vendredi 10 février 2012 Dernière mise à jour 18h11
fermer

Connexion au Devoir.com

Mot de passe oublié?


Chercher

Inscrivez-vous (gratuit)
Mot de passe oublié?
Abonné papier? Connexion
S'abonner au Devoir

Cours d'histoire épurés au secondaire

Québec songe à un enseignement «moins politique», non national et plus «pluriel»

Antoine Robitaille   27 avril 2006  Éducation
Le nouveau cours d'histoire du Canada et du Québec au secondaire, qui doit entrer en vigueur en 2007-08, fera peu mention de la Nouvelle-France ou des Patriotes et passera sous silence des épisodes comme l'acte d'Union de 1840, la conscription forcée de 1917 ou le rapatriement unilatéral de la Constitution en 1982. Le double objectif consiste à rendre l'histoire «moins conflictuelle», «moins politique» et davantage «plurielle», notamment en accordant une place plus importante aux autochtones et aux groupes non francophones, et à remplir la mission, devenue centrale dans la «réforme», «d'éduquer à citoyenneté».

C'est ce qu'on apprend dans un «document de travail aux fins de validation» du ministère de l'Éducation dont Le Devoir a obtenu copie. Ce document non disponible sur le site du ministère deviendra le programme officiel du cours «Histoire et éducation à la citoyenneté» et son adoption serait «imminente», a-t-on appris. Celui-ci remplacera le cours d'histoire Canada-Québec actuellement donné en quatrième secondaire. Le nouveau cours sera dispensé sur deux ans, en troisième et quatrième secondaire, soit à partir de l'automne 2007 pour la troisième et à l'automne 2008 pour la quatrième.

La matière du nouveau cours d'histoire sera divisée en six «thèmes», selon ce qu'on apprend sur une ligne du temps proposée pour la première année du deuxième cycle: 1- à partir de 1500, «les premiers occupants»; 2- de 1608 à 1760, «l'émergence de la société canadienne»; 3- de 1760 à 1848, «le développement des idées libérales dans la colonie britannique»; 4- de 1848 à la fin des année 1920, «la formation de la fédération canadienne»; 5- de 1930 à 1980 environ, la modernisation de la société québécoise; 6- les enjeux de la société québécoise depuis 1980.

«Il s'agit de sortir du cadre habituel d'une histoire structurée autour des conflits entre les francophones et les anglophones pour faire une histoire plus rassembleuse», explique Jean-François Cardin, un historien-didacticien de l'Université Laval bien au fait du projet actuel puisqu'il a été consulté lors des phases de préparation du document. Aussi consulté par le ministère, le professeur Jocelyn Létourneau, lui aussi de l'Université Laval et très critique du nationalisme, salue «l'ambition générale [de ce cours] d'en finir avec l'espèce de vision misérabiliste qui perdure dans la vision historique des Québécois».

Dans le document, en effet, la période où a eu lieu la bataille des plaines d'Abraham de 1759, la Proclamation royale de 1763 et l'imposition du serment du test (c'est-à-dire le reniement de l'Église catholique) fait partie d'une section dont l'intitulé est «l'accession à la démocratie dans la colonie britannique». On peut en effet découvrir ceci: «Alors qu'elle avait été autorisée dès 1763, ce n'est qu'en 1791 que, par l'Acte constitutionnel, la Chambre d'assemblée est créée.»

La Conquête est évoquée (plus que nommée) en ces termes: «La Nouvelle-France connaît une forme de gouvernement absolu. Le pouvoir est détenu par le roi de France, qui en délègue une partie au gouverneur. [...] Après 1763, c'est toujours un gouverneur, représentant cette fois le souverain britannique, qui dirige la colonie.»

Par ailleurs, on ne parle pas dans ce document de l'acte de Québec de 1774, qui explique pourquoi le Québec a encore un code civil de nos jours, une des références des tenants de la «société distincte» dans le grand tout canadien. Et à propos de «société distincte», la saga de Meech et le rapatriement unilatéral de 1982 sont aussi absents du document.

