois raturer et redresser les projets. Si tout le monde voulaient se donner la main et mettre l'épaule à la roue.

    En passant, comme projet de société actuel, on fait peut-être un peu trop de place au monde du travail et à ses ambitions personnelles à ce propos. Je peux comprendre aussi qu'en voulant se détacher un peu de tout ça, histoire d'améliorer sa qualité de vie à chacun, la mondialisation essaie de nous tasser. Ce serait un peu à nous d'y voir, politiquement parlant. »

  • Jean-Pascal SArthou
    Abonné
    samedi 17 février 2007 10h38
    Damn if you do, damn if you don't
    « Petite statistique : le tiers de jeunes enseignants quittent le domaine pédagogique avant leur 5e année d'expériences. Combien d'en eux en viennent à cette conclusion parce qu'ils en ont marre d'entendre des incompétants exigés d'eux des comptes alors qu'aucun de ceux-ci ne font le moindre effort pour comprendre le rôle de l'enseignant?

    Je suis de anciens enseignants. »

  • Alexandre Perreault
    Inscrit
    samedi 17 février 2007 10h45
    Appui inconditionnel aux enseignants
    « J'ai 27 ans, et pourtant, déjà, je ne reconnais pas mon expérience scolaire dans le vécu actuel des enfants que je rencontre assez fréquemment (je suis stagiaire en pastorale). L'opinion de Pierre Brousseau, qui représente bien l'ignorance généralisée de la dynamique scolaire actuelle, ne me surprend donc pas. les classes sont surchargées, les Libéraux ont supprimé nombre de postes d'ortho-pédadogues qui accompagnaient particulièrement les enfants ayants des problèmes d'apprentissage, sans parler de la confusion découlant déconfiture de la réforme et des nouvelles problématiques sociales qui affectent les enfants d'aujourd'hui et les enseignants eux-mêmes dans leur devoir.

    Ce n'est pas en asservissant une institution primordiale à la logique de consommation de service de l'individu que nous pourrons améliorer l'état des choses, au contraire: ce type de réaction met une pression irréaliste sur les enseignants et rabaisse l'institution scolaire au rang d'un Wal-Mart éducatif. Est-ce simplement là le fruit comportemental d'une société axée sur la consommation? Ou du désir de tout contrôler, par exemple en niant l'échec scolaire de nos enfants? Mais où sommes-nous rendus dans notre rapport à la réalité?

    Nous avons besoin d'un contrat social qui puisse mettre la conciliation travail-famille au service de l'éducation des enfants, pas dans le but de (dé)former la jeunesse en fonction des besoins économiques, mais du besoin qu'a chaque personne de devenir pleinement et dignement humain. La pression doit être faite sur les employeurs et les législateurs, même s'ils sont loin d'être aussi accessibles que les enseignants. Nous avons besoin que des parents s'impliquent dans une gestion collective de l'éducation, et non dans ces face-à-face stériles et débiles dont le Devoir rapporte les (heureusement)rares cas.Cela demande des efforts et la capacité de supporter la frustration inhérente aux processus démocratique et politique. Mais ce n'est qu'ainsi que nous pourrons dépasser cette mentalité féodale qui s'infiltre peu à peu dans toutes les sphères de la société, et avancer un peu plus vers l'humanisation de notre société.

    Chapeau aux enseignants, et bonnet d'âne à ces parents! »

  • Roland Berger
    Abonné
    samedi 17 février 2007 11h11
    Définir la place des parents à l'école
    « Depuis des décennies, le ministère de l'Éducation parle de la place des parents à l'école, disant ces derniers indispensables à la réussite éducative et académique. Une vraie farce !
    Si les autorités ministériels avaient mis en place les structures d'une participation bien encadrée des parents à l'action de l'école, les parents-rois sombreraient rapidement dans le ridicule. »

  • Pierre Philippe
    Inscrit
    samedi 17 février 2007 11h15
    Rendez à César ce qui appartient à César
    « Certains parents feraient bien de faire eux-mêmes un retour à l'école... Car il n'est pas certain qu'ils comprennent bien les enjeux d'une éducation scolaire réussie. En effet, l'état de scolarisation des parents du Québec, qui laisse tant à désirer, témoigne du devoir de laisser impérativement aux seuls enseignants la responsabilité de mener à bien le défi de l'éducation des enfants.

    L'enseignement, quel qu'en soit le niveau, est une tâche qui exige un investissement majeur des enseignants, seuls compétents pour en juger, et qui ne peut être diverti par les demandes fantaisistes des parents. Les énergies de l'école sont déjà passablement hypothéquées par les changements multiples de programmes et les réformes, que celles qui leur restent doivent cibler l'efficacité à tout prix. Toute entorse à l'efficacité ne peut avoir qu'un impact néfaste sur les cycles d'étude ultérieurs, conduisant -on le voit depuis plusieurs années déjà-- à la dévaluation des diplômes. De grâce, rendez à César ce qui appartient à César. »

  • Christian Tallon
    Inscrit
    samedi 17 février 2007 11h39
    A chacun sa tâche
    « Dans un journal comme le devoir et en tant qu'enseignant, je ne crois pas inutile de rappeler des principes tous simples : l'étudiant doit étudier (il n'a pas à faire la loi en classe même s'il ne s'agit pas de brimer sa créativité bien sûr ! , l'enseignant doit enseigner en veillant à préparer l'enfant à sa vie furure, à détecter des talents, à mettre en garde le cas échéant, le directeur doit diriger en créant une équipe pédagogique soudée et cohérente, les(le) parent(s) doit avec amour mais fermeté veiller à ce que l'enfant s'apanouisse en respectant les enseignants et directeurs mais en les informant aussi des difficultés familiales.

    Tout ceci est un contrat de confiance ! Aucune des parties en présence n'a intérêt à un conflit ! Puissent les rois du moment le comprendre !!!

    En Angleterre, ce sont les élèves chinois naturellement très respectueux de leurs professeurs et très suivis à la maison par leurs parents qui réussissent le mieux devant les indiens et les britanniques. Pur qui seront les emplois demain ?

    Un peu de bon sens ! »

  • Roland Trudel
    Abonné
    samedi 17 février 2007 12h10
    Les enseignants-rois...
    « Suggestion de lecture:CES NOUVEAUX ENFANTS QUI NOUS DÉPASSENT
    Éditions AdA, Essai sept.2006
    Probablement que vos récréminations seront plus nuancées à la suite de cette consultation »

  • Jasette
    Abonné
    samedi 17 février 2007 13h37
    Au sujet de l'autorité de monsieur Gagnon
    « Autorité oui, j'en conviens, mais avec fondement. De la façon dont vous en parlez, j'ai bien peur que ce soit inspiré de Skinner (1904-1990), fondateur du béhaviorisme radical. Je ne met pas en doute la compétence des enseignants. Mais, le fait d'enseigner n'est pas nécessairement un critère de compétence, tout simplement.

