Éthique et culture religieuse - Les catholiques reviennent à la charge
Photo : Agence Reuters
Le programme d'éthique et de culture religieuse qui doit être implanté dans les écoles primaires et secondaires pour remplacer les cours de religion et de morale n'en est qu'à l'étape d'ébauche, mais il suscite déjà de sévères critiques de la part de l'Association des parents catholiques du Québec.
L'Association des parents catholiques du Québec juge que le programme proposé jusqu'ici par le ministère de l'Éducation évacue des pans entiers de la religion catholique, tourne le dos à la spiritualité et expose trop tôt les jeunes du primaire à un amalgame confus de croyances. Elle accuse du même coup l'État québécois de vouloir dicter sa propre vision de la culture religieuse à l'ensemble de la population.
La présidente de l'APCQ, Jean Morse-Chevrier, s'indigne surtout du fait que «ce cours ne met pas en valeur la tradition catholique. Le catholicisme n'est pas distingué du christianisme tout au long du programme et n'est mentionné qu'à deux reprises». Elle ajoute que «des éléments fondamentaux catholiques sont absents», notamment les notions de trinité et de Jésus-Christ en tant que sauveur et rédempteur.
Mme Morse-Chevrier estime en outre que les élèves ne parviendront pas «à comprendre le phénomène religieux parce que les croyances et le sens spirituel sont à peu près évacués». En effet, selon l'APCQ, le programme présente les éléments du christianisme comme «autant de pièces de musée en dehors de leur contexte de croyance, de spiritualité et de sens». Sans compter que les contenus qui relèvent du christianisme seraient «noyés» parmi les éléments venant de six autres religions ou visions séculières abordées en cours de formation. «Le ministre avait pourtant dit qu'il donnerait une part principale à la religion chrétienne», affirme Mme Morse-Chevrier, indiquant qu'on semble plutôt favoriser une «fragmentation des contenus religieux».
Cap sur la diversité religieuse
L'ébauche du programme d'éthique et de culture religieuse, dont l'entrée en vigueur est prévue en septembre 2008 dans l'ensemble du réseau scolaire québécois, n'est toujours pas disponible parce que les consultations à son sujet sont toujours en cours. Cependant, le document Une orientation d'avenir pour tous les jeunes du Québec, qui en trace les grandes lignes, met clairement le cap sur «l'ouverture à la diversité religieuse» tout en se situant dans la suite logique du processus de déconfessionnalisation.
On y indique notamment que les élèves seront appelés, dès le primaire, à «s'intéresser à certaines traditions religieuses importantes dans le monde mais apparues plus récemment au Québec: l'islam, le bouddhisme, l'hindouisme ,le sikhisme, etc. [...] [Les élèves exploreront] des éléments caractéristiques de ces traditions et de ces mouvements religieux et [pourront] être appelés à s'interroger sur l'apport de ces groupes à la société québécoise».
Or, selon l'APCQ, «les enfants du primaire n'ont pas la maturité intellectuelle pour faire la part des choses quand on leur présente un ensemble très varié de religions avec tous les éléments qui peuvent être contradictoires de l'un à l'autre». Selon Mme Chevrier, ces jeunes devraient recevoir «des enseignements qui sont propres à leur propre religion». Il faudrait aussi «que ce soit au secondaire qu'on ouvre sur les autres religions, une fois que les enfants se sont approprié leur propre religion». Dans le cas contraire, les enfants éprouveront de la difficulté à «se reconnaître eux-mêmes et à comprendre leur propre religion».
«Au contraire, on veut offrir une plus grande connaissance de l'ensemble des religions pour que, au fil des années, les jeunes soient en mesure de se faire leur propre idée, d'aller chercher ce qui les rejoint le plus», réplique Marie-France Boulay, du ministère de l'Éducation du Québec. Elle ajoute que cette façon de procéder permettra aux enfants de s'approprier «des éléments de différentes religions» parmi celles qui seront abordées. Mme Boulay souligne également que le cours devrait être implanté dans les délais prévus.
L'APCQ a été consultée par le Comité sur les affaires religieuses, mandaté par Québec pour recueillir les commentaires des groupes religieux sur le nouveau programme avant de faire rapport au ministre. Son rapport est attendu en février 2007 et le ministre de l'Éducation devrait en dévoiler le contenu quasi définitif d'ici juin prochain. Québec aura ensuite un an pour élaborer les syllabus et former les professeurs.
Cette volonté de Québec d'implanter un programme obligatoire pour l'ensemble du réseau scolaire primaire et secondaire irrite d'ailleurs l'Association des parents catholiques. «Jusqu'ici, les parents ont toujours eu un choix. Le ministre nous dit qu'il respecte la liberté de religion et de conscience. Pour nous, la liberté inclut celle de choix, affirme Jean Morse-Chevrier. Mais si on a une seule liberté et que c'est d'accepter ce programme-là, qui est décidé par le ministère, que les contenus religieux ne sont même pas décidés par les chefs religieux, donc c'est l'État qui décide quelle sera la culture religieuse du peuple québécois. Ce n'est pas normal.»
Selon ce qu'indiquent les documents du ministère, l'implantation de ce nouveau programme est pourtant le fait d'une volonté de «respecter les sensibilités contemporaines en faveur de l'égalité de traitement des personnes et des groupes et de ne pas perpétuer un régime de caractère exceptionnel et dérogatoire au regard des droits fondamentaux reconnus par les chartes, tout en contribuant à l'appropriation de la culture québécoise, façonnée notamment par les traditions catholique et protestantes».