Une histoire «citoyenne»

Le changement de perspective provient aussi du fait que désormais, la discipline de l'histoire sera mise au service d'un objectif supérieur: «Le message qui est subliminal mais assez clair là-dedans, c'est qu'il faut faire de l'histoire pas pour faire de l'histoire mais pour éduquer à la citoyenneté», dit M. Cardin. Le document, dans l'énoncé de la compétence 1, ne dit pas autre chose: «L'élève qui interroge les réalités sociales dans une perspective historique établit les fondements de son interprétation et se dote des assises historiques nécessaires à l'exercice de sa citoyenneté. Le savoir-agir qu'il développe ainsi lui permet de considérer le vivre-ensemble avec le regard d'un citoyen éclairé.»

Conçu dans l'esprit «socio-constructiviste» de la réforme, qu'on a commencé à appliquer en première secondaire cette année, le nouveau programme estime que le savoir historique n'est pas très important: «L'enseignement de l'histoire à l'école n'a pas pour but de faire mémoriser une version simplifiée de savoirs savants construits par des historiens ni de faire acquérir des connaissances factuelles de type encyclopédique», peut-on lire dans le document.

Ainsi, même si des études ont démontré depuis un certain nombre d'années, note M. Cardin, que «les jeunes ne savent plus qui est Montcalm ou Frontenac», le nouveau programme n'a pas pour but de corriger cet état de choses. «Ce n'est pas un retour aux dates, aux personnages»; il s'agit de se servir de l'analyse de questions historiques «pour dégager une compréhension de certains concepts et pour construire des compétences intellectuelles liées à la citoyenneté, qui favorisent un exercice plus fécond de la citoyenneté». M. Cardin explique qu'au fond, on veut que l'élève et «futur citoyen», lorsqu'il regardera le téléjournal plus tard, «soit capable de faire des liens et d'aller au-delà d'une opinion de premier niveau pour essayer de construire une opinion plus informée, plus structurée».

Une inspiration

Une des sources d'influence des concepteurs de ce programme est ce qui se fait au Canada anglais, explique M. Cardin. Dans le reste du pays, l'histoire et la citoyenneté «forment un vieux couple». Même dans les années 50, dit-il, «on voulait former des citoyens à partir des cours d'histoire du Canada. Mais la notion de citoyenneté entre 1959 et aujourd'hui a énormément changé. Elle est beaucoup moins ethnique, beaucoup moins nationale». Le mot «nation» n'apparaît évidemment pas dans le document, et même le Québec est rarement désigné autrement que sous l'expression «la société au sein de laquelle l'apprenant évolue».

Dans le contenu aussi, le nouveau cours s'inspirera de ce qui se fait au Canada anglais: «Par exemple, l'histoire [du pays] ne commence plus avec Jacques Cartier mais avec les autochtones. C'est une tendance qu'on voyait au Canada anglais depuis un certain temps, depuis longtemps. La rectitude politique est très importante dans les programmes d'histoire au Canada, et le Québec prend ce virage-là avec ce programme.»
 
 
Édition abonné
La version longue de certains articles (environ 1 article sur 5) est réservée aux abonnés du Devoir. Ils sont signalés par le symbole suivant :
 
 












CAPTCHA Image Générer un nouveau code

Envoyer
Fermer

Haut de la page
Cet article vous intéresse?

Vos réactions

Triez : afficher les commentaires 
  • Philippe Grégoire
    Abonné
    jeudi 27 avril 2006 06h06
    des traitres
    histoire
    les concepteurs : une gang de niaiseux
    des épais
    des vendus

    p g prof du secondaire.