    Pour moi, il y a une autorité d'influence beaucoup plus qu'une simple autorité répressive... »

  • Daniel Valiquette
    Inscrit
    samedi 17 février 2007 13h40
    Les parents à l'école
    « Les parents ont-ils leur place à l'école ? La réponse est oui, si ils acceptent d'évoluer dans une sphère où ils ne sont pas les spécialistes. Ils peuvent bien êtres les experts lorsqu'il s'agit de leurs enfants, mais pas en matière de vie scolaire. Il faudrait bien que quelqu'un trouve le courage de leurs dire. Sinon, les conséquences négatives, déjà énumérées ici, s'aggraveront. »

  • Claude Boucher
    Inscrit
    samedi 17 février 2007 14h38
    Tous tort, tous raison...
    « Je ne suis pas surpris par les comentaires de parents soulignés dans cet article. Curieusement, les deux extrêmes (parents trop négligeants et parents trop exigeants) s'y retrouvent dépeints. Malheureusement, on peut faire la même analogie du côté des profs, et tout comme les médecins, ceux-ci ont bien du mal à reconnaître les limites de leurs compétences.
    L'article dénonce, et avec raison, ces parents qui croient en l'école "sur mesure", qui estiment que c'est à l'école et au professeur de s'ajuster à leurs petits besoins particuliers (horaires, niveau de difficulté, règles de vie). Il ne faut pas, alors, s'étonner de voir la même perte d'autorité chez les profs que celle que l'on retrouve malheureusement chez les parents.
    Tout en dénonçant le nivellement par le bas (qui existait aussi lorsque j'usais mes fonds de culotte sur les bancs d'école, il y a 30 ans de ça...), j'estime en effet qu'un message clair doit être envoyé aux parents et aux enfants: l'école à la carte, même au privé, ça n'existe pas. Et si l'on veut voir les enfants respecter un cadre, il faut tout d'abord que les parents aussi le respectent.

    Mais l'école et le corps professorales, du haut de leur grand savoir face à ces parents ignorants, sont tout aussi responsables de ce fossé qui s'est creusé. Et en bout de ligne, comme toujours, la vraie victime, ce n'est pas le prof-rois (ex-enseignant, j'en ai vu des exemples frappant) ni les parents-rois qui doivent accepter une école imparfaite, ce sont plutôt, une fois de plus, les enfants, pris au milieu de cette nouvelle forme de chicane de couple.

    L'école est là pour instruire, les parents pour éduquer, mais il est d'une évidence crasse que bien souvent, ni l'un ni l'autre n'a la maturité pour le faire.

    À chacun sa mission, mais de grâce, cessez ces guerres de tranchée et recentrez-vous sur la personne la plus importante dans ce débat: l'enfant. »

  • Linda Hart
    Abonnée
    dimanche 18 février 2007 00h14
    Les enfants-rois et leurs parents cinglés
    « Si on commençait par penser à l'enfant qui deviendra adulte un jour et qui devra être autonome et fonctionner en société. J'ai quatre enfants qui sont des adultes aujourd'hui. Lorsqu'ils étaient au primaire et au secondaire, je considérais et je considère toujours que l'école est un lieu d'apprentissage essentiel de la vie en société. Vivre en société signifie apprendre à respecter vos semblables et aussi apprendre à s'adapter aux contraintes. Mes enfants ont aimé certains de leurs professeurs, ils ont éprouvé des difficultés avec d'autres, certains étaient d'excellents pédagogues, d'autres moins. Mes enfants, comme tous les enfants, exprimaient des doléances à l'égard de certains professeurs. Combien de fois ai-je entendu "le prof. X est complètement fou", "le prof. Y a des favoris", "le prof. Z est trop sévère ou il explique mal" etc. J'écoutais leurs commentaires, en sachant très bien qu'il s'agissait de la réaction normale de celui qui apprend les relations humaines. Mes enfants apprenaient qu'on ne peut malheureusement aimer tout le monde, mais qu'on doit vivre avec tout le monde. C'est un apprentissage difficile, fait de victoires et de défaites, d'angoisse parfois et d'ajustement. Le plus mauvais service que j'aurais pu leur rendre aurait été de prendre tout cela au sérieux, de remettre en question l'autorité du professeur et de m'immiscer dans ce processus qu'il leur appartenait d'apprendre à gérer. Je ne l'ai jamais fait. Je considérais ces lamentations pour ce qu'elles signifiaient, l'existence d'incidents de parcours indispensables et formateurs.

    Ces enfants-rois, qui fichent le bordel dans leur classe, qui répondent grossièrement au professeur, qui sont incapables de se conformer à quoi que ce soit, ne sont pas à blâmer, ce sont leurs parents qu'il faut blâmer. Élever un enfant, en lui donnant l'impression que l'autorité ne mérite aucun respect, qu'il est normal d'être grossier, que l'école doit se plier à ses caprices et qu'elle doit consentir à lui octroyer un traitement de faveur, équivaut à former un inadapté, une personne qui n'aura aucun respect pour les règles du jeu élémentaires de la vie en société, un individualiste et un égoïste qui souffrira de problèmes relationnels importants, tant dans sa vie privé, que dans le cadre de son travail.

    Toute ma sympathie et mon admiration va aux enseignants qui doivent, cinq jours par semaine, affronter les enfants-rois et leurs parents cinglés. »

