Pour des partis politiques scolaires
Les élections scolaires, on le sait, n'intéressent à peu près personne, et la démocratie à ce palier est une pure fiction. La dernière élection scolaire, en 1998, s'est déroulée dans un désordre organisationnel sans précédent et le taux de participation des citoyens s'est arrêté à 11 % pour le Québec, à 8 % sur l'île de Montréal. Comment nos élus peuvent-ils ainsi prétendre à quelque légitimité? Espérant renverser la vapeur, le ministre de l'Éducation, Sylvain Simard, a déposé récemment un projet de loi pour faciliter l'exercice du droit de vote. Il est notamment question de faire concorder l'élection scolaire et l'élection municipale et de permettre le vote par correspondance ou par Internet. Mais ces changements dans la mécanique électorale suffiront-ils à «faire sortir le vote»? Nous en doutons.
En revanche, l'idée de permettre la formation de partis politiques scolaires, ce que souhaitent certains acteurs du monde de l'éducation, mérite attention. Cela pourrait favoriser la prise de position autour d'enjeux et ainsi provoquer des débats susceptibles de réveiller le citoyen.
La question ne fait pas l'unanimité. En fait, la plupart des intervenants devant la commission parlementaire réunie la semaine dernière autour du projet de loi craignent de s'engager dans cette voie. La Fédération des commissions scolaires est ainsi d'avis que les efforts en cours en vue de revaloriser l'éducation devraient suffire à attirer un plus grand nombre de Québécois lors du prochain scrutin, en 2003. On s'étonne d'une telle défense du statu quo.
À Montréal, la présidente de la Commission scolaire de Montréal, Diane De Courcy, qui préside le Mouvement pour une école ouverte et moderne, s'est montrée très favorable à un changement en ce sens. Mais la majorité des commissaires de cette administration rejettent l'option. Ces derniers ont notamment fait valoir que si, à une certaine époque, les partis politiques étaient apparus comme l'outil permettant de faire valoir certaines idées, ils n'étaient plus de mise parce que l'époque des grands débats était révolue. Les commissions scolaires n'auraient plus qu'un rôle d'intendance. Encore une fois, on s'étonne de ce qu'un représentant de commission scolaire soit incapable d'identifier quelques enjeux pour les années à venir. Si les commissions scolaires ne sont que des gestionnaires, alors abolissons-les et injectons l'argent ainsi épargné dans les écoles!
La possibilité de créer des partis politiques en laisserait plusieurs de glace. D'ailleurs, les territoires de certaines régions sont beaucoup trop vastes pour se prêter à de tels regroupements. Mais dans les zones urbaines, elle pourrait revitaliser les débats.
Il est vrai que plusieurs répugnent à voir le politique envahir la sphère scolaire, de crainte de corrompre ce monde dont le seul et unique souci devrait être l'enfant. Le hic, c'est que le contexte actuel n'a pas empêché divers intérêts n'ayant rien à voir avec le bien de l'enfant de fleurir. Le drame, ce n'est pas la politisation de la chose scolaire, c'est le désintérêt généralisé des citoyens, contre lequel il faut agir.
Paule des Rivières
En revanche, l'idée de permettre la formation de partis politiques scolaires, ce que souhaitent certains acteurs du monde de l'éducation, mérite attention. Cela pourrait favoriser la prise de position autour d'enjeux et ainsi provoquer des débats susceptibles de réveiller le citoyen.
La question ne fait pas l'unanimité. En fait, la plupart des intervenants devant la commission parlementaire réunie la semaine dernière autour du projet de loi craignent de s'engager dans cette voie. La Fédération des commissions scolaires est ainsi d'avis que les efforts en cours en vue de revaloriser l'éducation devraient suffire à attirer un plus grand nombre de Québécois lors du prochain scrutin, en 2003. On s'étonne d'une telle défense du statu quo.
À Montréal, la présidente de la Commission scolaire de Montréal, Diane De Courcy, qui préside le Mouvement pour une école ouverte et moderne, s'est montrée très favorable à un changement en ce sens. Mais la majorité des commissaires de cette administration rejettent l'option. Ces derniers ont notamment fait valoir que si, à une certaine époque, les partis politiques étaient apparus comme l'outil permettant de faire valoir certaines idées, ils n'étaient plus de mise parce que l'époque des grands débats était révolue. Les commissions scolaires n'auraient plus qu'un rôle d'intendance. Encore une fois, on s'étonne de ce qu'un représentant de commission scolaire soit incapable d'identifier quelques enjeux pour les années à venir. Si les commissions scolaires ne sont que des gestionnaires, alors abolissons-les et injectons l'argent ainsi épargné dans les écoles!
La possibilité de créer des partis politiques en laisserait plusieurs de glace. D'ailleurs, les territoires de certaines régions sont beaucoup trop vastes pour se prêter à de tels regroupements. Mais dans les zones urbaines, elle pourrait revitaliser les débats.
Il est vrai que plusieurs répugnent à voir le politique envahir la sphère scolaire, de crainte de corrompre ce monde dont le seul et unique souci devrait être l'enfant. Le hic, c'est que le contexte actuel n'a pas empêché divers intérêts n'ayant rien à voir avec le bien de l'enfant de fleurir. Le drame, ce n'est pas la politisation de la chose scolaire, c'est le désintérêt généralisé des citoyens, contre lequel il faut agir.
Paule des Rivières
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