  • Bianca Côté
    Abonnée
    jeudi 27 avril 2006 09h07
    Une neutralité appauvrissante
    Si je suis tout à fait d'accord pour que l'on accorde une plus grande place aux autochtones et aux groupes non francophones dans le nouveau cours d'histoire au secondaire, je déplore que l'on veuille gommer les aspects plus politiques de cette «fabuleuse» histoire du Canada et du Québec. Comment peut-on prétendre éduquer à la citoyenneté en éclipsant les enjeux politiques et identitaires (un vilain mot, je sais)? Cela revient presque à dire que si on ne nomme pas les différences et les ressemblances, les points de friction et les zones de rapprochement, les différences disparaîtront et seules les ressemblances subsisteront! Or, être citoyen ou citoyenne, c'est aussi être capable d'interagir avec la différence, la nôtre et celle de l'autre, et de tracer des ponts. Pour «être capable de faire des liens», comme le suggère Monsieur Cardin, il faut au préalable avoir été sensibilisé à différents éléments. Si tout est pareil, je ne vois pas comment on peut aller au delà d'une lecture de premier niveau!
    Bianca Côté

  • Bernard Cote
    Abonné
    jeudi 27 avril 2006 09h48
    1984
    Plus on s'éloigne de 1984 plus on s,en rapproche.

    Ne reste plus qu'à réécrire les originaux!

  • Carole Boucher
    Inscrite
    jeudi 27 avril 2006 09h54
    Réécrire l'histoire...
    Cette initiative est une ignominie.

    Les événements passés ne peuvent être écartés de l'histoire nationale sous prétexte qu'ils suscitent la controverse! L'Acte de Québec a bel et bien existé tout comme le rapport Durham!

    Que les "penseurs" du ministère de l'Éducation ou leurs conseillers spéciaux désincarnés de l'Université Laval se le tiennent pour dit : la mémoire collective est plus forte que les élucubrations supposément pédagogues à la dernière mode.

    Par quelle perversité en sommes-nous venus à confondre histoire et citoyenneté? Pire encore, selon quel principe la citoyenneté nécessite la négation de l'histoire?

    Inadmissible.

  • Guimont Rodrigue
    Inscrit
    jeudi 27 avril 2006 10h38
    L'histoire redirigée
    Si, comme vous le rapportez, le nouveau programme estime que le savoir historique n'est pas important et que l'enseignement de l'histoire à l'école n'a pas pour but de faire apprendre «de savoirs savants construits par des historiens ni de faire acquérir des connaissances factuelles» alors là je dis que cette nouvelle version aura tout l'air d'une propagande avec pour résultat non avoué la stérilisation de la pensée.

  • Etienne Dubois-Daignault
    Abonné
    jeudi 27 avril 2006 11h08
    Inadmissible!
    Quel type de citoyenneté veut-on inculquer au citoyen de demain? La lutte pour s'affirmer comme nation à part entière fait partie de notre histoire et de notre identité. Il semble dans cette réforme qu'on veuille être moins politique, mais ne fait-on pas le contraire? Cette réforme n'est rien de moins que de la propagande fédéraliste.

    Je crois que le politique est important dans toute formation générale et qu'on ne doit surtout pas l'évacuer de la formation au secondaire. Néanmoins, le système éducatif devrait être en mesure d'inculquer au citoyen de demain un esprit critique face à notre histoire et notre société d'aujourd'hui. Je suis très heureux de voir qu'on souhaite incorporer l'histoire des premières nations. Au Québec et au Canada, on semble souvent oublier que les autochtones sont les habitants de ce territoire et que nous sommes les immigrants.

    Cette réforme ne doit surtout pas être adoptée. Nous devons certainement revoir le cours d'Histoire du Québec et du Canada, mais pas au prix d'éliminer une bonne partie de notre Histoire collective.