  • Jean-François ONILLON
    Inscrit
    dimanche 18 février 2007 08h27
    On a les mêmes ici, en France!!
    « Je compatis avec les enseignants québécois car je mesure leur désaroi mais ils doivent prendre conscience que cet état de chose est généralisé à toutes nos sociétés occidentales. Je suis le mari d'une enseignante du primaire dans une grande école de vingt-deux classes en banlieue d'une grande ville française, Bordeaux, précisement située près des grandes plages du sud-ouest et à trois heures des stations de ski des montagnes des Pyrénées...Je ne vous fais donc pas de dessins sur le rush du vendredi après-midi...L'été comme l'hiver c'est les vacances qui priment sur l'école et les mots d'excuses sont de plus en plus insultants par la désinvolture affichée à l'égard des enseignants, à tel point que certains parents poussent l'inconscience jusqu'à retirer leurs enfants la veille de leur départ en congés en exigeant des maîtres d'école qu'il leur remettent un dossier de cours personnalisés pour compenser l'absence arbitraire de leurs petits chéris, et celà avec pour les pires cas parfois quinzes jours d'avance sur les dates officielles de congés scolaires. Dans des classes de vingt-huit, voire vingt-neuf élèves, il arrive couramment qu'une huitaine d'entre eux anticipent leurs vacances d'un jour ou deux. Curieusement, ce sont ceux-là aussi dont les parents sont les plus exigeants sur les performances de leurs instituteurs...Ce sont ceux-là qui en savent plus que le maître et qui recorrigent les exercices leur progéniture et attribuent la note qu'ils considèrent "approprié" en raturant celle qui a été méritée. Ce sont encore les mêmes qui "judiciarisent" de plus en plus les relations parents-enseignants lorsque leurs rejetons se comportent comme des voyous et amènent leur maîtres au bord de la crise de nerfs qui précède la claque que leurs parents ont oublié de leur donner depuis trop longtemps. On parle alors de la "violence" des instituteurs en oubliant l'insolence voire l'insulte grave de l'enfant sur la personne de son éducateur; et je parle là d'enfants âgés de huit à douze ans.
    Je pense personnellement que nous sommes devenus trop permissifs dans une société de l'image-reine et que c'est bien là que la menace réside. Une image vaut mille mots et le flot d'images que déversent nos médias servent à construire l'identité psychosociale de chacun d'entre nous. Dans cette image l'ego est cultivé, valorisé, suggéré et finalement imposé. Un leitmotiv reviens maintenant dans tous nos message publicitaires: "Parce que je le vaut bien"! Il semble que tout soit dis dans ces quelques mots, réfléchissez y bien...L'image que nous donnons de nous-même au travers de nos comportements d'adultes et de consommateurs de biens, qu'ils soient matériels comme nos voitures et nos gadgets électroniques, ou qu'ils soient virtuels comme nos choix économiques et médiatiques, sont des exemples que nous donnons quotidiennement à nos jeunes. Ils se construisent à notre image car pour eux tout est image,tout est apparence et tout est relatif...rien n'a encore vraiment d'importance. Ils ne sont pas en mesure d'établir des relations de cause à effet entre ce qu'ils perçoivent du monde qui les entoure et les moteurs cachés de notre société complexe et sophistiquée. Ils construisent leur identité par rapport aux valeurs qu'ils perçoivent et ne sont pas en mesure d'analyser ces valeurs ni de comprendre le contexte dans lequel elles s'insèrent.Cette maturité que nous sommes pressés de leur attribuer et qu'ils n'ont pas le temps d'acquérir car tout va beaucoup trop vite maintenant et ils réagissent comme des naufragés pris dans une tornade de surinformation, de d'hyper-stimulation de leur cerveau; ils doivent comprendre tout très vite ou faire semblant de comprendre très vite et d'être des adultes très vite, avec ce qu'on leur donne pour le faire et avec la manière dont nous leur donnons; parfois comme l'on donne de la viande à un chien...Je suis désolé de le dire comme celà mais lorsque je vois aujourd'hui le type de culture et d'exemple que recrachent nos médias à longueur de soirée j'en viens à désespérer d'un futur possible pour notre monde qui soit autre qu'un retour au Moyen Age. Lorsque je voit l'exemple que donnent les adultes lorsqu'ils n'ont même plus le courage de diriger leur vie et de sanctionner leurs délinquants économiques et politiques, lorsqu'ils n'ont pas le courage d'éteindre leur télévision lorsque celle-ci diffuse des émissions qui nient l'humain et le rabaisse au rang d'un animal, pour stimuler les instincts primaires et programmer son subconscient avec des réflexes consumméristes débilitants, pour l'exploiter à son insu, pour télécommander sa vie quotidienne et pour conditionner les enfants à exiger de leurs parents des céder à des achats inutiles, à des modes vestimentaires ridicules et éphémères, lorsque je vois cette décadence rampante et organisée par des lobbys et des trusts qui nous exploitent et tuent nos richesses et nos cultures, je ne peux qu'en déduire qu'ils nous traitent comme nous le méritons parce que plus personne ne veut se révolter en disant simplement: ça suffit, la cour est pleine et on va faire le ménage, chacun retourne à sa place et respecte celle de l'autre, le carnaval est terminé!
    Oui, c'est Carnaval aujourd'hui et partout, tout est permis, il n'y a plus ni maître ni serviteur, plus de haut ni de bas, plus de valeurs plus de limites, tous habillés comme des clowns, tous à la fête, tous énivrés et emportés dans une danse folle vers le ...précipice! Qui aura le courage d'être celui qui sonnera la fin de la fête avant que nous soyons ivres-morts? »

  • Pierrette L. Ste Marie
    Abonnée
    dimanche 18 février 2007 09h10
    La communication est complexe
    « Si l'école ne veut pas des parents dans son école ,toute la communication est tronquée.
    Les parents deviennent inquiets et décus. De là à ce que certains soient plus revendicateurs que d'autres... Les directions d'école aussi font partie du problème car ils ne veulent pas que les problèmes sortent de l'école et ferment les yeux sur des situations qui devraient être corrigées.
    Il y a d'excellents professeurs, il y a des enseignants moches et frustrés. Le même modèle se dessine chez les parents.
    Mais les parents sont les répondants de leurs enfants et ils ont le devoir de s'informer. »

  • Bessette 39
    Inscrit
    dimanche 18 février 2007 09h39
    Pourquoi je ne fais pas confiance à l'école?
    « Parce que je suis déçu de l'éducation que j'y ai reçu. Parce que les choses, loin de s'améliorer, empirent d'année en année. Cependant, je ne me suis jamais plaint directement. Les enseignantes font de leur mieux avec ce qu'on leur donne et avec ce qu'elles sont. Souvent, elles sont fragiles. Même une simple suggestion risque de les déstabiliser. Alors, on se tait et on fait du rattrapage en famille. »

  • Guy Groleau
    Inscrit
    dimanche 18 février 2007 11h23
    Le système encouragerait-il certaines tensions ?
    « Je réagis aux propos rapportés de Mme Deslandes, professeur à l'UQTR, qui dénonce les parents super scolarisés qui croient à tort et à travers qu'ils ont raison. Je trouve surprenant qu'un chercheur universitaire fasse une déclaration aussi radicale. Est-ce possible qu les parents aient parfois raison? Malheureusement pour le système scolaire actuel, l'école doit composer avec ces parents scolarisés.

    Quand on demande aux élèves de faire du travail à la maison, de faire signer par les parents leurs tests ou leurs agendas, on incite alors les parents à s'intéresser à la vie scolaire de son enfant. Comment peut-on espérer que ces parents vont se taire et laisser passer des choses qui vont à l'encontre de leurs valeurs où qui sont carrément erronés. Nous faisons partis de ces parents qui ont osé à quelques occasions corriger l'information transmise à nos enfants par les enseignants. Que doit faire le parent quand il croit que l'information transmise est inexacte ou qu'un examen a été mal corrigé? Doit-il expliquer à son enfant que le professeur a fait une petite erreur et que pour ne pas le froisser, il doit continuer à dire comme lui que la terre est plate même si elle tourne? Bien sûr que non. Il est important que le professeur sache que nous ne sommes pas d'accord avec son contenu ou une de ces décisions. Ça s'appelle de la rétroaction et c'est tout à fait sain dans une relation harmonieuse. À partir de là, c'est à l'enseignant de décider de ce qu'il fait de cette info.

