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L'UQAM remet en question ses projets immobiliers

Marie-Andrée Chouinard   27 janvier 2007  Éducation
Le complexe des sciences Pierre-Dansereau.
Photo : Jacques Nadeau
Le complexe des sciences Pierre-Dansereau.
L'Université du Québec à Montréal (UQAM) efface son ardoise immobilière: le projet de l'îlot Voyageur risque d'être substantiellement redessiné et l'université songe à se départir de l'édifice de La Patrie, de la Bibliothèque nationale Saint-Sulpice et du Manoir de Mascouche, trois acquisitions récentes. Ces imposantes remises en question sont au coeur d'une démarche qui bat son plein à l'UQAM, puisque l'institution a «entrepris de revoir avec l'ensemble des facultés et des programmes les réels besoins en matière d'espace», a expliqué hier Francine Jacques, directrice des relations avec la presse.

«Nous sommes en train de regarder l'ensemble de notre parc immobilier pour décider ensuite ce qu'il en adviendra.» Des conclusions sont attendues d'ici à huit mois.

Cette analyse fine suit la secousse qui a ébranlé l'UQAM à l'automne, alors que des dépenses imprévues de 40 millions de dollars et un manque à gagner de 60 millions étaient révélés dans le projet du Complexe des sciences. C'est maintenant le chantier de l'îlot Voyageur qui est sous la loupe.

«Tous les scénarios sont sur la table», explique Mme Jacques, qui précise que d'intenses discussions sont en cours avec le partenaire de l'UQAM dans cette aventure, la firme Busac inc. L'université négocie actuellement avec «d'autres possibles partenaires financiers» pour redéfinir le projet, qui prévoyait non seulement la construction d'un nouveau terminus d'autobus — ce qui est d'ailleurs complété à 80 % — mais également l'installation de la faculté de science politique et de droit, de l'Institut d'études internationales de Montréal et de l'École de langues de l'UQAM. Des salles de cours, une portion de la bibliothèque des sciences juridiques, la Galerie de l'UQAM et des laboratoires de l'Hexagram étaient également prévus au plan initial.

Un conseil d'administration extraordinaire de l'UQAM, portant spécifiquement sur l'avenir de l'îlot Voyageur, doit avoir lieu prochainement. «Tous les scénarios sont plausibles», explique Mme Jacques. «Aurons-nous un autre partenaire pour remplacer la Cité universitaire internationale de Montréal? L'ensemble du dossier est à revoir.»

Notons qu'en décembre, le comité de vérification mandaté par l'UQAM pour évaluer la viabilité financière du projet de l'îlot Voyageur avait conclu que, dans sa forme actuelle, sa rentabilité n'était pas assurée. «Oui, d'autres partenaires sont approchés, poursuit Mme Jacques. Ça se négocie très fort, et ça se fait maintenant.»

La remise en question n'atteint pas que l'îlot Voyageur puisque l'université envisage la vente de l'édifice Saint-Sulpice, rue Saint-Denis, ancienne antenne de la Bibliothèque nationale à caractère patrimonial. L'UQAM avait acheté ce bâtiment en juin 2005 pour la somme de 2,5 millions de dollars.

De même, l'édifice La Patrie, situé rue Sainte-Catherine, pourrait être remis sur le marché, l'université ayant notamment fait le constat que d'importants travaux de réfection sur la toiture étaient à compléter.

Les scénarios actuellement évalués comptent aussi la vente possible du Domaine seigneurial de Mascouche, acquis par l'UQAM au printemps 2004. Le site historique de 25 millions de pieds carrés, qui compte un manoir bâti en 1830, une zone de conservation, une forêt agricole et une zone blanche, est occupé par la Sûreté du Québec, qui loue des locaux jusqu'en 2008.

Une firme externe évalue actuellement l'ampleur des travaux de réfection nécessaires au manoir, notamment sur la toiture et certains murs, dont la maçonnerie est à refaire.

«L'UQAM n'a encore rien déménagé, ni à la Patrie, ni à la bibliothèque Saint-Sulpice, ni au manoir de Mascouche», explique Mme Jacques. Au moment d'effectuer ces achats, l'UQAM prévoyait loger une Maison des sciences humaines dans l'édifice La Patrie, au coût projeté de 5,8 millions. Elle souhaitait abriter sa collection de livres rares dans l'édifice Saint-Sulpice, y aménager une résidence d'artistes en plus d'y tenir des expositions et des activités universitaires.

«L'examen que nous menons comprend la remise en question de l'utilité de ces bâtiments; ça fait partie des scénarios envisagés», note Francine Jacques.

Au moment d'acheter ces bâtiments, l'UQAM évoquait un manque à gagner en espace chiffré à au moins 40 000 mètres carrés, ce qui soutenait ses ambitions immobilières.

La nouvelle rectrice par intérim, Danielle Laberge, nommée à la suite de la démission de Roch Denis, a indiqué en décembre dans un message à la communauté que «les priorités institutionnelles devront [...] être revues à la lumière de la nouvelle situation qui est la nôtre». Mme Laberge doit prendre la parole devant la Commission de l'éducation le 7 février prochain pour rendre compte de la situation déficitaire de son établissement. Les universités s'adonnent actuellement à ce processus de reddition de comptes.






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  • Celine Cartier
    Abonnée
    samedi 27 janvier 2007 16h10
    Féminisation des titres imprudente?
    « Recteur/rectrice; vice-recteur/vice-rectrice. (Je suis consciente, Madame, que mon commentaire devrait être adressé à l'UQAM et aux autres universités plutôt qu'à vous qui ne faites qu'utilser l'expression adoptée par l'institution).
    Il est très pertinent de tenter de féminiser le vocabulaire français, mais il me semble qu'une certaine prudence doit s'exercer. On entend actuellement par exemple parler de chroniqueuses; allons nous avoir désormais des professeuses et des doctrices ou des docteuses? Dans la plupart des essais de féminisation, on tente d'appliquer les règles grammaticales existantes parfois de façon élégante, parfois de façon ridicule et les femmes devront vivre avec ces sobriquets burlesques. Les linguistes et les terminologues devraient s'attaquer à ce problème et établir des critères.
    Dans le cas de recteur et vice-recteur, on entend de plus en plus les féminins rectrice et vice-rectrice. Ce cas est particulier. Le mot "rectrice" existe déjà dans le dictionnaire: Rectrice adj. et n. f. ORNITH Plume ou penne rectrice: chacune des grandes plumes de la queue des oiseaux, servant à diriger le vol. ? n.f. Une rectrice. (© Dictionnaire Hachette Multimédia). Personnellement, je trouve que ce nouveau titre féminin prête à risée ou à moquerie, alors que recteure et vice-recteure seraient parfaitement harmonieux et ne contrediraient aucunement les règles de la grammaire française. »

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