  • Hugues Doré Bergeron
    Inscrit
    jeudi 27 avril 2006 11h11
    On va dire les vraies affaires
    La tristesse et la colère s'entrechoquent depuis que j'ai vu ce matin les changements qu'on tentera d'appliquer au cours qui s'appellera dorénavant « Histoire et éducation à la citoyenneté ». Tristesse parce que ce projet signifie que mes enfants reviendront de leurs cours d'histoire pas même avec une opinion émasculée, mais bien avec des faits émasculés qui ne pourront que les aiguiller vers une représentation erronée de notre passé. Colère parce que je ne peux qu'y voir une tentative claire de soumettre les étudiants à un point de vue qui n'est pas nécessairement le leur. Dans les cours d'histoire, il faut dire les vraies affaires. Il ne faut pas faire comme le Japon qui, dans ses livres d'histoire, passe sous le silence ou lénifie de manière ridicule les atrocités perpétuées par ses troupes au cours des conflits militaires qui l'ont opposé à la Chine. Présenter une histoire « rassembleuse » est un objectif plus que louable mais ce n'est certainement pas quelque chose qui doit être fait au prix de déformer la vérité. Je désire plus que tout que les vieilles dichotomies entre « Anglais » et « Français » cessent et qu'on n'encourage pas une rivalité à ce niveau. Mais quant à moi, dire que la seule différence entre avant 1763 et après 1763 c'est qu'après « c'[était] le souverain britannique qui [dirigeait] la colonie », c'est mentir. Ne serions-nous pas mieux de dire la vérité, de parler du serment du test, de parler des patriotes, de parler de Lord Durham et de l'assimilation qu'il voulait imposer, de parler de Meech, de parler de 1982. Si vous voulez vraiment avoir une société rassembleuse, travaillez-y en ouvrant l'esprit de nos élèves; augmentez le plus possible les échanges entre francophones et anglophones, de l'intérieur comme de l'extérieur du Québec, parlez de la présence anglaise dans notre société, parlez des mauvais coups des Britanniques comme des mauvais coups des Français. Les Allemands ne se sont pas remis de l'holocauste en disant à leurs élèves que ça n'avait pas eu lieu; la France et l'Allemagne ne sont pas passés de pire ennemis à meilleurs amis en à peine 50 ans parce qu'ils ont effacé de leurs livres d'histoire tous les conflits qu'il y a eu entre leur pays respectif pendant 400 ans, si ce n'est pas plus. Je crois qu'il est possible pour nous de créer une « société rassembleuse » et je crois que nous devons le faire. Mais jamais, jamais au prix de déformer notre histoire. Si on veut vraiment que nos enfants construisent quelque chose de grandiose, il ne faut pas leur enlever les outils nécessaires; il faut simplement leur enseigner à s'en servir correctement.

    Hugues Doré Bergeron,
    Étudiant en science politique, histoire et langue hispanique, université McGill

  • Max Gag
    Inscrit
    jeudi 27 avril 2006 11h31
    les faits sont les faits
    Un coup parti, quand vont-ils enlever la déportation des acadiens, l'indépendance des USA, le référendum de 1980, la 2e guerre mondiale

    je serais surpris de voir ds souverainiste parmis les "grands penseurs" qui ont refait le programme d'histoire

    le beau travail de nos gouvernements :
    après la réforme en francais, les jeunes ne savent plus écrire,

    suite à la guerre contre la pauvreté, il y a plus de pauvre qu'avant,

    meme chose pour la guerre à la drogue,
    la lutte contre l'analphabétisation
    la guerre au terroriste

    il ya une constance là... tout ce qu'ils touche empire

    et maintenant... réécrire le passé

    je ne serais pas surpris que le nouveau programme d'histoire glorifie l'ONU et diminu l'importance de la souveraineté des nations et des peuples

    vive la criss de mondialisation... ces fameux grands penseurs semblent avoir un agenda...

    citation du livre 1984 de Georges Orwell (big brother ...vous connaissez)

    "QUI CONTRÔLE LE PASSÉ, CONTRÔLE LE FUTUR !
    QUI CONTRÔLE LE PRÉSENT, CONTRÔLE LE PASSÉ ! "
    GEORGES ORWELL, CITATION DU LIVRE 1984

  • Maurice Gauvreau
    Inscrit
    jeudi 27 avril 2006 12h21
    Au secours!
    Ce que je viens de lire me hante, me précipite en bas de ma chaise. Je n'en reviens pas. Qui donc pourra nous sauver de telles démentes élucubrations? Si un mouvement de contestations se met en place, je veux en être. Je suis assommé, abasourdi. J'ai oeuvré pendant 33 ans dans l'éducation au niveau secondaire et je demeure persuadé que, pour beaucoup,les programmes qu'on impose aux élèves ne sont le fruit d'orientations politiques. Ceux qui croient que c'est le bien de l'élève qui prime sont de dangereux idéalistes.