    Quand on demande aux parents de superviser à la maison le travail de l'élève, il faut s'attendre à ce genre de chose. Le système actuel implique l'investissement de trois parties dans l'éducation d'un enfant, l'école, l'élève et les parents. Il est normal que les trois aient leur mots à dire. »

  • poisson marie-michelle
    Inscrite
    dimanche 18 février 2007 11h38
    pire que les accommodements "raisonnables"
    « Toutes ces demandes particulières d'accommodements formulées par les uns et les autres détruisent peu à peu la crédibilité de l'école et dévalorisent l'éducation dans son ensemble aux yeux des enfants. Si toujours l'école passe après le sport d'élite, les loisirs, la religion, les fêtes de famille, les voyages à l'étranger et j'en passe, l'école perd toute son importance, n'apparaît plus comme une priorité. Je trouve personnellement que c'est cette attitude des parents qui, par l'exemple, trace la voie au décrochage scolaire.
    Mais pire encore est cette habitude qui semble se développer de médire de l'école devant les enfants. Un peu de retenue de grâce! Épargnez à ces jeunes esprits d'être tiraillés entre la confiance et l'amour qu'ils se doivent d'éprouver envers leurs parents et la confiance, l'affection et le respect qu'ils doivent aussi éprouver envers leurs enseignants pour réussir. Si les parents s'acharnent à détruire la confiance des enfants envers leurs porfesseurs ils condamnent leurs propres enfants au désengagement, à la démotivation et à l'échec. Et ici je pense tout particulièrement à ces parents qui dénigrent à haute voix, devant leurs enfants, le système d'enseignement dans son ensemble alors que les chiffres de l'OCDE prouvent l'excellente performance du système public québécois lorsque qu'on le compare aux autres systèmes d'enseignement dans le monde... Quand on agit de la sorte, est-ce qu'on aide son enfant à s'intégrer à la société??? »

  • Claude Millette
    Inscrit
    dimanche 18 février 2007 13h23
    Le bons sens
    « Comme le signalent les directions d'école, nous assistons à un conflit de rois.
    Et si la solution passait par une valorisation de l'école ? J'ai trop souvent vu des gens autour de moi "subir" l'école, plutôt que de la voir comme une richesse. Cette perception est automatiquement transmise à nos enfants, inconsciemment. Quand on ne fait pas partie de la solution, on fait partie du problème. Nous avons bien sûr des droits, mais aussi des obligations. Tout comme les profs d'ailleurs.

    Votre enfant n'a pas assez de devoirs ? Rajoutez-en.
    Il en a trop ? Attardez-vous (ou faites-le s'attarder) à l'essentiel.
    La situation ne peut être parfaite tout le temps, comme la vie. Ça aussi, et même ça surtout, il faut l'enseigner à nos enfants par notre attitude. En tant que parents, nous devons transmettre le goût de l'apprentissage, de la quête de connaissance, du respect et de la persévérance. Le reste viendra tout seul.

    CM »

  • Annik Desrosiers
    Inscrite
    dimanche 18 février 2007 14h56
    La perfection du système???
    « Bon, il est clair qu'il y a toute sorte de monde dans le monde. Il est également clair qu'un humain a ses qualités, ses défauts, ses faiblesses et ses limites. Sincèrement, je compatis à 100% avec les prof au prise avec des parents "cinglés". Par contre, l'envers de la médaille est aussi déplorable. Sincèrement, quand un pédiatre vous dit de sortir de votre enfant de 7 ans de l'école, au P.C. parce qu'il y vit une situation de stress et d'angoisse majeure, il y a un problème. Quand des parents se font dire que leur enfant de 8 ans est suicidaire parce qu'il vit des situations à l'école, ou quand une petite fille de 9 ans vomit chaque jour quand elle doit partir pour l'école, ne venez pas me dire que les parents sont cinglés d'intervenir. Désolé, mais il y a des prof, des directions et des commissions scolaires aussi cinglés, sinon plus, que beaucoup de parents.

    Que la situation des professeurs soit déplorable, j'en conviens, que les services, réformes et tout le bataclan nuise à leur travail, encore d'accord, mais quand ils en ont ras-le-bol, qu'ils n'ont plus de patience, qu'ils ne voient plus clair, ou simplement qu'ils se retrouvent dans l'incapacité de travailler avec un enfant parce qu'il y a incompatibilité de personnalité, l'enseignant devrait prendre les mesures nécessaires et remettre l'enfant entre des mains plus "ouvertes". Réalisez-vous que même si vous vivez une année d'enfer avec un enfant qui vous tapait sur les nerfs, vous allez l'oubliez bien rapidement. 10 ans plus tard, 250 à 300 élèves plus tard, vous ne vous rappellerez pas son nom. Lui par contre, s'en rappellera. Vous parlez de professeurs qui changent de carrière parce qu'ils en ont assez de faire face à ces enfants et leurs parents. Mais que faites vous de ces enfants qui n'ont pas choisi "le carrière d'élève" et qui doivent faire face à des enseignants avec leur préjugé, leur fatigue, leur manque de ressources et quelques fois leur incompétence? Que faites-vous de ces enfants? Ils ne sont pas importants. Une faille dans le système. Bof c'est pas grave, ils seront surement des décrocheurs et se mettront sur le B.S..

    Vous dites que les parents devraient rester à leur place. Avez-vous au moins pensé que ce sont eux qui ont la responsabilité de leur enfant. Les problèmes subséquents à une année scolaire avec un prof incompétent (car ne nous le cachons pas, il y a des incompétents dans tous les domaines et en enseignement aussi), tel que dépression, faible estime de soi, décrochage, etc vont suivre cette famille toute leur vie. En plus, ce sont ces parents qui paie des taxes pour payer le salaire de ses enseignants. Et vous venez dire que le parent n'a pas droit de regard?! Je ne sais pas dans quel monde vous vivez!!!

    Il a été écrit que les parents ont perdu confiance en le milieu scolaire... Avez-vous remarqué que ce n'est plus comme il y a 30 ans. Maintenant, les enfants passent plusieurs prof dans la même année parce que leur enseignant doit prendre son "burn-out" annuel; les parents doivent payer une fortune pour une éducation supposément gratuite parce qu'ils doivent acheter 3 paire de soulier (une pour chaque occasion) pour ne pas salir l'école et donner moins de travail au concière; les parents doivent s'assurer que le lunch ne contient ni sucre, ni excitant, mais la cafétéria de l'école vend des hot-dogs et des sandwichs à la crème glacée. De plus, comme nos enseignants actuelles sont tellement compétents, il est absolument nécessaire que nos enfants soient sur le Ritalin. Plus de 10 000 enfants juste sur l'île de Mtl. C'est plus que tous ceux en France.

    Les parents ont peut-être de bonnes raisons de ne plus faire confiance... »

  • Ghislaine Filion
    Abonné
    dimanche 18 février 2007 16h04
    Un juste équilibre
    « Étant parent d'un enfant de 2e, dans une école alternative dont le projet éducatif est basé sur une collaboration étroite avec les parents, et ce pour toutes sortes de tâches liées directement ou indirectement avec l'enseignement en classe, je peux témoigner de la lourde tâche des enseignants et des difficultés qui les attendent chaque matin à l'entrée des classes.

