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UQAM: le projet de l'îlot Voyageur perdra du lustre

La rentabilité serait moindre qu'anticipé en mars 2005

Marie-Andrée Chouinard   13 décembre 2006  Éducation
Le projet initial de construction de l'îlot Voyageur doit subir un processus de révision, car il ne promet pas, dans sa forme actuelle, d'être suffisamment rentable pour l'Université du Québec à Montréal (UQAM).

Ainsi en a décidé hier le conseil d'administration de l'UQAM: au coeur de la tourmente financière dans laquelle il est plongé, il a reçu une analyse sur l'îlot Voyageur qui lui commande de «revoir certains aspects du dossier», comme le note le rapport du comité de vérification divulgué hier par l'UQAM. Le document de cinq pages note que «la rentabilité du projet telle que présentée en mars 2005 ne se réalisera pas selon l'évolution actuelle du projet».

Le projet n'est «pas compromis», mais certaines de ses composantes pourraient être revues. Ainsi, la réduction des espaces de stationnement de 800 à 500 places — pour des considérations écologiques — pourrait entraîner une perte de revenus, l'UQAM ayant conclu une entente avec le promoteur Busac qui lui permet, au terme d'un bail emphytéotique de 30 ans, de devenir propriétaire des constructions visées.

De même, la construction de centaines de résidences étudiantes pourrait être revue, ainsi que le nombre d'étages de la tour à bureaux prévue sur le site de l'îlot Voyageur.

Multiplication des enquêtes

La tourmente financière qui bouscule l'UQAM ces derniers temps provoque par ailleurs une multiplication des mandats d'enquête sur la gestion de ses projets immobiliers: le conseil a décidé hier de confier un mandat de «revue des événements entourant le suivi des coûts et le processus de reddition de comptes visant le Complexe des sciences à la firme KPMG», un groupe externe. Son rapport est attendu à la mi-janvier.

Il a également désigné Danielle Laberge comme rectrice intérimaire, à la suite de la démission de Roch Denis. Celle qui était jusqu'à hier vice-rectrice à la vie académique et vice-rectrice exécutive doit participer aujourd'hui à une réunion de l'Assemblée des gouverneurs de l'Université du Québec (UQ), qui sera justement décisive quant à la situation de l'UQAM.

Comme l'a révélé Le Devoir hier, le ministère de l'Éducation a demandé à l'UQ de mener aussi une enquête sur la gestion financière des projets immobiliers de l'UQAM, l'une de ses constituantes. Le président du réseau, Pierre Moreau, a confirmé que des échanges en ce sens avaient eu lieu avec le cabinet, mais puisque les gouverneurs doivent être saisis aujourd'hui d'une proposition, il a préféré attendre leur verdict avant de commenter.

«Pour l'instant, nous ne souhaitons faire le procès de personne, ni du conseil d'administration, ni de la direction», a indiqué M. Moreau, qui a indiqué que la Loi sur l'Université du Québec rendait le réseau responsable des budgets de ses constituantes. «Il n'est pas question de tutelle, mais bien de collaboration pour régler un problème.»

Contrats autorisés

L'Assemblée des gouverneurs — instance suprême de l'UQ composée de tous les recteurs — a par ailleurs autorisé les contrats du Complexe des sciences de l'UQAM, entre septembre 2003 et juin 2005, pour un total de 105 millions de dollars. La loi oblige en effet les constituantes à obtenir le feu vert de cette assemblée pour toute dépense de plus de deux millions de dollars.

N'était-elle donc pas aussi responsable de cette situation? «La loi est claire: l'assemblée autorise les contrats mais n'en a pas la responsabilité», a répliqué Pierre Moreau. Une demande sur la situation financière de l'UQAM formulée début novembre par l'Assemblée des gouverneurs n'a par ailleurs toujours reçu qu'une «réponse partielle», a-t-il ajouté.

Le conseil de l'UQAM a aussi décidé hier de nommer une firme comptable comme conseiller financier dans le suivi de l'îlot Voyageur, en plus de rattacher désormais le travail du directeur des investissements au bureau de la vice-rectrice aux affaires administratives et financières, plutôt qu'au rectorat. Deux nouveaux comités ont été créés et les rôles de chacun dans le suivi des projets immobiliers ont été précisés.

Au plan des communications, il n'a été possible hier de parler à aucun des dirigeants de l'UQAM. Ni la nouvelle rectrice, ni le président du conseil, Alain Lallier, ni encore le vice-président Jacques Girard n'étaient disponibles pour une entrevue.
 
 
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