  • michel Tremblay
    Inscrit
    jeudi 27 avril 2006 12h38
    mémoire collective bafoué
    Je suis bien d'accord que l'ont enseigne les responsabilités citoyennes aux élèves du secondaire, cependant pas au détriment d'une mémoire collective déjà amnésique. Le but de cette réforme, comme il est écrit dans l'énoncé de la compétence 1 du nouveau programme, est bien que : « L'élève qui interroge les réalités sociales dans une perspective historique établit les fondements de son interprétation et se dote des assises historiques nécessaires à l'exercice de sa citoyenneté ». Par contre, il doit le faire à travers une histoire du Canada épurée de ses conflits ethniques et nationaux. Cela revient à transcender la réalité historique pour donner à nos élèves une mémoire historique (collective) fausse. C'est-à-dire que, l'élève qui interroge les réalités sociales, dans le cadre historique proposé par le nouveau programme d'histoire, va le faire par rapport à la nouvelle mémoire collective créer par ce dernier : mémoire bafouée, car épurée de ses réalités conflictuelles de nature « ethniquo-national ».

    Cette réforme semble donc conçue dans le but de tuer le nationalisme Québécois tout en ayant l'aire de promouvoir la réflexion chez les étudiants du secondaire pour leurs permettre de devenir de meilleurs citoyens. Très habile, parce qu'il est évident que connaître la réalité historique du Canada et donner des outils de réflexions appropriés ne peut que favoriser le nationalisme Québécois. Vous n'avez qu'à questionner des étudiants en Histoire à l'université pour vous rendre compte de la véracité de cette affirmation. Cette réforme permet donc de créer de meilleurs citoyens plus critiques et moins enclins à croire sur parole tous les démagogues de ce monde, tout en exécutant une lobotomie à la mémoire collective dès le secondaire. Certes, des citoyens plus critiques, mais certainement pas des citoyens plus critiques du Canada.

  • michel Tremblay
    Inscrit
    jeudi 27 avril 2006 12h50
    L'Université Laval
    vous n'avez qu'à connaître l'université Laval en matière d'orientation Historique pour comprendre les propositions de ses participants à la nouvelle réforme. Le premier qui est a l'origine de (l'École de Québec) se Nomme Fernand ouellette et il avait comme diciple Pierre Elliott Trudeau. Es assez pour comprendre.

  • Nicole Ouellette
    Abonnée
    jeudi 27 avril 2006 13h51
    Je ne me souviens pas
    Nouvelle devise pour le citoyen éduqué. Il faut bien pouvoir clamer que Laval est la première université française d'Amérique du Nord (ce qu'on m'apprenait dans mon temps) pour vouloir remplacer l'histoire du Canada par l'éducation à la citoyenneté, comme s'en félicite ces historiens qui n'aiment pas le nationalisme, ni le patriotisme, ni rien d'aussi misérabiliste.

    Ces messieurs prétendront ce qu'ils voudront l'histoire d'un peuple même conquis est une histoire avec ces hauts et ces bas, de ces hommes et femmes qui l'ont servi en bien ou en moins bien dans la réalité du temps où ils vivaient et qui nous ont contribué à créer la situation dans laquelle nous vivons aujourd'hui. L'éducation à la citoyenneté qui devrait se concentrer sur les droits et les devoirs du citoyen dans sa société, aujourd'hui. L'éducation du cerveau est aussi importante que l'éducation à la sexualité.

