lundi 23 novembre 2009 Dernière mise à jour 01h03


Chercher

Inscrivez-vous (gratuit)
Mot de passe oublié?
Abonné papier? Connexion
S'abonner au Devoir
Publicité

«Sensibilisation politique» pour cégépiens

Marie-Andrée Chouinard   29 août 2006  Éducation
Les cégépiens seront soumis cet automne à un plan de «sensibilisation politique» élaboré par les syndicats d'enseignants et approuvé par les associations d'étudiants. L'opération politique, qui écorchera au passage les réalisations libérales, est tout droit liée à la prochaine campagne électorale provinciale.

«Notre objectif est de faire en sorte que les étudiants puissent réfléchir à certains enjeux fondamentaux», explique Jean Trudel, vice-président de la Fédération nationale des enseignants du Québec (FNEEQ-CSN). «On ne veut pas faire de la propagande politique et recommander de voter pour un parti ou un autre, mais on souhaite éveiller les consciences.»

En plus de la FNEEQ, la Fédération des enseignants de cégep (FEC-CSQ) et la Fédération autonome du collégial (FAC) ont donné leur aval à ce projet, qui passera concrètement par la réalisation d'une brochure abritant neuf textes politiques «décapants» sur des sujets comme la dette, la loi 142 (qui a imposé en décembre dernier les conditions de travail de milliers de travailleurs du secteur public), la taille de l'État, les droits de scolarité ou l'équité intergénérationnelle.

«Le document sera imprimé à grande échelle et sera distribué de telle sorte qu'on pourra difficilement s'y soustraire ou le mettre au recyclage», explique M. Trudel, qui explique que l'usage que les enseignants pourront ou ne pourront pas en faire devant la salle de classe n'est pas encore clairement défini. Les trois fédérations doivent de nouveau se rencontrer cette semaine pour approuver le contenu de la brochure et discuter de ses modalités de lancement.

Les syndicats affirment marcher sur un mince fil depuis l'avènement de la loi 142, qui les invite à ne pas troubler le «cours normal des choses» lors de manifestations syndicales. L'idée de la brochure a paru aux trois groupes d'enseignants comme une voie idéale pour combiner action syndicale et sensibilisation sans troubler l'ordre public.

«Les textes de la brochure permettront de proposer un discours alternatif de gauche pour contrer les idées néolibérales», explique Mario Beauchemin, président de la Fédération des enseignants de cégep (FEC-CSQ). «Nous présenterons des textes succincts destinés à susciter la réflexion.»

La campagne électorale quasi enclenchée n'est pas étrangère à ce projet, qui mettra l'accent sur les réalisations libérales des dernières années, principalement le décret très mal reçu des syndiqués. «C'est clair que la campagne électorale est un moment idéal», ajoute M. Beauchemin.

Ne se percevant pas comme une clientèle captive, les étudiants cautionnent cette initiative. «Nous avons accepté cette idée», explique Étienne Hudon-Gagnon, président de la Fédération étudiante collégiale du Québec (FECQ), aussi membre de la Coalition-cégeps. Selon les enseignants, l'Association pour une solidarité syndicale étudiante (ASSE) souscrirait aussi à ce projet. «Il n'est pas question d'un mot d'ordre pour que les profs en parlent dans les cours, ce n'est pas comme cela qu'on nous a présenté les choses», poursuit M. Hudon-Gagnon. «Nous voyons plutôt cela comme une manière de sensibiliser les jeunes aux choses politiques, surtout à la veille d'une campagne électorale, et quand on sait que les jeunes ne votent pas tellement...»

Les syndicats interrogés se défendent de vouloir pratiquer la propagande avec leur outil, et réfutent toute association avec un guide comme le Parlons de souveraineté à l'école, présenté avec fracas l'an dernier par le Conseil de la souveraineté. «Il n'est pas question de propagande syndicale face à une clientèle captive, mais bien de textes critiques sur les politiques néolibérales», réitère M. Beauchemin, de la FEC-CSQ.

Pour le président de la Fédération des cégeps, Gaëtan Boucher, ce projet est à prendre avec circonspection, particulièrement s'il doit impliquer les étudiants et la salle de classe. «Ce serait malheureux et tout à fait inacceptable qu'on se serve de la salle de cours comme d'une tribune syndicale», a-t-il indiqué la semaine dernière, précisant toutefois que tout débat d'ordre politique, éthique ou philosophique était le bienvenu à l'intérieur des murs d'un collège.






Envoyer
Fermer

Haut de la page
Cet article vous intéresse?
Partager
Digg Facebook Twitter Delicious
 

Vos réactions

Triez : afficher les commentaires 
  • Isabelle Albernhe
    Abonnée
    mardi 29 août 2006 06h15
    Pas de propagande mais...
    « «Il n'est pas question de propagande syndicale face à une clientèle captive, mais bien de textes critiques sur les politiques néolibérales»...

    FNEEQ,FEC-CSQ,FAC,FECQ et ASSE veulent ansi donner une vision alternative sur ces differents sujets: la dette, la loi 142, la taille de l'État, les droits de scolarité ou l'équité intergénérationnelle.

