Lettres: Une réforme à refaire
10 janvier 2007
Éducation
Dans sa lettre d'opinion publiée dans Le Devoir du 5 janvier, la professeure Louise Lafortune de l'UQTR dénonce l'opposition «radicale» de certains universitaires à la réforme de l'éducation entreprise par le gouvernement québécois au début des années 90. Son plaidoyer en faveur de la réforme s'appuie essentiellement sur l'idée selon laquelle notre système d'éducation doit s'arrimer davantage aux besoins de la société québécoise du XXIe siècle.
De la position de Mme Lafortune, qui est celle des principaux tenants du «paradigme apprentissage», se dégage un net caractère utilitariste qui remet en question la mission même du système scolaire québécois. Quand on en arrive à redéfinir toute l'éducation, du primaire à l'université, en fonction de compétences à maîtriser plutôt que de connaissances à acquérir, quand on se retrouve à assujettir l'éducation à la logique marchande de la rentabilité — en faisant signer aux écoles des plans de réussite et des contrats de performance — et quand on fait reposer la réussite de nos élèves sur les stratégies pédagogiques des enseignants plutôt que sur la maîtrise de la matière et le temps consacré aux études, c'est qu'il y a manifestement un problème.
Il ne s'agit pas d'actualiser les polémiques récentes sur la capitalisation du savoir et la soumission des institutions d'éducation aux diktats du marché.
Cette opération rhétorique serait malvenue, surtout que l'analyse historique a montré que les relations entre l'industrie et les universités, notamment, ne datent pas d'hier. Il s'agit plutôt de militer pour un débat clair sur les fondements philosophiques, sur les valeurs que le Québec veut donner à son système d'éducation.
Le malaise dans l'éducation suscité par la réforme n'est pas seulement le fait d'enseignants réfractaires aux nouvelles théories et pratiques pédagogiques. Il est aussi, et peut être même surtout, le produit d'un dialogue de sourds entre ceux qui ont remarqué des failles dans la réforme et ceux qui ne veulent pas les voir.
De la position de Mme Lafortune, qui est celle des principaux tenants du «paradigme apprentissage», se dégage un net caractère utilitariste qui remet en question la mission même du système scolaire québécois. Quand on en arrive à redéfinir toute l'éducation, du primaire à l'université, en fonction de compétences à maîtriser plutôt que de connaissances à acquérir, quand on se retrouve à assujettir l'éducation à la logique marchande de la rentabilité — en faisant signer aux écoles des plans de réussite et des contrats de performance — et quand on fait reposer la réussite de nos élèves sur les stratégies pédagogiques des enseignants plutôt que sur la maîtrise de la matière et le temps consacré aux études, c'est qu'il y a manifestement un problème.
Il ne s'agit pas d'actualiser les polémiques récentes sur la capitalisation du savoir et la soumission des institutions d'éducation aux diktats du marché.
Cette opération rhétorique serait malvenue, surtout que l'analyse historique a montré que les relations entre l'industrie et les universités, notamment, ne datent pas d'hier. Il s'agit plutôt de militer pour un débat clair sur les fondements philosophiques, sur les valeurs que le Québec veut donner à son système d'éducation.
Le malaise dans l'éducation suscité par la réforme n'est pas seulement le fait d'enseignants réfractaires aux nouvelles théories et pratiques pédagogiques. Il est aussi, et peut être même surtout, le produit d'un dialogue de sourds entre ceux qui ont remarqué des failles dans la réforme et ceux qui ne veulent pas les voir.
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