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Simard envisage le retour de classes non mixtes

Le ministre de l'Éducation veut explorer toutes les avenues pour favoriser la réussite des garçons

Pour favoriser la réussite des garçons, il vaudrait la peine d'explorer l'avenue des classes non mixtes, croit le ministre de l'Éducation, Sylvain Simard.

Dans le cadre d'une entrevue diffusée à CKAC hier matin et où l'animateur Paul Arcand recevait M. Simard, le ministre a en effet clairement indiqué que «ça vaudrait la peine de l'envisager» et que «ce n'est pas une question à rejeter».


Invité à commenter l'écart de réussite entre les filles et les garçons, l'un des sujets de préoccupation les plus importants au sein du ministère de l'Éducation depuis quelques années déjà, Sylvain Simard a précisé que «certaines écoles en milieu défavorisé le font et que ça semble donner des résultats». Il est trop tôt pour se prononcer, mais «ça vaut la peine de l'envisager», a conclu le ministre.





Les nuances


Un peu plus tard, le porte-parole du ministre, Nicolas Girard, a remis les pendules à l'heure: «Loin du ministre l'idée de généraliser cette pratique et de revenir à des classes non mixtes, a-t-il précisé. Il a voulu dire que si l'expérience peut être faite à certains endroits, libre à des écoles, dans le système souple et autonome que l'on connaît, de le tenter.»


La question est dans l'air: alors que le ministère dévoilait lundi son plan d'intervention en matière de décrochage scolaire, l'écart de réussite entre les filles et les garçons était de nouveau mis en lumière. Si les écoles ciblées par les allocations du MEQ ont des taux de décrochage moyens de 36,6 %, la division de cette donnée nous apprend que la statistique est de 45 % chez les garçons et de 28 % chez les filles.


La semaine dernière, le président des États-Unis, George W. Bush, a dépassé le stade de l'analyse et de la réflexion, proposant par le truchement de son département de l'Éducation de modifier la loi sur la non-discrimination dans l'éducation publique, qui complique le processus d'ouverture d'écoles ou de classes réservées aux filles ou aux garçons.


Si une dizaine d'écoles de ce type existent déjà aux États-Unis, les opinions sont toujours très partagées sur le projet, comme elles le sont partout où on s'y est intéressé. Si, d'un côté, certains prônent une meilleure réussite des uns et des autres lorsqu'ils ne sont pas mutuellement distraits, d'autres croient au contraire que cette division des genres à l'école prépare très mal à la vie en société.





Sondage


Dans un sondage Léger Marketing dévoilé la semaine dernière à propos des perceptions des Québécois en ce qui a trait à l'école publique, on apprenait que la population ne souhaite pas revenir 40 ans en arrière et réactiver les écoles non mixtes. 82 % des Québécois disaient en effet s'opposer à l'idée, contre 16 % qui ne la rejettent pas.


Chez nous, le Conseil supérieur de l'éducation a rejeté cette avenue comme solution envisageable dans un avis transmis au ministre de l'Éducation en 1999. À la Commission scolaire de Montréal, l'option des classes non mixtes n'est pas expérimentée, affirme-t-on, mais le sujet de la réussite des garçons est une préoccupation de tous les jours.
 
 
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