    Que les enfants n'aiment pas ça n'a rien à voir avec la pertinence de la leur enseigner. Personnellement, je ne vois pas en quoi une heure d'histoire par semaine, même si on trouve ça plate, n'est pas amplement justifiée dans n'importe quel pays. Être exposé à son histoire c'est comme s'habituer à voir des films qui se passent chez toi avec tes images, tes références, ta réalité, c'est important pour le système de référence qui se crée dans ta tête. Il n'y a pas de peuple sans histoire et il n'y a pas de peuple qui mérite de ne pas la connaître telle qu'elle est. Je suis contente d'avoir appris quelque chose de mon histoire comme je suis contente d'avoir appris le piano même si je ne le joue plus aussi bien. Et je n'étais pas volontaire non plus pour apprendre le piano. On pourrait peut-être changer le nom de Laval pour Durham; selon l'histoire ou la légende, mais va-t-on jamais savoir vraiment, il n'avait confiance ni dans notre histoire passé ni dans celle à venir et il a tenté de «prévoir quelque chose» pour les citoyens du Bas-Canada. Ces nouveaux historiens consultants pour le ministère de l'Éducation prévoient quoi, eux?

  • Marie Claire Lacroix
    Inscrite
    jeudi 27 avril 2006 14h22
    Assujettissement au fédéralisme
    Depuis que les Charest-Harper forment un couple de gouvernants la toile de fond du Québec change aussi de couleur. On dirait que le rouge et le bleu tourne au brun merdique...

    Pourrait-on dire que ce futur programme d'histoire au secondaire est tout à fait inscrit dans la ligne du fédéralisme et de l'anti-nationalisme. N'est-ce pas aux environs de cet âge de l'adolescence que nous formons nos idées politiques - curieux que le programme ait pour objectif de bien marteler dans la tête des jeunes ados des valeurs tronquées pour mieux faire avaler l'histoire à saveur fédéraliste....

    .Je cite :
    ''Pour dégager une compréhension de certains aspects''...dit-on.Et comment se faire une idée juste lorsque l'histoire se faitamputere son fer de lance.N'est-ce pas à partir de l'histoire que l'on construit son
    idée pour l'avenir? Ah!AH!bien joué messieurs les professeurs de Laval, baîlleurs(je devrais dire : suceurs de fonds pur mener à point c projet hypocrite et non impartial.Que les enseignants et enseignantes d'histoire se lèvent et osent protester contre cette tricherie. Est-ce ainsi que l'on veut éduquer la jeunesse dans le mensonge savamment aménagé!?

  • Mathieu Bélanger
    Abonné
    jeudi 27 avril 2006 15h39
    Un cours de français sans accent
    Je suis d'accord avec la réforme proposée.
    La nation ne doit avoir aucune place dans un cours d'histoire.

    Je propose également que le français soit revu afin d'éliminer tous les accents. Après tout, ils ne sont pas utiliser dans le ROC, alors il faut faire pareil.

    Je suggère également d'éliminer le "+" des cours de mathématique. Je n'aime pas les additions et ils m'irritent.

    Et je veux un cours de chimie où l'on ne parle pas d'eau. Tellement plus simple!

    Non mais! Le gouvernement critique "Parlons de Souveraineté à l'école" puis propose cette réforme. "Faites ce que je dis et pas ce que je fais", n'est-ce pas?

  • Lysanne Rivard
    Abonnée
    jeudi 27 avril 2006 15h59
    Diluer l'histoire
    Une simple suggestion: Nous devrions mettre dehors de L'Université Laval ce Monsieur Cardin qui se prend pour le nombril du Monde...

    Si ce texte est appliqué,,,tel quel,,,il y aura de la casse au Québec, car nous ne permettront jamais à des gens de diluer l'Histoire du Québec....

  • francoise perrin
    Inscrite
    jeudi 27 avril 2006 17h03
    protestations
    Comment peut on ignore l'histoire d'un peuple.
    Jean-Francois Cardin. Jocelyn Letourneau. Allez vous faire remballer. Dieu de cons.
    Seulement des partis de notre histoire
    Pourquoi avoir tant, etude.