    Il suffit de faire du soutien en classe le matin, pour constater que dans 30% des cas, les enfants sont inaptes à apprendre car il n'ont pas assez dormi la veille et clignent de l'oeil couchés sur leur pupitre. Qui leur permet de regarder la télé tard le soir? D'autres sont d'une impertinence surprenante envers leur professeur ou même les parents qui viennent lui donner un coup de main. Qui leur enseigne les régles éélémentaires de politesse? Et que dire des parents qui font fi des règles de savoir-vivre à l'école et pénalisent toute une classe par leur comportement puéril et leurs demandes sans fondement. Nous avons les enfants que nous éduquons et bon nombre de parents, aujourd'hui, ne trouvent plus le temps, ni n'ont la volonté d'inculquer des valeurs fondamentales comme le respect, la politesse, l'entraide entre autres. Et ce, même dans les écoles "alternatives". Chapeau aux enseignants qui subissent les foudres de ces éternels adolescents! Les parents n'ont leur place à l'école que dans leur mesure où ils acceptent de collaborer à faire progresser leur enfant, sans bouleverser l'environnement qui les accueille. Autrement, ils deviennent une nuisance. Bravo pour ce dossier très réussi! »

  • Michel Coron
    Abonné
    dimanche 18 février 2007 23h15
    L'enfant-dieu dans un monde de clients-rois.
    « Un paragraphe m'a bien fait sourire moi aussi:

    "Les directions d'école, souvent prises entre l'arbre et l'écorce, relatent sourire en coin qu'elles ont d'ailleurs quelques générations de rois sous les yeux. «Nos parents d'élèves sont la première génération d'enfants-rois, mais les enseignants aussi! Ça fait un joyeux mélange!» "

    Dans " l'ancien temps" comme on disait, l'enseignante était maître(sse) dans sa classe après Dieu. On a maintenant des enfants-dieux ! Y compris les étudiantes en formation des maîtres qui ont fait partie de cette première génération.Gare alors au vieux chnouk, à ce professeur dinausaurien d'une université reconnue qui aurait osé rabrouer quelque peu vertement ces étudiantes préoccupées par LA NOTE. La pédagogie par objectifs instaurée dans des salles de cours surpeuplées d'une centaine de sardines bien cordées autour des années 80 pouvait-elle former adéquatement des enseignantes à affronter la meute des enfants mal éduqués par des parents absents. Dans un contexte pédagogique où toute clique peut facilement avoir la tête d'un professeur grâce aux prétendues évaluations de fin de cours, comment peut-on former des éducateurs ? Je laisse à ceux qui perpétuent un tel système le soin de répondre honnêtement. Dans un contexte où l'étudiant est le client-roi, il y a fort à parier que comme toujours, on cherchera à noyer le poisson. »

  • Jacques Saint-Pierre
    Inscrit
    lundi 19 février 2007 00h43
    La forteresse éducative
    « Les parents doivent bien faire une croisade, ne vous en déplaise madame Chouinard, puisqu'ils doivent en découdre chaque jour avec une institution de plus en plus hermétique et initiatique. Le "vous n'êtes pas enseignant alors vous ne pouvez pas savoir", nous l'avons suffisamment entendu. Il est temps, pour les parents, de se mêler de leurs affaires. Et votre long article qui, essentiellement, semble être un plaidoyer pour le retour du parent dans sa cuisine, est réducteur et sent le parti-pris à plein nez.

    Votre article démontre, de façon éclatante, que le clergé des enseignants et de leurs défenseurs constitue une force qui surpasse toutes les associations que nous pourrons bien vouloir mettre sur pied.

    Mais ce qui m'a "jeté à terre", si j'ose dire, c'est de lire que les professeurs et les directions d'écoles se plaignent de l'ingérence de certains parents. "Gérants d'estrade", "dictateur pédagogique", voilà autant de qualificatifs grossiers et insultants que vous avez utilisés dans votre article à notre endroit. Ce qui est incroyable, c'est que j'ai entendu exactement le contraire dans les écoles où les professeurs et directions se plaignaient plutôt de ne pouvoir communiquer avec des parents qui manquaient d'intérêt ou de compétence pour discuter du cas de leur enfant. On nous reproche donc d'être trop présents? De prendre l'avenir de nos enfants trop à coeur?

    Voici ce que nous ferons, donc: Nous leur laisserons leur petit château. Oui! Les parents n'interviendront plus jamais à l'école. Mais nos enfants n'iront plus y jouer. Nous les éduquerons à la maison, ou bien nous créerons nos propres institutions privées dans lesquelles nous nous donnerons la permission, à nous-mêmes, parents, de participer à l'éducation de nos enfants. Assez, c'est assez.

    Enfin, dernier petit commentaire ici: Il est assez révélateur de constater que les enseignants qui laissent des commentaires ici écrivent avec l'orthographe et la grammaire d'un enfant de 8 ans. »

  • Pierre Vachon
    Inscrit
    lundi 19 février 2007 11h33
    Quand l'ignorance des parents s'en mêle
    « Bien que je ne sois pas enseignant au niveau primaire, je comprends parfaitement l'exaspération de ces derniers qui doivent, presque quotidiennement, affronter non seulement ces petits monstres d'enfants-rois, mais en plus (et peut-être surtout) ces parents-rois, trop souvent eux-mêmes des ignares qui sont sincèrement convaincus d'avoir la science infuse dans tous les domaines.Rappelons que ces parents, âgés dans la vingtaine ou la jeune trentaine, sont souvent aussi, hélas pour notre société, eux-mêmes des petits enfants pourris qui ont appris à tout obtenir à force de cris et de crises, revendiquant pour eux seuls tous les droits mais oubliant qu'ils ont aussi des devoirs. Ces parents auraient peut-être intérêt (et toute la société également) à mieux éduquer leurs petits chérubins, à leur apprendre les règles élémentaires de politesse (mais, peut-on donner ce qu'on n'a pas ?), à leur inculquer quelques valeurs (surannées diront plusieurs d'entre eux) tels que le respect, l'assiduité, le travail, la tolérance, la curiosité intellectuelle. Mais non! Ils préféreront sans doute leur transmettre leur médiocrité, leur frustration (pensons à la génération X, ces éternels mal-aimés), leur sens ô combien inné du "Je-Me_Moi" à qui tout est dû mais qui ne doit surtout rien rendre.Ces parents-rois sont parfaitement inconscients du tort qu'ils font non seulement à la société qu'ils prétendent vouloir construire, non seulement aux enseignants qui, soit dit en passant, sont les véritables professionnels de l'enseignement, mais ces mêmes parents nuisent à leurs propres enfants. Que les parents éduquent leurs enfants et qu'ils laissent aux professeurs le soin de transmettre les connaissances aux élèves et ensemble, ils contribueront à faire de ces jeunes des citoyens équilibrés, riches(culturellement) et véritablement responsables. »