L'Association des parents catholiques du Québec juge que le programme proposé jusqu'ici par le ministère de l'Éducation évacue des pans entiers de la religion catholique, tourne le dos à la spiritualité et expose trop tôt les jeunes du primaire à un amalgame confus de croyances. Elle accuse du même coup l'État québécois de vouloir dicter sa propre vision de la culture religieuse à l'ensemble de la population.
La présidente de l'APCQ, Jean Morse-Chevrier, s'indigne surtout du fait que «ce cours ne met pas en valeur la tradition catholique. Le catholicisme n'est pas distingué du christianisme tout au long du programme et n'est mentionné qu'à deux reprises». Elle ajoute que «des éléments fondamentaux catholiques sont absents», notamment les notions de trinité et de Jésus-Christ en tant que sauveur et rédempteur.
Mme Morse-Chevrier estime en outre que les élèves ne parviendront pas «à comprendre le phénomène religieux parce que les croyances et le sens spirituel sont à peu près évacués». En effet, selon l'APCQ, le programme présente les éléments du christianisme comme «autant de pièces de musée en dehors de leur contexte de croyance, de spiritualité et de sens». Sans compter que les contenus qui relèvent du christianisme seraient «noyés» parmi les éléments venant de six autres religions ou visions séculières abordées en cours de formation. «Le ministre avait pourtant dit qu'il donnerait une part principale à la religion chrétienne», affirme Mme Morse-Chevrier, indiquant qu'on semble plutôt favoriser une «fragmentation des contenus religieux».
Cap sur la diversité religieuse
L'ébauche du programme d'éthique et de culture religieuse, dont l'entrée en vigueur est prévue en septembre 2008 dans l'ensemble du réseau scolaire québécois, n'est toujours pas disponible parce que les consultations à son sujet sont toujours en cours. Cependant, le document Une orientation d'avenir pour tous les jeunes du Québec, qui en trace les grandes lignes, met clairement le cap sur «l'ouverture à la diversité religieuse» tout en se situant dans la suite logique du processus de déconfessionnalisation.
On y indique notamment que les élèves seront appelés, dès le primaire, à «s'intéresser à certaines traditions religieuses importantes dans le monde mais apparues plus récemment au Québec: l'islam, le bouddhisme, l'hindouisme ,le sikhisme, etc. [...] [Les élèves exploreront] des éléments caractéristiques de ces traditions et de ces mouvements religieux et [pourront] être appelés à s'interroger sur l'apport de ces groupes à la société québécoise».
Or, selon l'APCQ, «les enfants du primaire n'ont pas la maturité intellectuelle pour faire la part des choses quand on leur présente un ensemble très varié de religions avec tous les éléments qui peuvent être contradictoires de l'un à l'autre». Selon Mme Chevrier, ces jeunes devraient recevoir «des enseignements qui sont propres à leur propre religion». Il faudrait aussi «que ce soit au secondaire qu'on ouvre sur les autres religions, une fois que les enfants se sont approprié leur propre religion». Dans le cas contraire, les enfants éprouveront de la difficulté à «se reconnaître eux-mêmes et à comprendre leur propre religion».
«Au contraire, on veut offrir une plus grande connaissance de l'ensemble des religions pour que, au fil des années, les jeunes soient en mesure de se faire leur propre idée, d'aller chercher ce qui les rejoint le plus», réplique Marie-France Boulay, du ministère de l'Éducation du Québec. Elle ajoute que cette façon de procéder permettra aux enfants de s'approprier «des éléments de différentes religions» parmi celles qui seront abordées. Mme Boulay souligne également que le cours devrait être implanté dans les délais prévus.
L'APCQ a été consultée par le Comité sur les affaires religieuses, mandaté par Québec pour recueillir les commentaires des groupes religieux sur le nouveau programme avant de faire rapport au ministre. Son rapport est attendu en février 2007 et le ministre de l'Éducation devrait en dévoiler le contenu quasi définitif d'ici juin prochain. Québec aura ensuite un an pour élaborer les syllabus et former les professeurs.
Cette volonté de Québec d'implanter un programme obligatoire pour l'ensemble du réseau scolaire primaire et secondaire irrite d'ailleurs l'Association des parents catholiques. «Jusqu'ici, les parents ont toujours eu un choix. Le ministre nous dit qu'il respecte la liberté de religion et de conscience. Pour nous, la liberté inclut celle de choix, affirme Jean Morse-Chevrier. Mais si on a une seule liberté et que c'est d'accepter ce programme-là, qui est décidé par le ministère, que les contenus religieux ne sont même pas décidés par les chefs religieux, donc c'est l'État qui décide quelle sera la culture religieuse du peuple québécois. Ce n'est pas normal.»
Selon ce qu'indiquent les documents du ministère, l'implantation de ce nouveau programme est pourtant le fait d'une volonté de «respecter les sensibilités contemporaines en faveur de l'égalité de traitement des personnes et des groupes et de ne pas perpétuer un régime de caractère exceptionnel et dérogatoire au regard des droits fondamentaux reconnus par les chartes, tout en contribuant à l'appropriation de la culture québécoise, façonnée notamment par les traditions catholique et protestantes».
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