Kant, Platon... et Homer Simpson
Que diraient Platon, Aristote, Kant ou Nietzsche des Simpson? Si les plus grands philosophes pouvaient contempler la célèbre communauté virtuelle de Springfield, que penseraient-ils de son idéologie, de ses tendances métaphysiques, de ses travers logiques? Comment jugeraient-ils l’intellectualisme libéral de Lisa, l’inconséquence de Bart, la dévotion de Marge, l’hédonisme béotien d’Homer?
Les réponses seront sérieusement fournies ce week-end dans le cadre de la nouvelle Nuit de la philosophie organisée à l’UQAM. Ce festival de la réflexion propose une centaine d’activités totalisant quelque 375 heures de débats, de conférences mais aussi de jeux et de divertissements en tout genre. L’aventure commence à 10h samedi matin et se termine le lendemain à la même heure. La première Nuit de la philosophie, présentée en 2005, a attiré 1500 personnes. La deuxième devrait faire culbuter ce succès.
Il n’existe rien de semblable dans le monde, même si la démocratisation de la discipline passe, ici comme ailleurs, par les cafés philosophiques ou l’édition de manuels de vulgarisation. «Nous voulons faire sortir la philosophie de son cadre institutionnel», explique Marianne Di Croche, coorganisatrice de la Nuit avec cinq autres étudiants du département de philo de l’UQAM. Elle prépare une maîtrise sur Hannah Arendt. «Les réflexions publiques et les médias donnent toujours la parole aux économistes ou aux spécialistes des sciences politiques et ne font pas assez appel aux philosophes. On se fait même encore demander à quoi peut bien servir cette discipline.»
La preuve de son utilité pour les téléphages sera fournie samedi à 21h par Neil Kennedy, étudiant au doctorat, avec sa présentation intitulée «Pérégrination philosophique à Springfield: les Simpson rencontrent la philosophie». Plusieurs autres activités donnent envie de veiller tard. À minuit, un atelier de sophistique proposera de s’initier à cet art de l’argument et de créer des sophismes «qui tiennent la route autant que possible». Une heure plus tard, un autre atelier intitulé «Réflexions à la chaîne» permettra de faire pousser en groupe des fleurs de rhétorique. En même temps, dans un autre lieu du campus, un seul et même étudiant livrera ses idées sur «l’évolution de la conscience» en une vingtaine de langues, y compris le roumain, le persan et le klingon. Ils sont fous, ces philosophes!
Le reste de la programmation (nuitdelaphilo.com) aligne un tas de causeries sur des sujets plus classiques («Philosophie et logique», «Souci de soi et technique de soi chez Michel Foucault», «Nature humaine et archaïsme»...), des jeux questionnaires, des mots croisés philosophiques et des projections de films. La Nuit se termine avec une version scénique du Banquet de Platon, un dialogue sur l’amour comme désir de l’absolu. La représentation commence à 7h dimanche. Les spectateurs vêtus de «draperies et de chaussures adéquates» pourront se mêler aux comédiens pour «partager le festin matinal», qui comprendra peut-être quelques beignes homériens...
Les réponses seront sérieusement fournies ce week-end dans le cadre de la nouvelle Nuit de la philosophie organisée à l’UQAM. Ce festival de la réflexion propose une centaine d’activités totalisant quelque 375 heures de débats, de conférences mais aussi de jeux et de divertissements en tout genre. L’aventure commence à 10h samedi matin et se termine le lendemain à la même heure. La première Nuit de la philosophie, présentée en 2005, a attiré 1500 personnes. La deuxième devrait faire culbuter ce succès.
Il n’existe rien de semblable dans le monde, même si la démocratisation de la discipline passe, ici comme ailleurs, par les cafés philosophiques ou l’édition de manuels de vulgarisation. «Nous voulons faire sortir la philosophie de son cadre institutionnel», explique Marianne Di Croche, coorganisatrice de la Nuit avec cinq autres étudiants du département de philo de l’UQAM. Elle prépare une maîtrise sur Hannah Arendt. «Les réflexions publiques et les médias donnent toujours la parole aux économistes ou aux spécialistes des sciences politiques et ne font pas assez appel aux philosophes. On se fait même encore demander à quoi peut bien servir cette discipline.»
La preuve de son utilité pour les téléphages sera fournie samedi à 21h par Neil Kennedy, étudiant au doctorat, avec sa présentation intitulée «Pérégrination philosophique à Springfield: les Simpson rencontrent la philosophie». Plusieurs autres activités donnent envie de veiller tard. À minuit, un atelier de sophistique proposera de s’initier à cet art de l’argument et de créer des sophismes «qui tiennent la route autant que possible». Une heure plus tard, un autre atelier intitulé «Réflexions à la chaîne» permettra de faire pousser en groupe des fleurs de rhétorique. En même temps, dans un autre lieu du campus, un seul et même étudiant livrera ses idées sur «l’évolution de la conscience» en une vingtaine de langues, y compris le roumain, le persan et le klingon. Ils sont fous, ces philosophes!
Le reste de la programmation (nuitdelaphilo.com) aligne un tas de causeries sur des sujets plus classiques («Philosophie et logique», «Souci de soi et technique de soi chez Michel Foucault», «Nature humaine et archaïsme»...), des jeux questionnaires, des mots croisés philosophiques et des projections de films. La Nuit se termine avec une version scénique du Banquet de Platon, un dialogue sur l’amour comme désir de l’absolu. La représentation commence à 7h dimanche. Les spectateurs vêtus de «draperies et de chaussures adéquates» pourront se mêler aux comédiens pour «partager le festin matinal», qui comprendra peut-être quelques beignes homériens...
Haut de la page