  • Linda Hart
    Abonnée
    lundi 19 février 2007 19h15
    M. Groleau, autrefois la terre était plate
    « @M. Guy Groleau
    Je suis tout à fait d'accord avec vous, si un enseignant prétend que la terre est plate ou que nous descendons des Martiens, je ne peux que vous recommander d'intervenir. Toutefois, concernant les erreurs que peut parfois commettre un enseignant et qui, habituellement, ne sont pas aussi flagrantes, je vous ferai remarquer que personne ne dit qu'un enseignant est à l'abri de l'erreur. Êtes-vous à l'abri de l'erreur ? Voilà je pense ce qu'il est bon qu'un enfant comprenne, l'erreur est humaine. De plus, si ladite erreur vous est rapportée lors d'une conversation avec votre enfant sur ce qui se dit en classe, gardez toujours en mémoire que le ouï-dire n'est pas un élément de preuve valable (principe de droit) et avant de faire une tempête dans un verre d'eau, fouillez bien la question avec votre enfant. Vous découvrirez peut-être que l'enseignant a expliqué aux enfants que les scientifiques croient qu'il y a peut-être déjà eu de la vie sur Mars ou qu'autrefois les gens pensaient que la terre était plate. Ce qui est important c'est que votre enfant comprenne qu'en ce qui regarde son professeur, vous donnez la chance au coureur et refusez de prendre des déclarations citées hors contexte pour argent comptant. En ce qui touche les rapports oraux des enfants, il faut écouter attentivement, mais demeurer suffisamment sceptique pour ne pas se faire avoir.

    Laisser passer des choses qui vont à l'encontre de vos valeurs me semble parfaitement admissible. L'école n'a pas pour fonction de défendre les valeurs d'un individu en particulier, elle prône les valeurs de la majorité ce qui est normal. En ce qui concerne les vôtres, rien ne vous empêche d'en faire part à votre enfant, d'en discuter avec lui en gardant l'esprit ouvert à sa possible dissidence. Ce qui est important et formateur n'est pas que votre enfant partage nécessairement votre vision, mais plutôt qu'il apprenne, en votre compagnie bienveillante, à définir la sienne et à défendre les principes qui lui tiennent à coeur de façon logique et raisonnable. Je pense que la technique socratique du "connais-toi toi-même" s'applique particulièrement bien dans le cadre de la relation parent-enfant. Un enfant, même très jeune, ne demande pas mieux que d'utiliser ce qu'il a entre les deux oreilles. Il faut apprendre à lui faire confiance dans ce domaine, guider sans imposer notre vision, le laisser faire ses choix, discuter avec lui de diverses options et aussi exprimer nos vues en expliquant ce qui les motive.

    La classe c'est aussi l'école de la vie, c'est votre enfant qui est assis là. Dans la mesure du possible et du raisonnable, ne vous interposez pas entre lui et sa vie, autorisez le plutôt à développer son propre jugement, ouvrez avec lui la porte à la curiosité, à l'infinie diversité des opinions et des valeurs, suscitez son questionnement, ouvrez le dialogue, aidez-le à apprendre le plaisr de débattre. Vous constaterez très rapidement les résultats et vous aurez contribué à en faire un individu autonome, peu enclin aux préjugés, à la pensée magique et à l'étroitesse d'esprit, vous aurez aussi contribué à en faire un citoyen.

    En ce qui regarde les examens mal corrigés, là aussi, l'erreur est humaine, mais cela me rappelle ma fille cadette, qui en cinquième primaire en était arrivée à la conclusion que son professeur avait fait une erreur dans la correction d'un examen ; selon elle, il lui manquait 0,1 %. Lorsque je lui ai demandé ce qu'elle entendait faire, elle m'a répondu très sérieusement qu'il n'était pas question d'accepter cette injustice. Elle a demandé une rencontre avec l'enseignante, exposé sa doléance, en a débattu avec l'intéressée qui s'est finalement inclinée devant ses arguments et lui a donné son 0,1 %. Quelques mois plus tard, j'ai rencontré cette personne, lors de la remise des bulletins. Elle m'a alors confié qu'elle n'avait jamais vu une enfant de cet âge aussi bien organisée dans son argumentation et aussi sereine dans le cadre d'un débat. Ce n'était évidemment pas une débutante, les débats autour de la table étaient réguliers et nous étions six à débattre. Celui ou celle qui énonçait un lieu commun ou une idée toute faite se retrouvait immédiatement devant la question "pourquoi ?". Cette fameuse question, les enfants la surnommaient en riant la question piège. »

  • Hugo M
    Inscrit
    lundi 19 février 2007 20h09
    Les enseignants sont des parents aussi :-)
    « Je suis ni parent, ni enseignant, mais j'ai des parents et amis dans les deux camps... et je dois avouer que ma sympathie va plus aux enseignants dans ce dossier. On ne peut pas avoir toujours raison, ni faire ce qu'on veut dans la vie en société, et les enfants de ces parents trop interventionnistes tentent de prétendre le contraire - et pire, transmettent cette valeur à leurs enfants.

    La plupart des enseignants que je connais sont des parents aussi, et ils comprennent très bien les deux côtés de la médaille... Alors que les parents qui ne sont pas enseignants gagneraient en crédibilité et en sagesse à tenter d'assister à une avant-midi de classe un jour... et à lire les demandes contradictoires des parents d'élèves d'un seul groupe.

    Contrairement à ce que l'intervention de certains parents laisse croire, l'article du Devoir ne fait pas état de quelques exceptions, les parents (rois) qui «exigent» carrément des choses irréalistes des enseignants sont très très nombreux. Assez pour que la chose soit préoccupante non seulement pour les enseignants, mais pour l'école elle-même en tant qu'institution d'apprentissage de la vie en société. »

  • Julie Trépanier
    Inscrite
    jeudi 22 février 2007 12h54
    Professeur-roi
    « Autrefois adulés, j'ai l'impression que l'inconscient collectif des professeurs pleure ce temps où, dans une société plutôt ignorante, leur autorité et leur savoir n'étaient jamais remis en question.

    Mais voilà, il s'avère qu'aujourd'hui plusieurs de ceux qui enseignent à nos enfants sont, en dehors de leur BAC en enseignement primaire axé sur la pédagogie, de simples citoyens avec pour plusieurs une culture et une intelligence somme toute assez moyenne.

    Pas que je veuille défendre le soi disant parent-roi, mais voilà je suis une mère, pas reine du tout, qui suis vigilante à l'égard de ce que l'on transmet à ma fille. Et de lire samedi dernier les récriminations des professeurs m'a fait grincer des dents.

    Oui il m'est arrivé d'écrire des notes à l'attention du professeur, oui je me permets parfois de rectifier certaines données enseignées, que je juge fausses ou à nuancer. Vous en déplaise cher professeur-roi je continuerai... »

  • Nathalie Daigle
    Inscrite
    vendredi 23 février 2007 17h41
    Drôle d'adon
    « C'est en discutant avec une enseignante, témoin d'une intervention de groupe que j'ai due appliquée avec mes jeunes du service de garde, qu'elle m'a parlé de cet article sur les parents-rois. Je lui disais que suite à la copie que j'avais fait faire à ces enfants, une mère avait téléphoné au service de garde,tout étonnée que Son Fils ait dû la faire malgré le fait qu'il n'avait pas été le pire du groupe.