    Francoise Anne Perrin

  • Julie Vachon
    Inscrite
    jeudi 27 avril 2006 20h59
    Honteux
    Pourquoi est-ce que j'entends si peu de gens réagir face à cette mesure visant à laisser le peuple québécois encore plus dans l'ignorance de son passé?? Réveillez-vous, c'est totalement inadmissible!! Et pour citer un certain cinéaste, "C'est nos histoires, pourquoi est-ce qu'on n'a pas le droit de se les raconter?" .

  • Estelle Lebel
    Inscrite
    jeudi 27 avril 2006 23h17
    Cachez ce siècle...que je ne saurais voir
    De quel droit s'autorise-t-on d'estomper à
    loisir des pans d'histoire et prétendre faire
    oeuvre objective d'enseignement ?

    L'histoire du Canada dans son intégralité est
    une matière pédagogique incompressible qui
    devrait être traitée comme toutes autres ma-
    tières, avec neutralité : Les faits sont les faits. (Comme en math. la valeur du nombre 2
    demeure la valeur 2.)

    L'esprit "socio-constructiviste" de la réforme
    est louable, mais elle ne doit pas se faire au
    détriment de la réalité ; à ce moment, elle cesse de s'appeler "histoire du Canada" afin
    d'instrumentaliser une vision idéalisée, uni-
    formisée d'un devenir collectif.

    Notre passé n'a pas à être phantasmé. Il a été,
    il a été dans la réalité et dans le temps. Ce
    passé appartient à l'Histoire, quelle qu'en soit la portée subjective appréhendée. Il n'est pas du programme d'enseignement de l'histoire du Canada de corriger, d'amenuiser
    ni d'embellir, il lui appartient seulement de
    faire connaître les faits et les évènements
    qui ont participé à l'élaboration de ce pays.

  • Sébastien Testeau
    Inscrit
    vendredi 28 avril 2006 03h03
    Cours d'histoire épurés au secondaire
    Bonjour,
    En lisant le journal hier matin, j'ai crue remarquer l'énormité d'une propagande à peine voilé. Le gouvernement s'aprète à réformer le cours d'histoire de secondaire 4. Or, ce cours qui nous apprend comment nos ancètres ont massacrés les idiens, et comment par la suite les anglais nous on colonisé; donc, ce cours sera une éducation 'politiquement correct' pour le gouvernement du cadena. Bref, on se fait fourrer, pis ya des caves qui s'ouvrent les fesses.

  • FARID KODSI
    Inscrit
    vendredi 28 avril 2006 07h48
    Enfin, un vrai cours d'histoire du Canada
    Arrivé au Canada dans les années 60, les professeurs d'histoire à Montréal disaient à leurs étudiants qu'il y avait deux histoires, celle du Canada anglais et celle du Québec français et je me demandais déjà dans quelle sorte de pays divisé et fractionné que je vivais alors que dans tous les pays du monde, il n'y a qu'une seule et même histoire. C'est après coup que je me suis rendu compte que les professeurs politisés et révoltés du Québec prêchaient pour leur propre paroisse, celle de l'indépendance et de la séparation du défunt chef du RIN (Rassemblement pour l'indépendance nationale), Pierre Bourgault, un révolutionnaire de la pire espèce qui a fait partie plus tard du P.Q. et qui a longtemps travaillé par la suite comme journaliste à Radio-Canada (antilogie flagrante mais économiquement rentable pour le journaliste et politiquement rentable pour la promotion de l'indépendance). Enfin, cette époque noire du RIN et du FLQ est révolue et nous voici aujourd'hui dans une époque beaucoup plus modérée. En fait, c'est vrai que la modération a bien meilleur goût comme le dit l'annonce de la SAQ et c'est avec le gouvernement Charest que la population du Québec peut bien la savourer. Les Québécois pourront donc étudier l'histoire de leur pays, le Canada, sans ambages ni détours à saveur politique, une histoire vraie du Canada, reste à savoir si les professeurs baby boomers aussi bien syndicalistes que péquistes accepteront ce changement qui mettra un terme à leur propagande séparatiste. Ils vont sûrement grimper une fois de plus dans les rideaux pour dénoncer les méchants fédéralistes mais rendus à leur âge, l'escalade sera pénible, leur règne achève. Quel bonheur!

