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Formation à distance - Université hors les murs!

Ils sont 20 000 inscrits à l'université Laval

Thierry Haroun   12 août 2006  Éducation
Le directeur du Bureau de la formation à distance de l’université Laval, Jean-Benoît Caron. 
Source: Université Laval
Le directeur du Bureau de la formation à distance de l’université Laval, Jean-Benoît Caron. Source: Université Laval
Le mariage récent de la Télé-université et de l'Université du Québec à Montréal, qui a donné naissance à la plus grande université bimodale francophone, la TELUQ-UQAM, a considérablement changé la donne sur le plan de la formation à distance, admet le directeur du Bureau de la formation à distance de l'université Laval, Jean-Benoît Caron. Quand Laval se retrousse les manches pour mieux affronter la concurrence.

Des propos, qui ont le mérite d'être clairs, ont été tenus par le recteur de l'université Laval, Michel Pigeon, le 13 septembre 2005 dans le cadre de son discours de la rentrée scolaire: «Le développement de la formation continue et de la formation à distance sont des enjeux clés, prioritaires et déterminants, pour l'avenir de l'université [Laval]. Il y a une demande croissante pour ces types de formations, et pour demeurer concurrentielle, l'université doit se donner les moyens de répondre à cette demande. Je sais que plusieurs professeurs et plusieurs unités ont déjà investi beaucoup d'efforts pour développer une offre de formation non traditionnelle. Il nous faut toutefois accélérer le mouvement, regrouper nos forces et créer une synergie et une cohérence institutionnelles. Il y a un virage à prendre pour assurer à la fois notre pertinence et le maintien de notre croissance, mais aussi, disons-le clairement, pour assurer notre financement. Car la formation traditionnelle, c'est-à-dire la formation initiale des jeunes en classe, n'est plus en croissance.»

Depuis 1984

Le 26 octobre suivant, la fusion TELUQ-UQAM était consacrée. Si la TELUQ a ouvert la voie à la formation à distance dès le milieu des années 1970, l'université Laval, elle, s'y est engagée en 1984 en dispensant des cours télévisés destinés aux communautés rurales, principalement en théologie et pastorale ainsi qu'en agriculture et en alimentation. «De 1984 jusqu'à tout récemment, nous, à l'université Laval, dispensions de la formation à distance entièrement pour une cause noble», fait remarquer Jean-Benoît Caron.

Sauf que... «il est évident qu'auparavant on ne parlait pas de baisse de l'effectif étudiant [qui touche l'ensemble du réseau scolaire québécois] et de concurrence». Et la concurrence sur le plan de la formation à distance se résume en deux mots: TELUQ-UQAM. «La TELUQ faisait à l'époque de la formation à distance avec un corps professoral limité, l'enjeu était moins "épeurant" ou important. Maintenant, la force de l'UQAM avec son corps professoral, conjuguée à l'expertise de la TELUQ, fait en sorte que la TELUQ-UQAM est devenue un gros joueur», souligne à grands traits

M. Caron, qui reviendra sans cesse sur ce mariage lors de cet entretien.

Pour prendre la mesure de cette «force», l'université Laval a mis le pied sur l'accélérateur. Ainsi, aux quelque 300 cours en formation à distance qu'elle offre actuellement, une centaine d'autres viendront s'ajouter. Ceux-ci devraient être disponibles dans les semaines et les mois à venir. «À l'époque, seules quelques-unes de nos facultés d'enseignement offraient de la formation à distance alors que, maintenant, la plupart d'entre elles en font; je pense aux facultés qui en faisaient peu ou pas comme celles des lettres, des sciences sociales ou encore des sciences de l'éducation. De plus, un certificat en droit sera disponible à partir de septembre 2007, une formation qui est très demandée», tient à signaler le directeur Caron.

Un premier baccalauréat «virtuel»

Et dès cet automne, le département d'informatique et de génie logiciel offrira le premier baccalauréat en informatique entièrement accessible à distance au Québec. Cette formation sera offerte sous deux formes. Les étudiants qui optent pour le «mode synchrone» pourront suivre la majorité des cours en direct et poser des questions aux professeurs en même temps que les étudiants en classe. Les étudiants qui préfèrent la formule traditionnelle ou asynchrone auront accès aux notes de cours disponibles dans un site Internet ainsi qu'à des guides d'études qui encadrent les activités d'apprentissage.

Ce programme de formation à distance comprend six sessions de cours et deux sessions de stage. «Étant donné que les cours seront enregistrés, l'étudiant pourra les écouter aussi souvent qu'il le désire», insiste M. Caron.

À l'heure actuelle, l'ensemble du programme de formation à distance de l'université Laval peut compter sur 20 000 inscriptions. C'est bien? «Oui, c'est bon; mais c'est sûr qu'on en voudrait davantage et on travaille en ce sens.» De combien? «On ne le sait pas parce qu'il y a toujours ce rapport de force avec la concurrence.» La concurrence? «Si la TELUQ-UQAM développe beaucoup et dans les mêmes créneaux que nous, c'est évident qu'on va se partager la clientèle.» La clientèle? «Les statistiques démontrent qu'il y a 1,7 million de personnes âgées de 25 à 45 ans qui n'ont pas de diplôme universitaire.»

Et sur le plan international? «On n'a pas l'intention d'inonder le marché chinois avec nos cours. Le monde non francophone est davantage porté vers les pays anglo-saxons. Ce qui nous intéresse d'abord, c'est le marché du Québec.» De fait, dit M. Caron, la formation à distance est «devenue un passage obligé» pour l'ensemble des universités québécoises.

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  • Jane-d'Arc V.Jourdain
    Inscrite
    jeudi 17 août 2006 07h30
    L'avenir est au cours à distance
    Personnellement, je crois que l'avenir est au cours à distance: conciliation famille-travail-études est plus facile. Ce type de formation donne la chance aux régions éloignés d'avoir plus de possibilités de cours selon leur champ d'intérêts, je vis à Sept-Îles, il y seulement UQAC mais peu de choix de cours. Je rêve de faire ma maîtrise en coaching mais ce cours existe seulement dans d'autres villes. Je devrais partir, laisser mon emploi ... Ce qui n'est pas facile. Univerté Laval est synonyme de réussite, son nom n'est plus à refaire.
    Merci!

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