    J'ai expliqué à cette dernière que la vie de groupe apporte parfois des conséquences de groupe si la majorité des jeunes qui le composent dysfonctionne. L'explication ne semble pas lui avoir donné confiance en moi, puisqu'une semaine après, elle récidive avec d'autres questionnements à propos du pourquoi son fils a copié, mais cette fois-ci en s'adressant à la responsable.

    L'enseignante, à qui je racontais mon aventure, m'a répondu:" Connaissez-vous la première génération de parents-rois?" Je lui ai répondu que non, mais que je commence à voir des brèches avec des parents beaucoup trop attentifs aux petits besoins et aux gros caprices de leur(s) petit(s) chéri(s).

    C'est à ce moment qu'elle me parle de l'article! Pour que les médias s'intéressent au phénomène, c'est qu'il y a un problème quelque part. Je suis une éducatrice oui, mais une maman aussi! Par le fait même, je suis à même de comprendre comment se sent la travailleuse lorsque les parents nous jugent dans notre travail sans vraiment connaître les conditions dans lesquelles nous essayons de bâtir un groupe solide avec,souvent, les moyens que nous avons.

    Un(e) éducateur(trice) pour 20 jeunes sur l'heure du lunch, ça a l'air facile dit comme ça , mais ça implique beaucoup de discipline, de réglage de conflits entre eux tout en étant réceptif(ve) aux demandes de l'un, aux oppositions de l'autre, du mécontentement face aux jeux proposés de certains, du manque de respect d'un autre etc...

    Tout ce cocktail de caractères différents à gérer sur 1h40 de dîner en faisant réchauffer leur nourriture... à la température voulue et aux nombres de minutes requises par l'enfant et/ou les parents sous peine d'avoir un message de mécontentement le lendemain. J'aime beaucoup les enfants, ils m'apportent leur sourire gratuitement, leur enthousiasme de participer aux activités auxquelles je mets souvent plus que le temps qui m'est alloué pour le faire, mais quand les parents s'en mêlent pour des bagatelles, je flanche!

    Lorsque ma fille revient du service de garde de son école et me raconte pourquoi ça n'a pas bien été dans sa journée, je pose des questions sur le comment ça s'est passé?, ça impliquait qui et pourquoi?, toi qu'est-ce que tu as fait ou pas fait pour mériter la conséquence?

    Je ne saute pas tout de suite aux conclusions en lui disant:" Tu as raison mon coeur, ton éducatrice n'avait pas le droit de te punir ou n'avait pas raison de ci ou cela! Je me fais l'avocat du diable et quand je considère le geste grave ou la situation floue, c'est à ce moment que je vérifie la version de l'éducatrice.

    On dirait que les parents qui débarquent en voulant nous imposer leur rythme de vie familiale dans notre milieu de travail, ne comprennent pas qu'en donnant toujours raison à leurs enfants sans en vérifier la véracité et qui nous rabaissent devant ces derniers, ils leur donnent le pouvoir de dysfonctionner dans le groupe avec approbation parentale s'il-vous-plaît merci!!! »

  • Ann Forget
    Inscrite
    samedi 24 février 2007 22h19
    De la passion à la désillusion
    « En terminant mes études universitaires en enseignement primaire et préscolaire, après plusieurs stages et bien des journées en tant que suppléante, je me sentais enfin prête à avoir ma propre classe. C'est donc la tête pleine d'idées, de rêves et avec une passion inconditionnelle pour les enfants que j'ai accepté un poste dans une école privée de la métropole.

    Dès la première rencontre de parents, je dois affronter une horde de parents inquiets, avec raison il me semble, du sort réservé à leur enfant dans cette grande école, d'autant plus qu'ils sont au préscolaire. Après m'être présentée en long et en large, après avoir bien expliqué la routine, les objectifs, les projets, les règles de l'école, le fonctionnement du service de garde etc., j'avais l'impression que le lien de confiance était bien établi et j'étais soulagée que cette première rencontre se soit si bien déroulée. J'avais si hâte d'enseigner, si hâte de vivre au quotidien avec mes petits élèves.

    Pourtant, j'allais bientôt faire la rencontre du premier parent-roi. En effet, un parent m'interpelle à la fin de la soirée pour me signaler qu'elle refuse que son enfant participe à la détente de 20 minutes en après-midi sous prétexte que cela lui enlèvera du temps d'enseignement. Encore abasourdie, je dois faire face à un couple inquiet qui veut savoir à quelle université j'ai complété mes études et si j'ai bien obtenu mon diplôme. Ils sont préoccupés par mon manque d'expérience qui pourrait nuire à leur petit mousse! À mesure que l'année scolaire avance, je suis toujours aussi étonnée des demandes des parents.

    L'un exige que je donne des devoirs (au préscolaire!!!) à son enfant pour qu'il progresse plus rapidement, l'autre souhaite me rappeler que son fils ne mérite pas d'être réprimandé parce qu'il a frappé un autre élève de la classe puisqu'il lui a bien expliqué que ce n'était pas vrai et que son fils ne ment jamais, un autre encore désire que je supprime une comptine de l'Halloween car sa fille fait des cauchemars à propos des sorcières et des fantômes. Ce n'est pas que je sois insensible à ce que vivent ou veulent les enfants, mais les demandes sont si nombreuses et si exigeantes, qu'il faudrait parfois changer des leçons entières seulement pour accommoder un parent!

    Face à un refus de ma part, le parent-roi a toujours le loisir de sortir la phrase qui tue: Oui mais moi je paye pour l'envoyer ici! Si je paie pour des services en clinique privée, est-ce que cela me donne le droit de remettre en question le jugement du médecin, si je paie pour prendre l'autobus, est-ce que cela me donne le droit de dire au chauffeur comment conduire et quel chemin prendre? Comprenez-moi bien, ce genre de parents reste à mon avis, une minorité. Mais cette minorité a un tel impact au quotidien, qu'elle finit par miner et la passion, et le goût d'enseigner, pour la simple et bonne raison qu'on doit vivre continuellement une remise en question, qu'on doit sans cesse se justifier, argumenter, peser ses mots, se défendre sans être sur la défensive bref, c'est une bataille inachevable pour prouver que l'on a les compétences nécessaires pour s'occuper de leurs enfants.

    Malgré les sourires de mes élèves, malgré ma fierté de les voir évoluer et grandir, malgré les papas et les mamans qui me vouent une confiance sans conditions, malgré mon désir de laisser une marque dans la vie des enfants, je me pose chaque jour la même question: partir ou rester. Moi qui avait toujours eu bien de l'incompréhension face aux jeunes profs qui décrochent, je comprends maintenant les raisons. Et chaque fois qu'un parent-roi se dresse sur mon chemin, je me rapproche un peu plus de la porte. »

  • G Alain
    Inscrit
    lundi 5 mars 2007 01h36
    Je m'en foutisme
    « Certains commentaire aurait été plus approprié dans une poubelle je crois.
    Comme celui de Mme Desrosiers par contre.
    Je travail dans un institution au secondaire, j'ai 25 ans, et croyez moi, ce n'est vraiment pas de tout repos, j'y travail en tant que concierge et réparation diverses. C'est vraiment dégoûtant ce que l'on peut trouver quelques fois. Les jeunes et surtout, les parents, se disent que c'est pas grave, c'est sa "job" de ramasser. Oui c'est vrai mais quand il vont jeter un papier à la poubelle, c'est le plancher la poubelle pour eux. Aucun respect pour l'environnement. C'est si long de le ramasser et le remettre à sa vrai place, la poubelle. Ceci est un des nombreux problèmes dont nous faisons face. Si les jeunes se ramasseraient, nous aideraient, nous aurions plus de temps pour s'attarder au gros travaux.