  • Jean Le May
    Inscrit
    samedi 29 avril 2006 09h47
    Le citoyen fourre-tout
    Cette histoire de revisiter l'histoire équivaut à du fast-food intellectuel pour rendre tout le monde pareil: confortables et épais! J'aimerais bien voir comment ils pourront expliquer l'évolution de la société québécoise depuis 1980 en coupant toute référence à son passé. C'est purement et simplement une dangereuse tentative de détournement de pensée. Staline serait fier!

    Dans le fond, on voudrait faire de nouveaux citoyens modèles faciles à manier. Un non-sens!

  • Jean Le May
    Inscrit
    samedi 29 avril 2006 10h26
    Histoire et citoyenneté
    Que l'apprentissage à la citoyenneté soit enseigné à l'école, j'en suis heureux.Mais les apprentis sont des gens vivants et... intelligents.J'ai visité récemment dans une école secondaire une exposition illustrant différents aspects de l'histoire: il y avait de tout, de Louis-Riel à Pierre-Elliot Trudeau, de Jeanne-Mance à la monaie royale canadienne: les élèves avaient CHOISI leur sujet et l'avaient documenté: c'est cela l'apprentissage à la citoyenneté.Mais on doit leur laisser avoir accès aux ingrédients.

    Pour moi on doit enseigner l'histoire et la citoyenneté comme disciplines différentes... pour développer des "compétenses transversales". Comme la chimie et l'art culinaire, la physique et la construction, le français ou l'anglais et l'art oratoire.

    Formons des citoyens capables de discernement et non des robots consommateurs de connaissances instantanées: c'est plus long mais tellement meilleur de faire de la tarte aux pommes santé plutôt que de l'acheter fabriquée par des machines.Toute personne sensée devrait savoir cela et s'opposer fermement au revisionisme historique et à la manipulation des masses: enseignons aux gens à vivre ensemble avec leurs différences plutôt que de faire croire que tous sont égaux dans les livres et que c'est le contraire dans les rues.

    Apprenons leur à se connaître eux-même et à connaître les autres puis à régler leurs différents dans le respect et l'humanité.Un peuple bien instruit fait un pays prospère mais des citoyens plus critiques face aux politiciens.

    Ceux-ci les préfèrent plus dociles et moins au courant des réalités: ils peuvent leur vendre des idées fausses et des tartes aux pommes congelées et fades.
    Jean Le May
    Saint-Jean-sur-Richelieu

  • Marie-France Legault
    Inscrit
    mercredi 3 mai 2006 09h43
    Les faits et l'interprétation.
    Dans l'enseignement de l'HISTOIRE (et non des histoires) les FAITS doivent être connus i.e. la révolte des patriotes, l'acte d'union 1840, l'acte de Québec, la Confédération 1867 etc...tous les faits doivent être connus, les bons coups comme les mauvais.

    C'est dans l'INTERPRÉTATION qu'il faut être prudent et ne pas privilégier une SEULE interprétation. C'est toujours là que se situent les dérapages, le fanatisme, la "nationalose", le révisionnisme, le lavage de cerveaux...le conditionnement des esprits, les sentiments de victime, de ressentiment etc...

Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
ou Créer un profil
Cet article vous intéresse?
23 réactions
0 vote Voter
 
  • a Taille du texte -- ++
  • Imprimer
  • Envoyer
  • Commenter
  • Partager
  • Droits de reproduction
  • Voter
Pour en savoir plus
Articles
Idées
Recherche complète sur le même sujet


Publicité

Les blogues du devoir

Vos commentaires

m'inscrire
 
Recherche



Exemples de recherche :
Robert Sansfaçon
"directeur général des élections"

S'abonner au Devoir
Abonnez-vous au journal papier Le Devoir ou à la version Internet.
Publicité
Vous souhaitez annoncer dans Le Devoir, contactez le service de publicité.

En savoir plus
Stratégie Web et référencement par Adviso
Design Web par Egzakt
© Le Devoir 2002-2012