    Mais que propose t-ils..Depuis plus de 15 ans, ces meme groupe n'ont rien fait pour ameliorer la qualitee de l'education au Quebec, ils ont laisse le gouvernement pequiste "reoganiser" le systeme d'education PLUSIEUR FOIS (combien de reforme de l"education?, combien de ministre de l'education?) sans jamais apporter des solutions VRAIMENT applicable pour ameliorer le sort des jeunes et des professeurs...quand est-il maintenant? Ils veulent se plaindrent, ils ne savent que faire cela!

    J'ai une solution pour augmenter le salaire des professeurs...abaisser leur contribution syndicale..ainsi au court de toute ces annees ils auraient economises beacoup d'argent, se rendant plus content et ainsi ameliorer le sort de leur etudiants. (Je suis naif la car plus on en a, plus on en veux pas vrai!!!!!) Maintenant que le gouvernement Liberal essuis les degats des derniers gouvernements separatists, ils n'ont plus qu'a se plaindre des solutions logiques propose par un gouvernement, non-sympatique il est vrai mais responsable. Apres avoir sucer l'argent du peuple comme des vampires, ces syndicats n'ont qu'a s'en prendre a eux meme. Les gouvernements separatists precedent en gaspillant tout argent des citoyens pour acheter les faveurs du peuple et des syndicats ont mis l'etat dans une situation catastrophique. Il est pitoyable de voir ces regroupement syndicaux profiter du MAL qu'ils ont contribue a faire naitre a des fin de propagande politique.

    Il serait bien plus heureux pour ces associations de donner GRATUITEMENT de leur temps pour ameliorer la condition de l'education. Quand je pense a ca, je me dis que les quebecois le meritent bien, qu'ils en souffrent! Allons separons nous, syndicalisons nous, gaspillons et souvenons nous de rien par la suite!!!

    Nicolas, moi, a moitier analphabete...merci Mr. Page, merci la Poline, merci au autres que j'oublie...apres avoir coupe dans les cours de philosophie, nous avons droit a des cours de philo-syndicale 101 gratuitement...bel avenir.
    J'ai hote, mais JE M'EN SOUVIENS.
    nalbernhe@hotmail.com »

  • lise grossinger
    Inscrite
    mardi 29 août 2006 07h14
    les cegeps .
    « bonjour,, pourquoi ne pas faire la paix avec le gouvernement cette année, dites vous bien que peu importe quel gouvernemnt va etre au pouvoir,il va y avoir des augmentations des frais de scolarité ....pour payer les salaires des profs et des dirigeants,employés, concierges,,, il faut bien prendre l argent quelque part pour maintenir le niveau de vie des employés de l etat.. qui veulent des augmentations a dates fixes,,,,bonne journée »

  • Marie-France Legault
    Inscrite
    vendredi 1 septembre 2006 08h32
    La ruse des syndicalistes.
    « Les syndicats essayent de nous faire croire qu'ils veulent UNIQUEMENT sensibiliser les étudiants à la politique. C'est difficile à croire lorsqu'on sait l'option politique des syndicats. La grande majorité est péquiste et a marché "la main dans la main" avec le P.Q. pendant le mandat de HUIT ans.

    La majorité honnit le P.L.Q. pour ses politiques de redressement des finances publiques. La majorité est convaincue que les finances publiques sont un "puits" dans lequel tu peux puiser indéfiniment et qu'il y aura toujours du "fric".

    "La gratuité mur à mur" commence à s'essouffler et les fonds commencent à faire défaut. Le problème de la santé ne se règlera JAMAIS, même avec des milliards injectés régulièrement.

    Ceux qui ont deux voitures, un yacht, une maison, et qui s'en vont dans le sud chaque année, DEVRAIENT payer les soins de santé. Ceux qui se payent des voyages autour de la planète chaque année: Europe, Amérique du Sud, la Chine sont capables de PAYER le soins de santé. Faisons payer les riches et ciblons les "VRAIS pauvres" en leur donnant la gratuité totale. Le rapport d'impôt pourrait aider à les identifier afin de les aider...

    En faisant payer les riches on économise de l'argent qui pourrait servir aux plus démunis.

    Quant à l'Éducation il y a TROP de "réformettes" et pas assez de réforme sérieuse surtout dans l'apprentissage du français. Tout ce qui s'est fait dans le passé n'est pas à rejeter. Je pense un peu comme Monsieur Godbout, le Collège classique donnait une formation structurée, sérieuse et en profondeur. Pourquoi ne pas avoir conservé le contenu tout en l'adaptant au monde de 2006??? »

Déjà inscrit? Ajoutez votre commentaire ci-dessous

    Connexion




Cet article vous intéresse?
3 réactions
0 votes
 
Recherche complète sur le même sujet


Abonnez-vous pour recevoir nos Infolettres par courriel
Choisir mes
infolettres
Publicité

Les blogues du devoir

Vos commentaires

 
Recherche



Exemples de recherche :
Robert Sansfaçon
"directeur général des élections"

S'abonner au Devoir
Abonnez-vous au journal papier Le Devoir ou à la version Internet.
Publicité
Vous souhaitez annoncer dans Le Devoir, contactez le service de publicité.

» En savoir plus
© Le Devoir 2002-2009