    Les chaises et bureaux ou tout autre matériel scolaire, les fenêtres ou tout simplement, les distributeurs de papier toilette, et dieu sait que j'en passe, qui se brise, la nourriture lancée par terre ou sur les murs et que les surveillants ont pu voir que cela provient de cet élève et en rapporte la situation à leurs superviseurs, qui eux en font la communication au parents.
    La réponse !?!
    " Voyons, mon enfant ferait jamais ça. Il n'est pas comme ça à la maison. Ce n'est pas lui, c'est sûr."
    ou bien
    " C'est la job des concierges. Qu'ils fassent leur job."

    C'est un très bel exemple à donner aux enfants.
    Les parents doivent sûrement demander à leurs enfants de se ramasser à la maison pour que ce soit propre. Et bien, petite nouvelle pour vous, c'est la même chose que l'on demande à notre institution. Ce n'est pas si compliqué que ça. Si l'élève peut le faire à la maison, il peut le faire à son école aussi mais ne le fait pas. Ils savent qu'ils sont protégés par leurs parents, alors, ils en profitent. Rien ne peut leur arriver.
    Là, le "je m'en foutisme" des parents fait en sortent que leurs enfants se moquent totalement de l'autorité et des règles de bonne conduite à suivre.
    Quel bel avenir... »

  • Sylvain Archambault
    Inscrit
    jeudi 8 mars 2007 15h55
    Et si c'était le contraire...
    « J'oeuvre dans le milieu de l'éducation depuis environ 15 ans, je suis parent et je m'interroge.

    Je ne sais pas si je suis un meilleur parent ou un meilleur enseignant. Peut-être suis-je correct dans les deux domaines, peut-être suis-je meilleur dans l'un que dans l'autre?

    Mais une question me taraude à la lecture de plusieurs commentaires de parents qui se sentent tout à fait justifiés d'intervenir dans le vécu scolaire de leur enfant, même si le motif est, en toute objectivité, quelquefois farfelu: pas d'accord avec un choix de lecture, une conséquence, un devoir à faire, etc. La liste des récriminations est longue...

    Me lisez-vous encore? Et si c'était le contraire... et qu'un enseignant faisait des commentaires sur vos compétences parentales? Le prendriez-vous? »

  • Christian Rheault
    Abonné
    mercredi 21 mars 2007 18h46
    Madame Trépanier, faut pas dire des vilaines choses c'est pas gentil !!!
    « "ceux qui enseignent à nos enfants sont, en dehors de leur BAC en enseignement primaire axé sur la pédagogie, de simples citoyens avec pour plusieurs une culture et une intelligence somme toute assez moyenne." ...

    Wow ... Assez moyen comme commentaire, si je peux me permettre ...

    Quelles belles valeurs vous transmettez à vos enfants !!!

    Je pense que vous avez manqué de discipline et avez été trop gâtée étant plus jeune donc ...

    Va t'en dans ta chambre pour réfléchir !!! Pis t'aura pas de dessert !!! Pis demain tu vas aller t'excuser aux enseignantes !!!

    Ah pis tu tu dis que tu vas continuer ? Ok, ben pu d'émission "Le Banquier" pour une semaine !!!


    Non !!! Silence !!! Si tu ajoute un seul mot je t'enlève Internet aussi !!! »

  • Ryan Amur
    Inscrit
    mercredi 30 mai 2007 14h44
    Le gros problème:
    « Le parent qui ne « parente » pas mais qui croit que ce battre pour son enfant c'est être parent, ça c'est le problème.

    Quand nous vivons dans une société où l'on accepte que les parents placent leur carrière avant leur obligation première d'élever leur enfant nous ne pouvons pas nous attendre à ce que tout roule sur des roulettes!

    Chers parents, arrêtez de vous plaindre et prenez vos responsabilités!

    Ryan,

    Homme, 32 ans, marié, père de deux garçons de 10 et 5 ans, cadre travaillant 35 heures semaines, coach de soccer, là pour ses enfants! »

  • Comtesse deBergerac
    Inscrite
    mercredi 1 août 2007 17h50
    un simple reflet de la société...
    « je lis toute cette polémique et j'avoue que je n'y vois qu'un simple reflet de la société dans laquelle on vit. Société, qui soit dit en passant a été façonnée par NOUS les adultes, et personne d'autre. Mais, qui prend vraiment en compte l'intérêt des enfants dans tout ça ?

    Que des parents d'élèves perturbent toute une classe pour faire valoir leurs intérêts personnels, qui s'en étonnerait sinon ces chers enseignants qui eux, n'hésitent pas une seconde à sortir dans la rue pour faire la grève et revendiquer quoi encore ? ...des intérêts tout aussi personnels, non? .

    Que les élèves soient anxieux, démotivés ou sans curiosité face aux apprentissages, à la créativité, ou à l'affirmation de soi ne serait-il pas une conséquence directe du peu d'intérêt qu'on leur porte dès leur plus jeune âge ? On a des choses très importantes à faire NOUS les adultes ! On est pressés, on travaille, hein ??

    Les jeunes décrochent, ne s'impliquent pas ? qui s'en étonne ? Leurs parents toujours occupés à autre chose et qui leur ont toujours dit de se taire et d'écouter ? Leurs enseignants qui n'ont de préoccupation que pour le rendement, l'obéissance et la discipline ?

    Les enfants on les entoure beaucoup oui, mais pour mieux les contrôler. On les écoute, mais seulement si ce qu'ils disent correspond à ce qu'on souhaite. Sinon, on les ignore, on les fait taire par menace ou marchandage et lorsque celà devient impossible, on les traite de délinquants, de rebelles, etc...

    Dans notre belle société, les enfants ne sont pas des individus pensants et raisonnants (ça dérangerait beaucoup trop). Ils sont un "projet"; les pièces anonymes d'un puzzle idéal aux yeux de beaucoup, mais illusoire et dont tout le monde s'arrache les pièces...

    Et lorsque qu'une belle machine comme le système scolaire ne fonctionne pas, on cherche qui blamer plutôt que de se poser les vraies questions. "Les intérêts de qui cherchons nous vraiment à défendre ?". Il me semble qu'un peu d'introspection sincère sur nos propres motivations face à tout ce débat serait judicieux ?


    Sniff! sniff..."Tout le monde est victime et ce sont les autres les coupables"....hélas c'est trop souvent le triste constat d'un petit peuple passé maître dans l'art de se donner bonne conscience en se mentant à soi-même. »

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